Gerda Taro

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Gerda Taro
Gerda Taro-Anonymous.jpg

Gerda Taro en juillet 1937.

Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 26 ans)
EscurialVoir et modifier les données sur Wikidata
Sépulture
Nom de naissance
Gerta PohorylleVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activités
Concubin

Gerta Pohorylle, dite Gerda Taro, née le à Stuttgart, Allemagne, morte le à l'Escurial en Espagne, est une photographe allemande connue notamment pour ses reportages sur la Guerre d'Espagne.

Ses convictions politiques antifascistes allaient de pair avec son engagement artistique.

Biographie[modifier | modifier le code]

Fille d'une famille modeste de commerçants juifs immigrés de Galicie, elle bénéficie d'une éducation bourgeoise et artistique. Sa famille, endettée, déménage à Leipzig vers 1930.

Elle y fait la connaissance d'un étudiant en médecine, Georg Kuritzke, qui lui confirme ses intuitions révolutionnaires. L'arrivée d'Hitler au pouvoir et la répression contre les opposants et les juifs la contraignent à l'exil. Elle s'installe à Paris fin 1933 avec son amie Ruth Cerf. En ces temps où la France souffre de la Grande Dépression économique mondiale, Gerda ne trouve que des travaux occasionnels de secrétaire, et passe une partie importante de sa vie dans les cafés du quartier du Montparnasse, notamment Le Dôme, où bon nombre d'artistes et d'intellectuels viennent manger et se réchauffer.

Elle y anime le groupe Leipziger Kreis avec Trudel Frank-Fromm, Ruth Cerf et Willi Chardack, groupe qui se réunit au Café Capoulade sur le boulevard Saint-Michel, auquel participent les membres du S.A.P en exil (dont Willy Brandt).

Elle travaille ensuite comme assistante à l'agence Alliance-Photo créée par Maria Eisner, Pierre Verger et Pierre Boucher et fait la connaissance du photographe d'origine hongroise Endre Ernő Friedmann, avec qui elle a une liaison, et travaille.

Woman training for a Republican militia, Gerda Taro, photo prise sur une plage de Barcelone, août 1936.

Leur carrière ne décolle pas vraiment jusqu'au subterfuge qui lance celle de Friedmann. En effet, elle invente pour lui le personnage du « photographe américain » et lui donne le pseudonyme de Robert Capa. Pour elle, elle choisit celui de Gerda Taro. Gerda fait avec talent la promotion des clichés de son compagnon auprès des journaux.

Sa première carte de presse date du , délivrée par A.B.C.-Press-Service, une agence de photo d'Amsterdam.

Dès le début de la guerre d'Espagne, Taro et Capa suivent les combats des Brigades internationales aux côtés des combattants républicains. Alors qu'ils signent leurs photos de leurs deux noms, Capa y gagne une reconnaissance mondiale tandis que son travail à elle reste dans son ombre. Elle décide de le quitter pour couvrir le bombardement de Valence et de vendre son travail sous son propre nom[1].

Lors des violents combats autour de Madrid, elle est écrasée par un char républicain près de Brunete, et meurt, le lendemain 26 juillet 1937, à l'hôpital de l'Escurial où des amis, le poète Rafael Alberti et son épouse, vont reconnaître le corps.

« Notre reporter photographe Gerda Taro a été tuée près de Brunete où elle avait assisté à la bataille. Un tank républicain tamponna la voiture sur le marchepied de laquelle elle était montée pour quitter le village tombé aux mains des insurgés. »

— Notice nécrologique dans la revue Ce soir

Elle est la première femme[2] reporter photographe tuée dans l'exercice de ses fonctions[3].

Son enterrement au cimetière du Père-Lachaise, le , en présence de milliers de personnes, devient une manifestation antifasciste. Son éloge funèbre est prononcé par Pablo Neruda et Louis Aragon[4]. Sa tombe située près du mur des Fédérés, division 97 du cimetière, est dessinée par le sculpteur Alberto Giacometti à la demande d'Aragon : il l'orne d'une simple vasque et d'un oiseau mythologique, le faucon Horus, symbole de lumière et de résurrection[5].

En 1938, Robert Capa publie en sa mémoire Death in the Making, rassemblant des photos réalisées en commun.

En 2007, une valise contenant une centaine de négatifs, retrouvée à Mexico, permet de considérer sous un nouvel angle l'importance du travail de Gerda et sa relation avec Capa. En effet, certaines épreuves attribuées à Capa seraient en fait l'œuvre de Taro[1].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a et b Ruth Styles 2013, p. 1
  2. Laurent Gervereau, Histoire du visuel au XXe siècle, Seuil, , p. 154
  3. « Leur amie Gerda Taro, cinéaste et photographe, épouse de Robert Capa, périt, elle, […], sur le front de Brunete. Le troisième voyage espagnol de [Paul] Nizan, cette année-là, fut pour ramener en France le corps de Gerda [Taro]. »Pascal Ory, Nizan destin d’un révolté, édition Complexe, Bruxelles, 2005 (ISBN 2-8048-0029-6), p. 151.
  4. Irme Schaber, Richard Whelan, Kristen Lubben, Gerda Taro=, International Center of Photography, , p. 31.
  5. Paul Bauer, Deux siècles d'histoire au Père Lachaise, Mémoire et Documents, (ISBN 978-2914611480), p. 740

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Irme Schaber, Gerda Taro. Une photographe révolutionnaire dans la guerre d’Espagne, Monaco, Éditions du Rocher, coll. « Anatolia », 2006 (ISBN 2-268-05727-5) ; titre original (de) Gerda Taro Fotoreporterin im spanischen Bürgerkrieg
  • François Maspero, L’Ombre d’une photographe, Gerda Taro, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Fiction et Cie », 2006 (ISBN 2-02-085817-7)
  • En attendant Robert Capa, Susana Fortes  éd. Editorial Planeta
  • (en) Ruth Styles, « Dramatic story of 1930s pioneer Gerda Taro, the first female photographer to die in battle, brought to life in new book », daily mail,‎ (lire en ligne)

Documentaire[modifier | modifier le code]

Musique[modifier | modifier le code]

En 2012, le groupe anglais Alt-J sort une chanson intitulée Taro. Elle raconte la mort du photographe Robert Capa, mari de Gerda Taro, tué par une mine durant la guerre d'Indochine.

Liens externes[modifier | modifier le code]