Roudouallec

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Roudouallec
Roudouallec
Vue sur le bourg et la campagne environnante depuis les Montagnes Noires.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Morbihan
Arrondissement Pontivy
Canton Gourin
Intercommunalité Roi Morvan Communauté
Maire
Mandat
Louis-Marc Rivoal
2014-2020
Code postal 56110
Code commune 56199
Démographie
Gentilé Roudouallécois, Roudouallécoise
Population
municipale
728 hab. (2015 en augmentation de 2,25 % par rapport à 2010)
Densité 29 hab./km2
Population
aire urbaine
25 412 hab.
Géographie
Coordonnées 48° 07′ 39″ nord, 3° 42′ 56″ ouest
Altitude 167 m
Min. 118 m
Max. 248 m
Superficie 24,82 km2
Localisation

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Roudouallec [ʁudualɛk] est une commune française située dans le département du Morbihan, en région Bretagne.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation de Roudouallec au nord-ouest du Morbihan.

Roudouallec est une commune du Centre Bretagne appartenant à la Cornouaille morbihannaise. De position très excentrée, elle se situe aux confins des départements du Morbihan et du Finistère. Son bourg est distant, à vol d'oiseau, de seulement 32,5 km de Quimper, la préfecture la plus proche[1], contre 88,4 km pour Vannes, sa préfecture de rattachement[2]. La commune est dominée au nord par la chaîne des Montagnes Noires (elle est située sur son versant sud) qui atteint 233 mètres d'altitude à l'est de Coat Quilvern ainsi qu'au nord de Le Queidel , la ligne de crête servant de limite communale avec Spézet au nord-est et Saint-Goazec au nord-ouest ; le bourg, très excentré à l'ouest du territoire communal, est vers 170 mètres d'altitude. La rivière Isole a sa source dans la partie sud de la commune et sert de limite communale au sud-est avec Leuhan (l'altitude la plus basse, 156 mètres, se trouve à l'endroit où l'Isole quitte la commune, juste au nord de Pont Commana) ; son affluent de rive droite, le Stêr an Dreuzenn, sert un temps de limite communale avec Saint-Goazec et passe juste à l'ouest du bourg. À l'est, le ruisseau du Moulin du Pré, affluent de rive droite de l'Inam, sert de limite communale avec Gourin ; le ruisseau du Moulin du Pré reçoit lui-même quelques petits affluents, principalement le ruisseau du Minez Roudou, qui drainent la partie sud-est de la commune.

La commune présente un paysage de bocage avec un habitat dispersé en de nombreux écarts formés de hameaux et de fermes isolées.

Le bourg est situé sur une ancienne voie de communication (actuelle D 1 pour sa partie morbihannaise et D 15 pour sa partie finistérienne) qui relie Quimper à Gourin, et au-delà à Rostrenen et Saint-Brieuc.

Le sous-sol est constitué pour l'essentiel de roches sédimentaires d'âge briovérien[3], notamment des sables avec galets de quartz roulés, parfois agglomérés en poudingues très durs sur le flanc sud des Montagnes Noires. De la tourbe, formée au quaternaire, a été exploitée à l'ouest de Keraleform[4].

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Toponymie[modifier | modifier le code]

Roudouallec est la forme francisée du breton Roudoualleg

Roudouallec est attestée sous les formes Rodoed Gallec en 1160 [5], An Rodoed Gallec elecmosina en 1163, Roudouez-Gallec en 1521 [6].

Roudouallec associe en effet les termes bretons roudou et gallec qui signifient respectivement "gué" et français. La traduction littérale est donc : « le gué du français ». On peut cependant envisager une autre explication : Hallec en langue bretonne ancienne signifiant « les saules » (orthographe moderne : haleg), nous aurions donc Roudouz Hallec ou «  le Gué des Saules », nom d'ailleurs repris par l'école élémentaire publique de la commune.

Histoire[modifier | modifier le code]

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Néolithique[modifier | modifier le code]

Le menhir debout de Guernangoué.

Plusieurs monuments mégalithiques datant du Néolithique ont été recensés sur le territoire de la commune.

  • Le menhir de Guernangoué[7], haut de 4,25 mètres, en schiste, faisait partie d'un alignement détruit en 1967 lors des opérations de remembrement.; deux autres menhirs sont désormais couchés, l'un présentant des gravures, l'autre des cupules. Ils dateraient du néolithique final[8] et sont ce qui reste d'un alignement mégalithique beaucoup plus important signalé comme encore existant en 1913[9].
  • Le menhir du Petit Moustoir, dit Men-berr et formant alignement avec le menhir de Kerbiguet-lann en Gourin, dit Men-hir.

