Plouzévédé

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Plouzévédé
Plouzévédé
Chapelle Notre-Dame de Berven, monument historique
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Morlaix
Canton Landivisiau
Intercommunalité Pays de Landivisiau
Maire
Mandat
Viviane Pluchon
2014-2020
Code postal 29440
Code commune 29213
Démographie
Gentilé Plouzévédéens
Population
municipale
1 792 hab. (2015 en augmentation de 6,41 % par rapport à 2010)
Densité 97 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 36′ nord, 4° 08′ ouest
Superficie 18,51 km2
Localisation

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Plouzévédé [pluzevede] est une commune du département du Finistère, dans la région Bretagne, en France.

Un patrimoine culturel riche, dominé par la chapelle Notre Dame de Berven (1576) dont le clocher, premier du genre, a influencé l'Art breton. Outre l'église Saint Pierre de Plouzévédé, il existe également de nombreuses croix, fontaines, manoirs et moulins, des vestiges de mottes féodales et de trois autres chapelles.

Géographie[modifier | modifier le code]

Située par 48°36 N et 4°08 W, en plein cœur du Léon, la commune de Plouzévédé est un lieu habité depuis longtemps comme l'atteste la stèle pré-chrétienne de Bel Air.

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Toponymie[modifier | modifier le code]

En breton, c'est Gwitevede car les Bretons ont toujours su faire la différence entre un Plou qui signifie paroisse, territoire, englobant ainsi la globalité de l'espace, et un Gwi(g) qui est le chef-lieu de ce territoire ou paroisse.

Histoire[modifier | modifier le code]

Époque moderne[modifier | modifier le code]

Un voyageur rapporte qu'en 1832 il y avait dans la chapelle de Berven, construite entre 1573 et 1580, des sculptures représentant un homme et une femme « absolument nus et occupés à une action des plus indécentes » ; leurs parties sexuelles étaient « exprimées de la manière la plus prononcée » ; celles de l'homme étaient même « prodigieuses ». C'est qu'à cette époque les anciens cultes pré-chrétiens de la fécondité et de ses organes se mêlaient encore au christianisme[1].

En 1594, pendant les Guerres de la Ligue, François de Coëtnempren, seigneur de Kerdélégan[2], était capitaine des arquebusiers des paroisses de Cléder, Plouescat, Treffaouënan [Tréflaouénan], Guitevedé [Plouzévédé] et Plounéour [Plounévez-Lochrist][3].

Vers 1660, il y avait, sans compter les diacres et les sous-diacres, une quinzaine de prêtres dans la paroisse de Plouzévédé[1].

En réponse à l'enquête organisée en 1774 par l'évêque de Léon, Jean-François de La Marche, le recteur de Plouzévédé écrit : « Ma paroisse est composée d'environ 1 400 communiants[4], dont environ 400 sont très aisés, 500 "bons médiocres", 300 sont journaliers ou gens de métier, dont 150 sont très mal à leur aise, n'ayant pas de pain chez eux les trois quarts du temps, presque jamais un morceau de viande (...) et les autres 200 des mendiants »[5].

Révolution française[modifier | modifier le code]

En 1792, en réponse à une enquête, la municipalité de Plouzévédé répond que le nombre de personnes « qui ont besoin d'assistance » est de 260 (sur 1726 habitants)[6].

En mars 1793, les paysans révoltés du Léon s'insurge à l'occasion de la levée de 300 000 hommes, après leur défaite lors de la bataille de Kerguidu, se soumirent à Canclaux, commandant en chef de l'Armée des côtes de Brest ; ils remirent leurs armes, des otages, et payèrent les frais de l'expédition[7].

