La Commune (Paris, 1871)

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La Commune (Paris, 1871)
Description de cette image, également commentée ci-après
Proclamation de la Commune de Paris, le 29 mars 1871.

Réalisation Peter Watkins
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Film historique
Durée 345 minutes
Sortie 2000

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

La Commune (Paris, 1871) est un film historique français en deux parties de Peter Watkins, diffusé en 2000. Il prend place lors de la Commune de Paris, en 1871.

Premièrement diffusé sur Arte en 2000, il sort sept ans plus tard au cinéma dans une version écourtée de trois heures.

Synopsis[modifier | modifier le code]

Napoléon III perd la guerre contre la Prusse après un siège de Paris particulièrement dur pour le peuple parisien. Nous sommes en 1870-1871 et la misère est grande. Les 17 et , le peuple parisien, qui refuse la capitulation, se révolte. La Commune de Paris est née.

Alors que la télévision versaillaise rapporte l'événement de façon partielle et orientée, une commission communarde se crée et s'organise pour relayer ce moment qui, bien que majeur dans l'histoire du mouvement ouvrier, reste néanmoins l'une des périodes les plus méconnues de l'histoire de France.

Les journalistes se rendent sur les lieux où naît la Commune : mairie, barricades, clubs féministes, etc. et procède à des interviews pour rendre compte à la population de la réalité. Les gens disent leurs rêves, leurs révoltes, leurs combats et opposent leur opinions...

Fiche technique[modifier | modifier le code]

Distribution[modifier | modifier le code]

Information icon with gradient background.svg Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données IMDb.

La plupart des acteurs sont non professionnels[1]. Certains des Versaillais ont été recrutés par une petite annonce passée dans Le Figaro alors que les communards ont été recrutés parmi les habitants du XIe arrondissement de Paris[1].

  • Eliane Annie Adalto, Anne Carlier, Micheline Letourneur, Béatrice Mandelbrot et Flora Pierre : blanchisseuses
  • Pierre Barbieux, Roland Fontaine, Gaston Lepage, Manon Lepage, Prune Sauvageot, Leila Mandelbrot, Tilly Mandelbrot, Zinedine Vergnaud : enfants dans la cour Popincourt
  • Bernard Bombeau : Baker
  • Maylis Bouffartigue : Marie-Louise Théron
  • Geneviève Capy : la femme du docteur
  • Véronique Couzon : Marie-Louise Beauger
  • Piotr Daskiewicz, Przermyslaw Galkiewicz et Marek Przbyla : officiers de police
  • Nicole Defer : propriétaire de l'atelier de couture et de blanchisserie
  • Patrick Dell'Isola : Émile Léonard Morterol
  • Jürgen Ellinghaus : officier de l'armée versailaise
  • Caroline Esnard-Benoit : la femme de Baker
  • Jean-Michel Gallois : concièrge
  • Joachim Gatti : Joachim Rivière
  • Jean Giacinti : Adolphe Thiers
  • Virginie Guibbaud : Léontine Rombert
  • Armelle Hounkanin : Françoise Boidard
  • Catherine Humbert : Marguerite Lachaise, cantinière du 66e batallion, garde national
  • Steve Kreisler : Wickham Hoffmann
  • Lucette Labreuil et Michel Labreuil : propriétaires du Café Watrin
  • Rémy Le Champion et Laurent Parisi : policiers
  • Jean Legal : docteur
  • Elisabeth Lemaitre : prêteuse sur gages
  • Elsy Mandelbrot : écolière au couvent
  • Samy Nogaro : Émile Théron
  • Aurélia Petit : Blanche Capellier
  • Pascal Schiltz : Sailor
  • Dirk Sikorski : Anatole Cordier
  • Gérard Watkins : Gérard Bourlet
  • Philippe Welsh : le père
  • François Damiens : un réparateur de fusils de la garde nationale (non-crédité)
  • Laurent Roth

Processus de réalisation[modifier | modifier le code]

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Peter Watkins s'essaye, au travers de ce film, à développer une réelle communication entre les spectateurs et l'œuvre. Ainsi, il recherche, aussi bien de la part des acteurs que de celle du « spectateur », une forte implication dans le processus d'échange[réf. souhaitée].

Peter Watkins demande aux acteurs, plusieurs mois avant le tournage, d'effectuer eux-mêmes une recherche historique sur la Commune ainsi que sur leurs personnages respectifs[1].

