Halftracks américains de la Seconde Guerre mondiale

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M3 Half Track

L’autochenille blindée - Half-track en anglais - fut le premier véhicule de transport de troupes de l'US Army à être employé opérationnellement. Il fut construit et utilisé intensivement durant la Seconde Guerre mondiale et continua sa carrière bien au-delà au Proche-Orient notamment où il fut utilisé sous de nombreuses versions en Israël ou au Liban (ALS). Certaines versions sont d'ailleurs encore utilisées aujourd'hui comme le Tsefa. Sa version antiaérienne, le M 16, termine quant à lui sa carrière opérationnelle au milieu des années 1980. Au total, 70 variantes représentant 41 000 véhicules sortirent des usines de Diamond T, White et Autocar. Le concept lui-même est abandonné à la fin de la 2ème Guerre mondiale au profit d'engins de reconnaissance, tracteurs ou transport de troupes entièrement chenillés ou à roue. Il n'a pas de suite à proprement parler bien que certains matériels soviétiques comme le BTR 152 aient un air de famille indéniable.

Origines et développement[modifier | modifier le code]

Le concept commence à être envisagé dès la fin de la 1ère Guerre mondiale par le Quartermaster Corps de l'US Army qui fait développer un certain nombre de projet ou l'étudie à partir de matériel déjà existant. Les services techniques de l'United States Army testent l'autochenille Citroen-Kégresse P17, dont les essais sont convaincants. Le modèle P17 n'est pas directement adopté en raison de la faiblesse de sa motorisation.

La firme James Cunningham Son & Co achète la licence Kégresse et conçoit le Half Track Car T1 en 1932[1]. Plusieurs étapes suivent ce développement avant d'arriver aux premiers modèles de série.

Après les modifications demandées, le T1E1 est produit par le Rock Island Arsenal et prend le nom d'Half-Track Car M1. Suivent le T1E2 et le T1E3 qui servent de ban d'essai à un nouveau train de roulement chenillé.

Parallèlement, en 1933, la firme GMC développe à la demande de l'US Army, un camion de 2,5 tonnes semi-chenillé qui possède un train arrière Cunningham et qui est dénommé Half-Track Truck T1. Le projet est un échec. De même, Ford construit un Half-Track Truck T2 sans suite et Linn un Half-Track Truck T3 de grand gabarit capable de transporter un char toujours sans suite. La firme GMC propose alors un T5 qui se rapproche du modèle désiré par l'US Army et qui est produit à vingt-quatre exemplaires.

En 1935, une version T5E1 est construite pour tracter l'obusier de 155mm M1 suivie par une version T5E2. L'idée est de créer une artillerie capable de suivre les nouvelles divisions blindées. Le T5 valide le concept de chenille souple en caoutchouc armé qui sera désormais caractéristique des Half-Tracks.

Le Half-Track T6 est développé par Linn à partir du T3 mais sa lenteur fait qu'il n'aura pas de suite. Il est alors modifié sous l'appellation T8 sans résultat.

Le Half-Track T7 est construit comme tracteur d'artillerie moyen, sans suite non plus.

En 1936, le Half-Track T9 de Marmon-Herrington, conçu en tant que tracteur d'artillerie, effectue une véritable percée en matière d'engin semi-chenillé car il propose une boite de transfert sur le train avant et un mouvement coordonné entre le train avant et le train arrière pour obtenir une cinétique totale. De plus, il reçoit un rouleau de franchissement à l'avant qui est caractéristique des premiers modèles de half-track. Il est construit en deux exemplaires sous le nom de Half-Track Truck M2. Deux variantes T9E1 et T9E2 sont essayées mais le T9 reste la base de recherches ultérieures notamment grâce à son train chenillé désormais bien rodé.

En 1938, l'armée recherche un véhicule qui permette d'intégrer les troupes de soutien dans les unités blindées. Un hybride appelé Scout-Car M3 puis Half-Track Personnel Carrier T7 fait d'un scout-car M2A1 à l'avant et l'ensemble chenillé du T9 à l'arrière est présenté par la firme White.

