Treffrin

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Treffrin
Treffrin
La Mairie
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Côtes-d'Armor
Arrondissement Guingamp
Canton Rostrenen
Intercommunalité Poher communauté
Maire
Mandat
Étienne Le Fer
2014-2020
Code postal 22340
Code commune 22351
Démographie
Gentilé Treffrinois, Treffrinoise
Population
municipale
559 hab. (2016 en diminution de 1,76 % par rapport à 2011)
Densité 75 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 17′ 59″ nord, 3° 30′ 56″ ouest
Altitude 160 m
Min. 85 m
Max. 174 m
Superficie 7,47 km2
Localisation

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Treffrin [tʁɛfʁɛ̃] est une commune bretonne, située dans le département des Côtes-d'Armor.

Géographie[modifier | modifier le code]

La commune fait partie du territoire breton traditionnel du pays Fisel. Elle est située dans le Kreiz Breizh, dans le département des Côtes-d'Armor (mais à la limite de celui du Finistère), juste à l'est de Carhaix dont elle est une commune limitrophe.

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Le finage de Treffrin est limité à l'ouest par le cours de l'Hyères, qui la sépare de Plounévézel, et au sud-ouest par un petit affluent de rive gauche de l'Hyères, qui la sépare de Carhaix. Les altitudes vont de 172 mètres pour les points les plus hauts situés à l'est du bourg à 85 mètres pour le point le plus bas, situé dans la vallée de l'Hyères, près du pont gaulois et de la chapelle Sainte-Catherine, situés en Plounévézel. Le bourg de Treffrin, excentré dans la partie est du territoire communal, est vers 160 mètres d'altitude ; ce bourg en est à peine un, formé traditionnellement seulement de quelques maisons autour de l'église, même si un habitat pavillonnaire de type rurbain s'est développé ces dernières décennies, principalement au sud du bourg, en raison de la proximité avec la ville de Carhaix.

Le paysage agraire traditionnel est celui du bocage avec un habitat dispersé en écarts formés de hameaux et de fermes isolées.

L'extrême ouest du territoire communal est traversé par la voie ferrée Carhaix-Guingamp et par la D 787 (ancienne Route nationale 787) qui va aussi de Carhaix à Guingamp.

Toponymie[modifier | modifier le code]

Le nom de la localité est attesté sous les formes Trefvrin en 1383, Treffrin en 1614, Treffvrin au début du XVIIe siècle[1].

Treffrin vient du breton treb (village) et brin (colline) signifiant le « village de la colline »[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Antiquité[modifier | modifier le code]

La voie romaine allant de Vorgium à Alet sépare cette commune de celle du Moustoir. Des traces d'un camp romain ont été retrouvées à Kermoisan, ainsi que les fondations de deux tours en maçonnerie, qui sont postérieures à ce camp.[3].

Moyen-Âge[modifier | modifier le code]

La chapelle de Notre-Dame de Treffrin est mentionnée en 1383 sur une indulgence papale[4].

L'église Notre-Dame, en forme de tau, porte la date de 1580. Son porche date de 1582 : « richement décoré, il contient les statues des Douze Apôtres placées dans des niches dont les socles et les dais sont variés et délicatement sculptés. La charpente et le lambris sont de 1690, mais les frises ou bandeaux sculptés sont du siècle précédent (...) »[3]. Cette église, sauf le porche qui a été conservé, a été détruite lors de la construction de l'église Saint-Louis en 1893.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Le château de Toulgoët était aux XVIe siècle et XVIIIe siècle habité par la famille Le Gogal de Toulgoët (par exemple par Louis Joseph Le Gogal[5], puis par son fils Bertrand Louis Le Gogal[6], avocat à la Cour).

Quelques ruines de l'ancien château de Toulgoët (Toulgoat) subsistaient encore à la fin du XIXe siècle[3].

