Spiritisme (Allan Kardec)
Le Spiritisme est une philosophie spiritualiste fondée en 1857 par Hippolyte Léon Denizard Rivail, alias Allan Kardec, qui donnera naissance à un mouvement socio-culturel en France et en Europe. Il atteindra son point culminant au début du XXe siècle.
Allan Kardec définit le spiritisme comme une doctrine fondée sur l'existence en Dieu et la communicabilité des Esprits (défunts, anges gardiens, etc) par l'intermédiaire des médiums qu'il tente d'expliquer scientifiquement. Il expose d'abord ses thèses dans Le Livre des Esprits (1857, 1860), puis dans les ouvrages suivants.
D'abord européen, ce mouvement s'est diffusé en Amérique latine, constituant la troisième religion du Brésil. De nombreux courants spiritualistes s'en inspireront, jusqu'à jouer un rôle important dans l'avènement de la psychiatrie moderne.
Étymologie, définition et synonymes
[modifier | modifier le code]
Le mot « spiritisme » est un néologisme, inventé par Allan Kardec pour nommer la nouvelle doctrine spiritualiste qu'il développe en 1857[1],[2],[3],[4],[5]. Ce mot serait lui-même probablement inspiré du mot anglais spiritism, apparu en 1856 par dérivation de spirit (esprit)[6]. Refusant le titre d'« auteur », Kardec se présente comme « codificateur du spiritisme »[7],[8],[2],[9].
Kardec expliquera dans la première page de l'introduction de son Livre des Esprits justifie l'emploi de ce mot nouveau afin de donner une identité propre à la philosophie qu'il présentait[10]. Dans le même ouvrage, il inventera également les mots « périsprit » et « spirite ». Le fait d'avoir institué un mot nouveau lui aura été reproché, parfois qualifié de barbarisme[Note 1]. En français, il fait son apparition dans l'édition de 1860 du Dictionnaire français illustré et Encyclopédie universelle[5]. Avant qu'il ne rentre en usage, on parlait de « phénomènes magnétiques », des « phénomènes du spiritualisme », de « spiritualisme moderne », voire de « spiritualisme américain »[1], expressions que le mot « spiritisme » continuera de désigner[1].
Si le terme s’est imposé rapidement, c’est d'abord parce qu’il permettait de lever une ambiguïté lexicale. En effet, il n'était pas clair de traduire le mot anglais « spiritualism » par le mot français « spiritualisme » qui désignait déjà le spiritualisme philosophique. Ainsi, inventé d'abord pour nommer un enseignement moral, ce n'est que progressivement que le mot « spiritisme » sera associé aux activités ayant pour but de communiquer avec l'au-delà[1].
Toutefois, Kardec présente le spiritisme comme une doctrine spiritualiste[11],[12] fondée sur l'existence, les manifestations et l'enseignement des esprits[Note 2]. Elle accepte formellement l'existence de Dieu, de la vie éternelle, et d’une communication concrète avec divers êtres spirituels, notamment les défunts[13]. Le spiritisme soutient également la réincarnation, sans la considérer comme nécessairement terrestre[14]. Sous sa forme pratique, le spiritisme expérimente diverses méthodes pour tenter de communiquer avec les esprits de l'au-delà. L’instrument utilisé lors de ces tentatives est le médium[Note 3]. Le spiritisme s’affiche comme une discipline qui ambitionne de mêler le progrès moral et intellectuel[15], voulant constituer un trait d'union entre la science et la religion[16] au moyen d'un ensemble de lois morales. Les adeptes de cette doctrine sont appelés « spirites » ou « spiritistes »[Note 4].
Comme synonymes du spiritisme d'Allan Kardec, les auteurs peuvent également utiliser différentes expressions, telles que : « doctrine spirite »[17], « philosophie spirite »[18], « kardécisme »[19], « nouvelle révélation »[20], « Troisième Testament »[17], « religion des Esprits »[21], ou « codification spirite ». Par ailleurs, dans la langue anglaise, même si le mot « spiritism » précède celui de Kardec, il peut être synonyme de « French spiritualism » (spiritualisme français)[22].
Tendances au sein du mouvement spirite
[modifier | modifier le code]Parmi ces termes, plus ou moins synonymes, Nicole Edelman identifie trois tendances au sein même du mouvement spirite[23] :
- Une tendance religieuse, qui peut être nommé Kardécisme ou spiritisme christique[24], elle peut intégrer aux thèses d'Allan Kardec celles controversées de l'avocat bordelais Jean-Baptiste Roustaing qui voient les ouvrages de Kardec comme un signe de la Troisième Révélation.
- Une tendance intellectuelle/philosophique, qui traite notamment des questions sociales, politiques et épistémologiques.
- Une tendance expérimentale/scientifique, qui s'intéresse aux « sciences psychiques » (psychical research), renommées par le médecin français Charles Richet en métapsychie qui, avec l'essor de la Psychologie, sera à son tour renommé parapsychologie.
Selon les auteurs et les thèmes abordés, l'une ou plusieurs de ces tendances prédominent. Cependant, déjà en 1940, l'ethnologue français Roger Bastide reconnaissait selon les groupes et les pays une tendance, plus ou moins assumée, pour un certain conservatisme vis à vis du pouvoir en place, associé à du racisme et des discriminations[24]. Aujourd'hui, ces tendances sont manifestes dans les débats, avec des groupes se déclarant ostensiblement comme progressistes, et d'autres ostensiblement favorables à des groupes ou des personnalités autoritaires (néofascistes, conservatrices, traditionalistes)[25].
Historique et influence du spiritisme « kardéciste »
[modifier | modifier le code]Le contexte
[modifier | modifier le code]
En 1847, la famille Fox qui vit dans une ferme de Hydesville, dans l'État de New York, déclare entendre des coups dans les cloisons et dans les meubles. En présence des sœurs Fox, les bruits semblent leur répondre de manière intelligente. Ce phénomène constatable par un nombre croissant de témoins est bientôt attribué à l'esprit d'un colporteur assassiné par un ancien locataire[28]. Grisées par leur popularité, les sœurs Fox multiplient les exhibitions publiques et suscitent des vocations. Quantité de médiums prétendent alors pouvoir échanger avec les défunts et le mouvement du spiritualisme moderne anglo-saxon gagne rapidement des millions d'adeptes dans tous les États-Unis.
En 1852, une mission de médiums américains parcourt l'Angleterre. L'année suivante, quand la mode des « tables tournantes » touche la France, le mesmérisme, le swedenborgisme et le fouriérisme ont déjà préparé le terrain[29] au « spiritualisme moderne »[2], comme on disait à l'époque. Tous les salons de la bonne société du Second Empire discutent du sujet et tentent des expériences paranormales.
En 1854, un instituteur lyonnais, Léon Rivail, découvre ces séances insolites pendant lesquelles on « magnétise les tables ». Durant les années suivantes, il fréquente régulièrement une famille dont les filles déclarent être médiums écrivains (« psychographes »). Progressivement, Rivail vient à chaque réunion avec une série de questions méthodiquement préparées pour noter les réponses données par les médiums[30]. À partir de la synthèse de ses notes, il publie Le Livre des Esprits, le 18 avril 1857, sous le pseudonyme d'Allan Kardec et donne naissance à une philosophie qu'il baptise « spiritisme »[31].
La naissance
[modifier | modifier le code]
Le Livre des Esprits connaît un succès immédiat. Réédité cinquante fois en cinquante ans[10], il éclipse à cette époque tous les autres ouvrages sur l'au-delà[32]. Au début du mouvement, Kardec ne songe nullement à fonder un courant de pensée et encore moins une religion. Mais il est très vite entraîné par la popularité de son œuvre. Des témoignages lui parviennent spontanément de tous les pays et les visiteurs se pressent à sa porte. L'empereur Napoléon III lui-même s'entretient avec lui[33]. Il envisage alors de structurer son activité.
Kardec fonde La Revue spirite qui sort des presses le et connaît plus de succès que celle publiée en 1857, la Revue spiritualiste de son concurrent Zéphyr-Joseph Piérart, anticlérical plus affirmé[34]. En quelques années, elle est diffusée dans le monde entier et compte des centaines de collaborateurs dont Victor Hugo, Victorien Sardou et Camille Flammarion. En avril 1858 est constituée la Société parisienne des études spirites, et Paris devient alors la capitale internationale du spiritisme[33].
Après avoir publié le volet théorique du spiritisme dans son premier ouvrage, Kardec passe au volet expérimental en rédigeant Le Livre des médiums en 1861, ouvrage qui développe les conséquences pratiques du précédent. Il complète par la suite la doctrine spirite par une interprétation du christianisme associée à des principes moraux et sociaux qui voient paraître trois ouvrages : L'Évangile selon le spiritisme (1864), Le Ciel et l'Enfer (1865) et La Genèse selon le spiritisme (1868). À des fins de vulgarisation, Allan Kardec rédige également un résumé de 180 pages intitulé Qu’est-ce que le spiritisme ? (1859), ainsi qu'un petit fascicule Le Spiritisme à sa plus simple expression (1861).
Pour les spirites religieux (kardécistes), ces cinq ouvrages forment un pentateuque spirite[4],[35],[36],[37], et constituent encore leur socle doctrinale, comme c'est le cas pour le Conseil Spirite International.
La diffusion
[modifier | modifier le code]
Le spiritisme se propage en quelques années avec une rapidité rare pour un mouvement social. Devant les désordres provoqués par la multiplication des médiums et des débats houleux qui s'ensuivent, Kardec entreprend des voyages en province afin d'unifier les adeptes. Il forme partout des petits groupes destinés à devenir des centres spirites « sérieux » en écartant les personnes qui ne viendraient que par goût du sensationnel[38].
Le spiritisme s'appuie sur ces « sociétés d'études » pour tenter de constituer une grande famille solidaire ainsi qu'une école de la charité[38]. Les spirites lyonnais prennent la tête du mouvement et revendiquent trente mille spirites en 1862[39]. Cette même année, Kardec visite les principales villes françaises et propage son instruction devant des salles combles. Au fur et à mesure de sa croissance, le spiritisme se transforme. Il délaisse son côté expérimental pour s'impliquer davantage dans les œuvres sociales et la philanthropie. Les groupes organisent des caisses de secours pour les indigents, des collectes pour les chômeurs et mettent en place les premières crèches[40]. La Revue spirite prend parti pour le vote des femmes, l'abolition de l'esclavage, l'abolition de la peine de mort, l'internationalisme et le pacifisme.
Kardec ne ménage pas ses efforts et ses détracteurs le qualifient de « pape du spiritisme ». Épuisé par les polémiques, le travail et les déplacements, il tombe malade en 1866. Ce n'est que trois ans plus tard qu'il meurt d'un anévrisme. Dans la France de Napoléon III, en 1869, le spiritisme regroupe alors plus d'un demi-million de personnes, avec des ramifications dans le monde entier[41].
L'apogée et le déclin en Europe
[modifier | modifier le code]