Ces recherches personnelles complèteront celles effectuées par une autre équipe propre à la réalisation, composée notamment d'éminents historiens. Ainsi, de cette participation active des comédiens et comédiennes, naîtra tout au long du film, des discussions de groupes tant passionnées que pointues d'un point de vue historique ; discussions que Peter Watkins aura tout loisir de capturer avec l'œil de sa caméra...

Autre effet inattendu de cette approche particulière du processus cinématographique, les acteurs, pour la plupart engagés dans différentes luttes sociales de notre époque, laisseront suinter de leur personnage leurs engagements politiques dans la vie quotidienne. Déroutant certes, mais cela n'est-il pas opportun, réflexion faite, d'entendre parler de droit au logement au XXIe siècle, dans un film relatant un évènement tel que la Commune de Paris ? Peter Watkins atteint un de ses buts, il signe ainsi une œuvre qui, loin de se contenter de l'éclairage historique, est aussi un vibrant appel à s'interroger sur le sens que peut revêtir la Commune dans le contexte social actuel.

Dans le but de favoriser, cette fois-ci, l'implication de ce que l'on a dès lors du mal à appeler encore un « spectateur » — tant ce dernier est habituellement associé à la notion de passivité — Peter Watkins développe une technique filmique atypique. Il recourt à de larges plans séquences où la caméra, ininterrompue pendant plusieurs dizaines de minutes parfois, offre au public les discussions entre communards, en voyageant lentement de groupe en groupe. Il se dégage alors de l'œuvre une fluidité et un espace propice à la réflexion et donc, à un certain « dialogue » entre acteurs et spectateurs.

Conséquence, entre autres, de ces longs plans ininterrompus habituellement découpés et réduits dans la phase de montage du film, la Commune de Paris est aussi un film hors du commun de par sa longueur (h 45 pour la première version, h 30 dans la version remontée pour le cinéma, sortie en salle en 2007). Ce choix de réalisation, comme la longueur inhabituelle du film, sont autant de dénonciations contre ce que Watkins appelle la monoforme.

Traduisant ainsi leur implication réelle dans le processus du film, quelques comédiens et « spectateurs » ont créé l'association Rebond pour la commune dans le but d'aider à la diffusion de ce film qui connut nombre d'obstacle en la matière[1].

Analyse[modifier | modifier le code]

Critique du cinéma dominant[modifier | modifier le code]

En recherchant, pour son film, des processus cinématographiques ouverts et participatifs, Peter Watkins s'oppose de fait, à la tendance totalisante qui s'exerce parfois dans la production cinématographique de ces dernières décennies: un cinéma dense et rapide, d'apparence fluide mais en réalité fragmenté. Il conceptualisera ce schéma narratif dominant sous le nom de Monoforme. De même, le réalisateur se heurtera de front avec la standardisation qui s'opère dans la durée des films et documentaires. Il nommera ce phénomène réducteur l'Horloge universelle. Un film homonyme, réalisé par Geoff Bowie durant le tournage de La Commune (Paris, 1871), traite du phénomène.

Ainsi Peter Watkins fait de ce film une critique du système médiatique actuel (les mass media audiovisuels), qu'il juge foncièrement antidémocratique. Afin de renforcer cette portée critique, il invite le reportage télévisuel en plein XIXe siècle, utilisant là une technique narrative très particulière.

Production et diffusion du film[modifier | modifier le code]

Arte, qui coproduisit le film, fit preuve d'une attitude peu louable, d'après Watkins. Chantage et omissions-mensonges furent parmi les moyens qu'utilisa la chaîne pour forcer Watkins à revenir sur ses choix de réalisation atypiques (érigés contre la monoforme) : montage, durée, choix d'acteurs non-professionnels.[réf. nécessaire] Finalement, le film fut diffusé entre 23 heures et 4 heures du matin, à une heure où le public français n'est pas « éveillé » comme dit Watkins. Le film est sorti en grand écran, dans une version de h 30 min, le 7 novembre 2007, dans une salle de cinéma parisienne et est depuis diffusé de manière sporadique dans d'autres cinémas en France.

Réception critique[modifier | modifier le code]

Vincent Avenel sur le site internet critikat.com estime qu'il s'agit d'une œuvre maîtresse dans la filmographie de Peter Watkins[1].

L'historien Jacques Rougerie la « considère comme l’œuvre cinématographique la plus accomplie et la plus remarquable sur la Commune, dont elle restitue extraordinairement le climat, avec une fidélité historique remarquable »[2].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Vincent Avenel, « Le cadavre est à terre, et l’idée est debout », Critikat,‎ (lire en ligne)
  2. Jacques Rougerie, Paris libre 1871, p. 282, Éditions du Seuil, 2004

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]