Louis-Philippe de Ségur

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Louis-Philippe de Ségur
Louis-Philippe de Ségur.jpg
Fonctions
Suprême Conseil de France
-
Pair de France
-
Membre du Sénat conservateur
-
Grand maître des cérémonies de France
-
Fauteuil 22 de l'Académie française
-
Député au Corps législatif
-
Ambassadeur de France en Russie
-
Titres de noblesse
Comte
Marquis
Biographie
Naissance
Décès
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Louis Philippe, marquis et comte de Ségur (né le à Paris et mort le dans la même ville), est un gentilhomme français d'orientation libérale, officier de la Révolution américaine, diplomate, homme politique, historien, poète, mais aussi chansonnier et goguettier.

Biographie[modifier | modifier le code]

Louis-Philippe de Ségur est le fils ainé du maréchal de Ségur (1724-1801), ministre de la Guerre de Louis XVI, et de Louise Anne de Vernon.

L'Ancien régime[modifier | modifier le code]

Portrait en silhouette du comte Louis-Philippe de Ségur.

Il suit ses études à l'université de Strasbourg, où il reçut les leçons du pasteur Koch, rentre dans la carrière des armes et devient sous-lieutenant au régiment mestre-de-camp général en 1769, capitaine en 1772, et colonel en second du régiment d'Orléans en 1776. Il fréquente fort assidûment Mme du Deffand et les beaux esprits du temps, et se lie avec Laharpe, Marmontel et Voltaire.

Il s'enthousiasme pour la Révolution américaine. Le , il écrit dans une lettre : «Quoique jeune, j'ai déjà passé par beaucoup d'épreuves et je suis revenu de beaucoup d'erreurs. Le pouvoir arbitraire me pèse. La liberté pour laquelle je vais combattre m'inspire un vif enthousiasme, et je voudrais que mon pays pût jouir de celle qui est compatible avec notre monarchie, notre position et nos mœurs ». En 1783, Ségur suit Rochambeau en Amérique, avec le grade de colonel des dragons de Ségur.

Après avoir travaillé quelques mois avec son père au ministère de la Guerre, il est nommé, en , ambassadeur de France en Russie où il ne tarde pas à être apprécié de Catherine II ; il lui adresse des épîtres et compose des pièces galantes pour son théâtre particulier. Il l'accompagne en Crimée en 1787, et profite de ce voyage, dont il a publié une relation, pour cimenter entre la France, la Russie, l'Autriche et l'Espagne, une alliance tendant au démembrement de la Turquie. Ce projet ayant échoué par Louis XVI, Ségur revient en France en .

La Révolution (1789-1799)[modifier | modifier le code]

Il se mêle au mouvement politique, se montre partisan des idées nouvelles et est élu député suppléant aux États généraux de 1789.

En , il est nommé, à la place du cardinal de Bernis, ambassadeur à Rome, mais le pape refuse de le recevoir. Il obtient, à son retour, le grade de maréchal de camp et est envoyé à Berlin, avec la mission de détacher la Prusse de la ligue conclue à Pilnitz. Mais le roi Frédéric-Guillaume II de Prusse ayant appris que Ségur apportait trois millions pour se rendre favorables les ministres et les favoris, lui tourne brutalement le dos le jour où il lui présente ses lettres de créance, le . À quelques jours de là, Ségur est grièvement blessé en duel ; il doit quitter Berlin au mois de mars suivant, refuse le portefeuille des Affaires étrangères que lui offrit le roi, et se retire à Chatenay, près de Sceaux, où il vécut dans la retraite pendant la plus grande partie de la Révolution.

Écrivant des ouvrages historiques, il reste prudent et se garde de tous les publier. En particulier, en 1790, il commente les ouvrages de Favier[réf. nécessaire] et les publie sous le nom de Politique des cabinets de l'Europe ; il réussit à convaincre Mirabeau, contre l'avis de Favier, de la nécessité de secourir l'Espagne contre l'Angleterre en application du « Pacte de famille » de 1761.

