Saint-Hernin

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Saint-Hernin
L'église paroissiale.
L'église paroissiale.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Châteaulin
Canton Carhaix-Plouguer
Intercommunalité Poher communauté
Maire
Mandat
Marie-Christine Jaouen
2014-2020
Code postal 29270
Code commune 29250
Démographie
Gentilé Saint-Herninois
Population
municipale
750 hab. (2012)
Densité 26 hab./km2
Population
aire urbaine
14 136 hab.
Géographie
Coordonnées 48° 13′ 06″ N 3° 37′ 59″ O / 48.218334, -3.63305648° 13′ 06″ Nord 3° 37′ 59″ Ouest / 48.218334, -3.633056  
Altitude 120 m (min. : 59 m) (max. : 308 m)
Superficie 29,29 km2
Localisation

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Liens
Site web Site de la commune de Saint-Hernin

Saint-Hernin [sɛ̃tɛʁnɛ̃] (en breton : Sant-Hern) est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Géographie[modifier | modifier le code]

Saint-Hernin est situé sur le versant nord de la chaîne des Montagnes Noires à la limite des départements du Morbihan et des Côtes-d'Armor. Sa limite nord est constituée par le Canal de Nantes à Brest qui utilise à cet endroit le lit de l’Hyères. Sa limite est est constituée par l’ancienne ligne de chemin de fer Carhaix - Rosporden. Sa limite sud par la crête nord des Montagnes Noires qui culmine à 308 m au lieu-dit « Ti Coz » (maison ancienne en breton). Les communes limitrophes de Saint-Hernin sont Gourin au sud, Motreff a l’est, Carhaix-Plouguer et Cleden-Poher au nord et Spezet a l’ouest. Les hauteurs de la commune sont boisées de sapins.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Article connexe : Pluherlin#Toponymie.

Saint-Hernin vient de Hernin, nom d'un moine ayant immigré en Armorique au VIe siècle et mort à Duault en 540, saint patron de Locarn, de l'ancienne trève et actuel lieu-dit Trevarn de Saint-Urbain et Dirinon et que l'on retrouve aussi au lieu-dit Saint-Hernin de Ploumagoar, à la trève de Leshernin en Séglien (cf. Chapelle Saint-Germain de Séglien)[1],[2],[3],[4]. Il est mentionné dans le Cartulaire de Redon et est invoqué en tant que confesseur dans la Litanie celtique à la Bibliothèque du doyen et du chapitre de la Cathédrale de Salisbury.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Le tumulus de Kerhor date de l'âge du bronze.

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Moyen Âge[modifier | modifier le code]

La famille de Kergoët (Kergoat) habite le château éponyme depuis au moins 1256, dont voici la généalogie simplifiée[5] :

  • Messire X (?) de Kergoët, écuyer, seigneur de Kergoët en Saint-Hernin est cité en 1256
    • Jean I de Kergoët et son petit-file Raoul de Kergoët sont cités dans un acte de 1280.
      • N (?) de Kergoët, père de :
        • Raoul de Kergoët, chevalier, commandant des troupes de Bertrand Du Guesclin, battu en 1560 à Saint-Méen
          • Hervé de Kergoët, chevalier, seigneur du dit lieu, tué à la bataille d'Auray () alors qu'il combattait sous la bannière de Charles de Blois dans le cadre de la guerre de Succession de Bretagne.
            • (fils probable du précédent) Jehan II de Kergoët, chevalier, ratifia à Lamballe le traité de Guérande le .
              • Guillaume I de Kergoët, chevalier, fut prisonnier des Anglais.
                • Guillaume II de Kergoët, banneret de Bretagne en 1451.
                  • Guillaume III, baron de Kergoët, époux de Guillemette de Rosmadec, décédé le .
                    • Marie de Kergoët, épouse en premières noces de Louis, sire de Plœuc, marquis de Tymeur et en secondes noces Jehan, sire de Quelen.
                    • Catherine de Kergoët, épouse de Jehan du Quellennec, seigneur de Kerjoli et Le Ferté.
                  • Pierre de Kergoët, fondateur de la branche des Kergoët du Guilly, seigneur de Troamboul.
              • Yves de Kergoët fut médecin des ducs de Bretagne Jean IV et Jean V
        • Guyomarc'h de Kergoët, fondateur de la branche des seigneurs de Tronjoly en Gourin.

La révolte des Bonnets rouges (1675)[modifier | modifier le code]

