Famille du Chastel

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Famille du Chastel
Image illustrative de l’article Famille du Chastel
Armes

Blasonnement Fascé d’or et de gueules de six pièces
Devise "S'il plaît à Dieu"
Branches ainée
Mezle
Bruillac
Kerlec'h
Coëtangars (Pont-ar-C'hastel)
Coetelez
Période XIIIe siècle - XIXe siècle XIe siècle - XIXe siècle (hypothèse suivant justification de 1491)
Pays ou province d’origine Bretagne
Demeures Château de Trémazan
Tour Tanguy
Charges Grand écuyer de France
Grand maître d'Hôtel de Bretagne
Grand sénéchal de Provence
Prévôt de Paris
Gouverneur de Lyon
Chambellan du roi de France
Grand panetier du roi de France
Fonctions militaires Lieutenant-général
Fonctions ecclésiastiques Evêque de Tréguier
Evêque de Saint-Brieuc
Evêque de Carcassonne
Evêque d' Uzès
Evêque de Nîmes
Archevêque de Vienne
Protonotaire du Saint-Siège

La famille du Chastel était une des maisons nobles les plus puissantes du diocèse de Léon, dans le nord-ouest de la Bretagne. La seigneurie principale avait au XIVe siècle son siège au château de Trémazan, à Landunvez (Finistère).
Cette famille s'est éteinte à la fin du XIXe siècle.

Origine[modifier | modifier le code]

La famille du Chastel semble tirer son nom de la seigneurie du Chastel en Plouarzel, non loin de Saint Renan.

L’armorial et nobiliaire de l’évêché de Léon, par le marquis de Refuge[1], les mentionnent comme "Sr dudit lieu, Par. De Ploëarzmel" (Plouarzel). Il ajoute: "La seigneurie du Chastel est une ancienne bachelerie relevant de la vicomté de Léon".

Frédéric Morvan dans son étude sur le Livre des Ostz indique, parmi les noms cités en 1294, celui d’Hervé du Chastel, et précise : "Les Du Chastel tirent, semble-t-il, leur nom de la seigneurie du Chastel, en Plouarzel, qui contenait le château de Pont-ar-C'hastel, relevant du duc depuis 1274."[2].

A la réformation de 1491, la famille du Chastel avait justifié de quatorze générations[3], dans l'hypothèse d'une continuité des générations, ceci semble permettre de situer les premiers degrés au XIe - XIIe siècle.

En 1274, le 6 juin, Bernard du Chastel apparaît dans un acte comme témoin garantissant la cession au duc Jean Ier de Bretagne d'un emplacement à Penfeld[4],[5] près de Brest; sous la forme "nobili viro domino Bernardo de Castro" (noble homme le seigneur Bernard du Chastel), acte auquel était appendu le sceau équestre reproduit par Dom Morice. En 1276, le 26 octobre, est cité "Monsour Bernart dou Chastel, chevaler"[6] dans un acte où Hervé, vicomte de Léon vend au duc de Bretagne Jean Ier de la maison de Dreux, tout ce qu'il lui reste de son patrimoine[7].

En 1343, le 4 février, Tanguy du Chastel "Tanguino de Castello de Britannia" reçoit le château de Coëtgarz (château de Pont-ar-C'hastel paroisse de Plouarzel) de Guillaume de Bohun comte de Northampton, lieutenant-général en Bretagne du roi Edouard III et par la suite gouverneur de Bretagne; don confirmé par le roi Edouard III "roi de Englelerre et de France" en 1351, le 9 mars[8][9]. Ultérieurement sera cité Guillaume sire du Chastel et de Coëtangars (sire du Chastel et de Pont-ar-C'hastel)[10].

L'acquisition du château de "Coëtangars-Pont-ar-C'hastel" en 1343 est daté de la période de construction, ou reconstruction du château de Trémazan estimé vers 1330-1350 d'après une datation dendrochronologique des éléments de bois conservés dans la structure. La Tour Tanguy, fondée selon la tradition par Tanguy Ier du Chastel date également du XIVe s.

La construction du château de Trémazan ne débutera qu'au XIVe siècle. Il remplaça alors le manoir de Plouarzel comme résidence principale de la famille.

La famille du Chastel fut replacée au XVe siècle dans un récit légendaire : la légende de saint Tanguy, ou Tanguy de Locmazhé, qui aurait vécu au VIe siècle.

Les du Chastel appartenaient à la haute aristocratie bretonne du Moyen-Âge et de la Renaissance, et comptaient parmi les quatre familles les plus importantes du Léon, qu'un ancien dicton caractérise en ces termes : « antiquité de Penhoët, vaillance du Chastel, richesse de Kermavan et chevalerie de Kergounadeac'h ».

