Robert Capa

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Ne doit pas être confondu avec Frank Capra.
Robert Capa
Description de cette image, également commentée ci-après
Photo de Robert Capa prise par sa compagne Gerda Taro en , durant la Guerre d’Espagne.
Nom de naissance Endre Ernő Friedmann
Naissance
Budapest (Autriche-Hongrie)
Décès (à 40 ans)
Thai Binh, Indochine française (actuellement au Viêt Nam)
Nationalité Hongrois
Pays de résidence Hongrie, Allemagne, France, États-Unis
Profession
Conjoint
Gerda Taro, Elaine Justin, Ingrid Bergman
Famille

Robert Capa, pseudonyme d'Endre Ernő Friedmann, né le à Budapest et mort le en Indochine, est un photographe et correspondant de guerre hongrois.

Il a couvert les plus grands conflits de son époque et est l'un des fondateurs de la coopérative photographique Magnum, première de ce genre à voir le jour.

Il fut le compagnon de la photographe Gerda Taro, qui inventa son pseudonyme et lança sa carrière.

Il entretint une relation amoureuse avec Ingrid Bergman et une longue amitié avec Ernest Hemingway, qui s’est inspiré des photos de Capa pour écrire le livre Pour qui sonne le glas.

Biographie[modifier | modifier le code]

Il naît le 22 octobre 1913 à Budapest dans une famille juive hongroise modeste et non pratiquante ; ses parents Dezsö Friedmann et Julianna (ou Julia) Berkovits se marient en 1910 [1] et sont propriétaires d'une maison de couture à Pest[2].

À l’âge de dix-sept ans, il est arrêté pour avoir participé aux activités politiques d’étudiants de gauche. Le régime autoritaire de l’amiral Horthy le libère à la condition de quitter la Hongrie. Il part en juillet 1931 pour Berlin. Il a alors pour maître à penser l'écrivain Lajos Kassák et se donne pour objectif de faire carrière dans le journalisme. Grâce à son amie d’enfance exilée Eva Besnyö, il trouve un premier travail comme apprenti développeur dans une agence photographique berlinoise. Parallèlement, il s'inscrit à la Deutsche Hochschule für Politik (en)[2] pour suivre des études de sciences politiques.

Il fait la connaissance de Simon Guttmann, patron de l’agence Dephot (Deutscher Photodienst). L'agence lui fournit un appareil Leica pour travailler comme assistant et réaliser des reportages sur le quotidien de Berlin[3], puis lui donne l’occasion de couvrir son premier sujet, Léon Trotski. Il part en novembre 1932 pour Copenhague afin d'y photographier Trotski qui a été invité par l'association des étudiants sociaux-démocrates pour une conférence (qui sera la dernière) devant 2500 personnes[4], et qui est alors pourchassé par des assassins aux ordres de Staline[5]. Le magazine Der Welt Spiegel publie ses clichés.

Il quitte l’Allemagne en 1933 à l'arrivée d'Hitler au pouvoir, gagne Vienne mais le chancelier chrétien-social Engelbert Dollfuss y établit une dictature cléricalo-fasciste, aussi émigre-t-il finalement à Paris à l’automne 1934.

Paris[modifier | modifier le code]

Gerda Taro en Espagne, juillet 1937.

Il rencontre Henri Cartier-Bresson dans les cafés de Montparnasse, ainsi quet d'autres Juifs émigrés comme lui, tels que « Chim » (David Seymour), André Kertész, Pierre Gassmann, etc. Il décide de franciser son prénom et se fait désormais appeler « André Friedmann ». Épais sourcils, yeux et cheveux noirs, lèvres charnues, son charme est immense[5]. Il travaille fin 1933 comme figurant dans un roman-feuilleton du magazine VU Le tueur au boomerang[4].

Au café A Capoulade dans le quartier latin, il fait en septembre 1934 la connaissance de Gerda Taro, une étudiante allemande antifasciste d'origine polonaise, qui d’assistante, devient photographe. Ils deviennent amants en 1935[6]. Il fréquente l'Association des écrivains et artistes révolutionnaires où elle est inscrite, comme ses principaux amis ou collègues photographes[7].

