Théologie évangélique

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La théologie évangélique est l'enseignement et la doctrine qui concernent les questions spirituelles dans le christianisme évangélique. Cette théologie s'appuie uniquement sur la Bible.

Courants théologiques[modifier | modifier le code]

L’Alliance évangélique mondiale fondée par les organisations évangéliques de 21 pays, lors de la première assemblée générale à Woudschoten (Zeist) aux Pays-Bas en 1951 a établi une confession de foi commune[1],[2]. Mais, cette confession de foi est sommaire, puisque chaque dénomination chrétienne évangélique a des particularités théologiques. Il y a toutefois parmi les divers mouvements évangéliques (baptisme, mouvement de sanctification, assemblées de frères, pentecôtisme, mouvement charismatique évangélique, mouvement néo-charismatique et christianisme non-dénominationnel) adhérant à la doctrine de l’Église de professants, un ensemble de croyances similaires[3],[4],[5],[6] ,[7].

Le christianisme évangélique regroupe différents courants théologiques, dont les principaux sont fondamentaliste, conservateur, modéré, libéral [8],[9].

Autorité de la Bible[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Théopneustie.

La Bible est considérée comme étant inspirée par Dieu Lui-même et est l'autorité souveraine dans la foi chrétienne [10],[11]. Lorsque Paul, donc, déclare que « toute écriture » est le produit du souffle divin (cf. plus bas : Esprit Saint), « tient son souffle de Dieu » (2 Tim. 3:16), il affirme que l’Écriture est un produit d’une opération divine toute spécifique. Il est donc important de noter que le grec ne porte pas la signification que les termes de la Bible ont été insufflés dans les auteurs humains, mais plutôt que celle-ci respire Dieu. La révélation divine constitue une sorte d’écoulement perpétuel de la puissance créatrice de Dieu. Autrement dit, il est considéré que Dieu a « supervisé » la rédaction de chaque ligne de la Bible afin qu'elle contienne un message dans un langage humain envoyé par Dieu utilisant l’intellect, les styles d'écriture et le talent rédactionnel humains – cette notion est appelée théopneustie. Souvent appelée « la Parole de Dieu » ou l’Écriture (langage biblique), elle est considérée comme infaillible et, dans certains milieux évangéliques, sans erreur – cette notion est appelée inerrance biblique [12]. Ceci lui vaut parfois d’être interprétée d’une manière très littérale, dans certains courants, et notamment les plus conservateurs en matière religieuse (courants ultraconservateurs et fondamentalistes). Néanmoins, il s'avère qu'en fonction des milieux, les évangéliques ont toujours tâché de concilier les notions d'infaillibilité et éventuellement d'inerrance bibliques avec une forme rigoureuse de critique de la Bible. On considère que la Bible détient l’autorité suprême en matière de foi et de direction de la vie du croyant, les évangéliques considèrent également son infaillibilité. Le croyant est dépendant de l'Esprit Saint pour avoir une bonne compréhension des textes. La bible est considérée comme un manuel de vie qui concerne tous les aspects de la vie[13].

Sainte Trinité et christologie[modifier | modifier le code]

Les Églises et dénominations évangéliques défendent une théologie trinitaire [14], [15] , [16]. Ainsi, point que l’on retrouve dans presque tous les courants principaux du christianisme, le Dieu unique, éternel et esprit est éternellement présent et révélé dans trois Personnes divines, à savoir, le Père (Dieu Tout-puissant), le Fils (ou « Fils unique » – littér. μονογενης, monogénès, « unique engendré » ; Jésus-Christ) ; et l’Esprit Saint (ou « Souffle Saint »). L’ancrage insistant des évangéliques dans les écrits bibliques les font certes différer du catholicisme en ce qu’ils ne tiennent à justifier ce credo que sur base de passages ou concepts bibliques et non sur la Tradition ou les conciles (sachant que la naissance de ce dogme est souvent rattachée au concile de Nicée qui eut lieu au début du IVe siècle). Les évangéliques adhèrent (a minima officieusement) au Symbole de Nicée-Constantinople (381) définissant la différenciation relationnelle de Dieu, à la fois un et trine, ainsi que le principe d'unité et d'identité, dans le cas des deux natures, en la personne théandrique du Christ[17], ainsi qu'aux positions du Premier concile de Nicée (et non au concile lui-même) qui condamnent l'arianisme. Néanmoins, afin d'éviter toute polémique inutile et surtout parce que par humilité elles estiment que le mystère des relations exactes entre les trois personnes divines ne peut qu'être au-delà de toute raison humaine, elles n'encourageront pas la théologie spéculative à ce sujet sur ce qui n'est pas immédiatement déductible de la Bible.