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Âge du bronze[modifier | modifier le code]

  • Un dépôt d'objets en or comprenant au moins quatre bracelets à tige cylindrique et des bagues et des boucles d'oreille et daté du bronze final, a été découvert au village de Kervazoën au début du siècle dernier.
  • Un important dépôt de haches à douille en bronze, 170 au total, datant aussi du bronze final (700-600 ans avant notre ère), enfoui dans le sol, a été découvert en 1896 à Kerhon. Elles étaient accompagnées d'un lingot en cuivre de 5 kg et étaient contenues dans un vase en terre cuite. Ces haches, particulièrement abondantes en Armorique, servaient alors de pré-monnaie. Leur forte teneur en plomb les rendaient en effet inutilisables pour d'autres usages. D'autres dépôts similaires existent dans les environs comme à Keranval au Faouët et Cospérec Bras en Langonnet.

Antiquité[modifier | modifier le code]

La voie romaine allant de Vorgium (Carhaix) à Civitas Aquilonia (Quimper) passait par Roudouallec et Coray[10].

Ancien régime[modifier | modifier le code]

Roudouallec était sous l'Ancien régime une des deux trèves de Gourin avec Le Saint. Elle relevait de la barre ducale de Gourin puis de la sénéchaussée de Gourin. Le bourg de Roudouallec ainsi qu'une douzaine de villages appartenaient aux hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. L'église tréviale était dédiée à saint Jean-Baptiste, leur patron. L'autre grand fief était la seigneurie de Kerguz, qui couvrait au XVIe siècle 28 villages à Roudouallec et à l'ouest de Gourin.

Selon un aveu de 1666, la famille Guégant, seigneur de Kerbiquet, avait le droit, octroyé par lettres patentes de Charles IX en 1563, d'organiser deux foires annuelles, en juillet et septembre, à Roudouallec[11].

Julien Maunoir prêcha une mission à Roudouallec en 1667[12].

Des habitants de Roudouallec participèrent à la Révolte des Bonnets Rouges : le « à l'issue de la grand-messe, des paysans de Gourin, Leuhan, Roudouallec, plus de 200 personnes, conduites par Guillaume Morvan, cassèrent à coups de pierre les portes et fenêtres de François Jan, sergent de la juridiction de Carhaix, et le frappèrent "disant qu'il avait la gabelle" » ; le lendemain ils se rendirent au manoir de Kerbiquet et firent signer au sieur de Kerbiquet et à celui de Kerstang "toutes les déclarations qu'ils voulurent". Ils participèrent aussi au siège et au pillage du château de Kergoat (Kergoët) en Saint-Hernin le (Pierre Calvé, du village de Kervégant en Roudouallec, est cité parmi les meneurs)[13].

Révolution française[modifier | modifier le code]

Le 27 prairial an III (), une expédition de chouans dirigée par Georges Cadoudal et Jean-Baptiste-Paul-Marie de Lantivy-Kervéno, forte d'environ 600 hommes, venant de Locoal-Mendon dans la région de Guémené, traverse les Montagnes Noires et passe la nuit à Roudouallec avant de se diriger vers Edern, leur objectif étant la poudrerie de Pont-de-Buis qu'ils attaquèrent afin de voler des munitions[14].

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Roudouallec décrit en 1845[modifier | modifier le code]

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Roudouallec en 1845 :

« Roudouallec ; commune formée d'une ancienne trève de Gourin ; aujourd'hui succursale. (...) Principaux villages : Kerlaoën, le Stang, Kerzellec, Kerauffret, Kersalude, Keréon, Penanhoas, Donfas, Keransquer, Codefa, Guernandoué, le Queidel, le Trépas, Kerdonen, Trémunut, Kerbiguedic, Breneben, Boscadaouen, le Moustoi (et chapelle de ce nom), Kerhuon. Superficie totale : 2 481 hectares, dont (...) terres labourables 941 ha, prés et pâturages 247 ha, bois 17 ha, vergers et jardins 43 ha, landes et incultes 1 170 ha (...). Moulin à eau : 1 (de Keransquer). (...) Il y a foire dans cette localité le 1er mars, le 26 avril, le 14 mai, les 16 et 29 juin, le deuxième jeudi de juillet, le 14 août (assemblée le 15), le 9 septembre et le 17 octobre. Géologie : grès à la limite nord de la commune ; au sud schistes modifiés ; poudingue quartzeux à la Barchlène. On parle le breton[15]. »

La portion de la route royale no 169 (actuelles routes départementales no 1 du Morbihan et no 3 des Côtes-d'Armor) allant de Tréogan via Conveau et Gourin à la limite départementale du Finistère en passant par Roudouallec, fut le dernier tronçon de l'axe routier allant de Quimper à Saint-Brieuc à être aménagé à partir de 1846[16].

