Air-Sol Moyenne Portée

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Air-Sol Moyenne Portée (ASMP)
Image illustrative de l'article Air-Sol Moyenne Portée
Présentation
Fonction Missile nucléaire pré-stratégique
Constructeur MBDA
Coût à l'unité 15 millions d'euros
Déploiement 1er mai 1986 (ASMP)
1er octobre 2009[1] (ASMP-A)
Caractéristiques
Moteur Statoréacteur
Masse au lancement 840 kg
Longueur 5,40 m
Diamètre 35 cm
Envergure 0.96 m
Vitesse Mach 3 (estimé)
Portée ±400km pour une croisière à haute altitude, ±80km à basse altitude et ± 60km contre une cible navale (ASMP)
500 km (ASMP-A) (estimé)
Altitude de croisière en fonction du choix du pilote avant le tir
Charge ASMP: TN-81 de 100 à 300 kt nucléaire, ASMP-A: TNA (tête nucléaire aéroportée)
Guidage Navigation inertielle sur programme
Détonation Accélérateur à poudre jusqu'à Mach 2
Plateforme de lancement Mirage 2000, Super-Étendard, Rafale

L’air sol moyenne portée (ASMP) fait partie, avec l’Apache, le Scalp et le MdCN, des missiles de croisière utilisés par l’armée française. Il emporte une arme nucléaire.

L’air sol moyenne portée amélioré (ASMPA), qui remplace l'ASMP, est entré en service opérationnel en 2010.

Description du missile[modifier | modifier le code]

La grande capacité de pénétration de l'ASMP résulte:

  • de sa vitesse plus que bisonique
  • de sa grande manœuvrabilité
  • de sa relative furtivité
  • de son insensibilité aux effets des explosions nucléaires, appelée durcissement
  • de la variété des trajectoires possibles

Fonctionnement[modifier | modifier le code]

  1. Phase 1 : A 0 seconde,
    • A une vitesse de l'avion lanceur supérieure à 500 nœuds, éjection du missile vers le bas à 5 m/s pour mettre le missile à une distance de sécurité.
    • Mise à feu du bloc poudre après 1,2 seconde avec mise en pression du réservoir de kérosène
    • Accélération jusqu'à Mach 2
  2. Phase 2 : A 1,6 seconde,
    • Le réservoir de kérosène est préparé pour son allumage
  3. Phase 3 : A 5,9 secondes,
    • Largage de la tuyère d'accélération
    • Ouverture des entrées d'air du statoréacteur
    • Éjection des obturateurs de la chambre de combustion
    • Injection du kérosène
    • Allumage du statoréacteur
  4. Phase 4 : A 6 secondes,
    • Vol de croisière avec trois types de trajectoire possibles
      • Trajectoire à basse altitude, en épousant la forme du relief
      • Trajectoire à haute altitude puis descente à forte pente sur l'objectif, autorisant une plus grande portée
      • Trajectoire marine à très basse altitude (quelques dizaines de mètres)

Historique de la conception[modifier | modifier le code]

Au début des années 1970, les progrès de la défense sol-air ont obligé l'Armée de l'air à améliorer son armement stratégique et pré-stratégique, respectivement constitués des tandems suivants:

Il a donc été décidé de remplacer les bombes par des missiles ce qui permettrait à l'avion de tirer à distance de sécurité. Un premier missile fut étudié à partir de 1974 mais le programme dut être abandonné. En 1977, l'Aérospatiale, répondant à un appel d'offre de la Direction Technique des engins propose un missile doté d'un statoréacteur à accélérateur intégré. En 1978, l'Aérospatiale est choisie pour développer l'ASMP en vue d'une utilisation sur Mirage 2000. L'année suivante la décision est prise de l'adapter en priorité sur le Mirage IV en vue d'une utilisation stratégique. Et en 1980, il est décidé de doter la Marine nationale d'une capacité pré-stratégique en adaptant l'ASMP sur le Super Étendard. La mise en production de série intervient à la fin de l'année 1983. La mise en service du premier escadron sur Mirage IV interviendra le 1er mai 1986, celui sur Mirage 2000 le 1er juillet 1988 et enfin la mise en service sur Super Étendard, le 1er juin 1989.

