Herminie Cadolle

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Herminie Cadolle
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Eugénie Herminie SardonVoir et modifier les données sur Wikidata
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Eugénie Herminie Cadolle (1842-1924), née Eugénie Herminie Sardon à Saint-Fargeau (Yonne), est une communarde qui devint ensuite la créatrice d'une maison de lingerie à Buenos Aires puis à Paris, et la créatrice du premier soutien-gorge « moderne » (1889), appelé à cette époque corselet-gorge.

Biographie[modifier | modifier le code]

Elle est la fille d'un couvreur, née en 1842 à Saint-Fargeau. En mai 1860, elle se marie à Beaugency avec Ernest Philippe Cadolle. L’année suivante, ils ont un fils, leur fils unique, Alcide Ernest. Le couple s'installe ensuite à Paris. Elle y travaille comme ouvrière, ouvrière corsetière. Durant la Commune de Paris de 1871, elle participe à l'un des premiers mouvement se réclamant du féminisme, l'Union des femmes pour la défense de Paris et les soins aux blessés, et devient une amie de Louise Michel[1]. À la fin de l'insurrection, elle est arrêtée et emprisonnée à Rouen, puis relaxée six mois plus tard. Son mari, peintre en bâtiment, enrôlé dans la Garde nationale durant la Commune, est condamné à deux ans de prison[2],[3].

Les années suivantes, elle s'implique dans un comité de soutien aux déportés de la Commune, le comité socialiste révolutionnaire, dont elle est trésorière[4]. Le 10 novembre 1880, à la gare Saint-Lazare à Paris, elle fait partie des personnalités et amis qui accueillent Louise Michel, de retour de sa déportation en Nouvelle-Calédonie, avec Henri Rochefort, Georges Clemenceau, Louis Blanc, Clovis Hugues, Nathalie Lemel, Hubertine Auclert et Olympe Audouard, au milieu d'une foule de sympathisants[5]. « Soutenue par deux amies, la citoyenne Cadolle et la citoyenne Ferré, Louise Michel marche, en proie à une émotion violente » écrit le journaliste du Figaro observant cet accueil[6]. Le 28 février 1882, elle est encore aux côtés de Louise Michel, d'Henri Rochefort, de Clovis Hugues et d'Hubertine Auclert, à l'enterrement de Marie Ferré, à Levallois-Perret[7]. En 1883, elle vient voir Louise Michel emprisonnée à la suite d'une manifestation qui a dégénéré[8]. Son fils Alcide est lui-même un militant actif au sein du mouvement socialiste. Deux personnalités de gauche, anciens communards, Benoît Malon et le député de la Seine Zéphyrin Camélinat, sont témoins de son mariage, le 28 octobre 1886, avec Marie-Gabrielle Lagoutte[3].

Elle décide de quitter la France en début d'année 1887 et s'installe en Argentine. Elle ouvre une boutique de lingerie à Buenos Aires. Elle a l'idée de couper le corset en deux pour libérer le corps, de rajouter une armature, et crée ainsi le corselet-gorge, ou maintien-gorge, qui deviendra le soutien-gorge. Elle est de retour en France pour présenter ses créations lors de l'exposition universelle de 1889. Elle dépose un brevet sur le corselet-gorge en 1898[9]. Elle participe ensuite à l'exposition universelle de 1900 à Paris. En 1910, elle décide de créer un atelier et une boutique au 24 de la rue de la Chaussée-d'Antin[10], et confie ce lieu parisien à sa belle-fille Marie[11].

Elle devient ainsi la fondatrice de la maison Cadolle, entreprise familiale qui existe toujours, depuis six générations[12].

Elle revient s'installer en France. Trois de ses petits-fils participent au sein de l'armée française à la guerre de 1914-1918. L'un des trois meurt de ses blessures le 2 août 1916. Elle meurt en 1924, à Saint-Cloud[2]. Sa belle-fille meurt à son tour le 18 janvier 1936.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Par date de parution décroissante.

Sources sur le web[modifier | modifier le code]

Site de la maison Cadolle[modifier | modifier le code]