Roudouallec pendant la deuxième moitié du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Seigle, avoine et blé noir étaient les cultures principales en 1855[17].

En 1869, 38 personnes de Roudouallec meurent victimes de la fièvre typhoïde, du croup ou de la rougeole[18]. En 1894, une épidémie de dysenterie, attribuée à la mauvaise qualité des eaux d'alimentation, provoqua 6 décès sur 25 cas observés à Roudouallec[19].

Louis Duigou, soldat du 65e régiment de ligne, originaire de Roudouallec, fut fait prisonnier par les Allemands pendant la Guerre de 1870; blessé, il fut soigné à l'hôpital de réserve de Benrath[20].

Lors des élections législatives du , l'abbé Hellegouach, vicaire à Roudouallec, « courut chaque maison de la commune, distribuant les bulletins de M. de Mun » et, le jour des élections, « était dès le matin sur la place publique, distribuant du tabac, des bulletins et conduisant les électeurs à la mairie. Le bedeau le secondait et agissait de même »[21]. Albert de Mun fut réélu.

La construction d'une école des garçons (la commune ne possédait jusqu'alors qu'une école mixte) fut approuvée par une délibération du Conseil municipal de Roudouallec en date du  ; le Conseil général du Morbihan accepta de voter une subvention[22]. Cette école ouvrit en 1889.

Par une délibération du , le conseil municipal de Roudouallec demande la création de trois nouvelles foires les 1er avril, du 5 mai et du 17 octobre (lesquelles avaient déjà été autorisées par un décret du , mais étaient tombées en désuétude), ce qui porterait à 9 le nombre total des foires chaque année. Cette demande fut acceptée par le Conseil général du Morbihan[23].

Un instituteur de Roudouallec, Joblot, fit vers la fin du XIXe siècle de nombreuses conférences contre l'alcoolisme qui sévissait alors[24].

L'émigration vers l'Amérique[modifier | modifier le code]

L'histoire de Roudouallec a été marquée par l'émigration vers les États-Unis : Nicolas Le Grand, tailleur né à Roudouallec en 1852[25], Job Daouphars et Loeiz Bourhis furent les premiers à partir en 1881 vers ce pays.

Nicolas Le Grand revient quelques années plus tard, bien plus riche qu'il n'était parti, ce qui amorça cette « ruée vers l'or »[26] :

« (...) En septembre 1877, je revins à Roudouallec. Bientôt marié, puis père de deux enfants, je vivais misérablement d'un salaire quotidien de 12 sous ! En 1881, résolu à tenter ma chance, je partis avec deux amis. Dans le Connecticut, je gagnais 20 francs par jour, salaire énorme comparé aux 12 sous que je gagnais en France (...). Lorsqu'à Roudouallec ma femme reçut son premier mandat d'Amérique (100 pièces de cent sous), il y eut bien des envieux. À l'époque, un premier domestique de ferme gagnait à peine 150 francs par an... Au bout de quatre ans, ayant gagné un bon pécule, je décidais de rentrer. Lorsque je revins au pays [en 1884], ce fut un événement. Tout le monde venait me voir et la maison ne désemplissait pas. On venait même de Gourin, de Guiscriff et de Leuhan pour entendre parler de l'Amérique[27]. »

Un jugement du tribunal de première instance de Pontivy en date du 25 mars 1903 constate l'absence de Jean-François Le Ster[28] « disparu depuis 14 ans, se rendant en Amérique »[29].

Petit à petit les départs se firent de plus en plus nombreux, la commune comptait même, à un certain moment un bureau de l'agence Air France et un de la Compagnie générale transatlantique. Roudouallec a enregistré une bonne quinzaine, peut-être une vingtaine, de départs vers le Canada et 85 vers les États-Unis entre 1948 et 1953 (28 départs pour la seule année 1949) ; la commune fournit le quart des émigrés du département du Morbihan à destination des États-Unis. Entre 1946 et 1960 Roudouallec perd 10% de sa population, passant de 1 378 habitants en 1946 à 1 200 en 1960[30].