Pierre-Gaëtan Leymarie (1817-1901) prend la direction officielle du mouvement et de La Revue spirite après la mort du fondateur. Ardent républicain et hostile au Second Empire, il maintient pendant trente ans la croissance du spiritisme, malgré des problèmes politiques et une condamnation pour fraude en 1875, suivie d'une réhabilitation.
Dans les années 1880-1910, il existe en Europe une véritable culture spirite, les associations, les revues et les ouvrages se comptent par centaines[42]. Eugène Nus (1816-1894) dans Les choses de l'autre monde[Note 5] fait état de messages qui arriveraient de manière incontrôlée sous sa plume. Eugène Bonnemère (1813-1893) collabore à plusieurs journaux spirites. Victor Hugo (1802-1885) témoigne dans Les tables tournantes de Jersey. Théophile Gautier (1811-1872) fait publier le conte spirite Avatar en 1857, avant d'écrire pour Le Moniteur universel une nouvelle intitulée simplement Spirite. Camille Flammarion (1842-1925) rend compte de son étude du monde des esprits dans les trois volumes de Les Habitants de l’autre monde (1863) ainsi que La mort et son mystère (1920). L'intérêt pour les scientifiques, comme Sir Oliver Lodge (1851-1940) est manifeste. Léon Denis (1846-1927) et Gabriel Delanne (1857-1926) multiplient les ouvrages et contribuent à maintenir sa popularité. Quelques signes annoncent cependant une perte d'influence dès la fin des années 1860 qui voit l'Église adapter son culte du purgatoire à la sensibilité contemporaine et le néo-rationalisme gagner les organisateurs du mouvement spirite, notamment à travers la Ligue de l'enseignement[43].
En Espagne, l'un des grands pionniers du spiritisme fut Luis Francisco Benítez de Lugo y Benítez de Lugo, VIIIe marquis de Florida et Xe seigneur d'Algarrobo y Bormujos, qui fit la présentation d'un projet de loi pour l'enseignement officiel du spiritisme, le 26 août 1873[44].
À partir de 1917, le Vatican interdit officiellement aux catholiques de participer à des séances spirites et radicalise sa position vis-à-vis d'une philosophie qui se présente elle-même comme une « troisième révélation », après celle de Moïse et de Jésus[45]. À l'intérieur du mouvement, plusieurs courants commencent à apparaître. Des adeptes s'organisent sous forme d'Églises et de groupes de prières, à l'instar de leurs homologues britanniques. D'autres orientent leurs activités dans un sens plus rationaliste pour évoluer vers ce qu'on appelle la « métapsychie » et qui deviendra plus tard la parapsychologie. Ainsi, Émile Boirac considère en 1911 que le spiritisme est « une des explications philosophiques des faits psychiques »[46] et écarte la croyance dans l'au-delà. À l'inverse, un psychologue orthodoxe comme William James rejoint la croyance spirite vers la fin de sa vie. Tout comme Ernest Bozzano qui propage sa pensée en Italie. En septembre 1925, le spiritisme européen atteint son apogée lors de son gigantesque congrès mondial à Paris, présidé par Arthur Conan Doyle. À partir de là, son déclin rapide se produit sous l'effet de plusieurs facteurs[47].
Il y a tout d'abord des cas de personnes qui profitent de la popularité du spiritisme pour organiser des fraudes et des impostures[47]. Au discrédit, s'ajoutent les tensions entre les spirites et d'autres mouvances comme l'occultisme de Papus ou la théosophie d'Helena Blavatsky. Non seulement la métapsychie avance ses propres explications des phénomènes spirites, mais également la psychanalyse et la psychiatrie s'intéressent au psychisme et à ses manifestations. Le monde scientifique du début du XXe siècle affiche un rejet de plus en plus marqué des concepts spiritualistes[48]. Les changements de mentalité qui s'opèrent à la même époque sont tout autant fatals au romantisme qu'au spiritisme et le mouvement s’essouffle dans sa patrie d'origine[49], ne conservant que quelques groupes isolés. Son impact le plus important s'amorce sur un autre continent.
-
Couverture du premier numéro de La Revue spirite (1858).
-
Extrait d'un catalogue de 1924 mentionnant les ouvrages fondamentaux du spiritisme.
-
Page de garde de Qu'est-ce que le spiritisme ?, édition de 1869.
L'expansion en Amérique du Sud et dans les Caraïbes
[modifier | modifier le code]Dans les pays hispanophones
[modifier | modifier le code]En Argentine, Cosme Marino (1847-1927)[50] lance le mouvement spirite et reçoit le surnom de « Kardec argentin ». Au Mexique, Francisco I. Madero (1873-1913), président du pays de 1911 à 1913, traduit en espagnol le livre Après la mort de Léon Denis et favorise la diffusion du spiritisme dont il est adepte.
À Cuba, la doctrine spirite s'est aussi diffusée dès le XIXe siècle et fait maintenant partie des traditions locales[51]. Les autorités cubaines répertorient plus de quatre cents groupes spirites[52] et ce mouvement concernerait environ 17 % de la population de l'île[53].
Au Brésil
[modifier | modifier le code]- La religion spirite, ou kardécisme, au Brésil
-
Concert pour la célébration de 150 ans de spiritisme, São Paulo, 20 novembre 2007.
-
Façade de la Fédération spirite brésilienne (FEB), à Brasilia, en 2007.
-
Hôpital spirite André Luiz, à Betania, dans la banlieue de Belo Horizonte en 2008.
-
Festival spirite à São Paulo en avril 2010 avec des bouquets de fleurs aux couleurs du drapeau français.
-
Cours de catéchisme spirite au centre spirite de Boa Ventura, état de Paraiba, Brésil, 2010.
Du XIXe siècle aux années 1930
[modifier | modifier le code]À la fin du XIXe siècle, Rio de Janeiro s'affiche comme le centre culturel du Brésil et accueille avec intérêt le spiritisme venu de Paris, une autre capitale des arts[19] ; le pays avait déjà favorablement acquis les idées du marquis de Puységur et de Fourier[54]. Des intellectuels brésiliens entretiennent une correspondance avec Pierre-Gaëtan Leymarie et collaborent à La Revue spirite avant de publier des dizaines de journaux spirites comme O Reformador, Eco de Alem-Tumulo, Espiritualismo experimental, Era Novo, Regenerator, Evoluçao, ou A voz espirita. Profitant de l'essor du journalisme, le spiritisme se répand à travers le pays.
Son principal porte-parole est le député de Rio Bezerra de Menezes (1831-1900). Ce médecin et homme politique très populaire prend la direction de la jeune Fédération spirite brésilienne[55] qui tente de gagner en influence sur le champ religieux[56].
Dans ce contexte, la toute jeune république brésilienne inscrit dans son code pénal, pour une courte période, la condamnation des pratiques spirites[57].
Dans la ville de São Paulo, António Gonçalves da Silva (1839-1909), dit « Batuira », devient un propagateur dynamique en fondant des œuvres sociales ainsi que la revue Verdade e Luz[58]. Dans la même région, Augusto Militão Pacheco (1866-1954)[59], médecin et inspecteur sanitaire de l'État de São Paulo, installe des dispensaires spirites et convertit nombre de ses confrères. Les zones reculées du Brésil sont sillonnées par un propagateur de l'œuvre de Kardec, Cairbar Schutel (1868-1938), surnommé le « Bandeirante du spiritisme »[60]. Schutel établit à Matão un important centre spirite puis édite le bulletin O Clarim[61] diffusé à 40 000 exemplaires en 1913[62] et qui existe encore. Dans les années 1920 et 1930, il fonde le mensuel Revista Internacional do Espiritismo, écrit 17 livres et anime une série de conférences radiodiffusées. Son action sociale s'affirme aussi par l'organisation gratuite de soins et l'ouverture des premiers hôpitaux spirites, dont celui d'Araraquara qui porte aujourd'hui son nom, dans l'avenue qui lui est dédiée.

