Brassaï

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Brassaï
1974.07 II-04 17a Arles - Brassaï et Ansel Adams.jpg

Brassaï (chemise blanche) et à sa gauche Ansel Adams aux Rencontres internationales de la photographie d'Arles 1974.

Naissance
Décès
Nom de naissance
Gyula Halász
Nationalité
Drapeau de la Hongrie Hongrie puis Drapeau de la France France
Activités
Autres activités
Formation
Distinctions
Œuvres réputées
Paris de nuit, Graffiti, Henry Miller grandeur nature, Le Paris secret des années trente

Brassaï, pseudonyme de Gyula Halász, né le , à Brașov[1], et mort le , à Beaulieu-sur-Mer (Alpes-Maritimes), est un photographe hongrois, naturalisé français, également dessinateur, peintre, sculpteur, médailleur[2] et écrivain.

Biographie[modifier | modifier le code]

Gyula Halász naît le 9 septembre 1899 à Brassó, en Transylvanie, alors partie intégrante du royaume de Hongrie (depuis 1920 : Brașov, en Roumanie), d'un père hongrois et d'une mère arménienne. Sa famille emménage en 1903 à Paris, où ils rejoignent le père qui enseigne la littérature à la Sorbonne pour l'année 1903-1904. Jeune homme, Gyula Halász étudie la peinture et la sculpture à l'école des beaux-arts de Budapest, avant de rejoindre la cavalerie austro-hongroise pour y servir durant la Première Guerre mondiale. En 1920, il se rend à Berlin où il travaille en tant que journaliste, tout en suivant les cours de l'académie des beaux-arts Berlin-Charlottenburg.

Halász déménage en 1924 pour Paris. Seul, il apprend le français en lisant les œuvres de Marcel Proust. Installé à Montparnasse, au cœur du Paris artistique des années 1920, il se lie à Henry Miller, Léon-Paul Fargue et Jacques Prévert.

Il reprend sa carrière de journaliste. Il écrivit plus tard que la photographie l'avait aidé à saisir la nuit parisienne, la beauté des rues et des jardins, qu'il pleuve ou qu'il vente. En utilisant son lieu de naissance, Gyula Halász se forge dès 1923 le pseudonyme de Brassaï, qui signifie « de Brassó ». C'est sous ce nom qu'il s'impose comme celui qui a su capturer l'essence de la ville dans ses clichés, publiant un premier recueil en 1932, intitulé Paris de nuit, qui rencontre un grand succès et le fera même surnommer « l'œil de Paris » par Henry Miller dans l'un de ses essais.

En 1931, il immortalise le bal de la mi-Carême du parc d'attractions parisien Magic City[3]. Phare des nuits homosexuelles à Paris[4], ce bal se déroulait sur la grande piste de danse avec orchestre[5], au 1er étage du no 188, rue de l'Université[6]. En dehors de ses photos du Paris interlope et sombre, Brassaï s'est aussi intéressé à la haute société, aux intellectuels, à la danse et à l'opéra. Il photographia nombre de ses contemporains, tels Salvador Dalí, Pablo Picasso, Henri Matisse, Alberto Giacometti, et certains des écrivains majeurs de l'époque : Jean Genet, Henri Michaux.

Il est également l'auteur de photographies de mode, entre autres une série commandée par Carmel Snow, du couturier Christian Dior[7]. Une de ses photographies de la série des Graffiti sera utilisée en couverture du recueil de Jacques Prévert, Paroles, en 1946.

Ses photographies offrirent à Brassaï une célébrité internationale. En 1956, son film Tant qu'il y aura des bêtes gagne un prix à Cannes puis, en 1974, il est nommé chevalier des Arts et des Lettres, avant de recevoir, en 1976, les insignes de chevalier de la Légion d'honneur. Il gagne le premier Grand Prix national de la photographie, deux ans plus tard, à Paris.

En plus de ses œuvres photographiques, Brassaï écrivit dix-sept livres et de nombreux articles, dont Histoire de Marie, publié avec une introduction d'Henry Miller.

Il demeurait au no 16, rue du Saint-Gothard[8].

Brassaï est enterré à Paris au cimetière du Montparnasse.

