Religion en Italie

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Religions en Italie (2018)[1]:

Le christianisme, en particulier le catholicisme, est largement majoritaire en Italie avec environ 83,3 % de fidèles, dont environ 25 % de catholiques pratiquants[2]. Le statut officiel est celui d'un concordat entre l'Église et l'État (accords de Villa Madama du ). Le protestantisme italien représente environ 450 000 personnes soit 0,73% de la population, dont les deux tiers sont pentecôtistes[3],[4].

On remarque aussi la présence d'un nombre significatif de Témoins de Jéhovah (environ 425 000 personnes)[5].

D'après une étude réalisée en 2012, l'appartenance religieuse de la population est la suivante[6]:

Religion Part
Chrétiens 83,3 %
Sans religion 12,4 %
Islam 3,7 %
Autre religion 0,6 %

Histoire[modifier | modifier le code]

Des populations plus anciennes (Italiques, Ligures) et des peuples de la mer (dont les Tyrrhéniens et les Étrusques, Ombriens, Osques), et des autres peuples de la protohistoire de la Péninsule italique), il reste trop peu d'informations sur leurs convictions religieuses pour les reconstruire à partir de leurs traces dans la civilisation romaine : culture villanovienne, religion étrusque, divination étrusque, apports des Étrusques aux Romains.

Antiquité[modifier | modifier le code]

La religion de la Rome antique classique est assez bien connue. La mythologie romaine est la référence de nombreuses réalisations artistiques (littérature, sculpture, peinture, arts appliqués), surtout enrichie par les apports de la mythologie grecque : mythologie gréco-romaine, d'abord enrichie par les apports de la Grande-Grèce et des peuples italiotes, mythologie grecque dans l'art et la culture, mythologie romaine dans l'art et la culture.

La religio traditionnelle romaine est fondée sur de grands cultes publics. La pietas est le respect scrupuleux des rites. Le polythéisme des Romains est relativement tolérant. Les Romains s'estiment les plus pieux des humains et pour cela ils sont aidés par les dieux. Donc, ils invitent également les dieux des adversaires vaincus à venir à Rome pour être bien honorés. Par cette 'evocatio, les dieux des vaincus quittent ces derniers qui sont encore moins bien protégés et aidés. Vis-à-vis des cultes étrangers, les Romains se montrent assez tolérants, et de façon générale toutes les autres religions sont tolérées (voir religio licita).

Le panthéon romain s'enrichit de nouveaux dieux et se nourrit de différentes influences religieuses : Esculape, Cybèle, Attis, Isis, Apis, Mithra, Dercéto (Atargatis), Sarapis, Hermanubis, Sol invictus... Les rites clandestins sont suspects aux yeux des romains : le scandale des Bacchanales (-186) entraîne répression et contrôle accru ces cérémonies, le druidisme est interdit au 1er siècle.

Lares et Pénates relèvent de cultes privés, à peu près libres (jusqu'au 3e siècle où les Pénates deviennent publics).

Judaïsme[modifier | modifier le code]

La diaspora juive est une réalité historique ancienne. L’exil à Babylone désigne la déportation à Babylone des Juifs de Jérusalem et du royaume de Juda sous Nabuchodonosor II, suite au siège de Jérusalem (587/586 av. J.-C.) (déjà amorcé en -597).

La première diaspora en Occident date de la prise de Jérusalem par Pompée en , suivi par l'envoi en esclavage de nombreux prisonniers à Rome[7]. La seconde diaspora en Occident suit les guerres judéo-romaines (66-117) et surtout la guerre menée en Judée par Flaviens Vitellius Titus, et qui joue un rôle important dans la dispersion juive. De nombreux captifs sont emmenés à Rome comme en témoigne la description du triomphe de Titus par Flavius Josèphe. Voir Flavius Josèphe, « La guerre des Juifs, chapitre VII, 132 ». L'événement capital pour le judaïsme est la destruction du Temple qui transfère de facto l'autorité religieuse des grands-prêtres du Temple aux rabbins. Certains Juifs sont vendus comme esclaves et déplacés, d'autres rejoignent les diasporas existantes, pendant que d'autres commencent à travailler sur le Talmud. Ces derniers sont alors généralement acceptés au sein de l'empire romain : histoire des Juifs en Italie, histoire des Juifs en Sicile, Histoire des Juifs en Sardaigne (en), expulsion des Juifs de Sicile (en).