La Vierge Marie est appelée ainsi parce qu'elle était vierge avant la naissance de Jésus mais les évangéliques reconnaissent les autres enfants, frères et sœurs de Jésus et nés après celui-ci, cités dans les Évangiles en Marc 6,3. Elle est reconnue en tant que Maria Christotokos (Mère de Christ) et est considérée comme un modèle de foi, d'humilité et d'obéissance à Dieu. Certains évangéliques réfutent l'appellation de Théotokos (Mère de Dieu) du Concile d'Éphèse (431) pour éviter toute confusion avec la dévotion mariale que l'on retrouve dans l'Église catholique romaine, mais la plupart des théologiens évangéliques acceptent cette formulation d'un point de vue théorique en s'appuyant sur le principe de communication des idiomes et en considérant que la rejeter reviendrait à nier l'unicité de la personne du Christ ; ils la complètent en général prudemment d'un "selon sa nature humaine" [18]. Les évangéliques rejettent les idées selon lesquelles Marie serait corédemptrice ou médiatrice, ainsi que l'immaculée conception, la dormition et l'assomption, les considérant comme non justifiées bibliquement, de même que toute forme de piété mariale.

Cette conception trinitaire de Dieu porte à diverses conséquences dans la foi chrétienne évangélique :

Dieu[modifier | modifier le code]

Pour les évangéliques, la personne de Dieu, est le créateur du ciel et de la terre [19]. De plus, Dieu est présenté comme un Père aimant, et la relation de l’humain avec Dieu doit nécessairement être celle d’un enfant vis-à-vis de son père[20].

Jésus[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Christologie.

Jésus est considéré comme parfaitement homme et parfaitement Dieu. Cette composante de la Trinité, prend une résonance et des conséquences particulières pour les évangéliques[21].

