Tréflaouénan

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Tréflaouénan
Tréflaouénan
La mairie de Tréflaouénan.
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Bretagne
Département Finistère
Arrondissement Morlaix
Canton Saint-Pol-de-Léon
Intercommunalité Haut-Léon Communauté
Maire
Mandat
Jean-François Calarnou
2014-2020
Code postal 29440
Code commune 29285
Démographie
Gentilé Tréflaouénanais
Population
municipale
507 hab. (2015 en diminution de 5,06 % par rapport à 2010)
Densité 62 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 38′ nord, 4° 06′ ouest
Altitude Min. 19 m
Max. 96 m
Superficie 8,16 km2
Localisation

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Tréflaouénan [tʁeflawenɑ̃] est une commune du Finistère (Bretagne), en France. Tréflaouénan vient du breton treb (village) et de Saint Laouénan ou Loëvan (Lavan), (disciple de Saint Pol Aurélien). On trouve les appellations suivantes : Trefflouenan (en 1446), Treffloenan (en 1516) et Trefflaouenan (en 1534).

Toponymie[modifier | modifier le code]

Attesté sous la forme Trefflouenan en 1446.

Ce toponyme dérive de Tref- désignant une paroisse ou entité administrative bretonne et de l'éponyme saint Laouenan.

Le nom signifie donc la « trève de Laouénan », ou littéralement « trève du roitelet »[1].

Trelaouenan, en breton, sans accent.

Géographie[modifier | modifier le code]

Communes limitrophes de Tréflaouénan
Plouescat Cléder Sibiril, Plougoulm
Tréflez Tréflaouénan Mespaul
Plouzévédé, Saint-Vougay Trézilidé Plouvorn

Histoire[modifier | modifier le code]

Origines[modifier | modifier le code]

Tréflaouénan a pour éponyme saint Laouenan (dit aussi saint Houarné), fêté le 15 février. Ce moine breton venu du pays de Galles, ami et compagnon de saint Tugdual, disciple de saint Pol Aurélien, fonde une trève (lieu-dit) vers 530 avec un petit oratoire qui dépassait de la paroisse-mère de Plouzévédé.

Tréflaouénan devait être un lieu de passage pour les Celtes ; des vestiges préhistoriques retrouvés sur la commune à Kerhuel à l'est, à Bodilio, à Quéran à l'ouest l'attestent[2]. Au Ve siècle, des émigrés gallois, les Bretons, débarquent en Armorique par famille ou par clans avec leurs chefs religieux et civils pour s'installer progressivement, sans créer de réelles difficultés. Armoricains et Bretons se connaissent assez bien, ils procèdent à des échanges depuis des siècles, leurs cultures, costumes et langues sont assez proches. Leurs agglomérations s’appellent des « plou » ou « gwi », paroisses auxquelles les chefs donnent leur nom (Plouescat, Plouvorn, Guipavas...) et se subdivisent en « tref » ou trèves avec un lieu de culte[3].

Moyen-Âge[modifier | modifier le code]

De l'importance devait être accordée à saint Laouénan, pourtant simple abbé. En effet, un acte de 1528 dit qu'à cette époque on avait coutume dans la paroisse de déférer le serment aux créanciers et débiteurs sur les reliques de « Monseigneur sainct-Laouenan » (an aotrou)[4]. Ses reliques furent conservées à Tréflaouénan jusqu'au XVIe siècle environ. Le reliquaire existe toujours et est sorti pour la procession, le 2e dimanche de juillet, jour du pardon.

Vers 1330, Tréflaouénan et ses trèves de Quéran et de Trézilidé sont un démembrement de l'ancienne paroisse primitive de Plouzévédé. C'est à Quéran que saint Hervé est élevé. La paroisse de Tréflaouénan dépend de l'évêché de Léon. En 1792-1793, Quéran est rattaché à Tréflaouénan[5].
Aux XVe-XVIe siècles, la seigneurie la plus influente de Tréflaouénan est celle des Tournemine.