Ultérieurement, le judaïsme est toléré quoique étrange et peu apprécié de l'esprit romain. Mais avec la montée du christianisme, de nouvelles restrictions apparaissent.

Parmi les 20 à 25 communautés juives : Histoire des Juifs à Ancône, Histoire des Juifs à Modène, Histoire des Juifs à Florence, Histoire des Juifs à Gênes, Communauté juive de Tivoli, mais aussi Asti, Florence, Livourne, Mantoue, Naples, Trieste, Turin, Venise...

15e-19e siècles[modifier | modifier le code]

20e siècle[modifier | modifier le code]

21e siècle[modifier | modifier le code]

Christianisme[modifier | modifier le code]

L'histoire du christianisme est bien renseignée, et se confond partiellement à cette époque avec l'histoire des Juifs dans l'Empire romain (en).

Durant l'âge apostolique, la Judée est une province de l'espace romain, et l'expansion du christianisme s'effectue (d'abord) dans le cadre de l'Empire romain, par voies terrestre et maritime. Les premières communautés chrétiennes apparaissent au 1er siècle dans la diaspora juive, en particulier dans les grandes villes de Rome, Éphèse, Antioche, Alexandrie. Au début du 21e siècle, la question de la différenciation entre judaïsme et christianisme lors des premiers siècles de l'ère commune constitue un sujet débattu, qui remet en perspective les anciens paradigmes par trop polarisés[8] : racines juives du christianisme.

Dans la société romaine, les chrétiens ne sont d'abord pas distingués des juifs. Le christianisme, considéré comme une « secte juive » (Le Talmud en compterait 70), n'est pas incompatible avec la culture romaine. Les chrétiens disposent de plus d'un espace intermédiaire entre vivre leur foi clandestinement et l'exposer publiquement : la pratique familiale et domestique du culte dans les « domus ecclesiae » (églises de maison) est largement tolérée. Les catacombes servent plutôt de lieu de sépulture.

Le christianisme, commerçant, portuaire, urbain, se développe ensuite dès le 2e siècle dans tout l'Empire romain, mais aussi en Perse et en Éthiopie. En font foi l'art paléochrétien et particulièrement l'architecture paléochrétienne.

Le christianisme dans le monde romain, jusqu’au début du 4e siècle, connaît des alternances de paix, notamment sous le règne de Gallien, et de persécution, en particulier sous le règne de Dioclétien.

La persécution des chrétiens dans la Rome antique est politique plus que doctrinale : on réprime le refus public d'adhérer à la cité et à son culte car ce « scandale » entraîne des troubles locaux. Et le témoignage du martyr est gage de légitimité, ce dont témoignent culte des martyrs (aux jardins du Vatican entre autres), vénération des saints, martyrologes et ménologes, depuis les premiers martyrs de l'Église de Rome (64-68).

L'édit de Milan (313) accorde la liberté de culte à toutes les religions, permet aux chrétiens de ne plus devoir vénérer l’empereur comme un dieu, et instaure la Paix de l'Église

Enfin, après l'édit de Thessalonique (380), sous l’influence d’Ambroise, évêque de Milan, Théodose publie le 8 novembre 392 l'Édit de Constantinople qui interdit tous les cultes païens (fréquentation des temples et sanctuaires, sacrifices, adoration des statues, lampes votives, dendrolâtrie) à tout l'Empire et impose définitivement le catholicisme : le christianisme est désormais passé du statut de secte minoritaire, ne touchant même pas 5 % de la population au début du 4e siècle, à celui de religion d'État[9].

Le christianisme, en devenant la religion de l’Empire romain au IVe siècle, sert à justifier un ordre politique autoritaire qui s’exerce au nom de Dieu. Il permet aussi, aux yeux des empereurs d’assurer la cohésion de l’Empire. Il devient un élément essentiel de la civilisation de l’Antiquité tardive. La conséquence en est l’exclusion de toutes les autres convictions religieuses. Les non-chrétiens sont désormais désolidarisés de l’idéal romain[10].

Pour l’Église d’Occident, romanité et christianisme sont tellement indissociables que les évêques trouvent normal de défendre l’Empire face aux barbares[11]. Cela entérine le déclin du polythéisme gréco-romain (en), les débuts d'un nouvel art chrétien (devenant ensuite art byzantin, hors d'Italie).

