Péricope

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Le mot péricope dérive du substantif grec περικοπή perikopê signifiant « découpage » et du verbe περικόπτω perikópto qui signifie « couper autour », « détourer », « amputer ». Le terme est utilisé principalement dans le contexte exégétique et liturgique pour désigner toute partie d'une œuvre distinguée de son ensemble en raison de critères littéraires (sens, unité narrative, etc.) ou matériels (nombre de versets, longueur). La division en péricopes est généralement destinée à segmenter la lecture publique ou le commentaire d'une œuvre ou d'un livre. La péricope est l'unité de base des lectionnaires liturgiques et de textes avec commentaires comme certaines bibles glosées et chaînes exégétiques[1].

Par extension, péricope est synonyme de « lecture liturgique », de « distinction » (Moyen Âge latin), de « section » (Abschnitt). Les cycles liturgiques de lectures bibliques, les évangéliaires, épistoliers et lectionnaires, sont des recueils de péricopes. Dans l'usage français, le terme de péricope ne s'applique pas aux lectures patristiques ou hagiographiques de la liturgie. Il est réservé aux textes bibliques, généralement évangéliques, qui précèdent les homélies lues à l'office des vigiles ou matines à la fin des nocturnes, ainsi qu'aux autres lectures de l'Ancien et du Nouveau Testament.

Le terme « péricope » est aussi utilisé dans le contexte des études coraniques pour désigner une unité textuelle entre le verset et la sourate[2],[3]. Le Coran est, en effet, un corpus de textes réunis ensemble et ayant fait l'objet d'une composition. Ainsi, les rédacteurs du Coran « ont pu réorganiser, réinterpréter et réécrire des textes préexistants, voire ajouter des nouvelles péricopes, selon leur propre perspective » au cours du processus de rédaction. Si certaines péricopes sont des récits, d'autres sont des explications ou commentaires de textes religieux, parfois même absents du Coran[4],[5].

Péricopes connues[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. On a appelé tardivement chaîne (littéraire) l'association à un livre biblique, découpé ou non en péricopes, de commentaires patristiques ou ecclésiastiques d'origine diverses concaténés à la suite les uns des autres pour former un commentaire continu à la manière des maillons d'une chaîne.
  2. G. Dye, "Le Coran et son contexte", Oriens Christianus no 95, 2011, p. 247-270
  3. Viviane Comerro, « Un Noé coranisé », Revue de l’histoire des religions, no 4,‎ , p. 623–643 (ISSN 0035-1423, DOI 10.4000/rhr.8474, lire en ligne, consulté le )
  4. G. Dye, Pourquoi et comment se fait un texte canonique : quelques réflexions sur l’histoire du Coran in G. Dye, A. Van Rompaey & C. Brouwer (Eds.), Hérésies : une construction d’identités religieuses, Bruxelles, Ed. de l’Université de Bruxelles, 2015, p.  67 et suiv.
  5. Claude Gilliot, « Des indices d’un proto-lectionnaire dans le « lectionnaire arabe » dit Coran », Comptes rendus des séances de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres, vol. 155, no 1,‎ , p. 455–472 (DOI 10.3406/crai.2011.93159, lire en ligne, consulté le )

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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