Les fiefs du Chastel s'étendaient sur une grande partie du Léon. Landunvez est au cœur d'un territoire s'étendant sur 25 paroisses avec des juridictions à Brest, Lannilis et Cléder.

Personnages marquants[modifier | modifier le code]

Tanneguy III du Chastel sauvant le Dauphin , futur Charles VII

Des membres de la famille du Chastel ont joué un rôle de premier plan en Bretagne et en France. Parmi eux :

Deux seigneurs du Chastel ont été inhumés, par décision des rois de France, à la basilique Saint-Denis :

Généalogie[modifier | modifier le code]

A la réformation de 1491, la famille du Chastel avait justifié de quatorze générations[3].

Cette généalogie[11] est simplifiée et reste lacunaire[12] :

Sceau équestre avec armoirie à 5 ou 6 fasces de Bernard du Chastel - 1274 - d'après Dom Morice
La Tour Tanguy de Brest bâtie par Tanguy Ier du Chastel.
L'hôtel de Tanneguy du Chastel à Recouvrance (dessin du XIXe siècle)
  • 1057 à Nantes et 1080 à Rennes : premières mentions de membres de la famille du Chastel dans des actes officiels
  • 1185 : deux membres de la famille du Chastel participent à une assise tenue cette année-là par Geoffroy II de Bretagne, duc de Bretagne.
  • vers 1250 : Bernard du Chastel époux d'Amé/Anne de Léon, scelle de son sceau un acte en 1274. « Il y est représenté à cheval, tenant l'épée haute de sa main droite, et soutenant de la gauche un écu chargé de fasces, le cheval caparaçonné aux mêmes armes. »[13]
    • fin XIIIe siècle : Hervé du Chastel (son existence est attestée par des actes de 1288 et 1294), époux de Sybille de Leslem, reçoit en fief le bourg de Recouvrance en remerciement de sa résistance lors d'un siège de Brest par les Anglais, probablement en 1296. « La Motte-Tanguy, sur laquelle s'élèvera plus tard, à l'initiative de Tanguy Ier du Chastel, la bastide de Quilbignon, marquait le siège de cette juridiction »[14]. Cette tour, désormais connue à Brest sous la dénomination de Tour Tanguy, avait été construite pour asseoir le pouvoir de cette seigneurie, en face du château qui représentait le pouvoir ducal.
      • Bernard II du Chastel, époux d'Éléonore de Rosmadec.
      • Juzette du Chastel, épouse d'Yvon le Moyne, chevalier, duquel sont issus les seigneurs de Trévigner en l'évêché de Léon.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Armorial et nobiliaire de l'évêché de Saint-Pol-de-Léon en 1443 par le marquis de Refuge, retirage Memodoc (ISBN 2-914611-09-9)
  2. Frédéric Morvan : Le Livre des Ostz (1294), un éclairage sur les rapports du duc avec la noblesse bretonne à la fin du XIIIe siècle, in Noblesses de Bretagne du Moyen âge à nos jours, Jean Kerhervé (dir.), consultable https://books.openedition.org/pur/22845
  3. a et b Prosper Jean Levot, Biographie Bretonne - Tome 1, Vannes, Cauderan, , p338
  4. Société académique de Brest. Auteur du texte ("Penfeld" "Penfeel" cité page 250 : "il est naturel d'inférer que les seigneurs (de la maison du Châtel) étaient propriétaires de la Penfeld ou tout du moins d'un droit de parcours sur toute son étendue."), Bulletin de la Société académique de Brest - 1861 (Tome 2)-1862., Paris, (lire en ligne), p249-307
  5. Hypothèse de rapprochement entre un "lieu", probable "château d'importance / ville close" et la Penfeld : "Le château de Brest est situé au centre-ville. Son entrée principale s'ouvre sur le boulevard des Français-Libres. Il est construit sur un éperon rocheux que la rivière a creusé dans la falaise à l’embouchure de son estuaire. Depuis ce lieu où il domine la mer, il contrôle l’accès à la Penfeld et la remontée de l’Élorn vers Landerneau tout en surveillant une majeure partie de la rade et son entrée : le goulet." (Source: Château de Brest)
  6. Bernard du Chastel était époux d' Amé/Anne de Léon. Amé de Léon est aussi le nom de la fille d'Hervé IV vicomte de Léon, avec elle s'éteint le lignage des vicomtes de Léon.
  7. Contributeur: La Borderie, Arthur Le Moyne de (1827-1901). Éditeur scientifique., Recueil d'actes inédits des ducs et princes de Bretagne (XIe, XIIe, XIIIe siècles) / publ. et annotés par Arthur de La Borderie,..., Rennes, Impr. de C. Catel (Rennes), , Format : 1 vol. (326 p.) ; 24 cm Nombre total de vues : 337 p. (lire en ligne), p250-251 et p261-263