Catholicisme[modifier | modifier le code]

Le christianisme primitif est riche de différends théologiques qui provoquent l'apparition de plusieurs traditions chrétiennes (avec conciles, hérésies, schismes) : Grande Mission, Grande Église, succession apostolique, dépôt de la foi, tradition, dogmes chrétiens, théologie catholique, magistère de l'Église catholique, collège épiscopal... Et, de ce christianisme des premiers siècles, le catholicisme émerge, particulièrement à Rome.

L'Église catholique, ou Église catholique, apostolique et romaine, une des plus vieilles institutions religieuses au monde, acquiert progressivement sa suprématie. La primauté pontificale résulte d'une lente centralisation autour du diocèse de Rome et de son évêque, assez vite pape, souverain pontife, patriarche d'Occident, et le "siège apostolique" Saint-Siège, avec prérogatives temporelles et spirituelles.

L'Église catholique sur terre se conçoit comme une communion d'églises particulières. Celles-ci sont chacune pleinement l'Église catholique dans la mesure où elles sont en communion avec le pape, qui est l'évêque de Rome et considéré comme le successeur de saint Pierre, et en communion les unes avec les autres. L'Église latine comprend la majorité des catholique (> 98%), mais l'Église catholique comprend également 23 Églises catholiques orientales qui sont en pleine communion avec le pape. L'Église catholique est centralisée au Vatican, mais ses synodes, ses assemblées d'évêques, ses diocèses et ses paroisses locales assurent la gestion et la vie de l'Église sur tous les continents.

Au cours des siècles suivants (6e-7e siècles), à la suite de la chute de l'Empire d'Occident, le siège de Rome devient de plus en plus politiquement autonome et influent, notamment en Occident, alors considéré comme le territoire spécifiquement « patriarcal » du pontife romain. Dans le marasme général (peste à Rome, débordements catastrophiques du Tibre, invasions des Lombards), le pape Grégoire le Grand (590-604) est amené à organiser matériellement, à tous les niveaux, les besoins de la population romaine.

Cette puissance relative de la papauté (hiérarchie dans l'Église catholique) a sa part dans certaine instabilité en Italie et à Rome, ce dont témoignent les différents pillages de Rome : sac de Rome (410) par les Wisigoths, sac de Rome (455) par les Vandales, siège de Rome (537-538) puis siège de Rome (545-546) et siège de Rome (549-550) par les Ostrogoths, sac de Rome (846) par les Sarrazins, sac de Rome (1084) par les Normands.

Parmi les faits marquants du second millénaire du christianisme catholique ( internationaux, en Italie et hors d'Italie) :

Catholicisme récent en Italie[modifier | modifier le code]

Les États pontificaux (754-1870), patrimoine de saint Pierre sont abolis à la prise de Rome, le 20 septembre 1870, par les troupes piémontaises et les chemises rouges de Giuseppe Garibaldi : réunification italienne (Risorgimento), réunion à l'Italie (Royaume d'Italie (1861-1946)), question romaine...

Par les accords du Latran (1929), leur continuité est relativement assurée dans l'actuel Vatican (État de la Cité du Vatican) et les propriétés du Saint-Siège en Italie.

La dernière centaine d'années est également riche d'activités et d'événements en liaison avec les pouvoirs temporels et spirituels de la papauté :

Enfin, le christianisme catholique, en Italie et hors d'Italie, comme les autres tendances chrétiennes, et les autres religions, a sa part d'économie de la religion, de tourisme religieux, de marché des pèlerinages, d'objets religieux (médailles religieuses, cierges, images pieuses).

Orthodoxie[modifier | modifier le code]

L'activité diplomatique de la papauté exige vite des représentations permanentes des différentes églises.

Protestantisme[modifier | modifier le code]

La réforme protestante est la réponse relativement organisée aux désordres, injustices, abus (culte marial, processions religieuses, trafic des indulgences, vénération et trafic des reliques), dont est jugée responsable la direction de l'Église catholique : ni infaillibilité de l'Église, ni infaillibilité pontificale (1870). L'inerrance biblique est même parfois suspectée.