Fin 1939, le temps presse et l'US Army émet alors un cahier des charges auquel la firme White répond par une évolution du T7, le T14 qu'elle présente fin mai 1940 à Aberdeen Proving Ground. Le 28 septembre 1940, les essais sont terminés et le rapport est rendu. Après avoir corrigé certains détails, la firme White doit proposer trois modèles de Half-Track, un modèle qui doit servir à la fois de tracteur d'artillerie pour l'obusier de 105 M2 et de véhicule de reconnaissance avec 10 hommes à son bord (Half-Track Car M2), un modèle qui doit servir de transport de troupe avec 13 hommes (Half-Track Personnel Carrier T3 puis M3) et un modèle d'appui avec un mortier de 81mm et son équipe de pièce (Half-Track Mortar M4). Trois entreprises se partagent la production, Autocar Company, Diamond-T Motor Car Company et White Motor Company. Un Half-Track Engineering Committee est créé pour assurer la standardisation et l'interopérabilité des pièces et de la production.

Modèles[modifier | modifier le code]

Versions transport de troupes[modifier | modifier le code]

M2 Half Track Car[modifier | modifier le code]

Article détaillé : M2 Half Track Car.

Le M2 est initialement conçu pour être utilisé comme un tracteur d'artillerie, mais il sert aussi dans des unités de reconnaissance.

M3 Half Track[modifier | modifier le code]

Article détaillé : M3 Half-track.
Half-track M3

Conçu par le constructeur Diamond T comme le Half-track M2, il pouvait transporter jusqu'à 10 combattants. Mis en œuvre par un équipage de 3 hommes, il disposait d'un moteur essence, d'une boîte de vitesses à 4 rapports et d'un treuil avant de 4,5 t. L'épaisseur de son blindage variait entre 6,3 et 12,7 mm. La version M3A1 disposait d'une mitrailleuse lourde placée à l'avant du véhicule.

M5 et M9 Half Track[modifier | modifier le code]

Versions armées[modifier | modifier le code]

Véhicules antiaériens[modifier | modifier le code]

T48 et M3 Half-track Gun Motor Carriage[modifier | modifier le code]
Articles détaillés : T48 GMC et M3 GMC.
M15 Combination Gun Motor Carriage[modifier | modifier le code]
Article détaillé : M15 CGMC.

La recherche d'un canon antiaérien mobile pour la protection des troupes mécanisées et des colonnes de ravitaillement lança le développement de plusieurs projets, l'un débouchant sur la création du M16 MGMC et l'autre sur le M15. Pour ce dernier il s'agissait alors d'associer au châssis du M2 Half Track le canon antiaérien de 37 mm. Mais à l'automne 1942, l'U.S. Navy, alors chargée de l'étude sur l'artillerie antiaérienne, abandonne le projet car elle était plus séduite par l'utilisation de mitrailleuses. Néanmoins, quelques mois avant la débarquement en Afrique du Nord, elle relance l'étude de ce projet pour ses propres intérêts.

Le T30 HMC quant à lui est né de l'association de la caisse d'un Halftrack M3 et d'un obusier M1A1 de 75 mm. C'est à la fin de l'année 1941 que l'Ordnance Department commanda le développement d'un obusier automoteur sur le modèle allemand. Cela ne devait alors être qu'une solution temporaire en attendant l'arrivée de véhicules sur châssis de blindé.

M13 et M16 Multiple Gun Motor Carriage[modifier | modifier le code]
Articles détaillés : M13 MGMC et M16 MGMC.

Pour le M16, voir sur Wikipedia en anglais M16 Multiple Gun Motor Carriage

Canons automoteurs[modifier | modifier le code]

T19 et T30 Half Track Howitzer Motor Carriage[modifier | modifier le code]
Articles détaillés : T19 HMC et T30 HMC.

Le T19 HMC était un obusier M2A1 de 105 mm monté sur un châssis de M3 Half Track. Il a vu le jour pendant la Seconde Guerre mondiale dans les rangs de l'United States Army et a été produit en 324 exemplaires par Diamond T entre janvier 1942 et avril 1942. Il servit principalement durant la campagne d'Afrique du Nord, lors de l'Opération Husky et au cours de la campagne d'Italie, et plus tard lors du débarquement de Provence en 1944.

M4 et M21 Half-track Mortar Carrier[modifier | modifier le code]
Articles détaillés : M4 MC et M21 MMC.

