Carte de Tendre

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Carte de Tendre ou Carte du Pays de Tendre.

La carte de Tendre[1] est la carte d’un pays imaginaire appelé « Tendre » imaginé au XVIIe siècle et inspiré par Clélie, histoire romaine de Madeleine de Scudéry, par différentes personnalités dont Catherine de Rambouillet.

On retrouve tracées, sous forme de villages et de chemins, dans cette « représentation topographique et allégorique », les différentes étapes de la vie amoureuse selon les Précieuses de l’époque. On attribue à François Chauveau[2] la gravure de cette carte figurant en illustration dans la première partie de Clélie, Histoire romaine.

Description[modifier | modifier le code]

Tendre est le nom du pays ainsi que de ses trois villes capitales. Tendre a un fleuve, Inclination, rejoint à son embouchure par deux rivières, Estime et Reconnaissance. Les trois villes de Tendre, Tendre-sur-Inclination, Tendre-sur-Estime et Tendre-sur-Reconnaissance sont situées sur ces trois cours d’eau différents. Pour aller de Nouvelle-Amitié à Tendre-sur-Estime, il faut passer par le lieu de Grand-Esprit auquel succèdent les agréables villages de Jolis-vers, Billet-galant et Billet-doux. Dans cette sorte de géographie amoureuse, le fleuve Inclination coule tranquillement car il est domestiqué tandis que la Mer est dangereuse car elle représente les passions. La seule Passion positive est celle qui est la source de nobles sentiments que l’homme peut éprouver. Le lac d’Indifférence représente l’ennui.

Inspirations et parodies[modifier | modifier le code]

Tristan L'Hermite suivit avec sa « carte du Royaume d’Amour ». Les satires suivirent bientôt  : la même année, l’abbé d’Aubignac, créa une satire de la « carte de Tendre » avec une « carte de Coquetterie ». En 1664, le père Zacharie se mit de la partie avec sa carte de « la Jansénie et ses voisins immédiats, la Désespérie à l’Occident, la Calvinie au Septentrion, et la Libertinie à l’Orient » insérée dans sa critique acerbe du jansénisme, la Relation du pays de Jansénie, où il est traité des singularités qui s’y trouvent, des coutumes, mœurs & religion de ses habitants.

Anecdote[modifier | modifier le code]

Pellisson, dont Guilleragues a dit qu’il « abusait de la permission qu’ont les hommes d’être laids[3] » et qui avait longtemps fait une cour assidue à Madeleine de Scudéry, ne put guère obtenir d’elle que ceci :

Enfin, Acanthe, il faut se rendre.
Votre esprit a charmé le mien,
Je vous fais citoyen de Tendre
Mais de grâce n’en dites rien.

Notes[modifier | modifier le code]

  1. C’est par erreur qu’on s’est mis ultérieurement à dire « du Tendre » au lieu de « de Tendre ».
  2. Voir le site de la BnF : http://expositions.bnf.fr/ciel/grand/sq11-06.htm
  3. Marie de Sévigné, lettre du 5 janvier 1674 à sa fille.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Émile Colombey, La Journée des madrigaux, suivie de la Gazette de Tendre (avec la carte de Tendre) et du Carnaval des prétieuses, Paris, Aubry, 1856, rep. Genève, Slatkine ; Paris, Champion, 1971.

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