Lixiviat

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Le lixiviat (ou percolat) est le liquide résiduel qui provient de la percolation de l'eau à travers un matériau.

Ce mot vient de l'adjectif latin lixivius, qui signifie : « jus de lessive, eau qui sert à laver ».

En région chaude et sèche, la concentration et déshydratation par évaporation est un des moyens de traiter le lixiviat de décharge, ici à Cancún, au Mexique, dans un bassin étanche et clôturé. Ce procédé est simple et peu couteux, mais favorise cependant une contamination de l'air par des HAP ou du mercure par exemple

Ce terme désigne notamment tous les « jus » issus de décharges, de déchets, de composts, etc.

Lixiviats d'installation de stockage des déchets[modifier | modifier le code]

Le lixiviat est issu de l'eau de pluie qui traverse les massifs de déchets. L'eau de pluie participe à la dégradation des déchets stockés, processus aboutissant à la méthanogenèse. Le lixiviat se charge de polluants organiques[1], minéraux et métalliques, par extraction des composés solubles (lixiviation facilitée par la dégradation biologique des déchets) et risque ainsi de provoquer la pollution de la nappe phréatique.
C'est en fait le résultat du chemin de l'eau qui a infiltré, percolé et ruisselé à travers les déchets jusqu'à ce qu'elle se retrouve au fond de l'alvéole de stockage.

Production des lixiviats[modifier | modifier le code]

La production des lixiviats varie en fonction de :

  • La quantité de précipitation du lieu d'implantation du site d'enfouissement.
  • La surface au sol, en effet pour le même tonnage un site étendu produira plus qu'un site avec une hauteur de déchet plus importante.
  • La forme du site, celle-ci doit permettre le ruissellement des eaux.

Attention, les déchets doivent être humides pour pouvoir se dégrader, la mise en place d'une couverture étanche (type géo-membrane) doit être accompagnée d'une humidification artificielle du massif de déchet par recirculation des lixiviats par exemple.

Les sites d'enfouissement fournissent des bilans hydriques à l'administration, mais ceux-ci sont généralement imprécis, la plupart des sites se contentant de mesurer la pluviométrie, mais pas la quantité d'eau sortant du site par les fossées d'eaux pluviales.

Chimie des lixiviats[modifier | modifier le code]

La composition chimique des lixiviats varie fortement selon le type de déchet enfoui. Les lixiviats sont généralement caractérisés par les paramètres comme le pH, la conductivité, l'azote globale (forme ammoniaque majoritaire), la DBO, la DCO et leurs contenus en métaux. La DBO et la DCO sont les paramètres qui indiquent la concentration en matière organique.

Typiquement sur les lixiviats en provenance de déchets de type ordure ménagère, il y a une phase après la mise en place du déchet de production de lixiviats acides avec des pH compris entre 4,5 et 7,5 ce qui tend à solubiliser les métaux; en phase de vieillissement le massif de déchet va produire un pH plus basique compris entre 7,5 et 9 et la concentration en métaux diminue.

Sols[modifier | modifier le code]

La protection des nappes phréatiques est particulièrement importante pour la localisation des décharges. Les terrains utilisés pour les stockages sont argileux. Si la perméabilité du sol est trop importante un traitement préalable de la surface du casier est réalisé pour diminuer sa perméabilité.

Protection du fond des alvéoles[modifier | modifier le code]

Captage et Stockage[modifier | modifier le code]

Le but du captage est de limiter la hauteur d'eau dans les massifs de déchets. Deux techniques sont utilisées :

  • Drainage gravitaire
  • Pompage

Après le captage, les lixiviats sont stockés. Le conditionnement peut notamment être assuré par une solution de stockage de liquide (Citerne souple…)

Lixiviats de machefers[modifier | modifier le code]

C'est en grande partie la nature du lixiviat qui détermine la capacité des mâchefers d'incinération d'ordures ménagères à être réutilisés comme remblai de tranchée ou sous-couche de chaussée par exemple. En France, c'est la circulaire du 9 mai 1994[2] qui détermine les différentes catégories de mâchefers selon leurs lixiviats.

Traitement des lixiviats[modifier | modifier le code]

À l'extérieur[modifier | modifier le code]

La plupart des installations ne disposent pas de traitement sur place et envoi par les réseaux d'égouts ou par camion leurs lixiviats sur des stations d'épuration urbaine, qui ne sont généralement pas équipées pour traiter ce type de pollution. Mais le flux peu important par rapport au débit de la station d'épuration permet un rejet acceptable au milieu naturel par dilution avec les effluents urbains.

Sur les sites[modifier | modifier le code]

Le traitement est effectué par des stations d'épuration fixes ou mobiles. Le traitement des lixiviats est très technique. Pour arriver à les traiter avec des qualités de rejet satisfaisantes, les techniques à mettre en œuvre sont poussées. On traite ces lixiviats par voie biologique de type intensive (les traitements lagunaires ont largement montré leurs limites). Ces traitements biologiques, couplés à des traitements de finition, comme la filtration sur charbon actif, ont fait leur preuve et sont économiques. On peut également les traiter par concentration par des systèmes de filtration (type osmose inverse ou Nanofiltration) ou par des systèmes thermiques d'évaporation pouvant utiliser le biogaz comme source d'énergie, mais attention, ces procédés produisent des concentrats extrêmement coûteux à gérer et les retours directement sur le site de ceux ci, comme cela se faisait et se fait encore parfois, est extrêmement dommageable à long terme, puisque ces polluants vont rapidement reformer des lixiviats !

À noter[modifier | modifier le code]

Le café filtre est un lixiviat car il est obtenu en faisant passer de l'eau chaude au travers de la poudre de café.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. base de données Recherche bibliographique scientifique
  2. texte de la circulaire sur aida.ineris

Voir aussi[modifier | modifier le code]

[modifier | modifier le code]

  • Matejka, G., Rinke, M., Mejbri, R., & Bril, H. (1994). Pollution engendrée par un lixiviat de décharge d'ordures ménagères: Bilan hydrique et caractérisation. Environmental technology, 15(4), 313-322 (résumé)