Cette commune est connue pour des faits liés à la Révolte des Bonnets rouges. Le 11 juillet 1675 et les jours qui suivent, les insurgés de vingt paroisses de Scaër au Huelgoat, assiègent et pillent le château du Kergoët en Saint-Hernin, une somptueuse demeure pourvue de murailles et de défenses, propriété du marquis Le Moyne de Trévigny, puis le brûlent. L'intendant et plusieurs serviteurs sont assassinés. La marquise parvient à s'échapper et se réfugie au couvent des Carmes de Carhaix. Le propriétaire est réputé être lié à ceux qui avaient amené en Bretagne les impôts du timbre et du tabac. Par ailleurs les révoltés craignent l'imposition de la gabelle. Enfin le seigneur du lieu a la réputation d'être dur avec ses vassaux. Il se racontait alentour que le château avait été entièrement reconstruit par corvées. Une transaction est passée entre les paroisses et Le Moyne de Trévigny pour réparation des dommages sur son château. Celle-ci est approuvée par les États de Bretagne en octobre 1679. Le montant réclamé par le marquis, initialement de 64 800 livres, s'élève à 49 800 livres à la suite de la restitution d'une partie du mobilier dérobé. Plonévez-du-Faou dont les paroissiens se sont particulièrement fait remarquer avec leurs tambours et leurs enseignes est la plus lourdement taxée. Voici la liste des paroisses dont des habitants ont participé à l'action et les montants en livres qu'elles doivent payer :

Paroisses Montants
Lannédern 600
Loqueffret 1 400
Huelgoat 800
Plouyé 2 500
Carhaix 1 500
Poullaouen 3 600
Saint-Hernin 4 000
Spézet 5 000
Plounévézel 1 600
Plonévez-du-Faou 9 000
Gourin et ses trèves 5 500
Guiscriff 3 000
Scaër 2 000
Leuhan 800
Tréogan 400
Motreff 1 450
Plévin 1 450
Cléden-Poher 1 400
Kergloff 1 800
Landeleau 2 000

François-Marie Luzel a longuement décrit le pillage du château du château de Kergoët dans un article publié dans le "Bulletin de la Société archéologique du Finistère"[6].

La Révolution française[modifier | modifier le code]

Le , à la tête de douze hommes, le chef chouan Jean François Edme Le Paige de Bar attaque et pend dos-à-dos Poulizac, commissaire du canton de Saint-Hernin et Quéméner, curé constitutionnel de Motreff[7].

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

La polémique avec le Journal des débats politiques et littéraires en 1885[modifier | modifier le code]

En 1885, André Mori, journaliste au Journal des débats politiques et littéraires publie un article intitulé « En Basse-Bretagne, notes de promenade » évoquant la misère, l'arriération et une campagne mal cultivée. Il écrit : « Voilà deux heures que je marche dans une campagne dénudée et mal cultivée. De distance en distance, au bord du chemin, on rencontre une figurine difforme encastrée dans une souche de bois mal équarrie et haute de quatre pieds. Ces monuments primitifs ont été dressés là par les paysans aux saints qui les ont secourus en quelque détresse. Les fermes deviennent très rares. On aperçoit quelques masures où les porcs et les hommes semblent vivre en bonne compagnie. Les paysans que l'on voit récolter du blé noir ne parlent pas un mot de français »[8].

Le maire de Saint-Hernin de l'époque obtient un droit de réponse : «  Ce n'est pas avec la lande qu'on élève les beaux bœufs croisés durham-bretons »[9] qui font aujourd'hui la richesse de nos éleveurs et qui seraient dignes de figurer au premier rang au grand concours d'animaux gras tenu chaque année à Paris si des voies ferrées nous reliaient à la capitale. Il nous faut une bonne nourriture pour élever de semblables animaux, et les belles cultures de racines et de plantes sarclées, particulièrement par nos laboureurs sont un démenti suffisant au reproche immédiat de mal cultiver ». Le journaliste ayant évoqué « quelques masures où les porcs et les hommes semblent vivre d'assez bonne compagnie », le maire rétorque : « Les quelques huttes ou maisonnettes qu'il a aperçues au bord de l'ancienne route de Carhaix à Lorient sont habitées par des journaliers indigens (...) mais ils ont encore assez le sentiment d'eux-mêmes pour avoir construit à côté de leurs chaumières un appentis en argile couvert en genêts ou en bruyères où ils abritent leur porcs. Maintenant, que ces derniers aient une certaine liberté pendant le jour quand ils vont pâturer l'herbe de la route et qu'ils s'introduisent dans le domicile de leurs maîtres, cela est possible ! Mais ils en sont expulsés aussi vite qu'ils y sont entrés »[10].

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La Belle Époque[modifier | modifier le code]

En octobre 1900, une épidémie de dysenterie se produit dans de nombreuses communes de l'arrondissement de Châteaulin dont Saint-Hernin, y faisant environ 80 malades et provoquant 16 décès. « Cette épidémie est attribuée à la sécheresse des dernières années. Les puits et les fontaines étaient à sec, et la population a fait usage d'eaux malsaines. En outre, l'encombrement et la malpropreté des maisons sont devenus des facteurs importants de la maladie »[11].

« Le sanglier du manoir du Couadout »[modifier | modifier le code]

En février 1907, la commune fut le théâtre d'un faits divers sanglant, survenu au manoir de Couadaout, qui fit abondamment relaté, y compris par la presse parisienne de l'époque : à la suite d'une procédure judiciaire intentée contre lui, un ingénieur dénommé Biollay, employé comme régisseur, tua d'un coup de fusil la femme de son propriétaire Mme Fonteneau et tenta de tuer ce dernier[12]. Surnommé localement "le Sanglier" car il était mal vu des paysans du voisinage, le meurtrier fut jugé par les Assises de Quimper et l'affaire fit les choux gras de la presse de l'époque évoquant « le sanglier du manoir du Couadout »[13].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
mars 2001   Jean-Claude Le Guelaff    
mars 1983 mars 2001 Yves « Ifig » Rémond UDB Enseignant
1860 1882 Jules Alfred Billioray    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

En 2012, la commune comptait 750 habitants. L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du XXIe siècle, les recensements réels des communes de moins de 10 000 habitants ont lieu tous les cinq ans, contrairement aux autres communes qui ont une enquête par sondage chaque année[Note 1],[Note 2].