Un faible courant d'émigration vers l'Argentine et le Brésil à partir de Roudouallec et Le Faouët exista aussi aux alentours de 1880[31]. « Cette population misérable, désespérant même d'améliorer jamais sa condition tenta naguère d'aller ailleurs chercher fortune : il y a quelques années, les habitants de Roudouallec émigrèrent en assez grand nombre vers le Brésil ; mais la tentative ne réussit pas et la plupart des émigrants revinrent plus malheureux qu'ils n'étaient partis »[32].

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La Belle époque[modifier | modifier le code]

En mars 1905, une violente tempête frappa Roudouallec, déracinant de nombreux arbres, provoquant l'écroulement d'une maison dans le village de Trémunus et la foudre provoqua des dégâts au village de Rodeffa[33].

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Lors des élections législatives de 1906, le clergé local fit pression sur les électeurs, refusant l'absolution aux hommes et même aux femmes dont les maris ne voteraient pas bien, c'est-à-dire en faveur de Guy de Salvaing de Boissieu, lequel fut d'ailleurs réélu député[34].

L'inventaire de l'église de Roudouallec eût lieu le  ; l'ordre était assuré par trois escadrons de chasseurs venus de Pontivy[35]. En 1911, les biens placés sous séquestre qui appartenaient à la fabrique de Roudouallec furent attribués à la commune de Roudouallec, sous réserve de les affecter à des secours de bienfaisance[36]. La commune créa un bureau de bienfaisance l'année suivante[37].

Des travaux importants de restauration de l'église paroissiale furent décidés en 1912. Le journal L'Ouest-Éclair la décrit alors ainsi :

« Cette église, qui date du XVIe siècle, est l'ancienne chapelle d'une aumônerie des Chevaliers de Saint-Jean-de-Jérusalem, qui fut fondée vers 1160, et, un peu plus tard, [dépendit] de la commanderie de La Feuillée (...). Ce monument, accoté de contreforts surmontés de pinacles, a la forme d'une croix latine. Son chœur est polygonal. La nef a deux bas-côtés. Les six travées sont ogivales et les fenêtres ornées de meneaux flamboyants. La tour ne date que de 1772. L'église, qui dut être placée primitivement sous le vocable de saint Jean-Baptiste fut plus tard dédiée à Notre-Dame de Lorette[38]. »

Lors des élections municipales de 1912, la liste libérale sortante est réélue, battant de plus de 200 voix la liste républicaine[39].

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts de Roudouallec porte les noms de 114 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale : parmi eux, un soldat au moins est mort en Belgique (Hervé Donart à Ypres le ) ; deux au moins dans les Balkans dans le cadre de l'expédition de Salonique (André Le Goff, tué à l'ennemi en Serbie le et François Le Bec mort de maladie à Bucarest (Roumanie) le , donc après l'armistice) ; deux au moins sont morts en captivité en Allemagne (Yves Le Bris et Michel Péron) ; Jean Le Postollec et Jean Morvan, marsouins, sont disparus en mer le lors du naufrage du Provence II torpillé au large du cap Matapan, en Méditerranée, par le sous-marin allemand U 35 et Louis Le Borgne le lors du naufrage du Gallia, torpillé par le même sous-marin U 35 au large de la Sardaigne ; la plupart des autres sont décédés sur le sol français dont Jacques Le Bec et Pierre Péron, décorés de la Médaille militaire et de la Croix de guerre, Louis Cozic et Jean Jamet, décorés de la Croix de guerre et Yves Bleuzen, décoré de la Médaille militaire[40].

L'Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Les familles nombreuses étaient alors fréquentes à Roudouallec : par exemple la famille Kervran[41], qui a 11 enfants obtient la Médaille d'or de la famille française en 1932, les familles Le Bihan[42] (8 enfants) et Le Dren[43] (9 enfants) la Médaille d'argent et la famille Le Floch[44] (7 enfants) la Médaille de bronze la même année[45]. Autre exemple : la famille Le Goff[46] (8 enfants) avait obtenu la Médaille d'argent en 1929 et 3 familles[47] ayant 7 enfants et une[48] 6 enfants la Médaille de bronze cette année-là[49]. La famille Le Guillou[50] (10 enfants) avait déjà obtenu la Médaille d'or de la famille française en 1925[51].

