Roudouallec

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Roudouallec
Vue sur le bourg et la campagne environnante depuis les Montagnes Noires.
Vue sur le bourg et la campagne environnante depuis les Montagnes Noires.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Morbihan
Arrondissement Pontivy
Canton Gourin
Intercommunalité Roi Morvan Communauté
Maire
Mandat
Louis-Marc Rivoal
2014-2020
Code postal 56110
Code commune 56199
Démographie
Gentilé Roudouallécois, Roudouallécoise
Population
municipale
737 hab. (2014)
Densité 30 hab./km2
Population
aire urbaine
25 412 hab.
Géographie
Coordonnées 48° 07′ 39″ nord, 3° 42′ 56″ ouest
Altitude 167 m (min. : 118 m) (max. : 248 m)
Superficie 24,82 km2
Localisation

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Roudouallec

Roudouallec [ʁudualɛk] est une commune française située dans le département du Morbihan, en région Bretagne.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Roudouallec est la forme francisée du breton Roudoualleg

Roudouallec est attestée sous les formes Rodoed Gallec en 1160 [1], An Rodoed Gallec elecmosina en 1163, Roudouez-Gallec en 1521 [2].

Roudouallec associe en effet les termes bretons roudou et gallec qui signifient respectivement "gué" et français. La traduction littérale est donc : « le gué du français ». On peut cependant envisager une autre explication : Hallec en langue bretonne ancienne signifiant « les saules » (orthographe moderne : haleg), nous aurions donc Roudouz Hallec ou «  le Gué des Saules », nom d'ailleurs repris par l'école élémentaire publique de la commune.

Géographie[modifier | modifier le code]

Localisation de Roudouallec au nord-ouest du Morbihan.

Roudouallec est une commune du Centre Bretagne appartenant à la Cornouaille morbihannaise. De position très excentrée, elle se situe aux confins des départements du Morbihan et du Finistère. Son bourg est distant, à vol d'oiseau, de seulement 32,5 km de Quimper, la préfecture la plus proche[3], contre 88,4 km pour Vannes, sa préfecture de rattachement[4]. Son territoire est dominé au nord par la chaîne des Montagnes Noires où la rivière Isole prend sa source. Le bourg est situé sur une ancienne voie de communication qui relie Quimper à Gourin.

Le sous-sol est constitué pour l'essentiel de roches sédimentaires d'âge briovérien[5].

Préhistoire[modifier | modifier le code]

Néolithique[modifier | modifier le code]

Menhir de Guernangoué.

Plusieurs monuments mégalithiques datant du Néolithique ont été recensés sur le territoire de la commune.

  • Le menhir de Guernangoué[6], haut de 4,25 mètres, en schiste, faisait partie d'un alignement détruit en 1967 lors des opérations de remembrement.; deux autres menhirs sont désormais couchés, l'un présentant des gravures, l'autre des cupules. Ils dateraient du néolithique final[7].
  • Le menhir du Petit Moustoir, dit Men-berr et formant alignement avec le menhir de Kerbiguet-lann en Gourin, dit Men-hir.

Âge du bronze[modifier | modifier le code]

  • Un dépôt d'objets en or comprenant au moins quatre bracelets à tige cylindrique et des bagues et des boucles d'oreille et daté du bronze final, a été découvert au village de Kervasoën au début du siècle dernier.
  • Un important dépôt de haches à douille en bronze, 170 au total, datant aussi du bronze final (700-600 ans avant notre ère), enfoui dans le sol, a été découvert en 1896 à Kerhon. Elles étaient accompagnées d'un lingot en cuivre de 5 kg et étaient contenues dans un vase en terre cuite. Ces haches, particulièrement abondantes en Armorique, servaient alors de pré-monnaie. Leur forte teneur en plomb les rendaient en effet inutilisables pour d'autres usages. D'autres dépôts similaires existent dans les environs comme à Keranval au Faouët et Cospérec Bras en Langonnet.

Histoire[modifier | modifier le code]

Ancien régime[modifier | modifier le code]

Roudouallec était sous l'ancien régime une des deux trèves de Gourin avec Le Saint. Elle relevait de la barre ducale de Gourin puis de la sénéchaussée. Le Bourg de Roudouallec ainsi qu'une douzaine de villages appartenaient aux hospitaliers de Saint-Jean de Jérusalem. L'église tréviale était dédiée à saint Jean-Baptiste, leur patron. L'autre grand fief était la seigneurie de Kerguz, qui couvrait au XVIe siècle 28 villages à Roudouallec et à l'ouest de Gourin.

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

L'Émigration vers l'Amérique[modifier | modifier le code]

L'histoire de Roudouallec a été marquée par l'émigration vers les États-Unis : Nicolas Le Grand, tailleur né à Roudouallec en 1852[8], Job Daouphars et Loeiz Bourhis furent les premiers à partir en 1881 vers les États-Unis.