Dans le domaine de l'éducation, la féministe Anália Franco (1856-1919)[63] s'illustre par l'ouverture de dizaines d'écoles maternelles et de bibliothèques. Son nom reste celui de la première femme spirite brésilienne qui donne au mouvement un rôle social et culturel fort, sans mettre en avant son aspect religieux[64].
Dans l'État du Minas Gerais, trois grandes figures du spiritisme popularisent la doctrine au cours du XXe siècle. Eurípedes Barsanulfo (1880-1918)[65], dont la réputation de médium-guérisseur attire les foules, inaugure en 1907 à São Paulo le collège Allan Kardec[66] en introduisant pour la première fois dans le pays la mixité dans les classes.
José Pedro de Freitas (1921-1971)[67], surnommé « Zé Arigó », se découvre médium-guérisseur également en fréquentant les centres spirites, avant de faire affluer les malades et les reporters du monde entier.
Des années 1930 aux années 1980
[modifier | modifier le code]Mais c'est surtout Francisco Cándido Xavier (1910-2002), médium guérisseur et psychographe qui, en produisant plus de 400 livres et en participant aux émissions de télévision les plus suivies de l'époque[68], qui aide la fédération spirite brésilienne à étendre son influence auprès des gouvernements militaires successifs, popularisant un discours nationaliste et millénariste voulant que le Brésil soit « la patrie d'adoption du spiritisme »[69] et de l’Évangile[70].
Aussi, dans un contexte marquée par l'apparition de l'Umbanda, les œuvres de Francisco Candido Xavier aident le gouvernement Vargas à opérer une distinction raciale entre le haut-spiritisme — kardéciste, blanc, européen, imprégné du catholicisme — et le bas-spiritisme — les candomblés et l'umbanda, noir, afro-caribéen, criminalisé[71] — sur laquelle la fédération spirite brésilienne, majoritairement composée de fonctionnaires et de militaires en exercice, étendra son influence sur la société[70],[72]. Jusqu'en 1984, seules les organisations afro-caribéennes sont contraintes de déclarer leurs manifestations au commissariat [71].
Le , en marge du troisième congrès spirite panaméricain, la fédération spirite brésilienne (FEB) instaure le Pacto Áureo (Pacte Noble)[73],[74], qui engage les signataires à suivre un modèle de spiritisme rigoureusement religieux. Toujours en vigueur, ce pacte permet à cette institution de circoncire le champs du spiritisme kardéciste dans les religions brésiliennes[75]. Il permettra également à ces organisations d'exclure de leur propre champ, de mettre à l'index, toute organisation ou personne s'en écartant[76], jusqu'à ce que la FEB déclare le spiritisme comme religion (le 05 juillet 1952)[77] ; à la différence de la confédération spirite panaméricaine qui défend depuis cette période un spiritisme rationaliste et laïque. Une nette distinction peut alors être faite entre un spiritisme religieux (Kardécisme) et un spiritisme humaniste (progressiste).
Représenté par plus de 6 millions de membres et 20 millions de sympathisants au début des années 2000[78], encore aujourd'hui, le spiritisme est reconnu par le Brésil comme une religion[45],[79]. De ce fait, les œuvres sociales spirites accèdent à la reconnaissance d'utilité publique[80],[81]. On compte des crèches, des orphelinats, des écoles professionnelles, des bibliothèques, des cliniques et hôpitaux[82], des dispensaires, des maisons de retraites et des cabinets de médiums qui jouissent d'une légitimité et d'une légalité[80]. Sur le terrain, le mouvement s'appuie sur près de 10 000 centres dont les plus importants accueilleraient près de 6 000 personnes par jour[83], pour des services d'assistance allant du conseil juridique à la désobsession. Les hôpitaux psychiatriques spirites sont subventionnés et pourvus de médecins diplômés d'État[84]. Ces établissements ont ainsi développé un mode de soin original qui considère que des troubles mentaux peuvent provenir d'évènements survenus lors d'une vie antérieure ou de l'influence d'esprits hostiles au patient[85].
Des années 1980 aux années 2010
[modifier | modifier le code]Au cours du XXe siècle, la fédération spirite brésilienne est devenue l'interlocuteur privilégiée auprès des différents gouvernements qui vont se succéder des années 1930 jusqu'aux années 1980. Au début des années 1990, elle fonde le Conseil spirite international, à la tête d'un réseau transnationale qui étend le Pacto Aureo brésilien aux autres nations membres en échange d'un appui logistique et humain[86], entrant en concurrence directe avec la Fédération spirite internationale fondée en 1923, à Liège.
Dans le même temps, le mouvement spirite brésilien se précise, avec d'un côté des organisations progressistes qui s'oppose au conservatisme des organisations historiques. La confédération spirite panaméricaine, laïque et essentiellement argentine depuis les années 1950, retrouve des membres brésiliens[87].
Au côté de l'association des militaires spirites[72], de nombreuses organisations corporatistes voient le jour, comme l'association des magistrats spirites (fondée en 1999)[88], l'association médico-spirite (fondée en 1995)[89], l'association des psychologues spirites (fondée en 2003)[90], même l'association des artistes spirites (fondée en 2004)[91], etc. Contrairement à ce qu'indique son nom, l'association de pédagogie spirite (fondée en 2004)[92] rassemble des universitaires (sociologues, philosophes, anthropologues, psychologues, etc) et non des instituteurs. Ce nuancier illustre des dissensions au sein du mouvement qui ne feront que s'exacerber au fils du temps, notamment sur les questions de société (homosexualité, avortement, droit des indigènes, économie, etc)[76].
Le spiritisme (espiritismo) comme sujet d'étude entre au programme des universités publiques comme celle de São Paulo[93]. Le ministère de l'éducation brésilien inclut le spiritisme dans le programme d'étude des religions[94]. Un musée national du spiritisme se visite à Curitiba[95] et un autre à São Paulo[96]. Depuis 2008, la chaîne nationale Rede TV diffuse chaque dimanche après-midi une émission sur le spiritisme Transição (Transition)[97]. Le théâtre et le cinéma brésiliens produisent des œuvres inspirées de l'histoire du spiritisme comme Bezerra de Menezes, Chico Xavier ou Nosso Lar[98].
Votée en 2007, la loi PL 291 institue le 18 avril, jour de parution du Livre des Esprits (1857), comme « Journée nationale du Spiritisme »[99]. La même année, des députés brésiliens spirites commémorent le rôle du spiritisme kardéciste dans le développement du pays[100].
Des années 2010 à 2020
[modifier | modifier le code]Au début de la décennie, de nouvelles séries de scandales éclatent au sein du mouvement spirite, révélant des différences de plus en plus manifestes[87]. Distinct des institutions officielles, il s'organise sur les réseaux sociaux et défendent un point de vue « progressiste » du spiritisme. Ils déclarent ne pas se reconnaître dans les positions défendues par les organisations religieuses et celles qui leurs sont proches[86] ; ils dénoncent un conservatisme religieux et un rapprochement avec d'autres organisations politiques et religieuses connues pour leur dogmatisme et des positions politiques rigoureusement conservatrices[76],[101].
Aussi, lors du dernier recensement sur l'appartenance religieuse, la proportion de personnes se déclarant spirites diminue, mais reste le troisième groupe religieux du pays[102],[103].
La situation actuelle
[modifier | modifier le code]Quasiment oublié dans la France où il est né[104], le mouvement spirite y conserve encore quelques milliers d'adeptes[78] et aura repris de la vigueur à dans les années 1980 grâce à l'action de la fédération spirite brésilienne[105]. Il est maintenant installé dans la plupart des pays dans le monde et doit l'essentiel de sa croissance à la diaspora brésilienne qui exporte le modèle de fonctionnement propre au Brésil[106]. Elle s'appuie sur les « auteurs médiums » contemporains comme Divaldo Pereira Franco, Raul Teixeira et Yvonne do Amaral Pereira ou sur des journalistes comme André Trigueiro (Spiritisme et écologie) et écrivains comme Herculano Pires, Deolindo Amorim, Carlos Torres Pastorino, Emídio Brasileiro, Hermínio C. Miranda, Cairbar Schutel et autres auteurs, ainsi que sur l'enseignement d'un catéchisme spirite dès le plus jeune âge[107],[108].
Au niveau mondial, les différentes tendances du spiritisme sont représentées par trois organisations internationales : la confédération spirite panaméricaine, qui organise une tendance laïque et humaniste, le Conseil Spirite International qui organise une tendance religieuse, « christique », et la Fédération spirite internationale, qui fédère toutes les formes de spiritisme dans le monde.
D'autres sources font état de treize millions de spirites[109], qui associent souvent leur philosophie à la culture française :
« La plupart des Français ignorent ce qu'est réellement le spiritisme, et jusqu'au nom d'Allan Kardec. J'étonnerai sans doute beaucoup de lecteurs en leur révélant, pour terminer, que le rayonnement du génie français à l'étranger n'est pas toujours dû en premier lieu, comme ils le supposent, à Voltaire, à Rousseau, à la Révolution, à Napoléon ou à Pasteur, mais parfois à Allan Kardec et à son spiritisme. »
— Jacques Lantier, Le Spiritisme ou l'aventure d'une croyance, dernière ligne de la conclusion[104].
En France, pays de naissance d'Allan Kardec et du spiritisme, une trentaine de centres spirites rassemblent au maximum quelques milliers de sympathisants ou centaines d'adhérents sous l'égide de plusieurs associations[110] rattachées à l'une ou l'autre de ces trois fédérations, sans compter les groupes familiales, autonomes.