La famille de Pestivien, seigneur du dit lieu en Pestivien était aussi seigneur de plusieurs autres lieux dont le manoir de Coëtcliviou en Treffrin[7].

Révolution française[modifier | modifier le code]

La paroisse de Treffrin est supprimée en 1791 par l'Assemblée constituante : « Il n'y aura, pour la ville de Carhaix et les campagnes environnantes, qu'une seule paroisse, qui sera desservie sous l'invocation de saint Trémeur, dans l'église ci-devant collégiale de cette ville. La paroisse de Plounévézel, Sainte-Catherine sa succursale, ainsi que les succursales de Saint-Quijeau et Treffrin sont supprimées et réunies à la paroisse de Carhaix ; l'église de Plounévézel et celle de Treffrin sont conservées comme oratoires »[8]. Cette paroisse fut ensuite rattachée à celle de Trébrivan lorsque la commune, créée en 1790, fut rattachée au département des Côtes-du-Nord. Elle fut rétablie par la suite.

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Treffrin devient une paroisse indépendante en 1843[4].

A. Marteville et P. Varin, continuateurs d'Ogée, décrivent ainsi Treffrin en 1845 :

« Treffrin ; commune formée de l'ancienne trève de Plouguer-Carhaix ; aujourd'hui succursale. Principaux villages : Kerveil, Ar-Vouern, Kergouliou, Kernest, Toul-Gouet, Coat-Cliviou-Manoir, Coat-Cliviou-Dero, Kermoïzan, Kergonan. Superficie totale : 746 hectares dont (...) terres labourables 407 ha, prés et pâturages 75 ha, bois 56 ha, vergers et jardins 24 ha, landes et incultes 144 ha (...). Moulin Ar-Ros, à eau. Treffrin a un desservant qui bine avec [qui est aussi curé de] Trébrivant. Géologie : schiste argileux. On parle le breton[9]. »

Frank Davies[10] décrit ainsi les paysans de Treffrin vers 1854 :

« Vêtus d'un manteau de peau de bique, les membres inférieurs protégés par de la toile en forme de "bragues", spacieuses ou modelées sur les jambes, les pieds nus dans des gros sabots garnis de paille, les cheveux bouclés et longs, comme s'ils n'avaient jamais connu les ciseaux ou le peigne, tombant par derrière leurs épaules, ils présentent l'aspect véritable d'anciens Bretons. (...) Voyez-les en chasse : leur arme est un gourdin ou un épieu, s'ils ne sont pas assez riches pour avoir un fusil, et leur gibier est le loup ! Ils sont vraiment des sauvages (...)[11]. »

Frank Davies décrit une chasse aux loups, dirigée par le comte de Saint-Prix[12], qui se termina entre Treffrin et Glomel dans le chapitre 21, intitulé "Un loup à trois pattes", de son livre "Chasse aux loups et autres chasses en Bretagne".

Jérôme Le Floch, de Treffrin, reçut en 1914 un brevet de médaille commémorative pour avoir participé à la Guerre de 1870 comme soldat au 64e régiment d'infanterie de ligne[13].

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La Belle Époque[modifier | modifier le code]

Le journal L'Ouest-Éclair du indique qu'une tentative d'inventaire s'est déroulée à Treffrin :

« Une tentative d'inventaire a été faite à Treffrin. Lorsque l'agent du fisc, accompagné de deux gendarmes, s'est présenté, il a trouvé l'église fermée. M. le Recteur, accompagné des membres du conseil de fabrique, a refusé d'ouvrir. Le percepteur s'est alors retiré sans vouloir entendre les protestations de M. le Recteur. Après son départ, les portes de l'église ont été ouvertes et le recteur a lu sa protestation. La bénédiction a ensuite été donnée. Il n'y a pas eu d'incident[14]. »

Un décret du attribue à la commune de Treffrin les biens, qui étaient placés sous séquestre, ayant appartenu à la fabrique de l'église de Treffrin, sous réserve que les revenus et produits des dits biens soient affectés au service des secours de bienfaisance[15].