Nicolas Le Grand revient quelques années plus tard, bien plus riche qu'il n'était parti, ce qui amorça cette « ruée vers l'or »[9] :

« (...) En septembre 1877, je revins à Roudouallec. Bientôt marié, puis père de deux enfants, je vivais misérablement d'un salaire quotidien de 12 sous ! En 1881, résolu à tenter ma chance, je partis avec deux amis. Dans le Connecticut, je gagnais 20 francs par jour, salaire énorme comparé aux 12 sous que je gagnais en France (...). Lorsqu'à Roudouallec ma femme reçut son premier mandat d'Amérique (100 pièces de cent sous), il y eut bien des envieux. À l'époque, un premier domestique de ferme gagnait à peine 150 francs par an... Au bout de quatre ans, ayant gagné un bon pécule, je décidais de rentrer. Lorsque je revins au pays [en 1884], ce fut un événement. Tout le monde venait me voir et la maison ne désemplissait pas. On venait même de Gourin, de Guiscriff et de Leuhan pour entendre parler de l'Amérique[10]. »

Petit à petit les départs se firent de plus en plus nombreux, la commune comptait même, à un certain moment un bureau de l'agence Air-France.

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La rafle du 14 mai 1944[modifier | modifier le code]

Le dimanche , des troupes allemandes investissent le bourg de Roudouallec et arrêtent 70 à 80 hommes qui se rendaient à la messe du matin, qui sont transportées à Carhaix pour vérification d'identité (plusieurs personnes furent ensuite déportées). Au Trépas, situé en plein centre du bourg, Louis Guiffès, 22 ans, qui est clandestinement sous-lieutenant FTP, tente de s'enfuir en franchissant un talus, mais est abattu d'une balle par un soldat allemand[9].

La communauté de Lann-Anna[modifier | modifier le code]

À l'automne 1999, s'est installée la communauté dite de "Lann-Anna" ou Tiegezh Santez Anna ("Famille de sainte Anne" en breton), au village du Moustoir[11]. Il s'agit d'une communauté catholique exclusivement bretonnante.

N'étant pas un ordre monacal mais laïc, la fraternité ne porte pas la bure et la corde mais son habit religieux se distingue par la place qui est faite au costume breton, porté le dimanche et les jours de fêtes d'obligation. La communauté vit principalement de la solidarité catholique et de travaux de recherche et d'enseignement relatifs à la foi catholique en Bretagne et à la langue bretonne [12].

Elle édite une lettre d'information : Breizh da Jezuz (La Bretagne à Jésus)[13].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

La mairie.
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1980 1995 Yves Le Moal    
mars 1995   Louis-Marc Rivoal    
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du , les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d'un recensement qui repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[14]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[15],[Note 1].

En 2014, la commune comptait 737 habitants, en augmentation de 3,37 % par rapport à 2009 (Morbihan : 3,36 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
820 1 112 891 822 940 1 053 1 005 1 056 1 079
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 066 1 081 1 045 1 063 1 100 1 172 1 248 1 248 1 352
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 364 1 435 1 684 1 656 1 525 1 479 1 424 1 390 1 215
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2007 2011 2014
1 100 1 144 961 856 772 700 704 713 737
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[16] puis Insee à partir de 2006[17].)
Histogramme de l'évolution démographique

Lieux et monuments[modifier | modifier le code]

L'église paroissiale.

Un champ éolien de sept éoliennes a été construit sur la route de Guiscriff.

Un radar pour avions (deux en France seulement), situé sur la commune voisine de Saint-Goazec, est visible de Roudouallec.

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Transports[modifier | modifier le code]

Voir Transports à Roi Morvan Communauté

Économie[modifier | modifier le code]

Voir Économie à Roi Morvan Communauté

Télécommunications[modifier | modifier le code]

Voir Télécommunications à Roi Morvan Communauté

Santé[modifier | modifier le code]

Voir Santé à Roi Morvan Communauté

Enseignement[modifier | modifier le code]

Voir Enseignement à Roi Morvan Communauté pour les collèges et lycées.

Culture et loisirs[modifier | modifier le code]

Voir Culture et loisirs à Roi Morvan Communauté

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l'ensemble des communes.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Dans une charte du duc de Bretagne Conan IV
  2. Dans les archives de la Seigneurie de Kerguz
  3. « Calcul de l'orthodromie entre Roudouallec et Quimper » (consulté le 30 janvier 2010)
  4. « Calcul de l'orthodromie entre Roudouallec et Vannes » (consulté le 30 janvier 2010)
  5. « carte géologique du socle département du Morbihan » (consulté le 30 janvier 2010)
  6. http://fr.topic-topos.com/menhir-de-guernangoue-roudouallec
  7. http://camancetres.canalblog.com/archives/2014/02/21/29270732.html
  8. Nicolas Le Grand est mort à Roudouallec en 1941
  9. a et b http://jacques-bleuzen.blogs.fr/page_24.html
  10. Témoignage de Nicolas Le Grand, recueilli en 1928 par Grégoire Le Clech et publié en 1969 dans le "Bulletin de la Société archéologique du Finistère"
  11. Cf. Les stalles de l'église sauvées par Tiegezh Santez Anna
  12. Le site de la communauté catholique bretonnante "Lann-Anna"
  13. Cf.Article wikipedia en breton consacré à cette communauté.
  14. L'organisation du recensement, sur le site de l'Insee.
  15. Calendrier départemental des recensements, sur le site de l'Insee
  16. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  17. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 20062007 2008 2009 2010 2011201220132014 .

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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