Époque moderne[modifier | modifier le code]

En 1594, pendant les Guerres de la Ligue, François de Coëtnempren, seigneur de Kerdélégan[6], était capitaine des arquebusiers des paroisses de Cléder, Plouescat, Treffaouënan [Tréflaouénan], Guitevedé [Plouzévédé] et Plounéour [Plounévez-Lochrist][7].

En 1759, une ordonnance de Louis XV ordonne à la paroisse de Treflaouënan [Tréflaouénan] de fournir 19 hommes et de payer 124 livres, et à celle de Larret de fournir 2 hommes et de payer 13 livres pour « la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne »[8].

Au XVIIIe siècle, l'épiscopat fit détruire le prétendu tombeau de saint Houarné à Tréflaouénan car il était un lieu où survivaient des pratiques religieuses pré-chrétiennes[9].

Révolution française[modifier | modifier le code]

En mars 1793, les paysans révoltés du Léon s'insurgent à l'occasion de la levée de 300 000 hommes ; ils sot alors dirigés par François Bolloré de Kerbalannec[10], originaire de Tréflaouénan : après leur défaite lors de la bataille de Kerguidu, ils se soumirent à Canclaux, commandant en chef de l'Armée des côtes de Brest ; ils remirent leurs armes, des otages, et payèrent les frais de l'expédition[11].

Les communes insurgées acceptent le les conditions suivantes : « tous les particuliers (...) seront désarmés dans tiers [trois] jours à la diligence de leurs conseils généraux (...) et tous les fusils seront remis et toutes autres armes offensives, aux administrateurs de leurs districts respectifs (...) ; le contingent des dites communes sera fourni dans tout délai de demain (...) ; les frais de l'emploi de la force armée et autres dépenses nécessitées par la révolte des paroisses seront réglées par une contribution dont la masse sera répartie entre les dites paroisses (...), et payée dans tiers jours après qu'elle sera connue ; (...) les principaux coupables et les chefs de l'insurrection dans chacune des trois communes seront désignés par elles aux commissaires ; (...) les cloches des dites paroisses seront descendues[12] (...) ; les ponts abattus par les rebelles seront rétablis aux fais des paroisses insurgées (...) ; les communes (...) fourniront chacune quatre otages de choix et parmi leurs notables habitants pour sûreté de l'accomplissement des conditions ci-dessus (...) ». Le conseil municipal de Tréflaouénan accepta ces conditions et désigna des otages. Tréflaouénan dût payer 6 000 livres[13].

Le XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le pourcentage de conscrits illettrés à Tréflaouénan entre 1858 et 1867 est de 67 %[14].

Le XXe siècle[modifier | modifier le code]

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Liste des maires de Tréflaouénan
Période Identité Étiquette Qualité
? 1983 Eugène Quéméner    
1983 1995 Yvon Quéméner    
1995 2008 Jean Rosec    
2008 2014 André Seité    
2014 en cours Jean-François Calarnou DVD Artisan

Démographie[modifier | modifier le code]

Évolution de la population  [ modifier ]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
6257961 136838856903907944911
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
878865874867855827815792750
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
721761748709692667668654601
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
602567519509432434488534508
2015 - - - - - - - -
507--------
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu'en 1999[15] puis Insee à partir de 2006[16].)
Histogramme de l'évolution démographique

Monuments et lieux[modifier | modifier le code]

L'église paroissiale Saint-Léonor.

