Raoul Rigault

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Raoul Rigault
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Raoul Adolphe Georges Rigault, né le à Paris où il est mort le 24 mai 1871, est un journaliste et homme politique français, surtout connu pour son rôle durant la Commune de Paris de 1871.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fils d'un conseiller à la préfecture de la Seine, Raoul Rigault, bachelier es lettres et es-sciences, prépare l'École polytechnique. Vers 1865, il s'intéresse plus aux mouvements blanquistes qu'à ses études. Son ambition est d'assurer la liaison entre ouvriers et étudiants. Il est alors professeur de mathématiques[1] et rattaché à l' Hébertisme; il fréquente le salon artistique et littéraire de Nina de Villard à Montmartre[2].

Blanquiste[modifier | modifier le code]

Il est arrêté, début 1866, lors d'une réunion au Café de la Renaissance à Saint-Michel, en compagnie de Tridon, des frères Levraud, de Da Costa, A. Verlière, Longuet, Genton, Protot, Largilière, et Landowski[3]. L'avocat Gustave Chaudey prend leur défense[3].

Journalisme[modifier | modifier le code]

Le jeune homme collabore à plusieurs journaux républicains, hébertistes, blanquistes et athées (la marseillaise, l'ami du peuple, la libre pensée ...).

En 1868 après avoir renoncé à son journal Le Barbare, l'un de ses articles publié dans le journal étudiant athée Le Démocrite (plutôt proudhonien), lui vaut trois mois de prison (Il relance le Démocrite en décembre 1868). Il fait une dizaine de séjours en prison jusqu'en 1870, toujours pour motifs politiques (il y constitue des dossiers sur les commissaires et les indicateurs de police).

Raoul Rigault
Portrait par Félix Vallotton
paru dans La Revue blanche en 1897.

1870 - 1871[modifier | modifier le code]

À la suite de la révolution du 4 septembre 1870 et de la proclamation de la République, il est nommé à la préfecture de police de Paris par Antonin Dubost, dont il avait été le collaborateur à La Marseillaise : bien que n'ayant pas l'âge légal pour ce poste, il est nommé commissaire, chargé du service politique. Il prend part aux soulèvements du 31 octobre 1870 et du 22 janvier 1871 contre le Gouvernement de la Défense nationale où il commande, avec son ami Sapia, des gardes nationaux.

La commune[modifier | modifier le code]

Après le début du soulèvement communaliste, il est nommé le 20 mars à la tête de la préfecture de police. Le 26 mars, il est élu au Conseil de la Commune par le VIIe arrondissement. Le 29 mars, il est nommé à la tête de la Commission de Sûreté générale. Profitant des difficultés de la Commune à contrôler son action, il s'arroge des pouvoirs exorbitants et fait réprimer ses adversaires politiques[réf. nécessaire].

Anticléricalisme[modifier | modifier le code]

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Animé par une passion anticléricale, il vise notamment les religieux de Paris, qui font l'objet d'arrestations arbitraires. Rigault mène lui-même les interrogatoires, accablant volontiers les prêtres de remarques méprisantes, et fait mettre au secret de nombreux « suspects ». En sept semaines, Rigault et ses successeurs à la préfecture Cournet et Ferré font arrêter plus de 200 religieux. Il est le responsable de l'arrestation des otages, parmi lesquels Georges Darboy, archevêque de Paris, et de nombreuses perquisitions dans les églises de la capitale.

Actions[modifier | modifier le code]

Les méthodes de Rigault suscitent la polémique au sein de la Commune : lui-même défend son action devant les autres élus en arguant de la situation d'urgence et de guerre civile que connaît alors la Commune.

Le 26 avril, il quitte la préfecture de police, et est nommé procureur de la Commune.

Il vote pour la création du Comité de Salut public.

Rigault envoie Benjamin Flotte pour d'obtenir de l'Assemblée versaillaise l'échange des otages de la Commune contre Blanqui et d'autres prisonniers.

Semaine sanglante[modifier | modifier le code]

Le 23 mai, au début de la Semaine sanglante, Rigault se rend dans la cellule de Gustave Chaudey à la prison de Sainte-Pélagie et le met en accusation pour avoir ordonné à la troupe de tirer sur les Parisiens insurgés le . Chaudey proteste de son innocence et rappelle son passé socialiste, mais Rigault souhaite venger la mort de son ami Sapia, mort à ses cotés le 22 janvier. Il le fait aussitôt fusiller avec trois gendarmes.

Chaudey avait dit après le 31 octobre 1870 à

« Ferré et des partisans de la commune qui réclamaient la liberté de Louise Michel et de leurs amis : «Les plus forts fusilleront les autres». Il mourut peut-être de ce mot »

[4].

Le lendemain, Rigault se bat, en grand uniforme, au Quartier latin sur la barricade de la rue Soufflot. Il est fusillé à bout portant sans procès, rue Gay-Lussac le 24 mai par un sergent versaillais qui le reconnait comme un officier communard lorsqu'il dit «Que me voulez vous ? Vive la commune !»[5]. Des soldats dépouillent son cadavre des objets de valeur : son corps, laissé sur place, est ensuite malmené par des passants.

Références[modifier | modifier le code]

  1. article «Maintiens de l'ordre public et polices à Paris 1870-1871.» d' Alain Dalotel dans «Maintien de l'ordre et polices en France et en Europe au XIXe siècle», Actes de colloque sous la présentation de Ph. Vigier et Alain Faure, éditions creaphis, 1987
  2. «La gauche réactionnaire. Mythes de la plèbe et de la race dans le sillage des Lumières.» de Marc Crapez, éditions Berg international, Paris, 1997
  3. a et b Auguste Lepage, Les cafés artistiques et littéraires de Paris, P. Boursin, 1882 (lire extrait en ligne
  4. Histoire de la commune de 1871. de Prosper-Olivier Lissagaray rééd. La Découverte, 526 p. 2004 / Première publication en 1876 / seconde publication rallongée, éd Dentu, Paris, 1896 en ligne sur Gallica et Nouvelle édition précédée d'une notice sur Lissagaray par Amédée Dunois, BnF collection ebooks, 2016.
  5. Histoire de la commune de 1871. de Prosper-Olivier Lissagaray, Nouvelle édition précédée d'une notice sur Lissagaray par Amédée Dunois, BnF collection ebooks, 2016.

Sources[modifier | modifier le code]

  • Bernard Noël, Dictionnaire de la Commune, Flammarion, collection Champs, 1978.

Liens[modifier | modifier le code]