Par ailleurs, le spiritisme serait très répandu en Islande[111],[112], avec un pic de fondation dans les années 1970 et 1990[113].
Mouvements religieux directement inspirés du spiritisme
[modifier | modifier le code]Trois mouvements religieux modernes sont directement issus de la pensée d'Allan Kardec[114], prenant quelquefois des tonalités messianiques[115].
En premier lieu, l'antoinisme, fondé en Belgique par Louis-Joseph Antoine (1846-1912) et actuellement classé parmi les « religions de guérison » qui découle du spiritisme. Ensuite, le caodaïsme, fondé dans les années 1920 au Vietnam par Ngô-Van-Chieü, allie philosophie spirite, Confucianisme, Taoïsme et Bouddhisme. Par ailleurs, le channeling est parfois considéré comme le « spiritisme du mouvement New Age »[116].
Au Brésil, de nombreuses pratiques assimilées ou héritière du spiritisme brésilien ont vues le jour. On peut évoquer l'umbandisme, né dans les années 1920 qui associe le spiritisme aux religions afro-brésiliennes[117] ; à partir des années 1980, on constate l'apparition de branches associant le spiritisme au new-age, donnant la projectiologie/conscienciologie (pt) de Waldo Vieira, l'apométrie (pt) de José Lacerda, le spiritisme « holistique » de Robson Pinheiro (pt), le spiritisme néo-ésotérique et « d'entraide » de Luiz Antonio Gasparetto (pt)[118]. Herculano Pires (pt) distinguait déjà en 1975 : le roustainguisme (Jean-Baptiste Roustaing), le chiquisme (Francisco Candido Xavier), le divinisme (Oswaldo Polidoro), le ramatisme (esprit Ramatis), l'armondisme (Edgard Armond), la théorie du « continuum médiumnique » (Cândido Procópio Ferreira de Camargo (pt)) et l'andréluizisme (esprit André Luiz (pt))[119].
Principes de la doctrine spirite
[modifier | modifier le code]La doctrine spirite, codifiée par Kardec, repose à la fois sur une méthode voulue expérimentale et sur une philosophie dite « morale »[120].
Principes du spiritisme expérimental
[modifier | modifier le code]Selon la doctrine spirite, l’être humain serait schématiquement constitué de trois éléments[Note 4],[105] :
- les différentes matières organiques, les os, les muscles, le sang, etc. Cet ensemble constitue le corps physique ;
- la personnalité, l’intelligence, la conscience, la volonté, etc. Cet ensemble constitue l'esprit ;
- l’énergie qui met en mouvement les muscles, le cœur, etc., et qui détermine la force du corps, sa vigueur, sa santé. Cet ensemble constitue le périsprit.
Au moment de la naissance, les trois éléments se trouveraient intimement liés. Après le décès, le corps serait dissout et recyclé par la nature, l’esprit survivrait éternellement et l’énergie resterait systématiquement attachée à l’esprit (d’où son nom de périsprit). Comme cette énergie possèderait la faculté d’agir sur la matière (puisqu’elle animait le corps physique), alors elle pourrait encore être utilisée par l’esprit pour se manifester. Cette manifestation serait facilitée par la présence d’un ou plusieurs médiums[Note 6].
Un médium désigne une personne qui s’entraînerait à transmettre une part de sa propre énergie aux esprits[Note 6]. Selon les spirites, les habitants de l'au-delà utiliseraient cette énergie pour agir, soit sur les objets à proximité, soit directement sur le corps du médium qui deviendrait alors l'instrument des esprits[121].
Principes de la philosophie spirite
[modifier | modifier le code]La philosophie spirite développe les concepts suivants :
Les spirites croient que Dieu a créé l'homme sous la forme d’un esprit. C’est en tant qu’esprit que chaque créature est destinée à évoluer vers toujours plus de perfection. Pour réaliser cette progression, Dieu a donné une recommandation et avec elle le libre arbitre, c’est-à-dire la liberté et la responsabilité. Dieu a simplement prescrit aux hommes de l’aimer et d’aimer leurs semblables. C’est-à-dire de faire pour les autres ce que nous voudrions qu’ils fassent pour nous. À ce titre, Jésus de Nazareth représente un modèle exemplaire. Cette loi universelle conduit au progrès, puis à la perfection[122],[123],[124].
Pour progresser ou pour réparer d'éventuelles erreurs, les esprits peuvent s’incarner. Chaque humain sur Terre est l’un de ces esprits incarnés. C’est-à-dire temporairement lié à un corps de matière et sans souvenirs. La naissance provoque une amnésie temporaire, ainsi les actes de la vie restent spontanés et non pas conditionnés par la mémoire antérieure ou par des souvenirs pénibles. Les mauvais penchants de chacun, ainsi que ses vocations, sont des indications sur la raison de son incarnation. La vie terrestre est un temps d’épreuves et de probation destiné à corriger les défauts et à enseigner l’amour et la charité. Une personne peut être incarnée plusieurs fois. Le nombre et les conditions des incarnations dépendent de la manière dont une personne choisit de progresser. Les conditions de la vie sur la Terre découlent de situations antérieures à la naissance et également des décisions prises en cours de vie. Après le décès, la position occupée dans la vie spirituelle correspond également au mérite personnel[122],[123],[124].
Les spirites pensent que les esprits non incarnés peuvent communiquer avec l’humanité. Selon eux, l’objectif de cette communication avec l’au-delà est double. Premièrement, obtenir des informations sur la vie éternelle et deuxièmement en tirer un enseignement pratique. Les esprits arrivés à un haut niveau témoignent de leur joie et enseignent comment atteindre un bonheur semblable. Les esprits encore peu évolués sollicitent des conseils et attestent de leur souffrance causée par leur manque d'amour et de charité[122],[123],[124].
Les principaux slogans imprimés sur les ouvrages spirites sont : « hors la charité point de salut » (slogan le plus courant), « il n’y a de foi inébranlable que celle qui peut regarder la raison face à face », « naître, mourir, renaître encore et progresser sans cesse, telle est la loi » (inscription au fronton de la tombe d’Allan Kardec, cimetière du Père-Lachaise, Paris).
Principes moraux du spiritisme
[modifier | modifier le code]Allan Kardec développe un ensemble de thèses sociales, imprégnées du saint-simonisme[23], qu'il agrège dans une dizaine de chapitres et qu'il nomme « lois morales »[125], expression empruntée aux thèses d'Emmanuel Kant.
- Il nomme une première loi, dite d'adoration, selon laquelle l'être humain devrait être tourné vers Dieu, dans les actes et les pensées.
- La loi du travail pose que les efforts conduisent à l'évolution personnelle et au progrès général du monde visible et invisible.
- La loi de reproduction, qui aborde la question de la reproduction et du rôle des institutions maritales.
- La loi de conservation, où il traite des questions de subsistance et des moyens de survie.
- La loi de destruction, dans lequel il tente de donner une raison aux destructions naturelles ainsi qu'à celles causées par l'être humain.
- La loi de société, où il développe les principes qui devraient régler les sociétés humaines.
- La loi de progrès, qui postule que les êtres et les choses progressent indéfiniment jusqu'à Dieu et au-delà.
- La loi d'égalité, est une tentative d'explication et d'acceptation des inégalités, présentées comme une étape transitoire dans le progrès.
- La loi de liberté, dans laquelle il dénonce l'oppression des êtres humains, et des consciences.
- La dernière est la loi de justice, d'amour et de charité, reprend la morale chrétienne de vouloir pour autrui ce que l'on aimerait pour soi.
L'échelle d'évolution spirite
[modifier | modifier le code]L'échelle spirite est un des points importants de la doctrine[126]. Selon cette philosophie, le décès d’une personne ne la rend ni meilleure ni pire qu’auparavant et les habitants de l’au-delà affichent toutes les qualités et tous les travers de leur personnalité d'antan explique le docteur Paul Gibier dans Le spiritisme, étude historique, critique et expérimentale (1886)[Note 7],[Note 4]. Il en résulte une catégorisation des esprits qui s'organise en une échelle[127]. Il s'agit cependant d'une classification approximative puisque, selon la doctrine, les esprits ne sont absolument pas enfermés dans une catégorie, chacun pouvant progresser librement[Note 4].
Les « esprits imparfaits »
[modifier | modifier le code]Selon la philosophie spirite, les esprits dits « imparfaits » sont dominés par leurs passions et restent très attachés au monde matériel. Leurs propos peuvent être injurieux, arrogants ou stériles. Ils expriment leur malheur causé par la perte des honneurs ou des plaisirs terrestres. Ce type d’esprits se répartit en sous-catégories[128] :
Il existe tout d'abord les esprits impurs qui se montrent vicieux et qui promettent gloire et fortune. Les esprits légers sont quant à eux désœuvrés et cherchent à s'amuser aux dépens du groupe spirite. Les esprits faux-savants prétendent tout connaître et inventent des réponses fantaisistes sur tous les sujets. Les esprits neutres s'avèrent inoffensifs, mais restent obsédés par leur ancienne vie (certains d’entre eux s’imagineraient encore vivants). Enfin, les esprits perturbateurs se montrent tapageurs et stériles dans leurs actions[128],[129].
Selon Allan Kardec, un groupe spirite a pour mission de soulager ces esprits :
« Parmi les Esprits inférieurs, il y en a qui sont malheureux. Quelles que puissent être les fautes qu'ils expient, leurs souffrances sont des titres d'autant plus grands à notre commisération, que personne ne peut se flatter d'échapper à cette parole du Christ : « Que celui qui est sans péché lui jette la première pierre. » La bienveillance que nous leur témoignons est un soulagement pour eux ; à défaut de sympathie, ils doivent trouver l'indulgence que nous voudrions que l'on eût pour nous. »