  1. Jésus-Christ est considéré comme Fils unique de Dieu ou du Père (Jean 3:16), ou encore unique engendré, sans aucune connotation biologique (croyance en sa naissance miraculeuse), mais au sens biblique du terme, qui selon l’interprétation évangélique détient un statut filial symbolique et spirituel à Dieu, rapproché de manière transversale à Isaac, fils d’Abraham (livre de la Genèse) [22]. En effet, Isaac était aussi appelé fils unique de son père, alors que la Bible présente pertinemment qu’il avait un demi-frère, Ismaël. L’unicité d’Isaac en tant que fils d’Abraham serait donc symbolique et d'ordre spirituel ; les interprétations rabbinique (juive) et évangélique considèrent en effet qu’Isaac était le "fils unique" car il était le seul à réaliser la promesse de Dieu. À côté de cela, l’épisode du sacrifice d’Isaac par son père est vu comme un appui à cette compréhension, comme "pointant vers" Jésus, ou, pour reprendre le langage biblique, ce sacrifice n’était que "l’ombre des choses à venir" (Colossiens 2:16-17), à savoir, Jésus offert comme sacrifice.
  2. Jésus-Christ est, considéré comme "Dieu fait homme" [23]. C’est un objet de foi ferme que Jésus-Christ n’est qu’une manifestation charnelle de Dieu, et qu’il a existé de toute éternité (Jean, 1:1-3) [24]. En effet, il est considéré comme la Parole (ou Verbe, ou encore Logos) de Dieu faite chair, c'est-à-dire son Expression même par excellence, rapprochée selon l’exégèse évangélique de la Sagesse de Dieu décrite surtout par le roi Salomon dans l’Ancien Testament (notamment et surtout livre des Proverbes 9:1) et les écrits deutérocanoniques en tant qu’émanation ou rayonnement de la Sagesse de Dieu –bien que considérés comme apocryphes par les évangéliques, ceux-ci utilisent ces écrits pour appuyer le fait que l’hypostase de Jésus en tant que quasi-personnification d’un attribut de Dieu était présente dans la pensée juive et les Écrits canoniques ou non). L’existence éternelle de Jésus est également supportée dans la Bible, aux dires des évangéliques, par les christophanies (manifestations du Messie en forme humaine avant la naissance de Jésus – voir surtout le grand prêtre Melchisédech dans la Genèse peut-être sous-entendu dans l’évangile selon Jean, chap. 1 v. 10), et les propos et faits de Jésus (entre autres nombreuses choses, le fait que Jésus se décrive de la même manière que le Dieu d’Israël, YHWH (Yahvé ou Jéhovah) s’est révélé à Moïse – Jean 8:58 en parallèle avec Exode 3:14). Par-dessus tout, le fait que l’exégèse évangélique considère comme acquis le fait que Jésus ait été condamné pour une accusation de blasphème par les Juifs, parce qu’il avait prétendu être Dieu, constitue probablement l’un des premiers objets d’attestation de la divinité de Jésus.
  3. Jésus-Christ est, considéré dans sa divinité, comme partie prenante au jugement des vivants et des morts qui aura lieu à la fin des temps [25]. Ressuscité, élevé au ciel (Ascension), toujours vivant et "siégeant à la droite de Dieu" (Marc 16:19 et passages similaires ; Actes 2:33 et passages similaires), il est le seul digne intercesseur auprès de Dieu (inspiré de la théologie paulinienne) pour défendre la cause des croyants convertis à Christ. En tant que manifestation de Dieu, le christianisme évangélique insiste énormément sur la personne de Jésus-Christ. Les évangéliques voient ainsi le christianisme, non comme une religion, mais une relation, qui consiste essentiellement en une relation d'engagement avec Jésus-Christ, considéré comme seul chemin vers Dieu. En ce, Jésus-Christ est le digne et le seul chef de l'Église (rupture classique vis-à-vis du catholicisme), Église qui est aussi appelée corps du Christ (Christologie de Paul).

Saint-Esprit[modifier | modifier le code]

Le Saint-Esprit (ou l’Esprit de Dieu, Esprit) Dieu en tant qu’Esprit, est considéré comme étant pleinement Dieu. Il s’agit de la manifestation éternelle de Dieu dans la dimension humaine. C’est la présence de l’Esprit que Jésus a promise dans l’Évangile à ceux qui se convertiraient, attestée par les premiers témoins du Christ (Actes des Apôtres chapitre 2) [26]. Tous les courants évangéliques considèrent que le Saint-Esprit est présent et œuvrant dans les histoires personnelles de chaque croyant, ainsi que dans le devenir de l’Église universelle[15]. Partie prenante de la conversion de l’individu, il est aussi considéré comme à l’origine divers dons, qui varient beaucoup si l’on se base sur les écrits néotestamentaires, mais il est courant que les dénominations charismatiques mettent l’accent sur tel ou tel don prodigués par l’Esprit[27]. Les dons du Saint-Esprit sont au nombre de 9; les dons créatifs (écriture et arts), les dons pastoraux (encadrement et guidance des communautés), les dons apostoliques (prédication, enseignement), les dons prophétiques (prophétie dans ses diverses formes), les dons prodigieux (prodiges et miracles) [28]. Le christianisme évangélique, particulièrement dans les courants pentecôtisme, mouvement charismatique évangélique, mouvement néo-charismatique, met une emphase sur l’Esprit et son action dans les vies humaines et dans l’Église[29].

