Rue des Francs-Bourgeois

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
3e et 4e arrts
Rue des Francs-Bourgeois
Vue vers l'est.
Vue vers l'est.
Situation
Arrondissements 3e et 4e
Quartier Archives, Arsenal et Saint-Gervais
Début Place des Vosges
Fin Rue des Archives
Morphologie
Longueur 705 m
Largeur 8 à 13 m
Historique
Création 1500
Dénomination Des Francs-Bourgeois
Géocodification
Ville de Paris 3833
DGI 3820

Géolocalisation sur la carte : Paris

(Voir situation sur carte : Paris)
rue des Francs-Bourgeois
Images sur Wikimedia Commons Images sur Wikimedia Commons

La rue des Francs-Bourgeois est située à Paris, dans le quartier du Marais, marquant la limite entre le 3e et le 4e arrondissement. Elle va de la place des Vosges au carrefour de la rue Rambuteau et de la rue des Archives.

Odonymie[modifier | modifier le code]

Cette vieille rue qui longeait en partie l'enceinte de Philippe Auguste, se nomma d'abord « rue des Poulies », « rue des Viez Poulies » ou « rue des Vieilles Poulies », « rue Richard des Poulies », « rue Ferri des Poulies », à cause de ses métiers de tisserands. Elle a pris son nom actuel après que furent fondées, en 1334, des « maisons d'aumônes » dont les occupants, affranchis de taxes en raison de leurs faibles ressources, étaient appelés « francs-bourgeois », et dont l'une, qui se nommait « maison des Francs-Bourgeois », était un hôpital pour bourgeois miséreux.

Ancien carrefour de la rue des Francs-Bourgeois (« rue de Paradis ») et de la rue des Archives (« rue de la chapelle de Braques ») vers 1550 (plan de Truschet et Hoyau).

La partie à proximité de la rue des Archives actuelle (alors « rue du Grand Chantier ») portait le nom de « rue de Paradis » sur le plan de Truschet et Hoyau de 1550. En 1609, Vassalieu constate la persistance de deux odonymes puisqu'il la nomme dans son entier « rue des Poulies ou Franc Bourgeois ». « Rue du Paradis » est alors toujours le nom de la partie qui s'étend à l'est de la Vieille Rue du Temple.

On donna à la rue le nom de « rue des Francs Citoyens » pendant la Révolution, sans pourtant que le vocable « bourgeois » ne renvoie de quelque façon aux institutions d'Ancien Régime.

À l'origine, la rue des Francs-Bourgeois allait de la rue Vieille-du-Temple à la rue Payenne. Sous le Second Empire, son nom fut donné aux rues qui la prolongeaient et dont les noms disparurent de ce fait : rue de Paradis-au-Marais, entre la rue Vieille-du-Temple et l'actuelle rue des Archives, rue Neuve-Sainte-Catherine, entre les rues Payenne et de Turenne et rue de l'Écharpe entre la rue de Turenne et la place des Vosges.

Histoire[modifier | modifier le code]

La rue est attestée dès le XIVe siècle. Les voies qu'elle a absorbées au XIXe siècle, dans le prolongement du tronçon historique, sont presque toutes de la même époque.

Longtemps les hôtels et bâtiments qui la bordent ont été occupés par des ateliers et des industries qui en rendaient la fréquentation peu agréable ; cette rue est désormais une voie très commerçante avec de nombreux magasins de mode haut de gamme.

Description[modifier | modifier le code]

Cette rue sépare en partie les 3e et 4e arrondissements de Paris, les numéros impairs appartenant au 4e et les pairs au 3e. Les velléités d'élargissement de la voirie parisienne au XIXe siècle ont obligé à bâtir les immeubles de cette époque en retrait de l'alignement ancien de la rue. Beaucoup de vieux bâtiments y subsistant, les ruptures d'alignement sont fréquentes au long de la rue, formant des recoins qui servent généralement au stationnement.

Cliquez sur une vignette pour l’agrandir.

Bâtiments remarquables et lieux de mémoire[modifier | modifier le code]

La rue abrite de nombreux hôtels particuliers :

  • No 12 : emplacement de la caserne des Francs-Bourgeois qui fut occupée par la gendarmerie[1].
  • No 26 : hôtel Mortier de Sandreville, appelé également « hôtel Mortier », « hôtel de Sandreville » ou « hôtel Le Meyrat[2] » : construit en 1585, puis remanié en 1767, il est classé depuis 1981 comme monument historique[3].
  • No 39 : la Société des Cendres (1866), lieu où l'on récupérait les métaux précieux se trouvant parmi les déchets des bijoutiers et orfèvres. Réhabilité en 2014 en magasin de vente de vêtements[4]. Au sous-sol, un petit musée expose quelques éléments de l'ancienne installation[5].
  • No 44 : hôtel Hérouet (au coin de la rue Vieille-du-Temple), ayant appartenu à Jean Hérouet.
  • No 56 : maison Claustrier, bâtie sur les plans de Mansart de Sagonne, et hôtel de Fontenay, occupé par le Service interministériel des archives de France.
  • No 58 : hôtel Le Tonnelier de Breteuil, datant de 1626, annexé à l'hôtel de Soubise en 1862.
  • No 58 bis : hôtel d'Assy, ancien hôtel Marin de la Châtaigneraie, de 1701, également annexé à l'hôtel de Soubise.
  • No 60 : hôtel de Soubise (Archives nationales).