Le magazine de Lucien Vogel VU lui offre l'occasion de réaliser un reportage sur la Sarre, lieu de tensions grandissantes entre la France et l'Allemagne, et ainsi d'obtenir sa première carte de presse[4].

Au printemps 1935, il effectue une premier séjour en Espagne pour une série de reportages (match de boxe de Paolo Uzcudun, projet aéronautique du lieutenant-colonel Emilio Herrera qui veut battre le record du monde d'ascension en aéronef, fête religieuse et processions à Séville)[3]

Alors que ses parents se séparent, son jeune frère Cornell Capa vient le rejoindre à Paris. Son père Dezsö se suicide[3].

En 1936, Taro invente un photographe américain dont André ne serait que l'assistant. Ses photos se vendant très mal, elle lui fait prendre un pseudonyme : « Robert Capa », qui sonne plus américain et est plus facile à prononcer[8]. Avec ce pseudonyme, il crée un personnage, un photographe américain, chic, riche, mondain[2].

Plusieurs versions ont été données sur l'origine de ce pseudonyme. Selon André, le prénom aurait été choisi en référence à l'acteur américain en vogue Robert Taylor et le nom « Capa » choisi pour sa ressemblance avec celui du réalisateur américain Frank Capra[9]. Mais cápa signifie aussi « requin » en hongrois, et ce surnom semble avoir été donné au jeune Friedmann[10].

La même année, il participe à la création de l’agence Alliance-Photo aux côtés de Pierre Boucher et de Maria Eisner. Il immortalise notamment le Front populaire par sa photo du [11]. Il photographie Léon Blum brandissant la lampe offerte par les mineurs de Carmaux, mais aussi des anonymes en grève ou les manifestations populaires. Les magazines VU et Regards publient les photos. Le numéro de VU du 15 juillet 1936 lui accorde même la couverture.

La guerre d’Espagne[modifier | modifier le code]

En août 1936, il part avec Gerda Taro comme envoyé spécial pour couvrir la guerre civile espagnole sur le front républicain, pour les magazines Vu de Lucien Vogel et Regards[5]. Il photographie les miliciennes à l'entrainement, la presse apprécie les images de femmes armées[4]. Lors de leur premier séjour en août 1936, il ne photographie pas de combats, il s'attache surtout à réaliser des portraits de combattants républicains à l'équipement rudimentaire, mais animés par une grande ferveur politique.

En Espagne, il devient un fervent antifasciste qui va même jusqu'à monter certaines photos de toutes pièces, notamment une improbable victoire des forces républicaines[12].

Lors de ses séjours ultérieurs, il couvre les combats, notamment à Madrid en novembre et décembre 1936. Le magazine Regards consacre un tiers de sa surface rédactionnelle à la guerre civile. Robert Capa, Gerda Taro, mais aussi Chim alimentent les numéros. Capa photographie les populations qui subissent les bombardements et les Brigades internationales, son reportage intitulé "La Capitale crucifiée" le fait entrer dans l'histoire du photojournalisme, il est aussi publié dans The Illustrated London News le 19 décembre 1936. L'Exposition universelle de 1937 utilise ses clichés aux côtés des œuvres de Joan Miro, Picasso, Luis Bunuel ou Alexander Calder.

En janvier 1938, Robert Capa publie un reportage dans Ce soir sur la bataille de Teruel et la reddition des franquistes sans photographies. En écrivant "La ville était à nous", Capa manifeste ouvertement qu'il a choisi son camp.[4] Les photographies de Robert Capa sont régulièrement publiées dans Ce soir. Ce sera le tout premier emploi salarié de Capa qui est payé au mois et non à la photo.