Adoration de Dieu seul[modifier | modifier le code]

Les évangéliques réfutent ceux désignés comme saints par les Églises catholiques et orthodoxes car assimilant le culte de dulie, que donne ces églises aux saints ainsi désignés, et aussi particulièrement le culte d'hyperdulie, donné à Marie, à de la nécromancie et de l'idolâtrie [30]. Ils se basent sur:

  • Deutéronome 18:10-12 (« Qu'on ne trouve chez toi... personne qui consulte les esprits ou dit la bonne aventure, personne qui interroge les morts. Car quiconque fait ces choses est en abomination à l'Éternel. ») et sur le fait que les personnes considérées comme saintes de leur vivant, sont, à la suite de leur décès, aussi « spirituellement endormies » ou « spirituellement inaccessibles ».
  • Ecclésiaste 9:5, « Les vivants, en effet, savent qu'ils mourront; mais les morts ne savent rien, et il n'y a pour eux plus de salaire, puisque leur mémoire est oubliée. »

L'adoration et la louange de Dieu, par la musique chrétienne, est une partie importante d'une culte [31].

De plus, pour les évangéliques utiliser Marc 12:27 (« Dieu n'est pas Dieu des morts, mais des vivants ») et Jean 11:26 (« Je suis la résurrection et la vie. Celui qui croit en moi vivra, quand même il serait mort ; et quiconque vit et croit en moi ne mourra jamais ») afin d'adhérer au culte des saints résulte d'une extrapolation erronée et abusive de la possibilité de la Résurrection promise par le Christ mais qui surviendra à la Fin des Temps.

Le Plan de Salut[modifier | modifier le code]

L'appellation « évangélique » vient du terme évangile : du grec ευ-άγγελον (eu-ággelon, littéralement « bon message », par extension « bonne nouvelle »). Pour les évangéliques, la bonne nouvelle consiste en ce que tout homme pécheur par nature doit subir un châtiment éternel en Enfer, mais que par la foi en Jésus et non par les œuvres, il peut accéder gratuitement au Salut [32]. Dans le christianisme évangélique, la foi est basée uniquement sur la bible et est l’unique justification par grâce du croyant [33]. Le salut par la foi est une décision personnelle et un engagement[34], [35]. Le croyant est sauvé par l’imputation de la justice du Christ ; tous les mérites de Christ sont imputés au croyant par la foi[36].

Nouvelle naissance[modifier | modifier le code]

La Nouvelle naissance, cette rencontre personnelle avec Jésus-Christ qui se déroule à la conversion du croyant, est considérée comme un véritable passage de la mort spirituelle à la vie spirituelle[37]. Ce concept est basé sur Jean 3:3 "Jésus lui répondit: En vérité, en vérité, je te le dis, si un homme ne naît de nouveau, il ne peut voir le royaume de Dieu", et Jean 10:10). On parle alors de "chrétiens nés de nouveau", équivalent anglo-saxon de born-again Christians (voir 2Corinthiens 5:17 et Galates 6:15). C’est en effet, l’une des manières les plus justes de désigner les chrétiens d’obédience évangélique sous l’angle de la conversion personnelle. La rencontre du croyant avec Jésus et la décision de lui donner sa vie marque un changement de vie important[38]. Pour la majorité des chrétiens évangéliques, la nouvelle naissance survient avant le baptême du croyant, par immersion dans l'eau [39]. Pour certaines églises, tel que dans le courant baptiste, il est synonyme du baptême du Saint-Esprit [40]. Pour d'autres églises, de courant pentecôtiste, le baptême du Saint-Esprit est un évènement distinct qui s'accompagne obligatoirement de la glossolalie et permet une expérimentation des dons du Saint-Esprit [41]. Dans les églises charismatique évangélique et néo-charismatique, le baptême du Saint-Esprit est également une deuxième expérience[42]. Toutefois, le parler en langues (glossolalie) n'est pas une l'unique preuve de cet évènement spirituel. Le croyant peut avoir reçu les 8 autres dons énoncés en 1 Corinthiens 12-14 [43],[44].

