Trois R

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Les trois R.

Les trois R constituent une stratégie de gestion des produits en fin de vie et des déchets qui en découlent, visant à :

  • Réduire la quantité de produits qui arrivent en fin de vie,
  • Réutiliser des produits ou certaines de leurs parties qui deviendraient autrement des déchets,
  • Recycler les matières premières.

Les produits qui arrivent en fin de vie et qui ne peuvent pas rentrer dans ce schéma sont considérés comme des déchets ultimes : ils ne peuvent qu'être stockés, éventuellement en attendant de trouver un moyen de les faire retourner dans le circuit.

Réduire[modifier | modifier le code]

La réduction des déchets peut se faire à deux niveaux : réduction de la consommation de biens ou réduction de la consommation d'énergie. En effet, à l'heure actuelle, la production d'énergie produit elle même de nombreux déchets au sens large (déchets nucléaires, dioxyde de carbone…). L'objectif de cette démarche est :

  • de limiter les quantités d'objets destinés à un usage unique (par exemple, les emballages pourraient être réutilisés (grâce à une consigne) plutôt que jetés après usage) ;
  • de limiter la quantité de matière composant ces produits jetables (les emballages sont l'exemple de progrès permanents pour limiter leur poids ou volume au strict nécessaire ; la directive européenne 94/62/CE fixe le cadre de ces exigences) ;
  • de favoriser la réutilisation des produits (par exemple en commercialisant des recharges prêtes à l'emploi).
  • d'adapter les appareils en fonction des besoins (par exemple, ne pas faire tourner une machine à laver à moitié chargée ou encore ne pas acheter un réfrigérateur plus grand que ses besoins qui consommera plus d'électricité inutilement).
  • de faire la chasse aux gaspillages : réduction des fuites d'eau, arrêt des appareils en veille, utilisation d'ampoules à basse consommation, conduite moins sportive…

Au final, on réduit ainsi la quantité de matière et de produits impossibles à réutiliser ou à recycler.

Réutiliser[modifier | modifier le code]

La réutilisation consiste à conserver la plus grande partie du produit en fin de vie et à le remettre en état d'être utilisé. La pratique du réemploi est largement soutenue par le réseau des ressourceries.

Solidarité[modifier | modifier le code]

Les produits qui ont subi une usure mais restent utilisables après de menues réparations peuvent être transmis à d'autres usagers moins regardants sur leur état général : ainsi, les vêtements, le mobilier, les jouets ou les appareils électroménagers en état de marche peuvent être réutilisés : les associations caritatives comme Emmaüs, le Secours catholique ou la Croix-Rouge ou encore les ressourceries reprennent ces objets en bon état, voire viennent les chercher à domicile. Le réseau Envie reprend l'électroménager, le remet en état et trie les éléments inutilisables avec un personnel en réinsertion puis revend à bas prix mais avec une garantie du matériel. Vous pouvez aussi rejoindre un groupe Freecycle qui met en relation, par le biais d'une liste de diffusion, des personnes qui souhaitent se débarrasser d'objets qui les encombrent avec des personnes qui en ont besoin.

Reconditionnement[modifier | modifier le code]

Il s'agit d'une réutilisation du produit ou de ses composants principaux (les plus robustes, ou les plus chers ou difficiles à produire), lorsqu'il est possible de ne changer que les parties usées et les parties consommables pour en refaire un produit prêt à la revente : cartouches d'encre pour imprimantes et consommables d'impression, moteurs et pièces détachées d'automobiles refaits à neuf (pièces dites "d'échange standard")…

Consommables courants[modifier | modifier le code]

De nombreux objets de la vie courante peuvent être facilement réutilisés : sacs plastiques, feuilles de papier (en ré-utilisant le papier déjà imprimé sur la seconde face ou comme brouillon)

Consigne[modifier | modifier le code]

La consigne consiste à augmenter le prix d'achat de certains articles et à restituer ce surcoût au retour de l'article. Elle était très pratiquée en France sur les bouteilles en verre mais a quasiment disparu aujourd'hui, en partie à cause du nombre croissant de bouteilles différentes imposées par le marketing. Une loi a imposé son retour en 2003 en Allemagne sur les canettes et bouteilles plastiques de bière et de bouteille gazeuses, mais certains distributeurs n'ont pas joué le jeu, en retirant ces produits de la vente plutôt que d'accepter la consigne. Avec les déplacements de plus en plus internationaux, la consigne devient une entrave à la libre circulation puisqu'une fois franchie la frontière, vous ne pouvez plus récupérer le montant de la consigne.

