Pierre Gassmann

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Pierre Gassmann
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Activités

Pierre Gassmann est un photographe, photojournaliste, tireur et chef d’entreprise français.né à Breslau le et mort à Paris le [1],

Ami de Robert Capa, Henri Cartier-Bresson, Willy Ronis, Robert Doisneau, il est le fondateur en 1950 de Pictorial Service (devenu Picto en 1963), un laboratoire photographique dédié aux photographes professionnels de presse, de mode et de publicité.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sa mère était une radiologue réputée de Breslau. Elle l’initie au procédé photographique dès l’âge de 13 ans et lui offre un Voïgtlandler Klapp 6x9.

Il découvre les films de René Clair que programmaient à leur sortie les cinémas de Breslau, Le Million, Sous les toits de Paris, etc.

Il change son prénom de Hans en Peter.

Il étudie à l'école Agfa de Berlin.

Paris[modifier | modifier le code]

Juif et communiste (et fiché), il décide d’émigrer et arrive à Paris — via Cologne — en 1933.

Il est équipé d’un Leica II qui vient tout juste de sortir.

Il retrouve au restaurant Le Dôme, les photographes d’Europe centrale qui ont fui comme lui la menace que représente la montée du nazisme.

Il se lie d’amitié en 1935 avec Robert Capa, amitié qui continuera jusqu’à la mort de ce dernier en Indochine en 1954.

Il rencontre sa future femme, France, repiqueuse chez De Broca. Elle habite 81, rue du faubourg Saint-Jacques. Il s’installe dans une chambre de bonne contiguë. C’est là qu’habite au deuxième étage Brassaï, auteur de Paris la nuit et photographe à Vogue. Fasciné par les solarisations photographiques de Maurice Tabard, il échange avec lui sur le sujet.

Son frère Klaus, qui vient lui rendre visite à Paris, lui apporte un cadeau de sa mère, un Leica III.

Sous l’impulsion de France, Peter reprend ses études à l’école fondée et dirigée par Gertrude Fuld, la réputée École Publiphot, 15, rue Simon-Dereure à Paris (qui, transférée en Suisse en 1939, deviendra l’École de Vevey).

Il change son prénom de Peter en Pierre.

Membre avec Robert Capa de l’AEAR, l’Association des écrivains et artistes révolutionnaires, émanation directe du Parti communiste français.

La guerre[modifier | modifier le code]

Ressortissant étranger, il est contraint de s’engager dans la Légion étrangère et est envoyé en Algérie au Kreider au sud de Saïda (au sud d’Oran). Il est nommé tireur[2] puis chef de pièce au fusil-mitrailleur MAC 24/29.

Rapatrié en France, il retrouve sa femme et son fils dans la région de Toulouse et prend le maquis.

Photographe officiel de la Résistance sous le nom de « sergent Pierre ».

Photographe de presse au congrès socialiste de Toulouse, il y retrouve Robert Capa et fait la connaissance de Jean Dieuzaide.

Pictorial Service[modifier | modifier le code]

Le , il fonde Pictorial Service, rue de la Comète qui deviendra Picto en 1963 lors de son installation rue Delambre, avec comme premiers clients l’Unesco, l’OTAN, le plan Marshall.

On y rencontrera ou on y croisera Henri Cartier-Bresson, Willy Ronis, Robert Doisneau, etc. ; les photographes de Réalités Édouard Boubat, Jean-Philippe Charbonnier , Jean-Louis Swiners ; William Klein, etc.

1955. Naturalisé français sous le nom de « Hans Johann Wolfgang Gassman, dit Pierre ».

Il prend alors quelques parts dans Magnum qui les lui offre en tant que citoyen français.

Membre des Gens d'images dès leur première Journées internationales de photo-journalisme, Boulouris, .

En 1960, il est nommé membre du jury du prix Niépce.

Activités culturelles[modifier | modifier le code]

  • 1970 : Paris Photo
  • 1981 : la Chine
  • 1981 : s’installe rue du Regard (Paris) (près de la Fnac de la rue de Rennes)
  • 1988 : Rencontres internationales d’Arles. Projection du film de Roger Pic.
  • 1991 : son fils Edy prend le titre de Président-directeur général.
  • 1997 : il se retire de l’entreprise Picto.
  • 2004 : il perd son fils Edy, victime d’un accident mortel en parapente en Afrique du Sud, et décédera lui-même la même année.

Expositions[modifier | modifier le code]

  • Claude Philip, « 60 ans d’amitié avec Pierre Gassman, par 60 photographes », Musée municipal d’Orange, .

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Pierre Gassman, « Les techniques de laboratoire », 5e Journées internationales de photojournalisme, Porquerolles, Gens d’Images, 1963.
  • Rosalind Krauss, Caroline Elissagaray, Pierre Gassmann, Maurice Tabard, photographe, Contrejour, 1987.
  • Hervé Le Goff, Pierre Gassman, la photographie à l’épreuve, Éditions France Delory, 2000.
  • Frédérique Fanchette, « Pierre Gassman tirait le meilleur de la photo », dans : Libération, .
  • Hervé Le Goff, Picto 1950-2010 : voir avec le regard de l’autre, Actes Sud, 2010.

Filmographie[modifier | modifier le code]

  • Roger Pic et Patrick Roegiers, Rue du regard : Portrait de Pierre Gassmann, Les Rencontres Internationales de la Photographie, les Films du Grain de sable, 1998.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]