— Le Livre des médiums, seconde partie, chapitre XXV, paragraphe 280
Les « bons esprits »
[modifier | modifier le code]Selon la philosophie spirite, les « bons esprits » sont résolument tournés vers le monde spirituel et ne conservent que quelques habitudes terrestres. Ils ressentent du bonheur à faire le bien et constituent une communauté solidaire. Ils possèdent une bonne compréhension de Dieu et de l’infini. Ils s’opposent efficacement à l’influence des esprits imparfaits. Ce type d’esprits se répartit en quatre sous-catégories[128] :
Les esprits bienveillants cherchent à devenir les protecteurs du groupe spirite et de leurs proches restés sur Terre. Les esprits savants se spécialisent quant à eux dans un domaine (musique, dessin, littérature, médecine, etc.) Les esprits sages développent des qualités spirituelles (comme la sérénité, la paix intérieure, la sagesse, etc.) Les esprits supérieurs enfin professent un enseignement d’un haut niveau moral et intellectuel[128],[129].
Selon Allan Kardec, un groupe spirite a pour mission d'écouter ces esprits :
« Le degré de supériorité ou d'infériorité des Esprits indique naturellement le ton qu'il convient de prendre avec eux. Il est évident que plus ils sont élevés, plus ils ont droit à notre respect, à nos égards et à notre soumission. »
— Le Livre des médiums, seconde partie, chapitre XXV, paragraphe 280
Les « purs esprits »
[modifier | modifier le code]Totalement détachés de la matière et arrivés par leurs efforts dans de hautes sphères, les purs esprits n’ont plus besoin de s’incarner. S’ils le font, c’est un sacrifice auquel ils consentent afin de réaliser une mission au bénéfice de l’humanité. La tradition populaire les désigne sous les noms d'anges, archanges ou séraphins[Note 4],[130],[129].
Symbolisme
[modifier | modifier le code]
Le spiritisme n'accorde pas d'importance aux symboles ou aux rituels[131]. Toutefois, à mesure que le mouvement spirite prend des accents de plus en plus religieux, celui-ci réutilise à son compte les symboles du christianisme, tels que Jésus, le triangle, Marie, etc. Subsiste un symbole introduit par Allan Kardec, le cep de vigne :
« Tu mettras en tête du livre le cep de vigne que nous t'avons dessiné, parce qu'il est l'emblème du travail du Créateur ; tous les principes matériels qui peuvent le mieux représenter le corps et l'esprit s'y trouve réunis : le corps c'est le cep ; l'esprit c'est la liqueur ; l'âme ou l'esprit unis à la matière, c'est le grain. L'homme quintessencie l'esprit par le travail et tu sais que ce n'est que par le travail du corps que l'esprit acquiert des connaissances. »
— Le Livre des Esprits, prolégomènes, page 2
Sociologie du spiritisme
[modifier | modifier le code]
En tant que mouvement social non conventionnel, aussi bien préoccupé par le progrès que par la morale, le spiritisme est parfois qualifié de « religion laïque »[132] ou de « religion sans clergé »[133] Il associe en effet les bases du christianisme avec l'idée de la réincarnation[134],[135], que remarque notamment Sir Arthur Conan Doyle dans son Histoire du spiritisme (1926-1927)[Note 8]. Il fonde ses concepts à la fois sur la tradition celte et sur la tradition chrétienne[136],[137]. Cette « religion de libres penseurs »[132] conforte la croyance en Dieu et à l'au-delà et s'oppose de fait à l'athéisme selon Djénana Kareh Tager[138].
Le spiritisme se fonde en grande partie sur l'enseignement moral de Jésus[139], qui est constamment cité en exemple dans tous les ouvrages de Kardec. Si Jésus n'est pas considéré comme Dieu, il est vu comme le plus haut des esprits incarnés sur la Terre, comme un guide et comme un médium sans pareil[140]. Tel que présenté par Kardec, « le spiritisme n'était que la réaffirmation des principes chrétiens fondamentaux »[141]. Par conséquent, des sociologues classent ce mouvement comme un courant du christianisme[142],[143],[37],[144], bien qu'il existe aussi quelques groupes spirites musulmans[145]. Les spirites se défendent pourtant d'appartenir à une religion et pensent plutôt adhérer à une philosophie[132].
La doctrine spirite se veut une science naturelle qui réfute l'existence de faits miraculeux ou surnaturels[5]. Elle rejette le principe de la foi aveugle au profit de la preuve en cherchant à s'appuyer sur l'expérimentation[7]. Cette philosophie affirme que c'est par la recherche scientifique que l'homme peut étendre ses connaissances à propos de la vie après la mort[146]. Elle puise ses convictions à la fois dans l'animisme primitif et dans les méthodes de la science moderne[147]. Allan Kardec estime que l'étude scientifique est le fondement d'une « foi raisonnée » car, selon lui, la foi ne peut s'appuyer que sur les faits et la logique[Note 9]. Ainsi, la philosophie des esprits déclare possible et nécessaire l'union de la science et de la religion[Note 9]. Pour ces raisons, le spiritisme kardéciste est parfois qualifié de « métaphysique matérialiste »[148] ou de « religion scientifique »[5].
Par ailleurs, comme la philosophie de Kardec considère que toutes les composantes de l'univers sont continuellement sur le chemin de l'évolution, le spiritisme fait beaucoup pour répandre le darwinisme dans les milieux populaires du XIXe siècle[149].
Enfin, en raison du fait que le spiritisme lutte au XIXe siècle pour le progrès social, pour le vote des femmes, contre la peine de mort, pour l'abolition de l'esclavage et le désarmement, des sociologues considèrent que ce mouvement rejoint par certains côtés le socialisme et même l'anarchisme[150]. Vécu comme un travail d'auto-amélioration moral, le spiritisme fait partie des courants réformateurs de la société[9], quelquefois qualifié de « socialisme chrétien »[151].
Psychiatrie et spiritisme
[modifier | modifier le code]Commentant le succès du mouvement spirite, le psychiatre Pierre Janet, voit dans Le Livre des Esprits de Kardec « un guide non seulement pour les spirites, mais également pour les esprits eux-mêmes »[152]. Les psychologues et psychiatres de la fin du XIXe siècle s'y intéressent en effet[153] et le spiritisme, par ses cas pratiques, permet de nouvelles conceptions de la maladie mentale et du champ métapsychique[154].
L'avènement du spiritisme joue « un rôle capital dans l'histoire de la psychiatrie dynamique », dans la mesure où il fournit indirectement aux psychologues d'alors de nouvelles méthodes pour étudier l'esprit humain d'après Henri F. Ellenberger. Ainsi, l'écriture automatique, qui est inventée par les spirites, a été l'un des premières méthodes d'exploration de l'inconscient[152], et étudiée notamment par Frederic W. H. Myers en 1885. L'engouement pour le spiritisme permit aussi d'étudier le « somnambulisme artificiel » caractéristique d'un nouvel état psychique, la transe médiumnique[155] mais aussi l'hallucination ou le rêve télépathique[156]. Le psychologue Michel Chevreul fait ainsi des expériences sur le phénomène de médiumnité et sur les tables tournantes et Jean-Martin Charcot démontre que ce phénomène favorise la compréhension des délires et hystéries.
D'autre part, le spiritisme ravive l'intérêt scientifique pour l'hypnotisme et aboutit, de fait, à « construire un nouveau schéma structurel de l'esprit humain[152]. » Le spiritisme, indirectement, favorise la naissance des deux écoles de la psychiatrie dynamique moderne, celle de Nancy et celle de la Salpêtrière[152].
La psychiatrie s'intéresse particulièrement à la figure du médium. Theodore Flournoy est le premier à étudier les médiums de façon systématique dans son ouvrage Des Indes à la planète Mars (1900). Il est suivi par Carl Gustav Jung qui y consacre une partie de sa thèse de médecine intitulée Psychologie et pathologie des phénomènes dits occultes. Un cas de somnambulisme chez une fille d'origine pauvre (médium spirite) (1902)[157].
Critiques et controverses
[modifier | modifier le code]
René Guénon
[modifier | modifier le code]Dès sa naissance, le spiritisme et son fondateur sont critiqués par les milieux ésotériques, politiques, médicaux, scientifiques et religieux. C'est tout d'abord René Guénon, figure de la littérature ésotérique, qui en 1923 qualifie Kardec d'« hypnotiseur » :
« Sous l'empire de sa volonté énergique, ses médiums étaient autant de machines à écrire, qui reproduisaient servilement ses propres pensées. Si parfois les doctrines publiées n'étaient pas conformes à ses désirs, il les corrigeait à souhait. On sait qu'Allan Kardec n'était pas médium, il ne faisait que magnétiser des personnes plus impressionnables que lui. »
— René Guénon citant Daniel Dunglas Home dans L'erreur spirite[158]
Dans le même ouvrage, René Guénon déclare que le spiritisme est « une pseudo-religion »[159] et qu'il s'agit de « la forme la plus simpliste et la plus grossière de toutes les doctrines néo-spiritualistes »[160]. Guénon qualifie par la suite Kardec « d'instituteur socialiste »[161].
Politique, médecine et parapsychologie
[modifier | modifier le code]En 1910, de la tribune de la Chambre des députés, l'écrivain Maurice Barrès dénonce le spiritisme au nom de la droite nationaliste[161] :
« Partout où en France disparaît la foi catholique, elle est remplacée par des superstitions, de l'hypnotisme, le charlatanisme des spirites et les instituteurs faisant tourner les tables[162]. »
À la même époque, au Brésil, un projet de loi envisage de rendre tout simplement le spiritisme illégal, mais n'aboutit pas[163]. La doctrine spirite est alors critiquée pour son discours politique qui associe les ectoplasmes à des thèses progressistes, pacifistes et féministes[150].