Selon un article du journal L'Ouest-Éclair publié en 1928 « à Roudouallec, (...) l'on parle maintenant presque partout l'anglais » en raison de l'importance de l'émigration vers les États-Unis[52]. Certains émigrés, de retour au pays, qui avaient abandonné la nationalité française pour se faire naturaliser américains, demandent à obtenir à nouveau la nationalité française : c'est par exemple le cas de Mathurin Le Bas[53] en 1931 ou encore de Jean-Marie Canaff[54] en 1934[55].

La Deuxième Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts de Roudouallec porte les noms de 8 personnes mortes pour la France pendant la Deuxième Guerre mondiale ; parmi elles, Yves Le Goff, disparu en mer le lors du naufrage du Siroco et Jean Mahé, mort le à Potsdam (Allemagne)[40].

La rafle du 14 mai 1944[modifier | modifier le code]

Le dimanche , des troupes allemandes investissent le bourg de Roudouallec et arrêtent 70 à 80 hommes qui se rendaient à la messe du matin, qui sont transportées à Carhaix pour vérification d'identité (plusieurs personnes furent ensuite déportées). Au Trépas, situé en plein centre du bourg, Louis Guiffès, 22 ans, qui est clandestinement sous-lieutenant FTP, tente de s'enfuir en franchissant un talus, mais est abattu d'une balle par un soldat allemand[26].

La Guerre d'Algérie[modifier | modifier le code]

Pierre Le Guen est mort pour la France le pendant la Guerre d'Algérie ; il a reçu la Légion d'honneur à titre posthume[40].

Louis Le Bris fut maire entre 1953 et 1980 : « on lui doit la construction d'une école, d'une cantine, du bureau de Poste, du presbytère, de 25 km de chemins ruraux dans le cadre du remembrement, de la création du service d'aide à domicile, l'extension du ramassage des ordures ménagères, le service d'eau au bourg, etc... »[56].

Plus de 800 habitants de Roudouallec (alors peuplé de 856 habitants) signèrent une pétition pour garder leur curé, Marcel Le Mouël, muté dans une autre paroisse, dans la décennie 1980[56].

La communauté de Lann-Anna[modifier | modifier le code]

À l'automne 1999, s'est installée la communauté dite de "Lann-Anna" ou Tiegezh Santez Anna ("Famille de sainte Anne" en breton), au village du Moustoir[57]. Il s'agit d'une communauté catholique exclusivement bretonnante.

N'étant pas un ordre monacal mais laïc, la fraternité ne porte pas la bure et la corde mais son habit religieux se distingue par la place qui est faite au costume breton, porté le dimanche et les jours de fêtes d'obligation. La communauté vit principalement de la solidarité catholique et de travaux de recherche et d'enseignement relatifs à la foi catholique en Bretagne et à la langue bretonne [58].

Elle édite une lettre d'information : Breizh da Jezuz (La Bretagne à Jésus)[59].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
         
1855 1881 Jean Le Coroller[60]   Cultivateur.
1881 1891 François Le Dour[61]    
         
avant 1909 après 1913 Gabriel Le Goff   Cultivateur propriétaire.
         
Louis Le Bris   Directeur de l'école publique de Roudouallec.
1980 1995 Yves Le Moal   Directeur de l'école publique de Roudouallec entre 1976 et 2005[62].
mars 1995   Louis-Marc Rivoal    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[63]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[64].

En 2015, la commune comptait 728 habitants[Note 1], en augmentation de 2,25 % par rapport à 2010 (Morbihan : +3,21 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
8201 1128918229401 0531 0051 0561 079
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 0661 0811 0451 0631 1001 1721 2481 2481 352
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 3641 4351 6841 6561 5251 4791 4241 3901 215
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
1 1001 144961856772700704704713
2015 - - - - - - - -
728--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[65] puis Insee à partir de 2006[66].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église paroissiale.
  • La chapelle Saint-Michel, construite en 1877 au village du Moustoir, et sa fontaine ; la chapelle abrite un maître-autel et deux statues en bois polychrome datant du XVIIe siècle, ainsi qu'une Vierge à l'Enfant du XVe siècle en grès et une représentation de saint Michel terrassant le dragon du XVIe siècle. Son pardon est organisé chaque année au mois de septembre[67].
  • La fontaine de dévotion de saint Venec, à Kerhon.
  • Un champ éolien de sept éoliennes a été construit sur la route de Guiscriff.
  • Un radar pour avions (deux en France seulement), situé sur la commune voisine de Saint-Goazec, est visible de Roudouallec.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

  • Nicolas Le Grand, pionnier de l'émigration bretonne en Amérique.

