Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés

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L'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés est un des premiers mouvements se réclamant ouvertement du féminisme qui fut fondé le 11 avril 1871, dans un café de la rue du Temple, à Paris, par Nathalie Le Mel, relieuse, et Élisabeth Dmitrieff, intellectuelle russe proche de Karl Marx.

Contexte et fondation[modifier | modifier le code]

Avec l'établissement de la Commune de Paris, une assemblée autonome vient d'être élue par le peuple parisien, qui compte dans ses rangs des figures politiques aux vues souvent révolutionnaires telles que Jules Vallès et Eugène Varlin. Auguste Blanqui, emblème du mouvement social révolutionnaire, vient quant à lui d'être arrêté par la police d'Adolphe Thiers.

C'est dans ce contexte politique révolutionnaire que Nathalie Le Mel va donner à ses vues égalitaires quant à la citoyenneté féminine, longtemps développées dans ses années de militantisme socialiste et syndicaliste, les moyens de leur intégration pratique, à travers l'établissement d'un syndicat mobilisateur de la cause féminine et dont les revendications multiples imprégneront en profondeur les choix idéologiques et civiques mis en œuvre par la brève expérience d'autogestion populaire que sera, pour quelques semaines, la Commune de Paris. L’Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés est constituée le 11 avril par un groupe de femmes, dont Nathalie le Mel et Élisabeth Dmitrieff, militante de l'Association internationale des travailleurs[1].

L'intitulé du mouvement est trompeur : s'il s'inscrit dans l'action et la présence à coté des communards, le mouvement est revendicatif[1]. Égalité salariale, droit d'organiser son travail, droit de vote, reconnaissance d'un statut civique plénier reposant sur une entière égalité civique et juridique : les exigences de l'Union des femmes s'inspirent d'une logique socialiste pour l'appliquer comme un paradigme systématique et radical à la situation d'assujettissement traditionnel de la femme à sa contrepartie masculine.

Il publie le 11 avril un manifeste, puis, quelques jours après, une adresse à la commission exécutive. Le 8 mai, il désigne en son sein un comité central de sept membres, et émet un deuxième manifeste. La vie de cette organisation est brève, à peine six semaines, mais son activité est significative, rythmée par des réunions quotidiennes dans tous les arrondissements parisiens[1].

L’historien anglais Eugene Schulkind estime à 300 femmes le nombre de membres de cette organisation[2]. La répression sanglante de la Commune a raison de cet élan qui allait animer, pourtant, la plupart des mouvements féministes du siècle suivant.

Dispersion[modifier | modifier le code]

Après la chute de la Commune et les massacres de la Semaine Sanglante à laquelle elle a directement participé du côté des barricades, Elisabeth Dmitrieff parvint à s'enfuir en Russie, où, arrêtée, elle sera déportée en Sibérie où elle s'éteindra, selon toute vraisemblance, vers 1910.

Nathalie Le Mel quant à elle fut condamnée au bagne en Nouvelle-Calédonie, pour laquelle elle sera embarquée le 13 décembre 1871, en compagnie de Louise Michel, condamnée comme elle et à une peine équivalente, et qui sera sur place sa codétenue. Nathalie le Mel sera libérée en 1880 avec l'avènement de la Troisième République, pour reprendre son activisme dans ce contexte politique certes renouvelé mais toujours aussi rétif à l'idée d'appliquer aux femmes le principe pourtant simple d'une pleine égalité.

Héritages[modifier | modifier le code]

Nombres des combats de Nathalie Le Mel seront, à l'instar des luttes d'une Louise Michel, fondateurs des grandes orientations du féminisme du début du XXe siècle, qui fleurira en Europe à travers des figures radicales de la pensée socialiste, communiste ou anarchiste, ou aux États-Unis comme dans le mouvement des suffragettes, qui pointeront tour à tour les grandes thématiques citoyennes, juridiques et économiques qui fondent, et par principe, le discours revendicatif du féminisme moderne.

Références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]