Personnalités liées à la rue des Francs-Bourgeois[modifier | modifier le code]

  • Au no  33, l'hôtel Barbes (ancien hôtel de Seré) abrita, de 1701 à 1713, François-Joseph de Seré (ou Jean-Joseph[6] de Seré), connu aujourd'hui sous le nom de Jean de Serré de Rieux (1668-1747)[7], conseiller au Parlement de Paris, poète (Les Dons des enfans de Latone, 1734), « grand amateur, surtout de la musique italienne[8] », et protecteur du compositeur Jean-Baptiste Morin (1677-1745), créateur de la « cantate françoise ». De leur collaboration est né, en octobre 1707[9], le Divertissement (ou Le Petit Opéra)[10], intitulé La Chasse du cerf.

Dans la fiction[modifier | modifier le code]

Le 51, rue des Francs-Bourgeois est reconnaissable sous l’appellation « 53, rue des Citoyens » (dont les entrées passent de 4 à 6 : A-F) sous la plume du romancier Jacques Roubaud[11] : la rue des Francs-Bourgeois a porté le nom de « rue des Francs-Citoyens » sous la Révolution[12] et l’écrivain s’est intéressé au nombre 53[13], ainsi qu’au nombre 6 (et plus spécialement à la sextine).

Accès[modifier | modifier le code]

Ce site est desservi par les stations de métro Chemin Vert, Saint-Paul et Hôtel de Ville.

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Béatrice de Andia, La Rue des Francs-Bourgeois, Paris, Action artistique de la Ville de Paris, 1992 (ISBN 2-90511-843-1), p. 244–247.
  • Alexandre Gady, Le Marais. Guide historique et architectural, Paris, éditions Le passage, 2002, 368 p. (ISBN 978-2847420050).
  • Jacques Hillairet, Connaissance du Vieux Paris, Paris, éditions Princesse, 1978, 256 p. (ISBN 2-85961-019-7), , p. 150.
  • Jean-Marie Pérouse de Montclos, Le Guide du Patrimoine, Paris, Hachette, 1994, 587 p. (ISBN 2-01016-812-7), p. 94-95.
  • Michel Poisson, Paris monuments, Minerva, 463 p. (ISBN 2-8307-0442-8), p. 95.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Manuel de l'étranger à Paris et aux environs.
  2. Jacques Hillairet, Dictionnaire historique des rues de Paris, Paris, Les Éditions de Minuit, 1972, 1985, 1991, 1997 , etc. (1re éd. 1960), 1 476 p., 2 vol.  [détail des éditions] (ISBN 2-7073-1054-9, OCLC 466966117, présentation en ligne), t. 1, p. 548.
  3. « Hôtel Mortier de Sandreville », notice no PA00086152, base Mérimée, ministère français de la Culture.
  4. https://www.youtube.com/watch?v=8rN5pBjxqUg.
  5. https://www.magaliroucaut.com/films-patrimoniaux.
  6. Paris. BnF, Ms. fr. 32933, folio 181 v°. Seule apparition ancienne (1735) du prénom de Jean.
  7. François Turellier, « Le compositeur orléanais Jean-Baptiste Morin », Bulletin de la Société archéologique et historique de l'Orléanais, nouvelle série, no 115, juin 1997 ; Jean-Baptiste Morin, compositeur français, thèse, Paris-Sorbonne, 1999.
  8. Sébastien de Brossard, Catalogue, p. 25.
  9. Pierre Dole, Jean-Baptiste Morin et la genèse de la cantate française, mémoire de maîtrise, Paris-Sorbonne, 1989.
  10. Nathalie Berton, Le Petit Opéra (1668-1723). Aux marges de la cantate et de l’opéra, thèse, Université de Tours, 1996.
  11. Jacques Roubaud, La Belle Hortense, Paris, Ramsay, 1985 : voir le plan des lieux reproduit au chapitre 7 (« Le narrateur ») ; éédition Seuil, coll. « Points », 1996 (ISBN 978-2-02-024546-3), plan en p. 71.
  12. http://www.v2asp.paris.fr/commun/v2asp/v2/nomenclature_voies/Voieactu/3833.nom.htm, site de la ville de Paris. Page consultée le 23 novembre 2015.
  13. Jacques Roubaud a publié 53 jours, roman inachevé de Georges Perec, publié à titre posthume en 1989.