Corentin de Quimper

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Corentin de Quimper
Image illustrative de l'article Corentin de Quimper
L’icône de saint Corentin XXe siècle (avec son attribut le poisson) peinte pour l’Association orthodoxe sainte Anne (Bretagne).
Saint
Naissance VIe siècle
Cornouaille
Décès VIe siècle 
Quimper (?) (Cornouaille)
Fête 12 décembre
Corentin en évêque vêtu d'une chasuble, avec comme attribut une truite.

Saint Corentin (Corentinus en latin), appelé aussi Kaourintin ou Kaour[1], est selon la légende au VIe siècle le premier évêque de Quimper. C’est l’un des sept saints fondateurs de Bretagne continentale. La ville de Quimper est une étape du pèlerinage médiéval des sept saints de Bretagne continentale appelé Tro Breizh (Tour de Bretagne). Il est fêté, dans le calendrier des saints bretons, le 12 décembre.

Histoire et tradition[modifier | modifier le code]

Sa vie légendaire est racontée dans la Vita de saint Corentin écrite vers 1220-1235 et publiée par Dom Plaine[2], cette publication ayant fait l'objet de commentaires et de mises à jour apportant rectificatifs et compléments, en particulier la découverte d’une « Vie ancienne » de saint Corentin[3],[4]. La chanson d'Aiquin l'évoque également[5].

D’après l'hagiographe Albert le Grand, saint Corentin serait né en Cornouaille armoricaine. Dom Lobineau pense que sa naissance a lieu vers 530, un 12 décembre, jour où il est fêté mais cette interprétation est en contradiction avec le fait que ses disciples, Guénolé (saint fondateur de l’abbaye de Landévennec et qui voit le jour vers 460) et saint Tudy, l'accompagnèrent à Tours, ce qui suggère que Corentin fut contemporain de ces deux saints[6].

Il devient ermite à Plomodiern, au pied du Ménez-Hom[7], où sa grande piété faisait déjà des miracles.

Le jour où le roi Gradlon décide de fonder le diocèse de Quimper, il appelle Corentin pour qu’il en devienne le premier évêque. Il l’envoie à Tours se faire consacrer évêque par le futur saint Martin.

Gradlon lui aurait accordé un palais à Quimper à l’emplacement de l’actuelle cathédrale de la ville. Corentin est également associé à la légende d'Ys. La littérature bretonne, s'appuyant sur la version hagiographique d'Albert Le Grand, fait de Dahut une pécheresse impudique devant être châtiée. Elle y est responsable par ses mauvaises actions de la submersion de la ville d'Ys. Son père Gradlon tente de la sauver de la noyade, mais l'homme de Dieu qui l'accompagne (saint Guénolé ou saint Corentin selon ces versions) provoque sa chute dans les eaux[8].

Après sa mort, il aurait été enterré devant le maître-autel de la cathédrale de Quimper. Devant l'invasion normande de 878, ses reliques sont transportées à l'abbaye Saint-Magloire de Léhon avant d'être réparties en région parisienne -dont une partie à l'abbaye Saint-Corentin de Mantes où une abbaye royale lui est dédiée en 1201 par le roi Philippe Auguste, puis à Tours à l'abbaye de Marmoutier[6].

Iconographie[modifier | modifier le code]

Attributs[modifier | modifier le code]