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
1 211 1 797 1 152 1 150 1 250 1 347 1 314 1 356 1 374
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 350 1 326 1 456 1 348 1 351 1 312 1 433 1 576 1 653
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 763 1 830 1 860 1 908 1 905 1 902 1 706 1 603 1 308
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2006 2009
1 134 956 826 765 776 752 759 768 745
2012 - - - - - - - -
750 - - - - - - - -
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2004[15].)
Histogramme de l'évolution démographique


Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

  • Un des plus anciens calvaires de Bretagne, celui de Kerbreudeur (XVe siècle).
  • Le moulin de Goaranveg.
  • La chapelle Saint-Sauveur et son couvent à proximité.
  • L'église Saint-Pierre (XVIe-XVIIe siècles) et son enclos.
  • Les ruines du château du Kergoat (Kergoët). Ce château datait du XVe siècle mais fut incendié en 1675, détruit à nouveau en 1835 ; ses parties agricoles portent la date de 1857[16].
  • Le calvaire de Kerbreuder[17].

Activité(s) sportive(s)[modifier | modifier le code]

Club de football : USSH (Union Sportive Saint Hernin) :

  • Saison 2007-2008 : Équipe A ; D1 ; ??? | Équipe B ; D4 ; 1re ;
  • Saison 2006-2007 : Équipe A ; D2 ; 1re | Équipe B ; D4 ; ???.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Au début du XXIe siècle, les modalités de recensement ont été modifiées par la loi no 2002-276 du 27 février 2002, dite « loi de démocratie de proximité » relative à la démocratie de proximité et notamment le titre V « des opérations de recensement », afin de permettre, après une période transitoire courant de 2004 à 2008, la publication annuelle de la population légale des différentes circonscriptions administratives françaises. Pour les communes dont la population est supérieure à 10 000 habitants, une enquête par sondage est effectuée chaque année, la totalité du territoire de ces communes est prise en compte au terme de la même période de cinq ans. La première population légale postérieure à celle de 1999 et s’inscrivant dans ce nouveau dispositif est entrée en vigueur au 1er janvier 2009 et correspond au recensement de l’année 2006.
  2. Dans le tableau des recensements et le graphique, par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu, pour les populations légales postérieures à 1999 de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique que les populations correspondant à l'année 2006, première population légale publiée calculée conformément aux concepts définis dans le décret no 2003-485 du 5 juin 2003, et les années correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et aux années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Hervé Abalain, Dictionnaire des noms de communes, trèves et paroisses, du Finistère, Editions Jean-Paul Gisserot,‎ (lire en ligne), p. 82.
  2. Le patrimoine des communes des Cotes-d'Armor, t. 2, Charenton-le-Pont, Flohic Éditions, coll. « Le Patrimoine des Communes de France »,‎ (ISBN 978-2842340308)
  3. Hervé Abalain, Noms de lieux bretons, Editions Jean-Paul Gisserot,‎ (lire en ligne), p. 82.
  4. M. L'abbé Tresvaux, Les vies des saints de Bretagne et des personnes d'une éminente piété qui ont vécu dans cette province.,‎ (lire en ligne).
  5. http://maisondufou1.voila.net/ramages/r2.html
  6. François-Marie Luzel, Documents inédits sur la révolte du papier timbré en 1675, "Bulletin de la Société archéologique du Finistère, 1887, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k110006p/f143.image
  7. Armand René du Châtellier, "Histoire de la Révolution dans les départements de l'ancienne Bretagne", tome VI, 1836
  8. "Journal des débats politiques et littéraires" n° du 24 septembre 1885, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k463331d.r=Carhaix.f3.langFR.hl
  9. dits "race bovine de Carhaix"
  10. "Journal des débats politiques et littéraires", n° du 17 octobre 1885, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k463355m.r=Carhaix.f3.langFR.hl
  11. Journal Le Radical n° 46 du 15 février 1901, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k7622873p/f3.image.r=Tr%C3%A9gourez.langFR
  12. "Le Petit Parisien" n° 11075 du 23 février 1907, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5624308.r=Carhaix.f3.langFR.hl
  13. "Le Petit Parisien", n° 11324 du 31 octobre 1907, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k562680m.r=Carhaix.f4.langFR.hl
  14. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  15. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2004, 2006, 2009, 2012.
  16. http://patrimoine.region-bretagne.fr/sdx/sribzh/main.xsp?execute=show_document&id=MERIMEEIA00005015
  17. R. Couffon, "Le calvaire de Kerbreuder, en Saint-Hernin", Bulletin de la Société archéologique du Finistère, tome LXXXVIII, année 1962

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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