Centre d'enfouissement

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Un centre d'enfouissement ou Installation de Stockage de Déchets (ISD) est une décharge conçue pour le stockage de déchets ultimes en minimisant les risques de pollution ou contamination de l'environnement.

Étudiants visitant une petite lagune de traitement de lixiviats (du site d'enfouissement Nantmel, Powys). Cette lagune est associée à une tour à biofilm ("Biofilm tower") qui favorise un biofilm (aérobie devant dégrader de nombreux composés organiques, fixer les ions métalliques en formes oxydées ou insolubles (par exemple, en transformant le fer ferreux en fer ferrique), oxyder l'ammoniaque (via une phase nitrite) en nitrate, précipiter d'autres métaux que l'on retrouvera dans les boues de la lagune sous forme d'hydroxydes ferriques (source)
Vue de l'un des nombreux évents destinés à extraire le méthane et d'autres gaz du site d'enfouissement de déchets de Nantmel. Dans de nombreuses autres décharges, le méthane (puissant gaz à effet de serre) est brûlé en torchère ou réutilisé comme source d'énergie

Enjeux[modifier | modifier le code]

Les décharges contrôlées sont un des moyens (avec l'incinération) de répondre au problème de l'accumulation de déchets dangereux ou peu, pas (déchet ultime) ou trop coûteusement recyclables.

De nombreux centres anciens installés dans d'anciennes carrières ou manquant de barrière étanche sont sources d'inquiétudes en tant que source potentielle ou avérée de pollution vers les sols et les nappes, voire vers l'air (via l'émission de polluants gazeux tels que solvants, HAP,Monoxyde de carbone, Dioxyde de carbone, vapeur de mercure...), et comme source significative de méthane (CH4), contribuant au dérèglement climatique, ou source de risque d'explosion et (incendie en cas de forte sécheresse).

Dans les pays avancés, et en théorie, ces centres sont de plus en plus sécurisés (mais aussi plus couteux) et ne devraient plus accepter que des déchets ultimes, c'est-à-dire ne pouvant être recyclés ou valorisés par d'autres filières (ressourceries, recycleries..).

Comme pour les unités d'incinération, l'installation de nouveaux centres d'enfouissement se heurte souvent à l'hostilité des populations locales.

En Europe[modifier | modifier le code]

L'Europe dispose d'une directive concernant la mise en décharge des déchets, et une directive sur les déchets, imposant une déclinaison dans le droit français avant la fin 2010. D'autres directives sont concernées dont la directive 1999/13/CE relative à la réduction des émissions de composés organiques volatils dues à l’utilisation de solvants organiques dans certaines activités et installations

En France[modifier | modifier le code]

En France, la notion d'Installation de Stockage de Déchets (ISD) et les prescriptions d'exploitation sont définies conformément à l'arrêté ministériel du 9 septembre 1997 modifié le 19 janvier 2006.

Il s'agit d'une installation classée pour la protection de l'environnement (ICPE) soumise à autorisation.
Dans le cas de centres destinés à recevoir des déchets toxiques, on parle d'ISDD (Installation de Stockage de Déchets Dangereux).

Structure[modifier | modifier le code]

Un centre de stockage moderne et conforme à la règlementation des pays dits "avancés" est généralement un ensemble de casiers creusés dans le sol et étanchés par une géomembrane où sont déversés les déchets. Les casiers, une fois pleins, sont recouverts par un matériau étanche et un système de drainage des lixiviats et de captage du biogaz (explosif et puissant gaz à effet de serre) créé.
Au pire, le biogaz est éliminé par une torchère afin d'éviter le rejet du méthane dans l'air. Au mieux, il est valorisé en chaleur et/ou en électricité.

En France, le site est fermé par une clôture et doit être équipé à l'entrée d'un pont-bascule et d'un matériel ou portique de la radioactivité ainsi que de moyens de surveillance et traitement des lixiviats. Ces décharges doivent périodiquement être inspectées (par les DRIRE maintenant intégrées dans les DREAL).

Classement[modifier | modifier le code]

Les centres d'enfouissement peuvent prendre divers noms :

  • un CET est en France et en Belgique un Centre d'Enfouissement Technique.
  • un CSDU est un Centre de Stockage des Déchets Ultimes (terme qui a remplacé un temps celui de CET).
  • une ISD : Installation de Stockage de Déchets (terminologie officielle depuis l'arrêté ministériel du 9 septembre 1997 modifié le 19 janvier 2006).

Il existe en France trois types d'ISD :

  1. ISDD (Installation de Stockage de Déchets Dangereux ou CET/CSDU de classe 1) : destiné à accueillir les déchets dangereux. Le déversement dans ces centres est précédé d'analyse des déchets à déverser.
  2. ISDND (Installation de Stockage de Déchets Non Dangereux ou CET/CSDU de classe 2 ou Centre de Stockage de Déchets Ménagers et Assimilés (CDSMA)) : qui reçoivent les ordures ménagères et déchets assimilés à celles-ci (reliefs de repas de restaurants...)
  3. ISDI (Installation de Stockage de Déchets Inertes ou CET/CSDU de classe 3) : qui reçoivent les déchets inertes : terres, gravats, béton concassé, etc.

On peut ajouter à cette liste l'unique CSDU 0 (de classe 0) StocaMine destiné à recevoir (en « couche géologique profonde », dans une ancienne mine de sel alsacienne, à 500 m de profondeur sous la commune de Wittelsheim) des déchets hautement toxiques, mais suite à un incendie, ce centre a été fermé en 2004.

Cas particulier[modifier | modifier le code]

  • Des déchets dangereux ou d'origine militaires ont pu être dans le passé (ou sont encore dans certains pays) plus ou moins illégalement enfouis dans des centres privés non contrôlés ou à l'intérieur d'entreprises.
  • Pour les déchets radioactifs, voir site d'enfouissement.

Risques et gestion des risques[modifier | modifier le code]

Les risques sont liés à la nature de certains déchets, aux défauts d'étanchéité, aux risques d'incendies (Des réactions chimiques exothermiques se sont déjà produites, même au sein de déchets théoriquement inertes, entrainant des feux de décharge ou d'alvéoles de stockage, parfois durant plusieurs jours). Les tremblements de terre ou explosion de méthane sont une autre source de risque, mettant en péril les structures d'étanchéité. En décembre 2003, la décharge contrôlée de Villechien près d'Angers, initialement autorisée pour les ordures ménagères, puis après qu’un premier niveau de remplissage ait été atteint avec la limite haute des couches géologiques étanches, aux seuls gravats et les mâchefers a connu une rupture d’étanchéité du fond suite à l'effondrement sous la décharge d’une ancienne galerie d’exploitation d'ardoisière [1].


Dans certains cas les inondations ou la montée des océans sont source de problèmes ou d'inquiétudes pour le futur. Ils sont théoriquement prévenus par des contrôles réguliers, sous le contrôle des autorités compétentes chargées de faire respecter la réglementation sur les déchets et l'environnement. En France des CLIS peuvent associer les citoyens au gestionnaire dans les réflexions et actions de maîtrise ou gestion du risque. Lors de nouveaux projets de décharge, riverains, ONG et citoyens peuvent aussi intervenir lors des enquêtes publiques où ils ont accès à l'étude d'impact. En zone tropicale, les pluies de mousson ou certains ouragans rendent la sécurisation des décharges difficile.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Fiche ADEME Réhabilitation de la décharge contrôlée de Villechien, ref: A25AngersLoireMetropole.doc version du 10 février 2007

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]