Capa faussaire ?[modifier | modifier le code]

C'est pendant ce séjour en Espagne qu'il prend la photographie qui lui vaudra sa grande renommée et qui sera à l’origine du mythe Capa. Intitulée Mort d'un soldat républicain, elle représente un soldat des forces républicaines, en chemise blanche, s’effondrant après avoir été touché par une balle[13]. Cette photo symbolise la guerre d’Espagne et reste gravée dans la mémoire collective. Néanmoins, une polémique sur l’authenticité de la photo naît à partir de 1970. Une enquête a toutefois permis de découvrir l’identité du soldat : le militant anarchiste Federico Borrell Garcia qui a bien été tué le , le jour où Capa a pris la photo[14] ; la polémique s'arrête un temps mais elle reprend quelques décennies plus tard quand le journal catalan El Periodico[15] affirme en juillet 2009, clichés comparatifs à l’appui, que la photo n’a pas été prise près de Cerro Muriano, mais près de la localité d’Espejo à cinquante kilomètres, endroit où il n’y avait pas de combats à la date de la prise de vue[16]. Un argument supplémentaire à l'appui de la thèse de la fraude vient du fait que Capa a pris deux photos de soldats républicains différents à cet endroit (une des deux photos étant devenue plus célèbre que l'autre)[17] : aux yeux de certains[18], la chute de deux soldats exactement au même point devant un appareil se trouvant dans la même position constituerait un hasard difficilement crédible[16].

La mort de Gerda Taro[modifier | modifier le code]

Alors que Robert Capa est de retour à Paris, Gerda Taro restée en Espagne est écrasée accidentellement par un char républicain lors des combats de la bataille de Brunete. Elle meurt le [19] et, jusqu’à la fin de sa vie, Capa aimera à dire que Gerda et lui étaient unis par le mariage. La photographie de Robert Capa représentant Gerda Taro se reposant sur une borne kilométrique aux initiales PC illustre l'article consacré à sa mort dans Ce soir.

La Seconde Guerre sino-japonaise[modifier | modifier le code]

En 1938, il est envoyé par le magazine Life pour suivre la Seconde Guerre sino-japonaise (1937-1945). Avec le documentariste néerlandais Joris Ivens, il couvre notamment les raids aériens japonais contre Hankou et la bataille de Taierzhuang[2].

Il prend une photo qui fait la couverture de Life, celle d’un enfant chinois, habillé en militaire. Life apposa alors la légende : Un défenseur de la Chine[20]. Le 3 décembre 1938, la revue de photographie britannique Picture Post le proclame « le plus grand photographe de guerre du monde »[2].

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Confronté aux lois françaises contre les « étrangers indésirables », il quitte Paris en octobre 1939 et émigre à New York où il rejoint sa mère et son frère, Cornell.

L'Afrique du Nord et la Sicile[modifier | modifier le code]

À New York, il est chargé par le magazine Collier's de couvrir le front d’Afrique du Nord en 1942. Il continue ensuite en Sicile, afin de suivre le débarquement des troupes alliées, pour le magazine Life. Ses photos sont empreintes de souffrance et montrent le courage de la population sicilienne dans le conflit. En accompagnant les soldats américains, il prend des clichés partout, même dans les plus petits villages. En effet, la photo symbole du débarquement en Sicile, où l'on voit un soldat américain accroupi et un berger sicilien qui lui indique la route, a été prise près de Sperlinga[21].

De mars à mai 1943, il accompagne le 2e corps d'armée du général Patton et assiste notamment à la victoire d'El Guettar en Tunisie. Mais ses photographies arrivent avec plus de trois mois de retard à la rédaction de Collier's, et Capa perd son contrat[4].

En février 1943, à Londres, il entretient une relation avec l'actrice de cinéma britannique Elaine Justin, alors mariée à l'acteur John Justin. Celle-ci mettra fin à leur liaison en se remariant en 1945 avec un ami d'enfance.

Le débarquement de Normandie[modifier | modifier le code]

Le , toujours pour Life, il est le seul photographe présent lors du débarquement allié en Normandie, sur la plage d’Omaha Beach, dans le secteur désigné « Easy Red » face à Colleville-sur-Mer. Pendant une heure trente[22], sous les obus et entre les balles, il photographie la guerre au plus près, avec ses deux Contax 24x36 et un Rolleiflex 6x6[23]. Aux côtés des soldats, il prend cent dix neuf photos. Cependant, un laborantin de Life, pressé par le temps (les photos sont arrivées juste avant le bouclage), ferme dans sa hâte la porte de l’appareil de séchage. L’émulsion des pellicules fond. Finalement, il ne reste que onze photos à peu près acceptables, mais plutôt floues. Cette série de photographies est connue sous le titre de Magnificent Eleven.