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts de Treffrin porte les noms de 15 soldats morts pour la France pendant la Première Guerre mondiale ; parmi eux 4 sont morts en Belgique : Yves Allauret dès le à Ham-sur-Sambre et 3 (Pierre Février, Yves Le Bournot, François Piriou), tous trois soldats du 73e régiment d'infanterie territoriale, sont morts à Boesinghe le même jour le  ; tous les autres sont décédés sur le sol français[16].

L'Entre-deux-guerres[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 25 au un violente tempête fit des dégâts à Treffrin, emportant notamment à bonne distance un hangar dans une exploitation agricole du hameau de Pennalann[17].

Le journal L'Ouest-Éclair du indique que, de père en fils, la famille Calvez exploite la ferme du manoir de Penalan depuis 1834.

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Le monument aux morts de Treffrin porte les noms de 5 personnes mortes pour la France pendant la Seconde Guerre mondiale ; parmi elles Jérôme Huruguen, mort de suites de ses blessures reçues sur le champ de bataille le à Avesnes-sur-Helpe ; Jean Menguy, résistant, décédé le au camp de concentration de Neuengamme et Trémeur Le Yoncour, prisonnier de guerre, est mort en captivité en Allemagne le [16].

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Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1826   François Le Manac'h[18]   Cultivateur.
1830   Bercot    
1832   François Le Manac'h   Déjà maire précédemment.
1837   J.M. Caillebot    
1843   Siméon Bercot[19]    
1846   François Caillebot[20]    
         
avant 1876 après 1876 Henri Bercot[21]   Gendre de Siméon Bercot, maire entre 1843 et 1846
         
  1908 Jean Calvez[22]    
1908   Jean Manach    
         
avant 1931 après 1937 François Treussard[23] SFIO Conseiller général du canton de Maël-Carhaix en 1931.
1945 1971 Pierre CALVEZ SE Maire
vers 1970 vers 1980 Jean Le Gallic[24]    
         
  2001 Yvon Bercot    
2201 2014 Marie-Renée Oget PS Députée entre 2002 et 2012
2014 En cours Étienne le Fer DVG Salarié agricole
Les données manquantes sont à compléter.

Démographie[modifier | modifier le code]

L'évolution du nombre d'habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir de 2006, les populations légales des communes sont publiées annuellement par l'Insee. Le recensement repose désormais sur une collecte d'information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d'une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation[25]. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 2007[26].

En 2016, la commune comptait 559 habitants[Note 1], en diminution de 1,76 % par rapport à 2011 (Côtes-d'Armor : +0,77 %, France hors Mayotte : +2,44 %).

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
169252220271285281270302300
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
332332313274335327345384376
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
378424447449418359316300251
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
253256367550608572554551580
2016 - - - - - - - -
559--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[27] puis Insee à partir de 2006[28].)
Histogramme de l'évolution démographique

Monuments[modifier | modifier le code]

Le "pont gaulois" sur l'Hyères
  • Le "pont gaulois", vieux pont historique traversé par la rivière "l'Hyères" est situé à la limite des communes de Treffrin, Carhaix et Plounévézel.
  • L'église Saint-Louis (l'église précédente était sous le vocable de Notre-Dame), reconstruite en 1893 d'après les plans de l'architecte Ernest Le Guerranic, mais son porche, avec ses statues des Douze Apôtres, date du XVIe siècle ; il appartenait à l'ancienne église Notre-Dame et a été restauré en 1666.
  • La croix du cimetière (elle date de 1703)[29].

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Population municipale légale en vigueur au 1er janvier 2019, millésimée 2016, définie dans les limites territoriales en vigueur au 1er janvier 2018, date de référence statistique : 1er janvier 2016.

