Pierre-Marc-Gaston de Lévis

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Pierre-Marc-Gaston de Lévis
De levis.jpg
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Pair de France
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Chevalier de l'ordre du Saint-Esprit (d)
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Pierre-Marc-Gaston de Lévis (1764 - 1830), second duc de Lévis, pair de France, est un officier et homme politique français, auteur de plusieurs ouvrages littéraires, politiques et philosophiques, académicien.

Origines et famille[modifier | modifier le code]

Pierre-Marc-Gaston de Lévis est issu de la branche des seigneurs d'Ajac, branche cadette de la Maison de Lévis, famille noble française originaire du village de Lévis dans le Hurepoix dont l'origine remonte au XIIe siècle. Aîné du couple formé en 1762 par François Gaston de Lévis (1719-1787), maréchal de France, premier duc de Lévis, et Gabrielle Augustine Michel de Tharon (1744-1794), il a trois soeurs : Gabrielle-Augustine-Françoise (1762-1848) épouse en 1780 de Cristoforo Dominico de Spinola, Marie-Gabrielle-Artois (1765-1794), épouse en 1783 de Charles-René-Félix de Vintimille du Luc, Henriette-Françoise, épouse en 1785 de Charles-Raymond-Ismidon de Béranger, comte de Béranger, baron de Sassenage, marquis de Pont-en-Royans. Les deux cadettes sont guillotinées avec leur mère le 10 juillet 1794.[1]

A 20 ans, Gaston de Lévis épouse Pauline d'Ennery le 13 mai 1784 à l'église Saint-Eustache, à Paris. Agée de 13 ans, elle est la fille unique de Victor-Thérèse Charpentier, décédé en 1776, et de Rose Bénédicte d'Alesso d'Éragny. Elle hérite à cette date, de tous les biens de son père, dont le château d'Ennery (Val-d'Oise). Gaston et son épouse feront du château d'Ennery leur résidence préférée en y apportant de nombreux aménagements et embellissements.

Gaston et Pauline de Lévis ont deux enfants : Adèle Charlotte Augustine de Lévis (1788-1848) épouse en 1809 de Aymard Théodore de Nicolaÿ, comte de Nicolaÿ (1782-1871) et Gaston-François Christophe de Lévis-Ajac, duc de Ventadour (1794-1863) époux en 1821 de Marie Catherine Amanda d'Aubusson de la Feuillade, fille de Pierre Raymond Hector d'Aubusson et de Agathe de la Barberie de Reffuveille.

Biographie[modifier | modifier le code]

Sous l'Ancien Régime[modifier | modifier le code]

Entré à 13 ans à l'École royale d'Artillerie de Douai, Gaston de Lévis est nommé lieutenant en second en 1779, et promu, à 16 ans capitaine des gardes du corps du comte de Provence, Monsieur, frère du roi, futur Louis XVIII. Il est en poste à Saumur et à Strasbourg.

Avec Louis Doulcet de Pontécoulant, camarade de l'école d'Artillerie, il effectue ensuite une longue mission d'instruction de six mois en Prusse (juillet 1784-janvier 1785). Il découvre aussi la Russie et la Pologne.

Gaston de Lévis est nommé grand bailli de Senlis en janvier 1789. Cette position prééminente facilite son élection au seul siège réservé à la noblesse pour représenter le baillage de Senlis aux États-Généraux. Il n'a pas 25 ans.

Pendant la Révolution et l'Empire[modifier | modifier le code]

La décennie révolutionnaire voit le duc et la duchesse de Lévis effectuer plusieurs aller-retour entre la France et l'Angleterre, ensemble ou séparément.

Ils figurent sur la liste des émigrés à partir de 1794.

Gaston de Lévis participe à l'expédition de Quiberon. Il arrive face à Carnac le 25 juin 1795 et débarque une première fois le 27. Puis il prend le commandement de 300 royalistes d'Auray, débarque à nouveau cette fois face au Fort de Penthièvre le 5 juillet, l'enlève à la garnison républicaine et, seul officier supérieur, prend le commandement d'environ 600 hommes pour barrer l'accès à la presqu'ile. Il est blessé le 16 juillet, son cheval tué sous lui, et peut finalement regagner un navire anglais qui le ramène à Plymouth le 27 juillet.

Sous la Restauration[modifier | modifier le code]

Il fut appelé à la chambre des pairs le 4 juin 1814 et fait duc et pair le 31 août 1817 (sans majorat).

Il a été maire de Champs-sur-Marne de 1826 à 1830.


Titres et distinctions[modifier | modifier le code]

Élu en 1816 au fauteuil numéro 6 de l'Académie française, il succède à Pierre-Louis Roederer et précède Philippe-Paul de Ségur.

Le duc de Lévis est décoré de l'Ordre du Saint-Esprit le .

Hommages et postérité[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Maximes, préceptes et réflexions sur différens sujets de morale et de politique (1807, 1808, rééd. 1825)
  • Les voyages de Kang-Hi ou nouvelles lettres chinoises (1810)
  • Contes d'Antoine Hamilton, avec la suite des "Facardins" et de "Zénéyde" (1813)
  • Souvenirs et portraits (1813), réédité sous le titre Souvenirs de Félicie (1882)
  • L'Angleterre au commencement du XIXe siècle (1814)
  • Considérations morales sur les finances (1816)
  • Des emprunts en 1818 (1818)
  • De l'autorité des chambres sur leurs membres (1819)
  • De l'état du crédit en France au commencement de 1819 (1819)
  • Considérations sur la situation financière de la France et sur le budget de 1825 (1824)
  • La conspiration de 1821 ou les jumeaux de Chevreuse (1829)
  • Lettre sur la méthode Jacotot, dite enseignement universel (1829)

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Citation[modifier | modifier le code]

« L'ennui est une maladie dont le travail est le remède. »[2]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Archives départementales de l'Ariège, Inventaire historique et généalogique des documents des branches latérales de la maison de Lévis, Toulouse, Privat, 1912, tome IV, en particulier p. 634-647. consultable en ligne.
  • Lemay, Edna Hindie (dir.), Dictionnaire des Constituants 1789-1791, Paris, Universitas, 1991, t. 2.
  • Lévis (de), Gaston, Écrire la Révolution,1784-1793 - "Lettres à Pauline" - Correspondance présentée et annotée par Claudine Pailhès, Cahors, La Louve Éditions, 2011, 574 p.
  • Levis-Mirepoix (de), Antoine, « Une correspondance amoureuse et politique à la fin du XVIIIe siècle », La Revue de France, 1929, n°14-15
  • Martin, Georges, Histoire et généalogie de la maison de Lévis, chez l'auteur, 2007.
  • Robert A., Bourloton E. et Cougny G., « Pierre-Marc-Gaston de Lévis », Dictionnaire des parlementaires français, Paris, Bourloton, 1891, t. 4.
  • Tackett, Timothy, Par la volonté du peuple, comment les députés de 1789 sont devenus révolutionnaires, Paris, Albin Michel, Coll. "L'évolution de l'humanité", 1997.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. H. Wallon, Histoire du Tribunal Révolutionnaire de Paris, Paris, Hachette, 1881, t. 4, p.418-419.
  2. Maximes et réflexions sur différents sujets de morale et de politique, (lire en ligne), p. 10, XXVI

Liens externes[modifier | modifier le code]