Forces françaises dans la guerre de Corée

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Les forces françaises dans la guerre de Corée désignent l'ensemble des forces militaires mobilisées par la France à l'occasion de la guerre de Corée.

À la suite de l'invasion sans avertissement du territoire de la République de Corée par la Corée du Nord le , le Conseil de Sécurité de la toute jeune Organisation des Nations unies, par sa résolution 83 votée le dans l'urgence par neuf voix contre zéro (l'Union soviétique avait décidé de ne plus siéger), avait appelé ses membres à fournir « toute l'assistance nécessaire » (« such assistance as may be necessary… ») pour faire cesser l'agression.

La France, membre fondateur de l'ONU le , est l'un des cinq membres permanents de son Conseil de sécurité. Fortement engagée dans la guerre d'Indochine à l'époque, elle ne pouvait fournir qu'une très faible participation. Cependant, le président de la République Française Vincent Auriol, et le président du Conseil estimèrent nécessaire une aide aux forces de l'O.N.U. en Corée. Le gouvernement décida de l'envoi immédiat d'un bâtiment de guerre prélevé sur l'escadre d'Extrême-Orient et de la formation d'un contingent de forces terrestres. Ce bâtiment était le troisième du nom de l'amiral-gouverneur de Cochinchine, Pierre-Paul de La Grandière, qui supervisa le coup de main lancé par la France contre la Corée en 1866 et commandé par le contre-amiral Pierre-Gustave Roze.

Force navale[modifier | modifier le code]

L'aviso colonial de première classe La Grandière A 01 (renommé escorteur de deuxième classe F731) de la marine nationale fut rappelé de mission début , alors qu'il était dans le golfe du Siam. Armé « guerre » à l'arsenal de Saïgon, il en appareilla le pour être intégré aux forces navales de l'O.N.U. principalement américaines, britanniques et du Commonwealth.

Il fut aussitôt affecté à des missions d'escorte et de protection, notamment anti-sous-marine et antiaérienne, de onze des innombrables convois qui amenaient hommes et matériels dans le réduit du périmètre de Busan dans lequel étaient alors acculées les forces terrestres de l'O.N.U. entre le et le [1].

Au sein du « Task Group 90.4 » de la 7e flotte américaine et rattaché au Fourth Frigate Squadron (Commonwealth) sous commandement britannique, le La Grandière participa au sein d'une importante force amphibie de 230 navires de guerre, au débarquement d'Incheon le , fait d'armes décisif des troupes de l'O.N.U. commandées par le général Douglas Mac Arthur, et à celui de Wonsan le de la même année.

Il fut rappelé début en Indochine française par l'amiral F.M.E.O. à la suite du désastre de Cao Bang.

Pour cette campagne, l'escorteur La Grandière a reçu une citation présidentielle de la République de Corée au titre de la TF 90.5 et a été cité une fois à l'Ordre de l'Armée de mer[Quoi ?]. L'escorteur La Grandière a perdu deux hommes sur la rivière de Saïgon lors d'une attaque du Việt Minh, avant d'appareiller pour la Corée.

Force terrestre[modifier | modifier le code]

Le bataillon français de l'ONU (BF/ONU) est créé le . Il fut formé de 1 017 volontaires venus tant de l'active que des réserves et placé sous le commandement du Lieutenant-colonel Monclar. Compte tenu des relèves et des pertes, c'est un contingent de 3 421 hommes que la France fournit à la Force des Nations unies en Corée (F.N.U.C.) entre 1950 et 1953.

Le , le bataillon français débarqua à Busan pour être intégré aux forces de l'O.N.U. Complété d'une compagnie de l'armée de la République de Corée, il rentra, aux côtés de deux bataillons américains, dans les effectifs du 23e régiment de la 2d « Indianhead » Infantry Division, prestigieuse unité de l'United States Army, dont la particularité est d'avoir été formée en France, à Bourmont (Haute-Marne) en 1917. (Combats : Marne - Bataille du bois Belleau, Argonne...)[non pertinent]

Deux militaires français sur le champ de bataille.

Il fut de tous les principaux combats à partir de jusqu'à la cessation des hostilités en 1953.