Les communes insurgées acceptent le les conditions suivantes : « tous les particuliers (...) seront désarmés dans tiers [trois] jours à la diligence de leurs conseils généraux (...) et tous les fusils seront remis et toutes autres armes offensives, aux administrateurs de leurs districts respectifs (...) ; le contingent des dites communes sera fourni dans tout délai de demain (...) ; les frais de l'emploi de la force armée et autres dépenses nécessitées par la révolte des paroisses seront réglées par une contribution dont la masse sera répartie entre les dites paroisses (...), et payée dans tiers jours après qu'elle sera connue ; (...) les principaux coupables et les chefs de l'insurrection dans chacune des trois communes seront désignés par elles aux commissaires ; (...) les cloches des dites paroisses seront descendues[8] (...) ; les ponts abattus par les rebelles seront rétablis aux fais des paroisses insurgées (...) ; les communes (...) fourniront chacune quatre otages de choix et parmi leurs notables habitants pour sûreté de l'accomplissement des conditions ci-dessus (...) ». Le conseil municipal de Plouzévédé accepta ces conditions et désigna comme coupables Jean Le Roux, « qu'on avait vu monter à cheval pour chercher le monde » et Joseph Le Roux, « qui avait dit que celui qui reculerait serait brûlé » : Jean Prigent, maire, et Olivier Mesguen, juge de paix de cette commune, sont également arrêtés. Plouzévédé (et Saint-Vougay) dût payer 13 632 livres[9].

Le , Guillaume Charles[10], qui était vicaire à Saint-Thégonnec, fut élu recteur constitutionnel de Plouzévédé ; assiégé par une foule de paroissiens dans l'auberge où il s'était installé, il dut se réfugier à Berven ; le district envoya 45 gardes nationaux et soldats afin de l'imposer aux paroissiens. Didier Galès, recteur réfractaire de Plouzévédé, réfugié à Cléder, fut incarcéré en décembre 1793 au château de Brest et y mourut le [1].

Jean Prigent, né le à Lanneusfeld en Sibiril, marié le à Tréflaouénan avec Jeanne Le Roy, maire de Plouzévédé à partir de décembre 1792, participa le à l'émeute du bourg de Plouescat ; il nia y avoir joué un rôle de meneur, mais le tribunal criminel de Brest le condamna à mort, attendu que « Jean Prigent est (...) convaincu d'avoir porté les armes à la tête de 1 500 révoltés qui se rendirent avec des fusils, fourches, faux et bâtons et par la suite dans le même jour au bourg de Plounévez ». Il fut guillotiné le à Lesneven[11].

« Il existe dans le ci-devant district de Lesneven 70 prêtres réfractaires dont 6 à Plouzévédé, autant à Cléder, Plounévez-Lochrist et Plouguerneau » écrit le le commandant de la colonne mobile de Lesneven[1].

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le pourcentage de conscrits illettrés à Plouzévédé entre 1858 et 1867 est de 56 %[12].

La forte pratique religieuse[modifier | modifier le code]

Vers 1890, il y avait plus de 99 % de messalisants[13] dans le canton de Plouzévédé, ainsi que dans le canton voisin de Lesneven[1].

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

La Première Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

La Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

L'après Seconde Guerre mondiale[modifier | modifier le code]

L'école publique, devenue mixte, n'a que 31 élèves en 1953 contre 78 garçons et 106 filles dans les deux écoles privées catholiques de la commune[12].

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Le canton de Plouzévédé regroupait les communes de Cléder, Plouvorn, Plouzévédé, Saint-Vougay, Tréflaouénan et Trézilidé, il fut supprimé en 2015 après le redécoupage.

Liste des maires[modifier | modifier le code]

Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
2014-2020 en cours Viviane Pluchon DVD Employée
Les données manquantes sont à compléter.

Jumelages[modifier | modifier le code]

La ville de Plouzévédé est jumelée avec :

Patrimoine[modifier | modifier le code]

Monuments religieux[modifier | modifier le code]

  • Chapelle Notre-Dame-de-Berven (XVIe siècle). Beffroi à deux étages couronné par un dôme, ayant servi de tour de guet et de modèle pour l'art breton.
  • Cimetière et enclos paroissial, comprenant une clôture, quatre piliers d'entrée ainsi qu'un arc de triomphe (classés en 1909).
  • Église Saint-Pierre-et-Saint-Paul. De 1655 à 1672, sa tour est construite et l'ensemble est édifié en 1762 par Jean Nédélec puis en 1871 les bas-côtés sont élargis.
  • Tumulus, fouillé en 1901.