  8. Don du château de Coëtgarz à Tangui du Chastel par le comte de Northampton, lieutenant-général en Bretagne du roi Edouard III, et confirmation de ce don par ce roi. 4 février 1343 et 9 mars 1351 (n. st.). "Rex omnibus ad quos, etc., salulem. Inspeximus literas patentes dilecli consanguinei et fidelis nostri, Willelmi de Bohun, comitis Northampton, nuper capitanei et locum nostrum tenentis in ducatu Britannic, dilecto et fideli nostro Tanguino de Castello de Britannia, faclas in hec verba : A touz ceus qui ces présentes lettres verront et orront, Guillaume de Bohun, conte de Northenton, conestable d'Angleterre et leutenant en Bretaigne pour nostre sire le roi de Englelerre et de France, guarde de Bretagne pour Johan duc de Bretaigne, conte de Montfort et de Richemont et viconte de Lymoges, saluz......... donnons et otroions audit Monsr Tangui, à ses heirs et son commandement, à fin de heritage, le manoir de Coëtguarz (1), O le moulin, estanc, bois et prez appartenenz audit manoir, ensamble O deus cenz libvres de rente levable, à avoir et lever dou proche doudit manoir ès terres et heritages audit duc jadis, sciiz entier ou terrouer de la ville de SanteRenan, c'est à savoir en eschange et pour lesdits deus cenz libvres que ledit Monsr Tangui devoit avoir en la chastelanie de Brest." (1) La seigneurie du Chastel se partageait en trois membres, : 1° le Chastel à Brest; 2° le Chastel à Lannilis; 3° le Chastel à Cléder. Sous le premier de ces membres, dans le domaine proche du seigneur du Chastel était compris, en la paroisse de Plouarzel, " un vieux chasteau nommé » Coëthars; un moulin nommé Pont-ar-Chastel, couvert d'ardoise, avec sa » chaussée, son estang, droit de submergie d'eau, " etc. (Déclaration de la seigneurie du Chastel à Brest, du 17 mai 1686, dans la collection des Déclarations, Domaine de Brest, t. X, n° 1er, p. 1 ; Arch. de la Loire-Infre, fonds de la Ch. des Comptes de Bretagne). — Ce château était situé au milieu de l'étang, dont il est ici question, et c'est pourquoi on le désigne parfois lui-même sous le nom de château de Pont-ar- Chastel."
  9. Mémoires de Charles Gouyon : baron de La Moussaye (1553-1587) / publiés, d'après le manuscrit original par G. Vallée,... P. Parfouru,..., Paris, Vallée, George (1853-1926). Éditeur scientifique. Parfouru, Paul (1846-1905). Éditeur scientifique., , 1 vol. (XXXVI-248 p.) : pl., portr., fac-sim., carte ; In-8° - Nombre total de vues : 430 p. (lire en ligne), p157
  10. Société académique de Brest, Bulletin de la Société académique de Brest, Paris, (lire en ligne), p139
  11. Mercure de France, décembre 1757, consultable https://books.google.fr/books?id=wyUYAAAAYAAJ&pg=PA423&lpg=PA423&dq=Coetangars&source=bl&ots=Zl7hINwkxz&sig=IbW63UksbkZLWIEeyInY3hxIEfg&hl=fr&ei=SHO3TuecFIHG-QampKCFBg&sa=X&oi=book_result&ct=result&resnum=2&ved=0CCIQ6AEwAQ#v=onepage&q=Coetangars&f=false
  12. Allain Ferrand, "Tableau généalogique de la famille du Chatel", Bulletin de la Société académique de Brest, 1903, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k2076688/f125.image.r=Daoulas.langFR
  13. Bernard du Chastel apparaît dans deux actes: un acte du 6 juin 1274 au sujet des moulins du duc de Bretagne auquel il avait appendu son sceau reproduit par Dom Morice et un acte de 1276 le 26 octobre au sujet de la vente par le vicomte de Léon de tout ce qu'il lui reste de son patrimoine au duc de Bretagne.
  14. Armand Corre et Paul Aubry, Documents de criminologie rétrospective (Bretagne, XVIIe et XVIIIe siècles), A. Storck, Lyon, 1895, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5824885k/f21.image.r=Recouvrance.langFR
  15. Louis Moreri, Le grand dictionnaire historique, ou Le mélange curieux de l'histoire sacrée et profane, tome III, 1759, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5497481f/f559.image.r=Daoulas.langFR
  16. http://www.skoluhelarvro.org/culture-bretagne/batailles/detail.php?id=29

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Le Trémazan des du Chastel : du château fort à la ruine, Actes du colloque de Brest de , Y. Coativy (dir.), Brest, CRBC-UBO
  • Landunvez, Association SOS Château de Trémazan, 2006, p. 273-298

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]