Mur des Fédérés

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Emplacement du mur des Fédérés dans le cimetière du Père-Lachaise.
Le mur en 1900, photo d'Eugène Atget.
Monument aux victimes des Révolutions, construit dans le square Samuel-de-Champlain le long du Père-Lachaise, avec les pierres originales du mur.

Le mur des Fédérés est une partie de l'enceinte du cimetière du Père-Lachaise, à Paris, devant laquelle, le , cent quarante-sept Fédérés, combattants de la Commune, ont été fusillés et jetés dans une fosse ouverte au pied du mur par les Versaillais de l'armée régulière. Depuis lors, il symbolise la lutte pour la liberté et les idéaux des communards, autogestionnaires.

Le mur est à l'angle sud-est du cimetière[1].

Histoire[modifier | modifier le code]

C'est au cimetière du Père-Lachaise, qu'au cours de la Commune de Paris, au printemps 1871, se retranchent les derniers combattants communards. Les Versaillais, dirigés par le maréchal Mac Mahon, maîtres du lieu vers la fin de l'après-midi du 28 mai, y fusillent tous les prisonniers contre un mur appelé, depuis lors, « mur des Fédérés ».

Selon Karl Marx, la Commune est la seule période de l'histoire française durant laquelle fut – brièvement – réalisée une dictature du prolétariat. En effet, cet épisode révolutionnaire s'est construit sur un soutien fort de la classe ouvrière et, plus largement, d'une importante partie de la population parisienne, qui y a versé son sang. Cette lutte d'importance et la terrible répression qui s'ensuivit (de l'ordre de 1400 fusillés [2],[3]. ) laissèrent un souvenir vivace. Celui-ci se cristallisa autour du mur des Fédérés, emblème d'une époque d'autant plus insaisissable qu'elle fut brève et laissa peu de monuments.

Un symbole de l'émancipation ouvrière[modifier | modifier le code]

De nombreux événements montrent que le mur des Fédérés fut un lieu de commémoration important, un symbole fort d'émancipation et de liberté dans la mémoire militante :

Tous les ans, le 1er mai, jour de la Journée internationale des travailleurs, le Grand Orient de France accompagné de nombreuses obédiences maçonniques, des représentants de la libre-pensée, ainsi que le Parti communiste français et des organisations syndicales, rendent hommage aux victimes de la Commune et à celles du nazisme en se rendant au mur des Fédérés.

Jules Jouy a chanté le mur et les fusillés en 1887 sous les titres Le Tombeau des fusillés et Le Mur.

Avec d'autres éléments du cimetière, le mur a été classé monument historique par arrêté du [4].

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Références[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Madeleine Rebérioux, « Le Mur des Fédérés : Rouge, “sang craché” », dans Pierre Nora (dir.), Les Lieux de mémoire, vol. 1 : La République, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque illustrée des histoires », , 674 p. (ISBN 2-07-070192-1), p. 619-649
  • Alain Dalotel, « La “montée” au Mur des Fédérés : Un pèlerinage rouge (1878-1914) », Gavroche, no 9,‎ , p. 14–20 (lire en ligne)