Lucien Descaves

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Lucien Descaves
Académie goncourt Lucien Descaves in toute l'édition.jpg
Fonction
Président du conseil d'administration
Académie Goncourt
-
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 88 ans)
ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Père
Alphonse Descaves (d)Voir et modifier les données sur Wikidata
Fratrie
Enfant

Lucien Alexandre Descaves, né à Paris 14e le et mort à Paris 16e le [Note 1], est un écrivain naturaliste et libertaire[1].

Journaliste, romancier et auteur dramatique français, il a fait partie des premiers membres de l'Académie Goncourt dont il fut le président.

Biographie[modifier | modifier le code]

Lucien Descaves naît au Petit-Montrouge qui venait d'être intégré à Paris, il est le fils d'Alphonse Descaves (1830-1890), graveur, originaire de Chateau-Thierry et d'Hélène Château (1839-1882), originaire de Paris.

Né chétif, ses parents l'envoient une année auprès d'une grande tante maternelle et de son mari (l'oncle Denis) vivant à Montreuil-aux-Lions (Aisne).

Ses premières années sont marquées par la Commune de Paris. Il entre en apprentissage le 10 novembre 1878 à la banque Lehideux, rue Drouot, puis, il entre, le 15 novembre 1879, au Crédit lyonnais, boulevard des Italiens.

En août 1882, il intègre le 129e régiment d'infanterie en garnison au Havre où il fait la connaissance du Général Hagron, alors commandant du deuxième bataillon.

En septembre 1882, il publie un recueil de cinq nouvelles, ayant pour titre celui de la plus longue d'entre elles : "Le Calvaire d'Héloïse Pajadou". Il rencontre la même année Joris-Karl Huysmans (1848-1907) qu'il considère comme son maître.

Il est libéré de l'armée en septembre 1886 et retourne vivre chez son père à Montrouge. Il décide de se lancer dans le journalisme.

En 1887, Descaves signe avec Paul Margueritte, Paul Bonnetain et d'autres un manifeste contre Zola à l'occasion de son roman La Terre : le Manifeste des cinq.

Lucien Descaves s'est lui-même particulièrement rendu célèbre par un roman antimilitariste, intitulé Les Sous-offs, pour lequel il fut traduit en cour d'assises pour injures à l'armée et outrages aux bonnes mœurs. Il fut défendu par maîtres Tézenas et Millerand. C'est durant son service militaire, qu'il termina comme sergent-major, qu'il puise les scènes d'un réalisme cru qui ponctuent la fiction. Acquitté en 1890, il donna d'autres œuvres dans le même ton et contenant des violences jugées excessives par certains (Louis Bethléem) ou d'une brutale sincérité pour d'autres (Larousse).

Il est rédacteur au journal L'Aurore au moment de l'affaire Dreyfus, il apporte son soutien au capitaine Dreyfus.

En 1902, avec notamment Élisée Reclus, Jehan Rictus, Paraf-Javal, Maurice Donnay, Henri Zisly, Émile Armand, Georges Deherme, il est parmi les fondateurs de la Société pour la création et le développement d'un milieu libre en France qui appuiera la création d'une communauté libertaire, La Clairière de Vaux (Essômes-sur-Marne, Aisne), « premier milieu libre » français non éphémère dissout en 1907[2].

Après la mort de Joris-Karl Huysmans en 1907, il crée la Société J.-K. Huysmans.

Il tient à partir de 1916 la rubrique littéraire qui reste le point fort du Journal.

En 1927, il signe en compagnie d'Alain, Louis Guilloux, Henry Poulaille, Jules Romains, Séverine... la pétition (parue le 15 avril dans la revue Europe) contre la loi sur l'organisation générale de la nation pour le temps de guerre qui abroge toute indépendance intellectuelle et toute liberté d'opinion.

Il fait partie des membres fondateurs de l'Académie Goncourt. En 1932, il sera l'un des plus violents pourfendeurs de ses coacadémiciens après que le prix, qui semblait promis à Céline pour le Voyage au bout de la nuit, eut finalement échu aux Loups de Guy Mazeline. Il votera par correspondance jusqu'à son retour à la table du Restaurant Drouant le 22 novembre 1939.(in Jacques Robichon Le défi des Goncourt).

L'écrivain René Benjamin, qui lui vouait une haine tout à fait réciproque, a écrit sur lui : « Je ne connais rien de plus étroit que le bureau de Lucien Descaves si ce n'est son esprit ». Descaves reprochait en particulier à René Benjamin d'avoir oeuvré pour faire entrer Sacha Guitry à l'Académie Goncourt.

Pendant l'Occupation de la France par l'Allemagne, il se retire à Senonches (Eure-et-Loir) où il écrit ses souvenirs qui seront publiés en 1946 sous le titre "Souvenirs d'un ours".

Il est président de l'Académie Goncourt de 1945 à 1949.

Il décède le à Paris[3].

Lucien Descaves était le frère d'Eugène Descaves, commissaire de police et collectionneur d'art, l'oncle de la pianiste Lucette Descaves (1906-1993) et le père de l'écrivain et homme de radio Pierre Descaves.

Œuvres[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Archives de l’état civil de Paris en ligne, mairie du 14e arrondissement, acte de naissance n° 1043, année 1861, déclaration du 20 mars 1861, avec mention marginale du décès

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire biographique, mouvement ouvrier, mouvement social, « Le Maitron » : notice biographique.
  2. Tony Legendre, Expériences de vie communautaire anarchiste en France: le milieu libre de Vaux, Aisne, 1902-1907, et la colonie naturiste et végétalienne de Bascon, Aisne, 1911-1951, Éditions libertaires, 2006, page 21.
  3. « Lucien Descaves 1861 - 1949 », sur www.luciendescaves.fr (consulté le 12 octobre 2015).
  4. Lucien Descaves, « Chroniques Historiques : Gustave Courbet et la Colonne Vendôme », sur www.luciendescaves.fr, (consulté le 12 octobre 2015).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notices[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]