Références[modifier | modifier le code]

  1. infobretagne.com, « Étymologie et Histoire de Treffrin »
  2. Hervé Abalain, « Noms de lieux bretons - Page 115, Editions Jean-paul Gisserot, ISBN 2877474828 »
  3. a b et c "Mémoires de la Société archéologique et historique des Côtes-du-Nord", 1883, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2078630/f122.image.r=Treffrin
  4. a et b http://paroisseshautecornouaille.fr/patrimoine/leglise-treffrin/
  5. Louis Joseph Le Gogal, né le à Carhaix, décédé le à Carhaix (Treffrin dépendait alors de Carhaix).
  6. Bertrand Louis Le Gogal, né le à Carhaix, décédé le à Carhaix, paroisse de Saint-Quijeau.
  7. Pol Potier de Courcy, "Nobiliaire et armorial de Bretagne", tome 2, 1862, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5406239c/f265.image.r=Co%C3%ABtcliviou?rk=21459;2
  8. Jérôme Mavidal et Émile Laurent, "Archives parlementaires de 1787 à 1860. Du 28 août au 17 septembre 1791", consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k495459/f564.image.r=ploun%C3%A9v%C3%A9zel?rk=2038636;4
  9. A. Marteville et P. Varin, "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne", tome 2, 1845, consultable https://books.google.fr/books?id=9o8DAAAAYAAJ&printsec=frontcover&dq=bibliogroup:%22Dictionnaire+historique+et+g%C3%A9ographique+de+la+province+de+Bretagne%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwjYltfnzr7dAhVMB8AKHdKqCFAQ6wEIKDAA#v=onepage&q=Treffrin&f=false
  10. Frank Davies, en fait révérend E.W.L. Davies, vint chasser deux années de suite en Bretagne, probablement en 1854 et 1855, mais ne publia ses souvenirs en anglais que vingt ans plus tard en 1875.
  11. Frank Davies, "Chasse aux loups et autres chasses en Bretagne", éditions des Montagnes Noires, 2012, (ISBN 978-2-919305-22-3)
  12. Charles Damas de Saint-Prix, né le à Brest, décédé le à Paramé, mais inhumé à Ploujean
  13. Journal L'Ouest-Éclair, n° du 6 juin 1914, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k644013r/f6.image.r=Treffrin?rk=472105;2
  14. Journal L'Ouest-Éclair, n° du 21 mars 1906, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k6410149/f3.image.r=Treffrin?rk=150215;2
  15. "Journal officiel de la République française. Lois et décrets", n° du 1er mai 1910, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k62545038/f11.image.r=Treffrin?rk=85837;2
  16. a et b http://www.memorialgenweb.org/memorial3/html/fr/resultcommune.php?idsource=29656
  17. Journal L'Ouest-Éclair, n° du 27 janvier 1935, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k660054w/f4.image.r=Treffrin?rk=922751;2
  18. François Le Manac'h, né le à Treffrin, décédé le à Treffrin.
  19. Siméon Bercot, né le à Duault, décédé le à Treffrin.
  20. François Caillebot, né le à Kergrist-Moëlou, décédé le au bourg de Treffrin.
  21. Henri Bercot, né le à Plounévez-Quintin, marié le à Treffin, décédé le à Rostrenen.
  22. Probablement Jean Marie Calvez, , né le à Plouguer (Finistère), décédé le au manoir de Penalan en Treffrin.
  23. Probablement François Louis Treussard, né le à Saint-Hernin (Finistère), marié le à Treffin avec Marie Louise Le Manach.
  24. Jean Le Gallic, décédé en octobre 2006, voir https://www.letelegramme.fr/ar/viewarticle1024.php?aaaammjj=20061014&article=12961118&type=ar
  25. L'organisation du recensement, sur insee.fr.
  26. Calendrier départemental des recensements, sur insee.fr.
  27. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  28. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014, 2015 et 2016.
  29. http://www.infobretagne.com/treffrin.htm

Liens externes[modifier | modifier le code]

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