Adèle Esquiros

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher

Adèle Esquiros, née Adèle-Julie Battanchon le 12 décembre 1819 à Paris, morte le 22 décembre 1886 à Paris, est une femme de lettres et journaliste féministe française.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille de Pierre-François Battanchon, un étudiant en médecines mort en 1860, et de Marie-Rose Rouvion, une rentière morte en 1844, mariés en 1822, elle a quatre frères — Pierre-François (mort en 1864), professeur de musique à Libourne puis à Bordeaux, Gabriel-Félix, professeur à Genève, Edmond, artiste-peintre à Paris, et Henri, négociant à Buenos Aires — et une sœur — Émilie (morte en 1864), mariée à un propriétaire terrien du Puy, Dubosc. Institutrice et poétesse, elle fait la connaissance d'Alphonse Esquiros, un écrivain romantique converti au socialisme et aux idées républicaines, avec lequel elle se marie à Paris le 7 août 1847 et écrit plusieurs ouvrages: Histoire des amants célèbres et Regrets, souvenir d'enfance, avant d'être abandonnée par son mari en 1850[1],[2].

Pendant la Deuxième République, elle est un membre actif du Club des femmes fondé en avril 1848 et de la Société de l'éducation mutuelle des femmes, fondée en août 1848, avec Jeanne Deroin, Eugénie Niboyet et Désirée Gay. Avec Eugénie Niboyet et Louise Colet, elle est à l’origine de deux journaux féministes, La Voix des Femmes (1848), puis L’Opinion des Femmes[3],[2].

Son œuvre la plus notable est sa réponse à Jules Michelet, L'Amour (1860)[2].

Membre de la Société des gens de lettres, elle meurt en 1886, aveugle, paralysée et dans une misère noire, ne survivant que grâce à un maigre traitement de la société[2]. À sa mort, elle ne laisse un actif que de 1 827 francs[1].

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Le Fil de la Vierge, Paris, V. Bouton, 1845, 70 p.
  • Histoire des amants célèbres (avec Alphonse Esquiros), Paris, bureau des publications nationales, 1847
  • Regrets. - Souvenirs d'enfance. - Consolation. - Jalousie, (avec Alphonse Esquiros), Paris, imprimerie de Bénard, 1849, 2 p.
  • « Un vieux bas-bleu », dans Les Veillées littéraires illustrées, tome II : « Choix de romans, nouvelles, poésies, pièces de théâtre etc. etc. des meilleurs écrivains anciens et modernes », Paris, J. Bry aîné, 1849
  • Les Amours étranges, Paris, A. Courcier, 1853, IV-349 p.
  • « Une vie à deux », par Alphonse Esquiros. « La Course aux maris », « la Nouvelle Cendrillon », « l'Amour d'une jeune fille », « l'Échoppe du père Mitou », par Adèle Esquiros, Paris, Lécrivain et Toubon, 1859, 48 p.
  • L'Amour, Paris, 1860, 107 p.
  • Histoire d'une sous-maîtresse, Paris, E. Pick, 1861, 138 p.
  • Les Marchands d'amour, Paris, Pick, 1865, 224 p.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Vincent Wright, Éric Anceau, Jean-Pierre Machelon, Sudhir Hazareesingh, Les Préfets de Gambetta, Presses Paris Sorbonne, 2007, 482 pages, p. 195-198 (ISBN 978-2-84050-504-4).
  2. a, b, c et d Naomi Judith Andrews, Socialism's muse: gender in the intellectual landscape of French romantic socialism, Lexington Books, 2006, 179 pages (ISBN 978-0-7391-0844-4).
  3. Alphonse Lucas, Les clubs et les clubistes : histoire complete critique et anecdotique des … , E. Dentu, Paris, 1851 books.google.fr