Par ailleurs, si de nombreux médecins métapsychistes espèrent découvrir dans les phénomènes spirites des facultés inconnues de l'homme, d'autres dénoncent les effets néfastes du spiritisme sur la santé mentale des pratiquants[Note 10]. Les médiums en particulier risqueraient un effacement de leur conscience et de leur volonté sous l'influence d'une entité, selon les spirites, ou des fantasmagories de l'inconscient, selon les sceptiques[Note 11]. Ainsi, durant la première moitié du XXe siècle, plusieurs médecins représentatifs du corps médical affirment que la pratique du spiritisme favorise le déclenchement de troubles mentaux chez les individus prédisposés[164].
Du côté de l'Académie des sciences, la plupart des savants du XIXe siècle n'accordent aucun crédit aux manifestations supposées des esprits[49]. Deux grands savants adhèrent néanmoins aux idées spirites[165] : William Crookes (1832-1919) qui améliore le tube cathodique et Charles Richet (1850-1935), prix Nobel de médecine. Les rédacteurs du Larousse de l'édition 1876 participent à la polémique et rédigent ainsi les articles « Spiritisme » et « Kardec »[166]:
« « Spiritisme » : il y a lieu, non point d'apprécier le spiritisme, on ne juge point en elles-mêmes d'aussi tristes folies, mais de l'expliquer et de lui assigner une place dans le cadre des maladies mentales. »
« « Kardec » : il contribua à répandre en France et en Europe cette funeste épidémie de supranaturalisme qui fit tant de ravages dans les esprits pendant une dizaine d'années (...). Il fonda sur les chimériques manifestations des esprits un ensemble de doctrines religieuses et morales. »
De nos jours, l'auteur le plus virulent contre le spiritisme est probablement le père jésuite Óscar González-Quevedo[167], parapsychologue controversé, dont les livres tels que Os Espíritos e os Fenômenos Parafísicos réfutent toute manifestation des défunts dans les phénomènes spirites.
Catholicisme et matérialisme
[modifier | modifier le code]La hiérarchie catholique affiche aussi très tôt son hostilité et perçoit le spiritisme comme une tentative de modernisation de la nécromancie. En 1898 et en 1917, la doctrine spirite est condamnée par le Saint-Office[168]. De manière générale, le catholicisme du XIXe siècle attribue les manifestations spirites au démon[169]. Le clergé catholique voit dans le spiritisme une dérive interprétative de son enseignement traditionnel[168] et rappelle que « l'Église défend au commun de ses fidèles de se livrer aux expériences spirites »[Note 12]. En 1861, l'évêque de Barcelone fait saisir les traductions espagnoles des livres de Kardec et ordonne leur crémation dans un autodafé publique[170]. Les cendres sont ensuite dispersées par un prêtre hué par une foule hostile au clergé[171]. En 1864, Le Livre des Esprits et Le Livre des médiums sont inscrits à l’Index librorum prohibitorum et l'Église de Rome en interdit la lecture à ses fidèles[172].
Enfin, les philosophies matérialistes affirment l'anéantissement de la conscience au moment de la mort[173] et s'opposent diamétralement à la philosophie spirite qui se fonde sur l'hypothèse de la survivance.
Notes et références
[modifier | modifier le code]Notes
[modifier | modifier le code]- ↑ Kardec 1859, p. 19.
- ↑ Définition formulée par Allan Kardec dans Qu’est-ce que le spiritisme ? en 1859 et reprise ensuite par l'encyclopédie Larousse : « Définition de « Spiritisme » », sur Larousse.fr (consulté le ).
- ↑ « Un humain incarné est employé comme médium entre le monde des humains et le monde des esprits lors des séances spirites », entrée « Spiritisme », in Encyclopédie Larousse, 2010.
- Allan Kardec, Le Livre des Esprits (1857), Introduction.
- ↑ Eugène Nus, « Les choses de l'autre monde », sur gallica.bnf.fr, (consulté le )
- Kardec 1861.
- ↑ Gibier 1896.
- ↑ Doyle 1981, p. 319.
- Kardec 1859, Chapitres 1 et 19.
- ↑ Dr Philippe Encausse, Sciences occultes et déséquilibre mental, Payot, Paris, 1923.
- ↑ Dr Pierre Boudou, Le spiritisme et ses dangers, Féret, Bordeaux, 1921
- ↑ Th. Mainage, professeur à l'institut catholique de Paris, La religion spirite, édition de la revue des jeunes, Paris, 1921, page 176.
Références
[modifier | modifier le code]- Cuchet 2007, p. 74-75.
- Prieur 2004, pages 44 et 62.
- ↑ Lantier 1971, p. 94.
- Kareh Tager 2006, p. 43.
- Parot 2004, p. 35-36.
- ↑ « Entrée « Spiritisme » », sur Dictionnaire étymologique du CNRS et du CNRTL (consulté le ).
- Aubrée, Azria et Hervieu-Léger 2010, p. 1183.
- ↑ Aubrée et Laplantine 1990, p. 31.
- Bergé 1990, p. 25
- Prieur 2004, p. 62.
- ↑ Laffon 1995, p. 21.
- ↑ Castellan 1995, p. 13.
- ↑ Gobin 2005, p. 140.
- ↑ Castellan 1995, p. 53.
- ↑ Castellan 1995, p. 15.
- ↑ Cuchet 2007, p. 83.
- Kareh Tager 2006, p. 53.
- ↑ Castellan 1995, p. 42.
- Aubrée et Laplantine 1990, p. 126.
- ↑ Castellan 1995, p. 47.
- ↑ Louis 2000, p. 212.
- ↑ (en) « Spiritism », sur religionresourcesonline.org (consulté le )
- Nicole Edelman, « Spiritisme et politique », Revue d'histoire du XIXe siècle. Société d'histoire de la révolution de 1848 et des révolutions du XIXe siècle, no 28, , p. 149–161 (ISSN 1265-1354, DOI 10.4000/rh19.626, lire en ligne, consulté le )
- Roger Bastide, « Le spiritisme au Brésil », Archives de Sciences Sociales des Religions, vol. 24, no 1, , p. 3–16 (DOI 10.3406/assr.1967.2629, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (pt-BR) Conexões-espiritualidade, política e educação- Dora Incontri, « Quem silencia o espiritismo?, por Dora Incontri », sur Jornal GGN, (consulté le )
- ↑ L'Illustration 1853-05-14 (lire en ligne)
- ↑ Bernard Dionysius Geoghegan, « Mind the Gap: Spiritualism and the Infrastructural Uncanny », Critical Inquiry, vol. 42, no 4, , p. 899–922 (ISSN 0093-1896, DOI 10.1086/686945, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Castellan 1995, p. 7.
- ↑ Bouchet 2004, p. 52.
- ↑ Bouchet 2004, p. 61.
- ↑ Girard 2005, p. 11.
- ↑ Aubrée et Laplantine 1990, p. 30.
- Aubrée et Laplantine 1990, p. 32.
- ↑ Auguste Viatte, « Les origines françaises du spiritisme », Revue d'histoire de l'Église de France, vol. 21, no 90, , p. 58
- ↑ Gibier 1896
- ↑ Castellan 1995, p. 70
- Aubrée 2000, p. 591.
- Aubrée et Laplantine 1990, p. 35.
- ↑ Aubrée et Laplantine 1990, p. 36.
- ↑ Aubrée et Laplantine 1990, p. 37.
- ↑ Aubrée et Laplantine 1990, p. 38.
- ↑ Aubrée et Laplantine 1990, p. 90.
- ↑ Guillaume Cuchet, Le purgatoire : Fortune historique et historiographique d'un dogme, Éd. École des hautes études en sciences sociales, , 331 p. (ISBN 978-2-7132-2340-2 et 2-7132-2340-7)
- ↑ (es) Masones en la nobleza de España: Una hermandad de iluminados (lire en ligne)
- Edelman et Chantin 2001, chap. "Rivail dit Allan Kardec", p. 206-207.
- ↑ Aubrée et Laplantine 1990, p. 96.
- Aubrée et Laplantine 1990, p. 97.
- ↑ Aubrée et Laplantine 1990, p. 98.
- Aubrée et Laplantine 1990, p. 99.
- ↑ (pt) « Biografia de Cosme Mariño », sur culturaespiritajau.com.br (consulté le )
- ↑ « Religion, le 15Oe anniversaire du spiritisme », sur cubania.com (consulté le )
- ↑ D'après La_Revue_spirite, n° spécial du troisième trimestre 2010, page 34.
- ↑ (en) « Spiritism Adherents by Country » [« spiritisme adhérents par pays »], sur chartsbin.com (consulté le )
- ↑ Edelman 1995, p. 134
- ↑ (pt) « Federaçao Espirita Brasileira » [« Fédération Spirite Brésilienne »], sur febnet.org.br (consulté le )
- ↑ et al. 1990, p. 114
- ↑ et al. 1990, p. 122
- ↑ (pt) « Biografia de Batuíra » [« Biographie de Batuira »], sur batuiranet.com.br (consulté le )
- ↑ (pt) « Augusto Militão Pacheco », sur espiritismogi.com.br (consulté le )
- ↑ (pt) « Caibar Schutel », sur espirito.org.br (consulté le )
- ↑ (pt) « O Clarim » [« le clairon »], sur oclarim.com.br (consulté le )
- ↑ Aubrée et Laplantine 1990, p. 138.
- ↑ (pt) « Biografia de Anália Franco » [« biographie d'Analia Franco »], sur mundomaior.wordpress.com (consulté le )
- ↑ Aubrée et Laplantine 1990, p. 141-142.
- ↑ (pt) « Eurípedes Barsanulfo », sur ceeb.org.br (consulté le )
- ↑ (pt) « Colégio Allan Kardec » [« collège Allan Kardec »], sur colegioallankardec.hpg.com.br (consulté le )
- ↑ (en) « José Arigó », sur paranormal-encyclopedia.com (consulté le )
- ↑ « Chico Xavier dans l'émission Pinga Fogo », sur youtube.com (consulté le )
- ↑ Jean-Pierre Langellier, « Un homme insignifiant », Le Monde, , p. 26.
- (pt-BR) Ricardo Toshio Bueno Hida et Suzana Ramos Coutinho, « “Brasil, Coração do Mundo, Pátria do Evangelho”: » [« Brésil, cœur du monde, patrie de l’Évangile », spiritisme et politique dans l’Estado Novo »], HORIZONTE - Revista de Estudos de Teologia e Ciências da Religião, vol. 22, no 67, , e226709 (ISSN 2175-5841, DOI 10.5752/P.2175-5841.2024v22n67e226709, lire en ligne, consulté le )
- Céline Dompierre, « Le spiritisme au Brésil », dumas.ccsd.cnrs.fr, , p. 132 (lire en ligne, consulté le )
- (pt) « Cruzada dos Militares Espíritas » [« Croix des militaires spirites »], sur cme.org.br (consulté le )
- ↑ Bouchet 2004, p. 91.
- ↑ (pt) « 60 Anos do Pacto Áureo », sur febnet.org.b (consulté le )
- ↑ Aubrée et Laplantine 1990, p. 161-162.
- (pt) Luiz Signates, « Cisma Religioso e Disputa Simbólica: tensão comunicacional no espiritismo brasileiro e panamericano » [« Schisme religieux et dispute symbolique : communication tendue dans le spiritisme brésilien et panaméricain »], Revista Fragmentos de Cultura - Revista Interdisciplinar de Ciências Humanas, vol. 23, no 1, , p. 39–50 (ISSN 1983-7828, DOI 10.18224/frag.v23i1.2711, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (es) Cándido Procopio de Camargo, Aspectos sociologicos del espirtismo en São Paulo, Fribourg, Feres, coll. « America Latina, Estudios sociologicos » (no 17), , 125 p. (lire en ligne