Cette version est cependant remise en cause en 2014-2015[24],[22] par le critique new-yorkais A. D. Coleman et le rédacteur en chef de Life John G. Morris[25],[24],[22] qui relèvent plusieurs incohérences. Selon eux, les onze photos connues aujourd'hui sont les seules que Capa ait prises durant le débarquement et l'histoire du laborantin maladroit est une invention destinée à construire la légende d'un Capa héroïque auteur d'une centaine de clichés durant les six heures de la bataille[26],[24], alors qu'il n'y serait resté qu'entre trente minutes et une heure et demie[22].

L’une des photos les plus marquantes prises par Capa, le jour J, est celle d’un soldat allié qui, à peine sorti de sa barge de débarquement, tente par tous les moyens de rester hors de l’eau alors que le poids de son arme le gêne, à moins, ce qui est plus plausible, que le GI n'ait choisi de rester au ras de l'eau pour s'exposer le moins possible aux tirs ennemis, la plage d'Omaha, la plus meurtrière du jour J, ayant ensuite été surnommée « Omaha la sanglante » (« Bloody Omaha »). La photo, assez floue pour les raisons évoquées précédemment, mais bien cadrée, est légendée par Life, Slightly out of focus, (« Un peu floue »), titre que Capa reprendra en 1947 pour son autobiographie.

La libération de Chartres[modifier | modifier le code]

À la Libération, Capa prend des clichés de femmes tondues à Chartres et offre ainsi un témoignage sur l’épuration[27].

La libération de Paris[modifier | modifier le code]

Lors de la Libération de Paris, Leclerc avait interdit aux correspondants de guerre de suivre les troupes de la 2e DB. Robert Capa avait pu le faire grâce aux hommes de La Nueve, 9e compagnie du régiment de marche du Tchad, composée en majorité d'espagnols anti-franquistes intégrés aux troupes françaises qui le prennent sur un de leurs halftracks M3A1 baptisé Teruel du nom de la bataille entre les républicains et les nationalistes que Capa avait couverte pendant la guerre d'Espagne[28].

Le franchissement du Rhin[modifier | modifier le code]

Leipzig et Berlin[modifier | modifier le code]

Robert Capa veut couvrir la libération de Leipzig, ville natale de Gerda Taro. Convaincu que la guerre est sur le point de se terminer, il confie lors d'une interview à la radio avoir voulu photographier un dernier combattant mais celui-ci trouve la mort devant son objectif[3]. Il apprend la mort de son ami Ernest Pyle.

Le 7 septembre 1945, Capa photographie les ruines de Berlin et la célébration du nouvel an juif.

L'après-guerre[modifier | modifier le code]

Après la guerre, il a une liaison de deux années avec Ingrid Bergman, révélée bien plus tard lorsqu’elle publie son autobiographie. En décembre 1945, il la suit à Hollywood, où il travaille comme photographe de mode et photographe de plateau pour l'American International Pictures, notamment sur le film d’Alfred Hitchcock Les Enchaînés, le cinéaste britannique s'inspirant de l’idylle du couple pour écrire le scénario de Fenêtre sur cour. Leur relation prend fin à l'été 1946, Capa dans son refus de se fixer (il n'aura jamais de maison et vivra toujours à l'hôtel) s'étant rendu en Turquie[5].

Magnum[modifier | modifier le code]

En 1947, il fonde avec David Seymour, Henri Cartier-Bresson, William Vandivert et George Rodger la coopérative photographique Magnum. Magnum regroupe certainement les plus célèbres photographes et photojournalistes du monde[2].