Sanctification[modifier | modifier le code]

La sanctification du croyant est le processus par lequel une personne se libère du péché et devient pure et sainte, après la nouvelle naissance[45]. Il y a deux positions évangéliques sur la sanctification, soit la sanctification progressive et la sanctification entière [46].

Sanctification progressive[modifier | modifier le code]

La sanctification progressive est l’œuvre de sanctification du croyant par la grâce et les décisions du croyant, après la nouvelle naissance [46]. C’est la position de certaines dénominations évangéliques, telles que les églises baptistes et Assemblées de Dieu [47],[48].

Sanctification entière[modifier | modifier le code]

La sanctification entière est l’œuvre de sanctification du croyant qui devient entièrement complète lors de la nouvelle naissance [46]. C’est la position de certaines dénominations pentecôtistes, telles que l’International Pentecostal Holiness Church, l’Église de Dieu (Cleveland), l’Alliance chrétienne et missionnaire, et l’International Church of the Foursquare Gospel [49].

Charité[modifier | modifier le code]

La charité, cette préoccupation pour l'aide aux démunis, est l'une des trois vertus primaires chrétiennes et un concept clairement établi dès l'Ancien Testament [50]. Elle s'exprime d'abord en termes de générosité financière mais également en égard au temps consacré. Elle est également considérée comme très importante par la plupart des Églises évangéliques. Certaines Églises consacrent des grandes sommes par années en humanitaire (soutien alimentaire, aide médicale, éducation, etc).

« On t'a fait connaître, ô homme, ce qui est bien ; Et ce que l'Éternel demande de toi, C'est que tu pratiques la justice, Que tu aimes la miséricorde, Et que tu marches humblement avec ton Dieu.» (Michée 6:8)

« Ils nous recommandèrent seulement de nous souvenir des pauvres, ce que j'ai bien eu soin de faire.» (Galates 2:10)

Cette valeur est à l'origine de l'humanitaire chrétien moderne [51].

Pour les églises évangéliques, l'humanitaire est un appel de Dieu à participer au soulagement des souffrances. Ainsi, beaucoup d'églises investissent temps et argent au service des démunis, dans leur pays et à l'international. Beaucoup d'organisations évangéliques ont investi les terrains de l'aide humanitaire chrétienne mondiale. Parmi les plus importantes il y a International Justice Mission, Prison Fellowship International, Bourse du Samaritain, Mercy Ships, World Vision International [52]. La majorité des ONG chrétiennes aident tout le monde, sans distinction de religion [53].

Évangélisation[modifier | modifier le code]

La plupart des évangéliques croient que la conversion des cœurs est l'œuvre de Dieu seul, par son Saint-Esprit (Jean 16:8), mais savent aussi que le partage de la foi auprès de non-croyants est une action de reconnaissance pour ce que Dieu a fait pour eux (Mathieu 10:32) [54]. Répandre la Bonne Nouvelle du Royaume de Dieu, est un commandement donné par Jésus avant son ascension se trouvant dans Marc 16:15 et Matthieu 28:19-20. Cette mission est particulièrement prise en compte dans les églises, avec des programmes missionnaires locaux et internationaux. L'évangélisation occupe une place importante dans le christianisme évangélique. Elle prend forme dans la distribution de prospectus et de bibles, la formation de disciples, l’appui aux églises et l'aide humanitaire chrétienne [55]. Diverses organisations missionnaires évangéliques se sont spécialisées dans l’évangélisation au cours de l’histoire.