De 1796 à la fin de 1801, il participe aux activités de la société chantante des diners du Vaudeville, où il figure comme « Ségur ainé », au côté de son frère Joseph-Alexandre de Ségur, « Ségur jeune ».

Le Consulat et l'Empire (1800-1814)[modifier | modifier le code]

En 1801, il devient député au Corps législatif et courtise le Premier Consul. Spirituel, il justifie un jour un retard qui a irrité Bonaparte par un « embarras de rois », car il y avait six rois étrangers à Paris à ce moment-là[réf. nécessaire]. En 1802, il entre au conseil d'État. Nommé membre de l'Académie française en 1803, il est comblé d'honneurs à l'avènement de l'Empire : il est nommé Grand-Maître des cérémonies et fait successivement Grand aigle de la Légion d'honneur, ce qui correspond à la dignité actuelle de Grand Croix, Grand officier civil de la couronne (Grand maître des cérémonies de France), comte de l'Empire, enfin sénateur. À partir de 1806, il participe à la société chantante du Caveau moderne, sans son frère, mort l'année auparavant, en 1805.

La Restauration, les Cent-Jours et la monarchie de Juillet (1814-1830)[modifier | modifier le code]

Louis Philippe de Ségur, pair de France.

Lors du retour de Louis XVIII en 1814, il va saluer le roi à Compiègne et est fait pair de France. Il revient à Napoléon sous les Cent-Jours, défendant les droits de Napoléon II et se proposant comme compagnon pour Sainte-Hélène, ce qui lui est refusé. À son retour après Waterloo, Louis XVIII ferme les yeux sur ses hésitations et le maintient à la Chambre des pairs, où il défend des idées libérales.

Franc-maçon, il est officier d'honneur du Grand Orient de France et grand commandeur du Suprême Conseil de France de 1822 à 1825, dont il garde le titre comme honoraire jusqu'à sa mort[1].

En 1830, il se rallie à Louis-Philippe Ier, son cousin, dont il voit l'avènement avec joie. Mais il meurt peu de temps après, en .

Les papiers personnels de Louis-Philippe de Ségur et de son fils Philippe-Paul de Ségur sont conservés aux Archives nationales sous la cote 36AP[2].

Famille[modifier | modifier le code]

Portrait d’Antoinette-Elisabeth-Marie d'Aguesseau, comtesse de Ségur (1756-1828), par Élisabeth Vigée Le Brun.

Il se marie le à Paris avec Antoinette Élisabeth Marie d'Aguesseau, fille de Jean-Baptiste Paulin d'Aguesseau de Fresnes, et petite-fille du chancelier Henri François d'Aguesseau et de Cardin Lebret. De ce mariage naissent deux fils et une fille :

  • Philippe de Ségur, général et historien.
  • Octave de Ségur, marié le à Marie Félicité Henriette d'Aguesseau, dont le fils Eugène épouse en 1819 Sophie Rostopchine, comtesse de Ségur.
  • Louise Antoinette Pauline, Laure de Ségur, née le , décédée à Paris le , à l'âge de trente-quatre ans. Elle se marie en 1799 avec Louis, Auguste Claude Vallet de Villeneuve (1779-1837), petit-neveu de Madame Dupin, trésorier de la ville de Paris.

Honneurs[modifier | modifier le code]

Œuvres[modifier | modifier le code]

  • Histoire des principaux événements du règne de Fréderic-Guillaume II, 1800
  • Pensées politiques, Paris, 1795
  • Histoire de France (n vol.), 1824-1834
  • Histoire des juifs, 1827
  • Mémoires (3 vol.), 1824
  • Ses Œuvres complètes en 34 volumes ont été publiées à partir de 1824[3].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Daniel Ligou, Dictionnaire de la franc-maçonnerie, Paris, Presses universitaires de France, , 5e éd. (1re éd. 1986), 1 376  p. (ISBN 2-13-055094-0), p. 1127Voir et modifier les données sur Wikidata .
  2. [1] site des Archives nationales
  3. 1911, vol. 24, p. 584
  • Favier, voir Archives des Affaires étrangères, Mémoires et Documents France 1756-1774.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]