Capa et ses amis décident de créer une coopérative et non une agence pour permettre aux photographes de garder l’intégralité des droits sur leurs photos, ce qui jusque-là n’était pas le cas dans les agences traditionnelles[7].

La collection de Magnum comprend une grande diversité de sujets comme : la famille, la drogue, la religion, la guerre, la pauvreté, la famine, le crime, le gouvernement et les célébrités[réf. souhaitée].

Il entretient à cette époque une grande amitié avec l’écrivain américain John Steinbeck. Ils partent ensemble en URSS en 1947. De ce voyage naît le livre A Russian Journal, illustré par Capa. À cette époque, il poursuit en parallèle ses activités de photographe de mode.

Israël[modifier | modifier le code]

En 1948, il assiste à la naissance de l’État d’Israël. Il développe un lien étroit avec le jeune État, où il se rend à plusieurs reprises entre 1948 et 1950. Les photos prises au cours de ces séjours font l’objet du livre Report on Israel, publié en 1950 (avec un texte d’Irwin Shaw).

Guerre d'Indochine et mort[modifier | modifier le code]

En 1954, le magazine Life a besoin d’un photographe pour couvrir la guerre d’Indochine. Se trouvant alors au Japon pour une exposition de Magnum, Robert Capa se porte volontaire. Ainsi, c’est aux côtés des troupes françaises qu’il parcourt le Viêt Nam, une partie de l'Indochine française de l'époque.

Le , au Tonkin, dans la province de Thái Bình (Nord du Viêt-Nam actuel, où se trouve la capitale Hanoï), voulant prendre une photo d'ensemble d'un groupe de soldats français, il s’écarte du chemin où progresse la troupe et met le pied sur une mine antipersonnel. Il succombe à ses blessures. À titre posthume, la France lui décernera la Croix de guerre des Théâtres d'opérations extérieurs[29],[30].

Robert Capa est enterré au cimetière d'Amawalk près de New York[31].

La valise mexicaine[modifier | modifier le code]

En , trois boites de négatifs (nommées « la valise mexicaine ») contenant quatre mille cinq cents négatifs de Robert Capa, Gerda Taro et David Seymour pris pendant la guerre civile espagnole, supposés détruits et dont la présence était soupçonnée à Mexico depuis 1995, ont été remis au Centre international de la Photographie de New York fondé par Cornell Capa (1918-2008), frère de Robert[32].

Hommages[modifier | modifier le code]

Hommages officiels[modifier | modifier le code]

La promotion 2004 de l’Institut d’études politiques de Strasbourg a reçu le nom de Robert Capa.

Capa dans la fiction[modifier | modifier le code]

La série de romans feuilletons écrite par Dan Franck et Jean Vautrin, intitulée Les Aventures de Boro, reporter photographe, s’inspire de la vie et l’œuvre de Capa. Blèmia Borowicz est un jeune Hongrois juif par son père, émigrant à Paris pour devenir photographe et choisissant Boro comme pseudonyme. Il est en Allemagne lors de la montée du Nazisme, suit de près le Front populaire en France, puis part en Espagne au moment de la guerre civile… Il connaît aussi une liaison avec une grande actrice fictive.

Le 20 janvier 2011, paraît aux Éditions Héloïse d'Ormesson, le roman de Susana Fortes, En attendant Robert Capa (paru en 2009 en Espagne et récompensé par le prix Fernando Lara). Ce roman retrace l'histoire d'amour entre Capa et Taro : débutant en 1935, année de leur rencontre, il a été traduit en douze langues.

En 2012, le groupe britannique Alt-J (∆) transcrit en musique le récit de la mort de Robert Capa en 1954 au Viêt Nam sur la chanson intitulée Taro, tirée de l'album An Awesome Wave.