Sa légende lui attribue, près de son ermitage, un poisson miraculeux qui se présentait chaque jour dans une fontaine et dont il coupait quotidiennement, pour se nourrir (agrémentant à son menu le pain dur qu'il mendiait et les herbes et racines sauvages), un fin morceau qui repoussait[6]. La légende raconte encore que Corentin aurait partagé ce poisson avec un chasseur mourant de faim ou qu'il aurait nourri le roi Gradlon et sa cour d’un morceau de ce poisson un jour où, s’étant égarés lors d’une chasse dans la forêt de Névet, ils étaient arrivés affamés à son ermitage. Certains prédicateurs y ont vu une allusion au poisson qui symbolisait les chrétiens au début du christianisme, le mot grec "ichtus" voulant dire "poisson". Or le signe du "poisson" et le mot "ichtus" (ΙΧΘΥΣ), qui est un acronyme en grec pour "Iesous CHristos THeou Yios Sotèr" ("Jésus le Christ, fils de Dieu, le Sauveur") étaient des symboles pour les premiers chrétiens et leur permettaient de se reconnaître sans subir les persécutions des romains, mais l'Ichthus des catacombes n'a guère franchi les frontières de l'Italie[9]. Le fait donc que le morceau du poisson repousse symboliserait sa piété grandissant chaque jour[6].

Ses attributs traditionnels sont donc les attributs épiscopaux (mitre imposante sur la tête et crosse massive dans la main). Il est également représenté avec un poisson entier ou une moitié de poisson (rappel du poisson qu'il partagea avec le chasseur) qu'il tient dans la main ou à ses pieds où il est parfois associé à une fontaine. Dans la chapelle Saint-Corentin en Plomodiern, la crosse épiscopale est massive. Par mauvais temps persistants, les fidèles se rendaient à la chapelle et faisaient faire le moulinet à la crosse pour qu'elle pointe vers le nord[10].

Chapelles et statues de saint Corentin[modifier | modifier le code]

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Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Vie inédite de saint Corentin : écrite au IXe siècle, par un anonyme de Quimper, édité par Dom Plaine, Quimper, M. Diverrès, 1886, 336 p. (extrait du B.S.A.F.).
  • Albert Le Grand, Vie du bienheureux saint Corentin : premier évêque de Cornouaille, édité par Félix du Marhallarch, Quimper, M. Diverrès, 1886, 80 p.
  • Abbé Alexandre Thomas, Saint Corentin : histoire de sa vie et de son culte, Kemper [Quimper], A. de Kerangal, 1887, 336 p.
  • Irien, J. an, Cormerais, J., et Daniélou, H., Saint Corentin, vie et culte / Sant Kaourantin, Tréflévenez, éd. Minihi Levenez, 1999 (avec traduction en breton et en français de la Vita Chorentini (BHL 1954) p. 110-129, et de la Vie ancienne de saint Corentin p. 130-151).

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Saint CORENTIN sur infobretagne.com
  2. Dom Plaine, « Vie inédite de saint Corentin » (avec traduction), dans Bulletin de la Société archéologique du Finistère, t. 13 (1886), p. 118-153, d’après (1°) le ms. Bruxelles, Bibliothèque royale, n°3472, et (2°) le Breviarium Corisopitense, imprimé au début du XVIe siècle, dont le seul exemplaire connu est conservé chez les bollandistes, à Bruxelles.
  3. E. C. Fawtier-Jones, « La vita ancienne de saint Corentin », dans Mémoires de la Société d’histoire et d’archéologie de Bretagne, t. 6 (1925), p. 8.
  4. André-Yves Bourgès, "À propos de la Vita de saint Corentin" consultable https://www.scribd.com/doc/2348350/A-propos-de-la-vita-de-saint-Corentin, 2008
  5. André-Yves Bourgès, "La chanson d'Aiquin et saint Corentin, Hagiohistoriographie médiévale", 2009, consultable http://andreyvesbourges.blogspot.com/2009/05/la-chanson-daiquin-et-saint-corentin.html
  6. a, b, c et d Michel Priziac, Michel Mohrt, Bretagne des saints et des croyances, Kidour, , p. 43
  7. Bulletin de la Société archéologique du Finistère, Société archéologique du Finistère, 1874, Quimper, consultable http://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2081934.r=menez-hom.f426.langFR.hl
  8. Françoise Le Roux et Christian-J. Guyonvarc'h, La légende de la ville d'Is, éditions Ouest-France, , p. 78-86
  9. Étude hagiologique et iconographique
  10. Lucien Boulain, Raz de Sein, A. de Kerangal, , p. 63