Utilisation[modifier | modifier le code]

Utilisation militaire pendant la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Utilisation militaire après la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

France[modifier | modifier le code]

Half-track de la gendarmerie mobile française à Satory

Servi durant la guerre d'Indochine et la guerre d'Algérie dans toutes les versions au sein de l'armée de terre et de la gendarmerie. La gendarmerie mobile utilisera le half-track jusqu'au milieu des années 1970 avant de le remplacer par le VBRG.

Les M16 et M5 avec affuts quadruples Maxon de 12,7 sont employés par l'artillerie française jusqu'au début des années 1980 comme engins de lutte antiaérienne rapprochée. Ils sont notamment utilisés pour la protection des poste de commandement de Corps d'armée et pour la protection des convois nucléaires transportant des missiles Pluton à raison de deux par Section de Transport Nucléaire. Ils sont remplacés par des canons de 40 Bofors ou des canons de 20 mm antiaériens.

Une histoire humoristique qui circulait dans l'artillerie au début des années 80 raconte qu'un jour, alors qu'un régiment d'artillerie des FFSA était en échange avec une unité US, un officier américain se serait exclamé à la vue des M16 : "C'est vraiment sympa d'avoir amené vos cibles....!"

Belgique[modifier | modifier le code]

A servi dans la gendarmerie belge (peinture bleu foncé).

Israël[modifier | modifier le code]

Half-track M17 lors de la guerre de Corée

Utilisation civile après la Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. SAE Journal, vol. 33, Society of Automotive Engineers, 1934, p. 34 et 36 ; Hunnicutt 2001, p. 11-12 ; Bishop 2002 ; Honegger 2006 : p. 15

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Jean-Michel Boniface, Scout-cars & half-tracks, Editions Presse Audiovisuel, 1989, 287 pages
  • Les Half-tracks antiaériens US, Militaria N° 47, juillet 1989
  • Thomas Berndt, American Tanks of WWII, MBI Publishing Company, 1994, p.25 à 44
  • Les Half-tracks, Militaria N° 137, décembre 1996
  • Les Half-tracks de DCA, Militaria N° 158, septembre 1998
  • Half-track (le) - 1. genèse et développement, Charge Utile N° 88, avril 2000
  • Half-track (le) - 2. versions armées et protos, Charge Utile N° 89, mai 2000
  • Half-track (le) - 3. dans l'armée française, Charge Utile N° 90, juin 2000
  • Hunnicutt 2001 : R.P. Hunnicutt, Half-track: A History of American Semi-tracked Vehicles, Presido Press, 2001.
  • Bishop 2002 : Chris Bishop, The Encyclopedia of Weapons of World War II, Sterling Publishing Company, Inc., 2002, American halftracks, p. 81
  • Stephen Bull, Encyclopedia of Military Technology and Innovation, Greenwood Publishing Group, 2004, p. 118
  • Honegger 2006 : Pascal Honegger, General information about Citroën Kegresse cars, KRYBEBÅNDS-SOCIETETET, novembre 2006, 33 p. (PDF) - À télécharger sur Kegresse.Dk [1]
  • Jean-Michel Boniface, MILITAIRES. Half-Tracks au Moyen-Orient, Charge Utile 206, Février 2010, p. 60-67
  • Patrick Sarrazin, Les Half-Tracks Mortar Motor Carriage, Tank & Military Vehicles, Juin 2012, p. 42-49
  • Gordon L Rottman, World War II US Armored Infantry Tactics, Osprey Publishing, 2012, 64 pages
  • Steven Zaloga, M3 Infantry Half-Track 1940-73, Osprey Publishing, 2013, 48 pages
  • Steven Zaloga, US Armored Divisions: The European Theater of Operations, 1944-45, Osprey Publishing, 2013, 96 pages
  • Mike Green, American Tanks & AFVs of World War II, Osprey Publishing, 2014, 376 pages

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

Liens externes[modifier | modifier le code]

Vidéo[modifier | modifier le code]

  • ASSOCIATION DE SAUVEGARDE DU PATRIMOINE HISTORIQUE MILITAIRE - Half-Track M3 - [8]
  • ASSOCIATION DE SAUVEGARDE DU PATRIMOINE HISTORIQUE MILITAIRE - Half-Track M16 - [9]