Profil de l'ASMP-A

Air-Sol Moyenne Portée (ASMP)[modifier | modifier le code]

L'ASMP est un missile nucléaire tactique de "dernier avertissement" avant les frappes par sous-marins, 90 missiles ASMP et 60 ogives TN81 nucléaires ont été construites pour être portés par les 60 les Mirage 2000 NK2 de l'armée de l'air française et les Super Étendard de l'aéronavale française embarqués sur porte-avions.

Ils sont appelés à être progressivement retirés du service à partir de 2010 avec l'entrée en service de leur successeur, l'ASMPA.

Air-Sol Moyenne Portée-Amélioré (ASMP-A)[modifier | modifier le code]

maquette de l'ASMP-A de dos

Suite à un programme initié en 1997, l'ASMP a été remplacé en 2010 par une version améliorée, appelée ASMP-A, dotée d'une nouvelle tête nucléaire dite TNA (Tête nucléaire aéroportée) qui aurait une puissance inférieure ou égale à celle de la TN81 estimée à 300 Kt, soit quinze fois la bombe d'Hiroshima[2].

D'un poids de 850 kilos, pour une longueur un peu supérieure à 5 mètres, ses caractéristiques exactes sont classifiées mais, selon certaines sources[3], son statoréacteur lui permettrait une portée de l'ordre de 500 kilomètres à la vitesse de Mach 3, avec une précision de frappe inférieure à 10 mètres.

L'ASMP-A peut être emporté sur les avions Rafale au standard F3 (air et marine), leur permettant ainsi d'exercer des frappes nucléaires, et sur les Mirage 2000N au standard K3.

La commande porterait sur 79 missiles ASMP-A et 47 ogives TNA. La livraison devrait s'étendre de 2007 jusqu'en 2011.

Un escadron de Mirage 2000N a fait l'objet des adaptations au standard K3 - l'EC 3/4 "Limousin" à Istres - pour emporter l'ASMP-A dès 2009. Un premier escadron, le "Gascogne" de la BA de Saint-Dizier, équipé de Rafale F3 avec l'ASMP-A est opérationnel depuis fin 2010, un autre est prévu au retrait des Mirage 2000N vers 2018. La décision a été prise de limiter à 2 le nombre d'escadrons chargés de la dissuasion - soit 40 avions.

Côté Marine, c'est en 2010 que devrait être constituée sur le porte-avions Charles de Gaulle, une première flottille de Rafale M au standard F3, équipés de l'ASMP-A.

L'ASMP-A a effectué son premier tir sous avion le 16 janvier 2006 depuis un avion banc d'essai Mirage 2000 N du CEV, puis a été déclaré opérationnel le 1er octobre 2009 à la base aérienne 125 Istres-Le Tubé[1] sur Mirage 2000N K3 et le 1er juillet 2010 à la Base aérienne 113 Saint-Dizier-Robinson sur Rafale F3[4].

Après sa mise en service, un premier tir d'entraînement (évaluation technico-opérationnelle) a été réalisé avec succès par l'Armée de l'Air le 23 novembre 2010 sur M2000N[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b (fr) Charline Redin, « L’ASMP-A arrive dans les forces aériennes stratégiques », sur defense.gouv.fr, Ministère de la Défense français,‎ 1er octobre 2009 (consulté le 8 octobre 2009)
  2. Article dans multipol.org
  3. (fr) Mer et Marine, « Le missile nucléaire ASMP-A entre en service », sur www.meretmarine.com,‎ 8 octobre 2010 (consulté le 21 février 2010)
  4. (fr) Ministère de la Défense, « Mise en service opérationnelle Rafale/ASMP-A », sur www.defense.gouv.fr,‎ 2 juillet 2010 (consulté le 5 mai 2011)
  5. (fr) Ministère de la Défense, « Premier tir d'évaluation pour le couple Mirage 2000N-ASMPA », sur www.mbda-systems.com,‎ 30 novembre 2010 (consulté le 5 mai 2011)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]