Fin des temps[modifier | modifier le code]

Jugement dernier[modifier | modifier le code]

C’est une croyance dans le christianisme en général et dans d’autres religions monothéistes qu’à la fin des temps, il y aura un jugement dernier par Dieu [56]. Jésus-Christ reviendra personnellement, corporellement et de manière visible[15]. Alors que d'autres religions et branches du christianisme conçoivent qu’ils seront jugés sur base de leurs actions (ou "œuvres"), un point important du christianisme évangélique, est de croire que les humains seront jugés sur leur foi, à savoir sur leur acceptation ou non de Jésus-Christ en tant que Sauveur et Seigneur lorsqu’ils entendirent l’évangile chrétien au cours de leur vie.

Les sept Dispensations[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Dispensationalisme.

Certains évangéliques sont dispensationalistes[57]. Ils divisent l'Histoire en sept grandes périodes (les dispensations).

Ces 7 périodes sont [58]:

  1. L'innocence : Adam et Ève avant leur chute
  2. La conscience : L’homme devient pécheur et doit rendre des comptes à Dieu
  3. Le gouvernement humain : À partir du déluge, Dieu donne une organisation politique à l’humanité
  4. Le règne des patriarches (ou la promesse) : Abraham, Dieu promet la bénédiction à celui qui croit en lui
  5. La loi : Dieu fait alliance avec Israël pour son bien et la bénédiction des nations
  6. L'Église: Dieu pardonne entièrement à celui qui croit en Jésus
  7. Le millenium : Jésus reviendra et règnera pendant 1000 ans de paix sur la terre

Ainsi, la plupart d'entre eux croit au retour du Christ, voire, pour certains, à son imminence qui procéderait alors à l'Enlèvement de l'Église. Selon eux, et dans un premier temps, l'Église sera donc enlevée (1 Thessaloniciens 4.16-18) et ainsi préservée des jugements qui frapperont le monde (Apocalypse 3:10) pendant 7 ans, puis sera unie au Messie (Apoc 19:7-8) avant que celui-ci ne vienne instaurer le millénium (Apoc 20:1-6) de paix sur la Terre. Après quoi viendra le Jugement dernier (Apoc 20:11-15), la fin du monde et l'entrée dans un monde nouveau (Apoc 21:1).

  • Les évangéliques sionistes: Ils sont dispensationalistes et sionistes car ils croient être à la fin de la sixième dispensation. En effet, pour eux, la création de l'état moderne d'Israël (1948) correspond au rétablissement biblique et prophétique d'Israël, au rétablissement du peuple élu, prologue à la septième dispensation et au retour du Christ[59]. Aider au plein établissement d'Israël et le soutenir correspond donc à suivre le plan et la volonté de Dieu.
  • Les évangéliques non sionistes: Bien que pensant être dans la sixième dispensation, ils doutent ou ne perçoivent même pas du tout l'Israël moderne comme étant le royaume d'Israël devant être rétabli par la volonté divine[60]. Pour eux, l'état moderne est une résultante des hommes et non de Dieu; en ce sens, ils rejoignent la position Haredim ou des juifs ultra-orthodoxes. Soutenir cet Israël non divin, non prophétique, pourrait alors aller à l'encontre de la volonté divine; leur attitude oscille donc entre la neutralité et l'hostilité vis-à-vis de l'état d'Israël.
  • Les évangéliques non dispensationalistes: Pour eux le dispensationalisme est une doctrine surtout mise au point par Cyrus Scofield, humaine, n'étant même pas mentionnée dans la Bible et donc sans aucune inspiration divine, ni fondement. Cependant, cela ne les empêche pas d'estimer la seconde venue du Christ, plus ou moins proche dans le temps. Leur attitude envers l'état d'Israël est donc variable mais généralement neutre.