En mai 2018, est publié aux Éditions du Sonneur, le roman de Pierre-François Moreau Après Gerda[33]. Le titre fait référence à la photographe Gerda Taro. Le roman se situe lors du premier voyage de Robert Capa à New York, à l'automne 1937, il a alors 23 ans. Au cours de ce séjour, Robert Capa réalise, en hommage à Gerda Taro décédée le 26 juillet 1937 près de Madrid, un livre de photos, intitulé Death in the making dont le photographe hongrois André Kertész fait la maquette. Cet album publié en février 1938 par l'éditeur Covici rassemble une sélection des reportages que le couple Capa & Taro fait ensemble, ou séparément, entre août 1936 et juillet 1937 sur la Guerre civile espagnole pour différents titres de presse. À travers la sélection de ces images, le roman plonge Robert Capa dans une instrospection sur sa relation professionnelle et sentimentale avec Gerda Taro[34].

Principaux clichés et reportages[modifier | modifier le code]

Citations[modifier | modifier le code]

  • Si vos photos ne sont pas assez bonnes, c’est que vous n’êtes pas assez près.
  • La guerre c’est comme une actrice qui vieillit : de plus en plus dangereuse et de moins en moins photogénique.
  • Pour un correspondant de guerre, louper un débarquement, c’est comme refuser un rendez-vous avec Lana Turner.
  • Aime les gens et fais leur savoir.
  • Ce n’est pas toujours facile de se tenir à l'écart de l'action et d’être incapable de faire la moindre chose sauf d’enregistrer la souffrance autour de soi.
  • Les photos sont là, et tu n'as qu’à les prendre.
  • J’espère rester au chômage en tant que photographe de guerre jusqu’à la fin de ma vie. (à la fin de la Seconde Guerre mondiale)

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liste non exhaustive de livres et articles contenant des photos de Robert Capa.

Années 1940 
  • (en) Avec Diana Forbes-Robertson, Battle of Waterloo Road, Random House, 1941.
  • (en) « Beachheads of Normandy », LIFE, 19 juin 1944, p. 25-32.
  • (en) « An Episode. Americans still Died », LIFE, 14 mai 1945, p. 40B-40C.
  • (en) Robert Capa, Slightly Out of Focus, Henry Holt, 1947.
  • (en) Avec John Steinbeck, A Russian Journal, 1948.
Années 1960 
  • Jean-Louis Swiners, « Robert Capa, photographe de guerre, homme de paix », Photo-Ciné-Revue, juin 1962, p. 180-184.
  • Robert Capa, Images de guerre, Paris, Hachette, , 175 p., broché.
Années 1980 
Années 2000 
  • Richard Whelan, Robert Capa : la Collection, Phaidon Press Ltd, (ISBN 0-7148-9420-6).
  • Benoît Eliot et Stéphane Rioland (préf. John G. Morris), Robert Capa, D-Day, Point de vues, , 72 p. (ISBN 978-2-915548-09-9).
  • Robert Capa, Juste un peu flou. Slighty Out of Focus, Delpire, 2003.
  • (en) Alex Kershaw, Blood and Champagne. The Life and Times of Robert Capa, Da Capo Press, 2002.
  • Alex Kershaw, Robert Capa, L'homme qui jouait avec la vie, J-C Lattès, 2004 (ISBN 2-7096-2232-7)
  • Jean Lacouture, Robert Capa, Photo Poche, Actes Sud, 2004 (ISBN 2-7427-5364-8)
Années 2010 
  • Bernard Lebrun, Michel Lefebvre, Bernard Matussière, Robert Capa : traces d'une légende, Éditions de la Martinière, , 263 p. (ISBN 978-2732444628).
  • (en) Julian Stallabrass, Memory of Fire: Images of War and the War of Images, Photoworks, 2013.
  • Robert Capa. 100 photos pour la liberté de la presse, Reporters sans frontières, spécial no 50, hiver 2015.
  • Robert Capa et la couleur, 2015.
  • (en) Amanda Vaill, Hotel Florida: Truth, Love, and Death in the Spanish Civil War, Picador, 2015.
  • Caroline Mallet, « Capa en couleur (Tours) », dans Réponses photo, no 286, janvier 2016, p. 94-96.