Transports[modifier | modifier le code]

Voir Transports à Roi Morvan Communauté

Économie[modifier | modifier le code]

Voir Économie à Roi Morvan Communauté

Télécommunications[modifier | modifier le code]

Voir Télécommunications à Roi Morvan Communauté

Santé[modifier | modifier le code]

Voir Santé à Roi Morvan Communauté

Enseignement[modifier | modifier le code]

Voir Enseignement à Roi Morvan Communauté pour les collèges et lycées.

Culture et loisirs[modifier | modifier le code]

Voir Culture et loisirs à Roi Morvan Communauté

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2018, millésimée 2015, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2017, date de référence statistique : 1er janvier 2015.

Références[modifier | modifier le code]

  1. « Calcul de l'orthodromie entre Roudouallec et Quimper » (consulté le 30 janvier 2010).
  2. « Calcul de l'orthodromie entre Roudouallec et Vannes » (consulté le 30 janvier 2010).
  3. « Carte géologique du socle département du Morbihan » (version du 24 février 2011 sur l'Internet Archive).
  4. Charles Barrois, Légende de la carte géologique de Châteaulin, "Annales de la Société géologique du Nord", 1885, disponible sur Gallica.
  5. Dans une charte du duc de Bretagne Conan IV.
  6. Dans les archives de la Seigneurie de Kerguz.
  7. « Menhir de Guernangoué - Roudouallec » (version du 4 septembre 2016 sur l'Internet Archive).
  8. « L'alignement de Guernangoué à Roudouallec (56). », sur camancetres.canalblog.com, .
  9. Louis Kerrand, Les menhirs de Roudouallec, "Bulletin de la Société polymathique du Morbihan", 1925, disponible sur Gallica.
  10. René Kerviler, "Étude critique sur la géographie de la presqu'île armoricaine au commencement et à la fin de l'occupation romaine", 1874, disponible sur Gallica.
  11. « Etymologie et histoire de Roudouallec », sur www.infobretagne.com.
  12. Edm.-M. P. Du V., Le R. P. Julien Maunoir, de la Compagnie de Jésus, apôtre de la Bretagne au XVIIe siècle, (lire en ligne), p. 143.
  13. Roland Mousnier, Révolte du papier timbré en Bretagne (1675), "Actes. 1, L' Élevage. Démographie. Insurrections populaires du 92e Congrès national des sociétés savantes. Strasbourg et Colmar, 1967. Section d'histoire moderne et contemporaine", 1970, disponible sur Gallica : p. 350, p. 352 et p. 354.
  14. Théodore Courtaux, "Histoire généalogique de la maison de Lantivy...", 1899, disponible sur Gallica.
  15. A. Mareville et P. Varin, "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne", tome 2, 1845, disponible sur Google Livres.
  16. "Rapports du Préfet et délibérations du Conseil général du Morbihan", 1846, disponible sur Gallica.
  17. "Compte-rendu et procès-verbaux... / Association bretonne, Classe d'agriculture", 1855, disponible sur Gallica.
  18. Alfred Fouquet, "Compte-rendu des épidémies, des épizooties et des travaux des conseils d'hygiène du Morbihan", 1869, disponible sur Gallica.
  19. "Journal officiel de la République française. Lois et décrets", n° du 17 octobre 1894, disponible sur Gallica.
  20. Comité international de la Croix-Rouge, "Première [-Sixième] liste de blessés Français recueillis par les troupes allemandes", 1870-1871, disponible sur Gallica.
  21. "Journal officiel de la République française", n° du 11 novembre 1878, disponible sur Gallica.
  22. "Rapports du Préfet et délibérations du Conseil général du Morbihan", août 1882, disponible sur Gallica.
  23. Procès-verbal de la séance du conseil d'administration du 6 mars 1897, "Rapports du Préfet et délibérations du Conseil général du Morbihan", avril 1883, disponible sur Gallica.
  24. "La Tempérance", 1897, disponible sur Gallica.
  25. Nicolas Le Grand est mort à Roudouallec en 1941.
  26. a et b « 1881, les Bretons du Nouveau Monde », sur le blog Beg-An-Hent-Bras, Roudouallec.