En , le 23e R.I.US auquel appartient le BF/ONU, est encerclé à Twin Tunnel et à Chipyong Ni. Il résiste victorieusement à la 125e division de l'armée chinoise tout entière et parvient à se dégager, stoppant l'avancée ennemie.

En mars, on le voit à l'assaut de la cote 1037 et en il est à Putchaetul, intervenant efficacement pour enrayer l'offensive chinoise de printemps[réf. nécessaire].

De à , les opérations culminent pour le bataillon, notamment avec la l'enlèvement de la cote 931 dite du Crève-Cœur.

Le BF/ONU continua de prendre part à toutes les actions menées par la 2e division américaine du Triangle de fer à Chungasan et au Fer de Lance (Arrow head) jusqu'à l'armistice du . En octobre, le bataillon quitte la Corée pour rallier l'Indochine.

Le bataillon français de l'O.N.U. a reçu deux citations présidentielles de la République de Corée, trois citations présidentielles des États-Unis, et a été cité cinq fois à l'Ordre de l'Armée Française.

Le bataillon français de l'ONU en Corée a perdu 287 tués dont 18 Coréens, 1 350 blessés, 12 prisonniers, 7 disparus.

Forces aériennes[modifier | modifier le code]

L'Armée de l'air française n'a pas été mobilisée pour cette opération, en raison de son engagement en Indochine française.

L'État-major composé le comprend néanmoins un officier observateur d'aviation[2], le commandant Émile Le Martelot[3].

Hommages et mémoire[modifier | modifier le code]

Monuments et rues[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Dans le 4e arrondissement de Paris, une place, la place du Bataillon-Français-de-l'ONU-en-Corée, et un monument, dans le square attenant, perpétuent le souvenir de cette unité[4].

Un mémorial dédié aux guerres d’Indochine et de Corée a été inauguré en 2001[5] dans la commune morbihannaise de Lauzach. Le mémorial possède une stèle à la mémoire des neuf Morbihannais morts en Corée[6].

Corée du Sud[modifier | modifier le code]

Le parc Hyohaeng a été créé en 1974 à Suwon en l’honneur des soldats français qui ont sacrifié leur vie pour ce pays. Un monument y a été inauguré le [7].

Associations[modifier | modifier le code]

En France, la mémoire est perpétuée par deux associations :

  • l’association nationale des forces françaises de l’ONU et du régiment de Corée (ANAFF ONU & RC), qui regroupe des anciens du Bataillon français de l’ONU et des marins du « La Grandière » ayant servi de 1950 à 1953, mais aussi des anciens du régiment de Corée en Indochine (GM100) et en Algérie (156e RI, dissous en 1962). Cette association a évolué en nouveau sigle : association nationale des anciens et amis des forces françaises de l'ONU du bataillon et régiment de Corée, 156e R.I. (ANAAFF ONU BC & RC 156RI)
  • l’association nationale des anciens combattants de la second (Indian Head) division des États-Unis et du bataillon français de l’ONU en Corée. Cette association regroupait exclusivement des anciens du Bataillon français de l’ONU intégré au 23e RI de la 2d « Indianhead » Infantry Division américaine. Elle est dissoute en 2000.

À cela s'ajoute l'association Crèvecœur, une association loi de 1901 de reconstitution historique ayant pour but de rendre hommage au Bataillon français de l'Onu en Corée. Elle organise lors d'évènements des reconstitutions, des expositions, etc. On peut notamment voir leur travail dans le Militaria Magazine N°347 de juin 2014, avec des photos prises lors de l'édition 2014 des « Heures Historiques de Sully-sur-Loire »[8],[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Jean Lartéguy, Du sang sur les collines (remanié et titré Les Mercenaires), Gallimard, L'Air du Temps, ca. 1957
  • Louis Tailhades, La Marine nationale dans la guerre de Corée, Revue historique des armées, juin 1990
  • Erwan Bergot, Bataillon de Corée, Les volontaires français 1950-1953, Presse de la Cité 1983
  • Frédéric Stahl, « 1950 : le début de la guerre de Corée », Navires & Histoire, no 96,‎ , p. 58 Document utilisé pour la rédaction de l’article

Liens internes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Document utilisé pour la rédaction de l’article : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.