Événements[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Renée Guillerm, Tréflaouénan, Autour de l'église, 2008, 78 p.
  • Pol Potier de Courcy, Itinéraire de Saint-Pol à Brest, 1859
  • Louis Le Guennec, Le Finistère monumental - Morlaix et sa région, p. 309 à 313
  • Jean-Louis Autret, Patrick Kernévez, Contribution à l'étude du château de Kermilin à Tréflaouénan, Société archéologique du Finistère, 1995, p. 227 à 242

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Renée Guillerm, Tréflaouénan, Autour de l'église, 2008, p. 4
  2. Renée Guillerm, Tréflaouénan, Autour de l'église, 2008, p. 2
  3. Michel de Mauny, Le pays de Léon, p. 368 - p. 383
  4. Louis Pape, Les saints bretons, p.28
  5. archives-finistere.fr
  6. François de Coëtnempren était seigneur de Kerdournant en Tréflaouénan
  7. Anatole de Barthélémy, "Choix de documents inédits sur l'histoire de la Ligue en Bretagne", 1880, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k110009t/f85.image.r=Cl%C3%A9der?rk=4978565;2
  8. >"Ordonnance... portant imposition pour la dépense annuelle de la garde-côte de Bretagne", 1759, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k97412315/f8.image.r=Plovan
  9. Jean Rohou, "Catholiques et Bretons toujours ? (essai sur l'histoire du christianisme en Bretagne)", éditions Dialogues, Brest, 2012, [ISBN 978-2-918135-37-1]
  10. François Bolloré de Kerbalannec, né le à Kerbalannec en Tréflaouénan, résidait en mars 1793 au manoir de Tronjoly, probablement pour protéger Madame de Parcevaux, dont le mari avait émigré. Il se vanta par la suite d'avoir tué l'officier en second du régiment du Calvados, Jean Richard Campi, lors de l'émeute du à Saint-Pol-de-Léon. Il parvint à s'enfuir après la bataille de Kerguidu, mais fut arrêté en 1799 à Saint-Brieuc après avoir rejoint les rangs de la Chouannerie
  11. A. Marteville et P. Varin, "Dictionnaire historique et géographique de la province de Bretagne", tome 1, 1843, consultable https://books.google.fr/books?id=DI8DAAAAYAAJ&printsec=frontcover&dq=bibliogroup:%22Dictionnaire+historique+et+g%C3%A9ographique+de+la+province+de+Bretagne%22&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwj-_Yzm8PnYAhVEWhQKHQRmANoQ6AEIODAD#v=onepage&q=Cl%C3%A9der&f=false
  12. Le juge de paix de Saint-Pol, le , « considérant (...) que les soulèvements et attroupements continuels (...) ne se font dans les campagnes qu'au son du tocsin qui se fait entendre d'une paroisse à l'autre (...), prions (...) les citoyens commandant les volontaires nationaux, (...) faire descendre toutes les cloches des paroisses de Plougoulm, Sibiril, Cléder, Tréflaouénan, Plouzévédé, Berven et Plouénan, afin d'éviter les rassemblements qui se forment journellement et qui occasionnent une insurrection dans ces paroisses ». Décidée avant même la bataille de Kerguidu, cette mesure fut appliquée seulement après celle-ci.
  13. Paul Peyron, "Documents touchant l'insurrection du Léon en mars 1793", 1902, consultable https://gallica.bnf.fr/ark:/12148/bpt6k5656046p/f89.image.r=Cl%C3%A9der
  14. Jean Rohou, "Fils de ploucs", tome 2, 2007, éditions Ouest-France, [ISBN 978-27373-3908-0]
  15. Des villages de Cassini aux communes d'aujourd'hui sur le site de l'École des hautes études en sciences sociales.
  16. Fiches Insee - Populations légales de la commune pour les années 2006, 2007, 2008, 2009, 2010, 2011, 2012, 2013, 2014 et 2015.
  17. Miorcec de Kerdanet, Le château de Kergourdanec'h, "Le lycée armoricain : revue de l'ouest", volume 6, Nantes, 1825, consultable https://books.google.fr/books?id=TVE2AAAAMAAJ&pg=PA369&lpg=PA369&dq=Kergournadec%27h&source=bl&ots=tiVRLAzPto&sig=tx5uy2V3XPNiLPVXakd53FdygJg&hl=fr&sa=X&ved=0ahUKEwis_rWnxdjWAhUGBcAKHYnkABI4ChDoAQhYMAw#v=onepage&q=Kergournadec'h&f=false

Liens externes[modifier | modifier le code]