Courants chrétiens minoritaires[modifier | modifier le code]

La plupart des formes minoritaires de christianisme sont également présents en Italie :

Islam[modifier | modifier le code]

Histoire de l'islam en Italie[modifier | modifier le code]

L'histoire de l'islam dans l'Italie médiévale (it) est violente surtout aux (7e-9e siècles) :

20e siècle[modifier | modifier le code]

L'Empire colonial italien (1882-1960) concerne surtout, dans le monde (partiellement) arabo-musulman, les expériences suivantes :

21e siècle[modifier | modifier le code]

L'Islam d'Italie s'organise :

Les évolutions de l'Islam contemporain, en Italie, suscitent des adhésions et des soutiens, mais aussi des dénigrements et des comportements violents, dont de l'anti-islamisme, de l'islamophobie, etc. (Voir Oriana Fallaci).

Selon les dernières statistiques officielles, les musulmans représenteraient un tiers des 2 400 000 étrangers vivant en Italie, sans compter les 820 000 étrangers de culture musulmane, et les 100 000 à 150 000 immigrants illégaux (et/ou migrants).

Autres spiritualités traditionnelles[modifier | modifier le code]

Ésotérisme[modifier | modifier le code]

Le Centre pour l'étude des nouvelles religions estime en 2017 une présence chiffrable de ces courants en Italie :

Néopaganisme[modifier | modifier le code]

Repères 2020[modifier | modifier le code]

Après deux millénaires de christianisme, le paysage religieux italien[12] est à peu près le suivant, pour une population d'environ 60 000 000 d'Italiens (sans compter les diasporas italiennes ni les immigrations récentes, légales ou non).

Christianisme (80..85 %)[modifier | modifier le code]

Le christianisme est la religion majoritaire à environ 85 %, de manière variable selon les régions, et pas toujours très pratiqué.

Catholicisme[modifier | modifier le code]

Orthodoxie[modifier | modifier le code]

Protestantisme[modifier | modifier le code]

Restaurationnisme[modifier | modifier le code]

  • Pentecôtisme (340 000 pratiquants, < 1 %)
  • Témoins de Jéhovah

Autres spiritualités (< 5 %)[modifier | modifier le code]

  • Islam (> 2 000 000, 3,3..3,7 %)
  • Judaïsme (41 000, < 1 ‰)
  • Bouddhisme (292 900 en 2017, 5 ‰)
  • Hindouisme (192 000, 1 ‰)
  • Sikkhisme (17 200)
  • Bahaïsme (5 000)
  • Oshoïsme (4 000)
  • Néopaganisme et ésotérisme (16 000) mais (230 000 sympathisants) (< 5 ‰)
  • New Age et Next Age (20 000)
  • Mouvement pour un potentiel humain (30 000)
  • autres (> 150 000, < 1 ‰)

Autres (5..15 %)[modifier | modifier le code]

D'autres estimations considèrent que le nombre de gens qui se prétendent non concernés par le phénomène religieux s'élèverait à 13 000 000 d'Italiens.

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Références[modifier | modifier le code]

  1. Eurobarometer 90.4: Attitudes of Europeans towards Biodiversity, Awareness and Perceptions of EU customs, and Perceptions of Antisemitism, European Commission (lire en ligne)
  2. Wikipedia en italien: Religioni in Italia
  3. Massimo Introvigne et PierLuigi Zoccatelli, « Le Religioni in Italia », sur http://www.cesnur.com, CENSUR (consulté le 27 décembre 2015)
  4. (en) « Number of Italian citizens belonging to Protestantism in Italy in 2017, by denomination », sur Statista, the Statistics Portal (consulté le 2 avril 2018)
  5. Massimo Introvigne et PierLuigi Zoccatelli, « Le Religioni in Italia », sur http://www.cesnur.com, CENSUR (consulté le 27 décembre 2015)
  6. http://www.pewforum.org/files/2014/01/global-religion-full.pdf
  7. Heinrich Graetz, « Histoire des Juifs, Deuxième époque, chapitre XI »
  8. Erreur de référence : Balise <ref> incorrecte : aucun texte n’a été fourni pour les références nommées :0
  9. Eric Stemmelen, La religion des seigneurs : Les origines du christianisme, Michalon, , p. 87
  10. A. Momigliano, The Disadvantages of monotheism for an universal state, Classical Philology, t. 81, 1986, p. 285-297.
  11. Balard, Genêt, Rouche.
  12. http://www.globalreligiousfutures.org/countries/italy#/?affiliations_religion_id=0&affiliations_year=2010&region_name=All%20Countries&restrictions_year=2016