Monuments civils[modifier | modifier le code]

  • Château de la Motte (Castel-ar-Vouden)
  • Manoir de Kerham
  • Moulin de Band et son enceinte, entouré de douves (XVIIIe siècle). Jusqu'en 1966, il produit de la farine de sarrasin, dite « blé noir ».
  • Moulin de Coat-Ar-Gars

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
2 6541 5661 6611 7121 8962 1342 1102 1072 010
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
1 8501 9461 9251 7571 8661 8941 9061 8781 908
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
1 8941 9252 0171 9101 8941 8811 7951 7171 506
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2006 2007 2012
1 5721 5701 5431 4611 4161 3531 5461 5731 772
2015 - - - - - - - -
1 792--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[14] puis Insee à partir de 2006[15].)
Histogramme de l'évolution démographique

Événements[modifier | modifier le code]

Naissances[modifier | modifier le code]

  • D'après la tradition, Saint Hervé serait né au hameau de Lanrioul. Un champ porte le nom de Gueredic saint Hervé. On y montre d'ailleurs une pierre sur laquelle il a creusé l'empreinte de ses genoux à force d'y venir prier.

Décès[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • « Le petit train Rosporden-Plouescat », Roman d'Annick Fleitour, Éditions Ressac, 2001. [historique de la ligne de chemin de fer à voie métrique qui desservait Plouzévédé de 1912 à 1935]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c d et e Jean Rohou, "Catholiques et Bretons toujours ? (essai sur l'histoire du christianisme en Bretagne)", éditions Dialogues, Brest, 2012, [ (ISBN 978-2-918135-37-1)]
  2. François de Coëtnempren était seigneur de Kerdournant en Tréflaouénan
  3. Anatole de Barthélémy, "Choix de documents inédits sur l'histoire de la Ligue en Bretagne", 1880, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k110009t/f85.image.r=Cl%C3%A9der?rk=4978565;2
  4. Personnes en page de communier
  5. Cité par Jean Rohou, "Fils de ploucs", tome 1, 2005, éditions Ouest-France, [ (ISBN 2-7373-3452-7)]
  6. Jean Rohou, "Fils de ploucs", tome 1, 2005, éditions Ouest-France, [ (ISBN 2-7373-3452-7)]
  7. A. Marteville et P. Varin, "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne", tome 1, 1843, consultable https://books.google.fr/books?id=DI8DAAAAYAAJ&printsec=frontcover&dq=bibliogroup:%22Dictionnaire+historique+et+g%C3%A9ographique+de+la+province+de+Bretagne%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj-_Yzm8PnYAhVEWhQKHQRmANoQ6AEIODAD#v=onepage&q=Cl%C3%A9der&f=false
  8. Le juge de paix de Saint-Pol, le , « considérant (...) que les soulèvements et attroupements continuels (...) ne se font dans les campagnes qu'au son du tocsin qui se fait entendre d'une paroisse à l'autre (...), prions (...) les citoyens commandant les volontaires nationaux, (...) faire descendre toutes les cloches des paroisses de Plougoulm, Sibiril, Cléder, Tréflaouénan, Plouzévédé, Berven et Plouénan, afin d'éviter les rassemblements qui se forment journellement et qui occasionnent une insurrection dans ces paroisses ». Décidée avant même la bataille de Kerguidu, cette mesure fut appliquée seulement après celle-ci.
  9. Paul Peyron, "Documents touchant l'insurrection du Léon en mars 1793", 1902, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5656046p/f89.image.r=Cl%C3%A9der
  10. Guillaume Charles fut par la suite recteur de Plounéour-Ménez
  11. <Albert Laot, "La bataille de Kerguidu. Révolte contre-révolutionnaire en Basse-Bretagne, mythe et réalité", Skol Vreizh n°65, 2013
  12. a et b Jean Rohou, "Fils de ploucs", tome 2, 2007, éditions Ouest-France, [ (ISBN 978-27373-3908-0)]
  13. Personnes se rendant régulièrement à la messe
  14. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  15. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.

Liens externes[modifier | modifier le code]

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