)
- Aubrée 2000, p. 595.
- ↑ (pt) « Religiões no Brasil » [« les religions au Brésil »], sur Brazilsite.com (consulté le )
- Aubrée et Laplantine 1990, p. 168.
- ↑ (pt) « Instituto Espírita Dias da Cruz - Utilidade Pública » [« Institut spirite Dias da Cruz - utilité publique »], sur ie-diasdacruz.org.br (consulté le )
- ↑ (pt) « Hospitais Espiritas (hôpitaux spirites) », sur amebrasil.org.br (consulté le )
- ↑ Aubrée et Laplantine 1990, p. 171.
- ↑ Fonseca 1991, p. 127.
- ↑ Aubrée 2006, p. 552.
- (pt-BR) Bernardo Lewgoy, « Uma religião em trânsito : o papel das lideranças brasileiras na formação de redes espíritas transnacionais » [« UNE RELIGION EN TRANSIT : LE RÔLE DES LEADERS BRÉSILIENS DANS LA FORMATION DES RÉSEAUX SPIRITES TRANSNATIONAUX »], Ciencias sociales y religión, Porto Alegre, vol. 13, no 14, , p. 93-117 (lire en ligne
)
- (pt-BR) Sinuê Neckel Miguel, « Disposições políticas no espiritismo brasileiro: » [« Dispositions politiques dans le spiritisme brésilien : entre « neutralité » conservatrice et aspirations socialistes »], Sæculum – Revista de História, vol. 25, no 42, , p. 86–104 (ISSN 2317-6725 et 0104-8929, DOI 10.22478/ufpb.2317-6725.2020v25n42.50928, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (pt) « Associação Brasileira dos Magistrados Espíritas » [« association brésilienne des magistrats spirites »], sur abrame.org.br (consulté le )
- ↑ (pt) « Associação Médico-Espírita do Brasil », sur amebrasil.org.br (consulté le )
- ↑ (pt) « Associação brasileira de psicólogos espíritas », sur abrape.org.br (consulté le )
- ↑ (pt) « Associação Brasileira de Artistas Espíritas » [« association brésilienne des artistes spirites »], sur abrarte.org.br (consulté le )
- ↑ (pt) « Associação Brasileira de Pedagogia Espírita » [« association brésilienne de pédagogie »], sur pedagogiaespirita.com.br (consulté le )
- ↑ (pt) « espiritismo Universidade de São Paulo », sur usp.br (consulté le )
- ↑ (pt) « Espiritismo » [« spiritisme »], sur ufjf.br (consulté le )
- ↑ (pt) « Museu Nacional do Espiritismo », sur sbee.com.br (consulté le )
- ↑ (pt) « Museu Espírita », sur encontralapa.com.br (consulté le )
- ↑ (pt) « Programma Transiçao », sur programatransicao.tv.br (consulté le )
- ↑ (pt) « espírita no cinema nacional », sur ultimosegundo.ig.com.br (consulté le )
- ↑ (pt) « Câmara aprova Dia Nacional do Espiritismo » [« la Chambre adopte la journée nationale du spiritisme »], sur Camara.gov (consulté le )
- ↑ (pt) « Sessão solene lembra 150 anos do Lívro dos Espíritos », sur Camara.gov (consulté le )
- ↑ (pt-BR) Célia da Graça Arribas, « Política, gênero e sexualidade: controvérsias espíritas entre progressistas e conservadores » [« Politique, genre et sexualité : controverses spirites entre progressistes et conservateurs »], Contemporânea - Revista de Sociologia da UFSCar, vol. 10, no 2, , p. 613–638 (DOI 10.31560/2316-1329.102.5, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (pt-BR) « Esta é a única cidade do Brasil onde o espiritismo é a maior religião », sur UOL, (consulté le )
- ↑ (pt-BR) Alexandre de Assis, « Brevíssimas reflexões sobre o desempenho do Espiritismo no Censo 2022 », sur Blog da ABPE, (consulté le )
- Lantier 1971, p. 274.
- Aubrée, Azria et Hervieu-Léger 2010, p. 1184.
- ↑ , et Souillac 2016, p. 3
- ↑ (pt) « Evangelização Espírita Infantil » [« évangélisation spirite pour les enfants »], sur ocentroespirita.com (consulté le ).
- ↑ (pt) « Espiritismo para crianças » [« Le spiritisme pour les enfants »], sur olivroespirita.com.br (consulté le ).
- ↑ (en) « Spiritism Adherents by Country » [« spiritisme adhérents par pays »], sur chartsbin.com (consulté le )
- ↑ Christian Bouchet, Kardec : Qui suis-je ?, Puiseaux, Editions Pardès, , 127 p. (ISBN 2-86714-293-8), p. 85
- ↑ Aubrée, Azria et Hervieu-Léger 2010, p. 1185.
- ↑ « Les yeux fermés », sur videotheque.cnrs.fr (consulté le )
- ↑ Christophe Pons, « Chapitre 1. Spiritisme islandais : L’histoire d’une invention », dans Les Liaisons surnaturelles : Une anthropologie du médiumnisme dans l’Islande contemporaine, CNRS Éditions, coll. « CNRS Alpha », , 28–51 p. (ISBN 978-2-271-12981-9, lire en ligne)
- ↑ Bouchet 2004, p. 107.
- ↑ Roger Bastide, « Le Messianisme raté », Archives de Sciences Sociales des Religions, vol. 5, no 1, , p. 31–37 (DOI 10.3406/assr.1958.1961, lire en ligne, consulté le )
- ↑ Bouchet 2004, p. 116.
- ↑ Roger Bastide, « Le spiritisme au Brésil », Archives de Sciences Sociales des Religions, vol. 24, no 1, , p. 3–16 (DOI 10.3406/assr.1967.2629, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (pt) Marcelo Camurça, « Conservadores x progressistas no espiritismo brasileiro: tentativa de interpretação histórico-hermenêutica », Plural, vol. 28, no 1, , p. 136–160 (ISSN 2176-8099, DOI 10.11606/issn.2176-8099.pcso.2021.176786, lire en ligne, consulté le )
- ↑ (pt-BR) Fabiano Cesar de Mendonça Vidal, Em torno do Nosso Lar : uma análise das controvérsias produizidas no movimento espírita (Maîtrise en Sciences des Religions), João Pessoa, Université fédérale de Paraíba, , 99 p. (lire en ligne), p. 35
- ↑ Castellan 1995, p. 44
- ↑ Bergé 1992, p. 40-41
- Castellan 1995, p. 45-55.
- Lantier 1971, p. 100-104.
- Prieur 2004, 68 à 80.
- ↑ Castellan 1995, p. 55
- ↑ Castellan 1995, p. 47
- ↑ Laffon 1995, p. 14.
- Castellan 1995, p. 48
- Pavesi 2008, p. 108-110.
- ↑ Castellan 1995, p. 49
- ↑ Kareh Tager 2006, p. 66.
- Aubrée et Laplantine 1990, p. 54.
- ↑ Edelman et Chantin 2001, p. 207.
- ↑ Kareh Tager 2006, p. 61.
- ↑ Castellan 1995, p. 51
- ↑ Lantier 1971, p. 162.
- ↑ Castellan 1995, p. 61
- ↑ Kareh Tager 2006, p. 55.
- ↑ Kareh Tager 2006, p. 54.
- ↑ Castellan 1995, p. 64
- ↑ Girard 2005, p. 12.
- ↑ Castellan 1995, p. 58
- ↑ « Les groupes religieux minoritaires chrétiens nés au XIXe siècle », sur Regis Dericquebourg.com (consulté le )
- ↑ Louis 2000, p. 217
- ↑ « Groupe El Houda d'étude et de recherche spirite », sur Groupe El Houda.org (consulté le )
- ↑ Castellan 1995, p. 15
- ↑ Lantier 1971, p. 161.
- ↑ Aubrée 2000, p. 592.
- ↑ Ladous 1989, p. 43
- Aubrée et Laplantine 1990, p. 76.
- ↑ Bergé 1990, p. 47
- Ellenberger 2008, p. 118.
- ↑ Si Ahmed 2006, p. 54-55.
- ↑ Le Maléfan 1999, Chapitre « L'utilisation du spiritisme dans l'élaboration du savoir psychiatrique », p. 188-207.
- ↑ Ellenberger 2008, p. 137.
- ↑ Le Maléfan 1999, p. 24-27.
- ↑ Ellenberger 2008, p. 150.
- ↑ Guénon 1974, p. 34.
- ↑ Guénon 1974, p. 3.
- ↑ Guénon 1974, p. 4.
- Aubrée et Laplantine 1990, p. 86.
- ↑ Ladous 1989, p. 53.
- ↑ Aubrée et Laplantine 1990, p. 122.
- ↑ Castellan 1995, p. 116
- ↑ Ladous 1989, p. 63.
- ↑ Aubrée et Laplantine 1990, p. 87.
- ↑ (pt) « Padre Quevedo », sur clap.org.br (consulté le )
- Aubrée et Laplantine 1990, p. 88.
- ↑ Castellan 1995, p. 106
- ↑ Castellan 1995, p. 108
- ↑ Lantier 1971, p. 98.
- ↑ « Index Librorum Prohibitorum (1948) », sur cvm.qc.ca (consulté le )
- ↑ Sciuto 1991, p. 225.
Annexes
[modifier | modifier le code]Articles connexes
[modifier | modifier le code]Liens externes
[modifier | modifier le code]
- Notices dans des dictionnaires ou encyclopédies généralistes :
- [PDF] Le Livre des Esprits d'Allan Kardec
- [PDF] Le Livre des médiums d'Allan Kardec
- [PDF] L'Évangile Selon le spiritisme d'Allan Kardec
- (fr) L'Encyclopédie spirite
- (fr) Site officiel du Conseil Spirite Français
Bibliographie
[modifier | modifier le code]
: document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.
Ouvrages spirites
[modifier | modifier le code]- Allan Kardec, Le Livre des Esprits : Philosophie spiritualiste, Paris, (lire sur Wikisource).
Contient les principes de la doctrine spirite, la nature des Esprits et leurs relations avec les hommes, les lois morales. - Allan Kardec, Le Livre des médiums : Spiritisme expérimental, Paris, (lire en ligne
[PDF]).
Contient les méthodes de communication avec les Esprits et les moyens de développer la médiumnité. - Allan Kardec, L'Évangile selon le spiritisme, Paris, (lire en ligne
[PDF])Contient l'explication des paroles du Christ et leur importance dans la vie quotidienne. - Allan Kardec, Le Ciel et l'Enfer : La justice divine selon le spiritisme, Paris, (lire en ligne
[PDF])Contient les différentes conditions de l'âme après la mort du corps physique. - Allan Kardec, La Genèse selon le spiritisme : Les miracles et prédictions selon le spiritisme, Paris, (lire en ligne
[PDF])Contient des explications sur la création de la Terre et sur les événements considérés comme miraculeux. - Allan Kardec, Qu’est-ce que le spiritisme ? : Introduction à la connaissance du monde invisible, Paris, (lire en ligne
[PDF]).
Contient un résumé pédagogique de la doctrine spirite. - Allan Kardec, Le Spiritisme à sa plus simple expression, Bron, Centre spirite lyonnais, (lire en ligne
[PDF]) - Léon Denis, Christianisme et Spiritisme : Preuves expérimentales de la survivance, Le Pecq, Les éditions Philman, 2006 (édition originale 1920) (lire en ligne
[PDF]) - Léon Denis, Dans l'invisible : Spiritisme et médiumnité, Le Pecq, Les éditions Philman, 2005 (édition originale 1922) (lire en ligne
[PDF]) - Union Spirite Française et Francophone, Le Spiritisme, qu'en savons-nous ?, Tours, USFF, (présentation en ligne)
Sources indépendantes
[modifier | modifier le code]- Paul Gibier, Le spiritisme : Étude historique, critique et expérimentale, Paris, Henry Durville, (lire en ligne sur Gallica
). 
- Jacques Lantier (dir. et sociologue), Le spiritisme : L'aventure d'une croyance, Paris, Grasset, coll. « Histoire des idées, des héros, des sociétés de la France secrète », .