  27. Témoignage de Nicolas Le Grand, recueilli en 1928 par Grégoire Le Clech et publié en 1969 dans le "Bulletin de la Société archéologique du Finistère".
  28. Jean-François Le Ster, né le à Roudouallec, époux de Marie-Anne Jaffré, père de 5 enfants.
  29. "Journal officiel de la République française. Lois et décrets", n° du 7 avril 1903, disponible sur Gallica.
  30. Lysiane Bernard, L'émigration « américaine » de la région de Gourin et ses conséquences géographiques, revue Norois, 1962, disponible sur Persée.
  31. Louis Chevalier, L'émigration française au XIXe siècle, "Études d'histoire moderne et contemporaine", 1947, disponible sur Gallica.
  32. Louis Gallouédec, cité par Adolphe Joanne, "Dictionnaire géographique et administratif de la France et de ses colonies", tome 4, 1890-1905, disponible sur Gallica.
  33. Journal L'Ouest-Éclair, n° du 22 mars 2905, disponible sur Gallica.
  34. "Journal officiel de la République française. Débats parlementaires. Chambre des députés", n° du 2 juillet 1906, disponible sur Gallica.
  35. Journal L'Ouest-Éclair, n° du 7 mars 1906, disponible sur Gallica.
  36. "Journal officiel de la République française. Lois et décrets", n° du 9 mars 1911, disponible sur Gallica.
  37. "Journal officiel de la République française. Lois et décrets", n° du 8 juin 1912, disponible sur Gallica.
  38. Journal L'Ouest-Éclair, n° du 14 novembre 1912, disponible sur Gallica.
  39. Journal L'Ouest-Éclair, n° du 8 mai 1912, disponible sur Gallica.
  40. a b et c « Monument aux Morts, Roudouallec 56 - Morbihan », sur www.memorialgenweb.org.
  41. Marie-Anne Le Goff, épouse de Jean-Marie Kervran.
  42. Marie-Yvonne Le Gall, épouse de Pierre Le Bihan.
  43. Marie-Perrine Février, épouse de Joseph-Louis Le Dren.
  44. Marie-Jeanne Le Ru, épouse de Michel Le Floch.
  45. "Journal officiel de la République française. Lois et décrets", n° du 19 août 1932, disponible sur Gallica.
  46. Françoise Le Roux, épouse d'Isidore-Marie Le Goff.
  47. Marie Duigou, épouse de Jean-Pierre Le Bas ; Catherine Ropers, épouse de François Le Goff et Marie-Josèphe Le Moing, épouse d'Henri Picard.
  48. Marie-Louise Le Guernic, épouse de François Allain.
  49. "Journal officiel de la République française. Lois et décrets", n° du 17 février 1929, disponible sur Gallica : p. 1997 et p. 1998.
  50. Marie-Anne Corbel, épouse de Jean-Louis Le Guillou.
  51. "Journal officiel de la République française. Lois et décrets", n° du 29 janvier 1925, disponible sur Gallica.
  52. Journal L'Ouest-Éclair, n° du 6 janvier 1928, disponible sur Gallica.
  53. Mathurin Le Bas, né le à Roudouallec, hôtelier, installé à Plévin (Côtes-du-Nord).
  54. Jean-Marie Canaff, né le à Roudouallec, ouvrier d'usine, installé à Angers (Maine-et-Loire).
  55. "Journal officiel de la République française. Lois et décrets", n° du 5 juillet 1931, disponible sur Gallica et n° du 9 décembre 1934, disponible sur Gallica.
  56. a et b « Max se rappelle... », sur le blog Beg-An-Hent-Bras, Roudouallec.
  57. Cf. Les stalles de l'église sauvées par Tiegezh Santez Anna.
  58. Le site de la communauté catholique bretonnante "Lann-Anna".
  59. Cf.Article wikipedia en breton consacré à cette communauté.
  60. Jean Le Coroller, né le à Roudouallec, décédé le à Roudouallec.
  61. François Le Dour, né le à Gourin, décédé le à Roudouallec.
  62. « Livre. Un roman d'Yves Le Moal autour du remembrement », sur Le Télégramme, .
  63. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  64. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  65. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  66. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  67. « Chapelle Saint-Michel », sur www.tourismepaysroimorvan.com et « Nombreux fidèles au pardon de la chapelle Saint-Michel », sur Ouest-France, .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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