Controverses[modifier | modifier le code]

Une doctrine particulièrement controversée dans les églises évangéliques est celle de la théologie de la prospérité, qui s’est répandue dans les années 1970 et 1980 aux États-Unis, principalement par le télévangélisme[61]. Cette doctrine est centrée sur l’enseignement de la foi chrétienne comme un moyen de s’enrichir financièrement et matériellement, par une « confession positive » et une contribution aux ministères chrétiens[62]. Des promesses de guérison divine et de prospérité sont garanties en échanges de certains montants de dons [63] ,[64], [65]. La fidélité dans la dîme permettrait de s’éviter les malédictions de Dieu, les attaques du diable et la pauvreté [66],[67], [68]. Les offrandes et la dîme occupent ainsi beaucoup de temps dans certains cultes[69]. Souvent associée avec la dîme obligatoire, cette doctrine est parfois comparée à un business religieux [70],[71],[72],[67]. Elle est critiquée par des pasteurs et des unions d’église, comme le CNEF, en France [73],[74].

Notes et références[modifier | modifier le code]

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  2. Brian Stanley, The Global Diffusion of Evangelicalism: The Age of Billy Graham and John Stott, InterVarsity Press, USA, 2013, p. 73
  3. Religioscope et Sébastien Fath, À propos de l’évangélisme et des Églises évangéliques en France – Entretien avec Sébastien Fath, religion.info, France, 3 mars 2002
  4. Donald W. Dayton, Robert K Johnston, The Variety of American Evangelicalism, Wipf and Stock Publishers, USA, 1997, p. 155
  5. Donald M. Lewis, Richard V. Pierard, Global Evangelicalism: Theology, History & Culture in Regional Perspective, InterVarsity Press, USA, 2014, p. 40
  6. Brian Stiller, Evangelicals Around the World: A Global Handbook for the 21st Century, Thomas Nelson, USA, 2015, p. 28, 90
  7. Robert H. Krapohl, Charles H. Lippy, The Evangelicals: A Historical, Thematic, and Biographical Guide, Greenwood Publishing Group, USA, 1999, p. 11
  8. Roger E. Olson, The Westminster Handbook to Evangelical Theology, USA, Westminster John Knox Press, , p. 172.
  9. Peter Beyer, Religion in the Process of Globalization, Ergon, Germany, 2001, p. 261
  10. Walter A. Elwell, Evangelical Dictionary of Theology, Baker Academic, USA, 2001, p. 153-154
  11. Michel Deneken, Francis Messner, Frank Alvarez-Pereyre, "La théologie à l'Université: statut, programmes et évolutions", Editions Labor et Fides, France, 2009, p. 66-67
  12. Sébastien Fath, Du ghetto au réseau. Le protestantisme évangélique en France, 1800-2005, Édition Labor et Fides, France, 2005, p. 24
  13. Sébastien FATH, ÉVANGÉLISME ET ÉGLISES ÉVANGÉLIQUES, universalis.fr, France, consulté le 4 mars 2019
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  18. Walter A. Elwell, Evangelical Dictionary of Theology, Baker Academic, USA, 2001, p. 596
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  21. Peter Hocken, Le réveil de l'Esprit: les Églises pentecôtistes et charismatiques, France, Editions Fides, 1994, page 44
  22. Walter A. Elwell, Evangelical Dictionary of Theology, Baker Academic, USA, 2001, p. 240-241
  23. Robert Paul Lightner, Handbook of Evangelical Theology, Kregel Academic, USA, 1995, p. 75
  24. Paul Jewett, God, Creation and Revelation: A Neo-Evangelical Theology, Wipf and Stock Publishers, USA, 2000, p. 429
  25. Walter A. Elwell, Evangelical Dictionary of Theology, Baker Academic, USA, 2001, p. 671
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  27. Peter Hocken, "Le réveil de l'Esprit: les Églises pentecôtistes et charismatiques", France, Editions Fides, 1994, p. 19-20
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  29. Sébastien Fath, Du ghetto au réseau. Le protestantisme évangélique en France, 1800-2005, Édition Labor et Fides, France, 2005, p. 183
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  31. Henrik Lindell, Quelles sont (vraiment) les différences entre les catholiques et les évangéliques ?, lavie.fr, France, 04 juillet 2014
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Voir aussi[modifier | modifier le code]