Expositions[modifier | modifier le code]

Brassaï et Ansel Adams tous deux invités d'honneur des Rencontres internationales de la photographie d'Arles 1974
  • Brassaï est exposé aux Rencontres d'Arles, (France), lors des soirées de projection au Théâtre Antique, en 1970 pour Brassaï, de Jean-Marie Drot et, en 1972, pour Brassaï si, Vominino, de René Burri. Avec Ansel Adams, il est invité d'honneur des Rencontres en 1974. Une exposition et une soirée d'hommage lui sont consacrées.
  • En 2000, une grande rétrospective de 450 de ses œuvres est présentée au Centre Georges-Pompidou, grâce au concours de sa veuve, Gilberte. Une seconde rétrospective s'est tenue au Centre Georges-Pompidou, sur Graffiti, entre le 9 Novembre 2016 et le 30 Janvier 2017.
  • Jusqu’au 29 mars 2014, l’hôtel de ville de Paris lui consacre la grande exposition Brassaï, pour l’amour de Paris[9].

Œuvres dans les collections publiques[modifier | modifier le code]

En France
En Hongrie

Publications[modifier | modifier le code]

Ouvrages de Brassaï[modifier | modifier le code]

  • Paris de nuit (1932).
  • Marcel Proust sous l'emprise de la photographie.
  • Henry Miller grandeur nature.
  • Henry Miller rocher heureux.
  • Conversations avec Picasso.
  • Histoire de Marie.
  • Paroles en l'Air.
  • Séville en fête, avec Dominique Aubier, préface Henry de Montherlant, Robert Delpire, Paris, 1954.
  • Graffiti En 1960, Brassaï publie ce livre, fruit de trente ans de recherches, régulièrement réédité, qui propose le graffiti comme une forme d'art brut, primitif, éphémère. Picasso y participe. C'est sans doute la première fois que l'on évoque le graffiti comme un art.
  • Le Paris secret des années 1930.
  • Voyage aux États-Unis.
  • Transmutations (1967), comprenant 12 gravures sur émulsion de bromure d'argent (17,8 × 23,8 cm), 100 exemplaires.
  • Paris Tendresse (1990), album de photographies prises à Paris dans les années 1930-1940, avec un texte de Patrick Modiano.

Ouvrages contenant des photographies de Brassaï[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. En hongrois Brassó, ville alors austro-hongroise, et rattachée depuis à la Roumanie.
  2. « In memoriam René Brassaï », Le club français de la médaille, no 85,‎ deuxième semestre 1984, p. 101
  3. Agence photographique de la RMN.
  4. Paris dans les années 1930, sur hexagonegay.com.
  5. Paris dans les années 1920, sur hexagonegay.com.
  6. L'encyclopédie du Tango - Magic City, sur bibletango.com.
  7. Musée Christian-Dior Granville, Florence Müller et al., Dior, le bal des artistes, Versailles, ArtLys, , 111 p. (ISBN 978-2854954418), p. 89, « Brassaï […] Carmel Snow lui commanda des portraits du couturier photographié dans son appartement du 10, rue Royale. »
  8. Collectif, Étrangers célèbres et anonymes du 14e arrondissement, mairie du 14e arrondissement, octobre 2011, p. 8.
  9. « Brassaï, un artiste complet avec un amour violent pour Paris », RFI, 28 novembre 2013.
  10. « Brassaï », sur fracbretagne.fr.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Brassaï. Sculptures, tapisseries, dessins, catalogue de l'exposition galerie Verrière, Paris [22 mars-24 avril 1972], Lyon [mars 1973].
  • Brassaï. Notes et propos sur la photographie, exposition du musée national d'art moderne-Centre de création industrielle, présentée au Centre Pompidou (Paris), 19 avril au 26 juin 2000 (ISBN 2-84426-044-6).
  • Annick Lionel-Marie, Alain Sayag, Brasaï, catalogue d'exposition, Editions du Centre Pompidou, Seuil, Paris 2000
  • Agnès de Gouvion Saint-Cyr, Brassaï en Amérique, Flammarion, coll. « Photographies », 2011, 168 p. (ISBN 978-2081254329).
  • Serge Sanchez, Brassaï. Le promeneur de nuit, Éditions Grasset, coll. « Littérature Française », 2010, 416 p. (ISBN 978-2246728412) ; Éditions France-Loisirs, 2012.
  • Sylvie Aubenas, Quentin Bajac, Brassaï. Le flâneur nocturne, Gallimard, Paris 2012
  • Karolina Ziebinska-Lewandowska, Brassaï - Graffiti. Le langage du mur, Editions du Centre Pompidou/Editions Xavier Barral, Paris 2016.

Documents sonores[modifier | modifier le code]

  • Entretien radiophonique avec Brassaï par Roger Grenier (1964), 2 CD (entretiens 1 et 2, et entretiens 3 et 4) ; édité par l'INA, collection « À voix nue », 1986.

Liens externes[modifier | modifier le code]