Exposition[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Alex Kershaw, Robert Capa, L'homme qui jouait avec la vie, J-C Lattès (ISBN 2-7096-2232-7)
  2. a b c d e et f Laure Beaumont-Maillet, Françoise Denoyelle, exposition « Capa, connu et inconnu » à la Bibliothèque nationale de France, 2004
  3. a b c et d (en) Alex Kershaw, Robert Capa : l'homme qui jouait avec la vie, Paris, JC Lattès, , 371 p. (ISBN 2709622327 et 9782709622325, OCLC 77364482, lire en ligne)
  4. a b c d e et f Lebrun, Bernard, 19..- ... journaliste. et Matussière, Bernard., Robert Capa : traces d'une légende, La Martinière, impr. 2011 (ISBN 9782732444628 et 2732444626, OCLC 779696824, lire en ligne)
  5. a b c et d Jean Lebrun, « Robert Capa », émission La Marche de l'Histoire sur France Inter, 15 mars 2013
  6. Fabrice d'Almeida, Images et propagande, Casterman, , p. 94
  7. a et b Pierre Barbancey, « Robert Capa. L’homme qui aimait les excès de la vie », sur L'Humanité,
  8. Brigitte Ollier, « Robert Capa prend la parole », Libération,‎ (lire en ligne)
  9. (en) Richard Whelan, Robert Capa: A Biography, University of Nebraska Press, , p. 81
  10. Notice de l'exposition Capa à la Bibliothèque Nationale de France.|[1]consultée le 31 octobre 2014
  11. Le 14 juillet 1936 – Trois jours de fêtes, le peuple, l'armée, la France.
  12. Robert Capa - Guerre et amour.
  13. Mort d’un milicien de Robert Capa.
  14. Présentation de la treizième photo de Robert Capa, collection Photo Poche aux édition Nathan (2001) (ISBN 2097541275).
  15. (ca)Famosos pillados, de José Manuel Susperregui, Espejo de Tinta, 2006 (ISBN 8496280829).
  16. a et b « La célèbre photo de Robert Capa serait un montage », Le Nouvel Observateur, 17 juillet 2009, qui fait écho au quotidien catalan El Periodico du même jour.
  17. Les deux photos exposées l'une au-dessus de l'autre par Lucien Vogel.
  18. Daniel Girardin, Christian Pirker, Controverses : une histoire juridique et éthique de la photographie, Actes Sud, , p. 100-101.
  19. Laure Beaumont-Maillet, « Robert Capa », site de la Bibliothèque de France.
  20. Couverture de Life.
  21. Sperlinga
  22. a b c et d Yasmine Youssi, « Robert Capa a-t-il paniqué durant le D-Day ? », sur telerama.fr, Télérama, (consulté le 11 août 2015).
  23. Album Robert Capa D Day, consulté le 31 octobre 2014 [PDF].
  24. a b et c Gabriel Coutagne, « Les photos du Débarquement de Robert Capa au cœur d’une polémique », sur lemonde.fr, Le Monde, (consulté le 11 août 2015).
  25. (en) Interview de Morris pour CNN
  26. (en) « Alternate History: Robert Capa on D-Day », sur nearbycafe.com, (consulté le 27 octobre 2014).
  27. Marc Nouschi, La démocratie aux États-Unis et en Europe (1918-1989), Paris, Armand Colin, (ISBN 2200250290), p. 216.
  28. Robert Capa, Slightly out of focus, p. 169-170.
  29. (en)Biographie de Robert Capa sur le site de Magnum
  30. Capa, repères chronologiques
  31. « Sur la tombe de Robert Capa », Cac'tus, {{Article}} : paramètre « date » manquant (lire en ligne)
  32. Michel Lefebvre, « Belle découverte de négatifs de Capa », Le Monde, (consulté le 28 janvier 2008).
  33. DNA, les Dernières Nouvelles d'Alsace, du 22 juillet 2018, Gerda for ever, V. Paladino
  34. "Roman passionnant à plus d'un titre", Jean-Pierre Han, Les Lettres françaises, juin 2018, supplément à L'Humanité du 21 juin 2018.
  35. a b c d e f et g Fluctuat, « Robert Capa » et œuvres majeures du photographe, [2], consulté le 4 août 2009.

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Article connexe[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]