- Jean Vartier, Allan Kardec : La naissance du spiritisme, Hachette, (BNF 35173334)
- Nicole Edelman (historienne), « Allan Kardec, le prophète du spiritisme », L'Histoire, Paris, no 98, , p. 62-69 (lire en ligne
) - Regis Ladous (docteur ès lettres, professeur à l'Université de Lyon III), Le spiritisme, Paris, Cerf, coll. « Bref », .

- Marion Aubrée (anthropologue) et François Laplantine (anthropologue), La Table, le Livre et les Esprits : Naissance, évolution et actualité du mouvement social spirite entre la France et le Brésil, Paris, Lattès, .

- Christine Bergé (ethnologue), La voix des Esprits : ethnologie du spiritisme, Paris, A.M. Métailié, coll. « Traversées », (lire en ligne sur Gallica).

- Giovano Sciuto, Guide du spiritisme, Paris, Marabout, coll. « Savoir pratique », .

- Claudia Fonseca, « La religion dans la vie quotidienne d'un groupe populaire brésilien », Archive des sciences sociales des religions, Paris, no 73, , p. 125-139 (lire en ligne sur Persée
[PDF]). 
- Christine Bergé (professeur, chercheur en ethnologie), « Transe et médiumnité en pays spirite », Archive des sciences sociales des religions, Paris, no 79, , p. 37-46 (lire en ligne sur Persée
[PDF]). 
- Nicole Edelman, Voyantes, guérisseuses et visionnaires en France: 1785-1914, Paris, A. Michel, coll. « Bibliothèque Albin Michel Histoire », (ISBN 978-2-226-07689-2).

- Yvonne Castellan (sociologue), Le spiritisme, Paris, Presses universitaires de France, coll. « Que sais-je ? » (no 641), , 8e éd.

- Martine Laffon, C'est quoi le spiritisme ?, Paris, De La Martinière Jeunesse, (disponible sur Internet Archive
). 
- Pascal Le Maléfan, Folie et spiritisme : Histoire du discours psychopathologique sur la pratique du spiritisme, ses abords et ses avatars, 1850-1950, L'Harmattan, , 337 p. (ISBN 978-2-7384-8241-9, disponible sur Google Livres
). 
- Marion Aubrée (anthropologue), « Les nouveaux mouvements religieux : La nouvelle dynamique du spiritisme kardéciste », Ethnologie française, Paris, vol. 30, no 4, , p. 591-599 (JSTOR 40991514).

- Christian Bouchet (docteur en ethnologie, journaliste), Kardec : Qui suis-je ?, Pardès, .

- Christian Bouchet (docteur en ethnologie, journaliste), Spiritisme, Puiseaux, Pardès, coll. « B.A.-BA », .

- Jean Prieur (historien), Allan Kardec et son époque, Monaco, Editions du Rocher, (lire en ligne
). 
- Nicole Edelman (historienne), « Spiritisme et politique », Revue d'Histoire du XIXe siècle, Paris, no 28, , p. 149-161 (DOI 10.4000/rh19.626
) - Françoise Parot (psychologue), « Honorer l'incertain : la science positive du XIXe siècle enfante le spiritisme », Revue d'histoire des sciences, Paris, no 57, , p. 33-63 (lire en ligne sur Persée
[PDF]). 
- Emma Gobin (anthropologue), « Le triomphe des croyances : catholiques et spirites autour de la tombe d'Allan Kardec », Terrain, Paris, no 45, , p. 139-152 (DOI 10.4000/terrain.3617
). 
- Djénane Kareh Tager (journaliste), Le spiritisme, Paris, plon, coll. « Petite bibliothèque des spiritualités », .

- Marion Aubrée (anthropologue), « Brésil : santé mentale et sphère magico-religieuse », Revue Tiers Monde, Paris, no 187, , p. 547-556 (DOI 10.3917/rtm.187.0547
). 
- Djohar Si Ahmed, Comment penser le paranormal : psychanalyse des champs limites de la psyché Psychanalyse et civilisations, Éditions L'Harmattan, , 348 p. (ISBN 978-2-296-01641-5, disponible sur Google Livres
) - Guillaume Cuchet (historien des religions), « Le retour des esprits : la naissance du spiritisme sous le Second Empire », Revue d'Histoire Moderne et Contemporaine, Paris, , p. 74-90 (DOI 10.3917/rhmc.542.0074
). 
- Lucia Pavesi (sociologue, psychologue et para-psychologue), Spiritisme et communication avec l'au-delà, Paris, De Vecchi, .

- Henri F. Ellenberger, Histoire de la découverte de l'inconscient, Paris, Fayard, , 975 p. (ISBN 978-2-213-61090-0 et 2-213-61090-8).

- Claire Souillac, « Le kardécisme actuel sur trois continents : circulation, identité et réinvention », Cahiers de l’Urmis, no 16, (DOI 10.4000/urmis.1342
) - Claire Souillac (anthropologue) (sous la direction de Florent Kohler (anthropologue), Miriam Rabelo (anthropologue) et de Olivier Compagnon (historien)), Le kardécisme : un nouvel avatar initiatique ? (Thèse de doctorat en Études hispaniques et latino-américaines), Paris, Sorbonne Paris Cité, , 373 p. (HAL tel-02147403, présentation en ligne)
Autres sources intégrant le spiritisme dans un sujet plus large
[modifier | modifier le code]- Th. Mainage (professeur à l'institut catholique de Paris), La religion spirite, Paris, éditions de la revue des jeunes, (disponible sur Internet Archive
). 
- René Guénon, L'erreur spirite, Villain et Belhomme, Éditions traditionnelles, , 3e éd. (lire en ligne
[pdf, doc, rtf]) - Arthur Conan Doyle (trad. de l'anglais), Histoire du spiritisme [« The history of spiritualism »], Paris, Le Rocher, (1re éd. 1926 et 1927) (lire en ligne
[pdf, doc, epub, html]). 
- Régis Ladous, « Le spiritisme et les démons dans les catéchismes français du XIXe siècle », dans Jean-Baptiste Martin (dir.), Massimo Introvigne (dir.), Le Défi magique, vol. 2, Presses universitaires de Lyon, (ISBN 978-2-7297-0496-4, DOI 10.4000/books.pul.11024
), p. 203–228 - René Louis (enseignant universitaire), Les explorateurs de l'invisible, Paris, Editions du Félin, Philippe Lebaud, (disponible sur Internet Archive
), p. 212-230. 
- Nicole Edelman et Jean-Pierre Chantin (dir.), Dictionnaire du monde religieux dans la France contemporaine : Les marges du christianisme, vol. 10, Paris, Beauchesne, avec le concours de l'université Jean-Moulin (Lyon III) et de l'institut d'histoire du christianisme, , p. 206-207 (chapitre : Rivail, dit Allan Kardec).

- Jean-Pierre Girard, Encyclopédie de l'Au-delà, Paris, Trajectoire, , p. 7-16.

- Nicolas Maillard (journaliste) et Grégory Gutierez (journaliste), Les aventuriers de l'esprit : une histoire de la parapsychologie, Paris, Presses du Chatelet, , p. 20 à 23
- Marion Aubrée (dir.), Régine Azria (dir.) et Danièle Hervieu-Léger (dir.), Dictionnaire des faits religieux, Paris, Presses universitaires de France, avec le concours du Centre National du Livre, , p. 1183-1186.

- Françoise Parot, L’esprit en héritage. D’où vient l’esprit qui hante la psychologie ?, Paris, Éditions Matériologiques, coll. « Essais », , 256 p. (ISBN 9782373613216, lire en ligne
)