Le bilan écologique de la consigne est toutefois difficile à évaluer : certes un camion amenant les bouteilles peut repartir rempli de bouteilles vides, au lieu de chercher un autre chargement et qu'un autre camion vide aille chercher le verre dans les bacs de récupération. Mais un camion transportant de l'eau en bouteilles verre transporte plus de 25 % d'emballages contre 4 à 5 % dans le cas d'un camion transportant de l'eau en bouteilles plastiques. D'autre part, si la bouteille consignée est réutilisable à moindre consommation d'énergie (nettoyage), le transport des bouteilles vides est un gouffre financier. Le tri manuel des bouteilles consignées est également très cher, tandis que le tri automatique fonctionne mal en raison de la grande diversité des bouteilles. Toutefois, l'énergie pour refondre la bouteille est en faveur du réemploi plutôt que du verre perdu. De plus la collecte sélective du verre ne permet pas en France de faire du verre blanc faute de trier les verres colorés et les verres blancs lors de la récupération.

Une Analyse de Cycle de Vie (dite rapport DEROCHE)réalisée pour le compte de la basserie METEOR et reprise par l'ADEME a montré les avantages environnementaux de l'usage de la consigne par rapport à l'usage de bouteilles à usage unique. Etude publique disponible sur le site : http://www.ecopulse.fr/IMG/file/Rapport_ACV_Verre_consigne_final_+_%20RC_30_avril_2009.pdf

Par ailleurs une étude réalisée dans le cadre du Plan de réduction des déchets du programme BOREAL porté par l'ADEME dans la Région Nord Pas de Calais décortique les coûts liés à la destruction des emballages en verre et préconise le réemploi des bouteilles, après lavage, dans les productions de boissons requérant des bouteilles particulièrement solides car adaptées aux pressions internes par exemple la bière, les sodas, les eaux gazeuses ou le cidre. Voir le site du programme BOREAL : http://www.programme-boreal.org/

Le 05 décembre 2012 à l'initiative de l'association Eco Science Provence a lieu lieu la 1ère journée nationale technique de la consigne du verre en France. Cette journée s'est déroulée dans les locaux de la Fondation Nicolas HULOT qui a accueilli plusieurs collectivités venues pour parler de leur expérience et de l'état d'avancement de la consigne des bouteilles en verre sur leur territoire.

Déchets nucléaires[modifier | modifier le code]

Certains déchets nucléaires issus des réacteurs nucléaires "classiques" peuvent être réutilisés comme combustible par des réacteurs à neutrons rapides et à sodium. Cela produit d'autres déchets nucléaires terminaux, de radioactivité moindre. Cependant cette source devrait être vérifié...

Recycler[modifier | modifier le code]

Le recyclage concerne les matériaux dont sont constitués les produits en fin de vie. Il consiste essentiellement à récupérer ces matériaux pour s'en servir comme matières premières pour de nouveaux produits. Dans certains cas, il se limite à leur valorisation en énergie (principalement par incinération avec récupération de chaleur) et en déchets ultimes. Une voiture moderne doit être recyclable à un certain pourcentage minimum.

Valoriser[modifier | modifier le code]

Certaines personnes ajoutent un 'V' après les 3R pour la Valorisation. Cette dernière étape possible avant l'élimination vise à tirer une valeur quelconque de déchets qui ne peuvent bénéficier du traitement des 3R.

Plusieurs solutions existent et c'est probablement une voie qui va se développer dans l'avenir (bien que moins intéressante environnementalement parlant). Voici quelques exemples :

  • Utilisation des biogaz générés par l'enfouissement de déchets organiques pour produire de l'énergie,
  • Compostage des déchets organiques pour renouveler et enrichir les sols,
  • Incinération des déchets à forte valeur énergétique (le bois notamment) pour produire de l'énergie.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]