Histoire de la recherche sur le Pentateuque

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 Cet article concerne exclusivement la recherche sur le Pentateuque et non sur l'Ancien Testament dans son ensemble. Le Pentateuque ne comprend que les 5 premiers livres de la Bible hébraïque. Pour la recherche sur les autres livres (Josué, Juges, Samuel, Rois), voir histoire deutéronomiste

L'Histoire de la recherche sur le Pentateuque est l'histoire de l'analyse critique et philologique de ces textes, depuis les premières remises en question de leur attribution, jusqu'aux théories et hypothèses récentes.

Premières recherches[modifier | modifier le code]

Bien que Philon d'Alexandrie (De vita Mosis 1 § 84) n'attribue à Moïse que la composition et la rédaction partielles du Pentateuque, les traditions anciennes, juive et chrétienne, lui en attribuent en général la composition et la rédaction totales. Le récit de la mort de Moïse et de son enterrement par Dieu, en Deutéronome 34, pose cependant un problème logique. Une réponse est que Josué, le successeur de Moïse, avait continué le travail inachevé (Talmud de Babylone, traité Baba Bathra, 14b). Dans cette ligne, Issac ibn Yasush au XIe siècle et Abraham ibn Ezra au XIIe siècle dressèrent des listes de post mosaïca, dans lesquelles on observe par exemple que :

  • Genèse 36,31 nécessite d'avoir passé l'époque de la monarchie
  • Nombres 22, 1 désigne la Transjordanie comme le pays au-delà du fleuve, ce qui nécessite d'écrire depuis Canaan ; or, Moïse est supposé ne pas y être entré
  • etc.

Par la suite Baruch Spinoza dans son Traité théologico-politique (1670) remarque une unité entre le Pentateuque et les Livres historiques de Josué à Rois et en conclut qu'il ne peut avoir été écrit par Moïse. Il penche plutôt pour Esdras, après la fin du Royaume de Juda. Le débat ne s'amplifia qu'au XVIIIe siècle.

Périmètre des sources et diversité des périodes de rédaction[modifier | modifier le code]

Quand ils repèrent des ruptures logiques du récit et observent un certain nombre de doublons pour d'autres récits, Henning Bernhard Witter (1683-1715) et Jean Astruc (1684-1766, médecin de Louis XV) élaborent chacun de leur côté une théorie des sources du Pentateuque. Astruc publie en 1753 des Conjectures sur les mémoires originaux dont il paroit que Moyse s'est servi pour composer le livre de la Genèse. Il en repère 12 et particulièrement :

  • le mémoire A où Dieu est nommé Elohim
  • le mémoire B où Dieu est nommé YHWH

Cet ouvrage sera considéré comme attaquant le Pentateuque [réf. souhaitée], puisqu'il feint d'ignorer l'Unicité de Elohim et YHWH. Néanmoins, on tient là l'embryon de la théorie documentaire.

La lecture de la Bible en Europe au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le renouveau de la lecture de la Bible (et non plus du seul Pentateuque) en Europe au XIXe siècle offre le contexte à ces travaux.

Les principaux modèles[modifier | modifier le code]

Dans l'ensemble, les théories des sources du Pentateuque répondent à 3 modèles d'explication :

  • Les théories documentaires : Plusieurs trames narratives d'époques et de lieu de rédaction différents racontent la même intrigue avec des perspectives idéologiques et théologiques différentes sont réunies par des rédacteurs successifs.
Article détaillé : Hypothèse documentaire.
  • Les hypothèses des compléments : un tout petit noyau central aurait été réécrit et aurait reçu de nombreux compléments par de nombreux auteurs. Ce modèle ne put s'imposer et fut rejeté dès le XIXe siècle car il ne rend pas compte des nombreuses trames parallèles comme des unités rédactionnelles.
  • Les hypothèses des fragments : un grand nombre de textes narratifs et législatifs sont épars et isolés, sans continuité narrative. Ils sont réunis par plusieurs rédacteurs qui leur donne un cadre chronologique.

Le système de Graff-Wellhausen conteste la rédaction du Pentateuque par Moïse en montrant qu'il se compose d'une compilation de traditions théologiques différentes et plus anciennes.

Postérité de cette méthodologie[modifier | modifier le code]

Article détaillé : histoire deutéronomiste.

Les sociétés de littérature biblique[modifier | modifier le code]

L'interdisciplinarité et l'internationalisation sont vite devenues les clefs de la recherche. (à suivre)

L'archéologie biblique[modifier | modifier le code]

L'archéologie biblique est fondée par les églises américaines néo-protestantes dans le projet de donner des preuves archéologiques aux récits bibliques et d'alimenter le concordisme. Le fleuron de ces archéologues est William Foxwell Albright. Les résultats théologiques ne sont pas exactement attendus mais l'archéologie du Moyen-Orient connaît un développement sans pareil sous la poussée d'équipes britanniques, américaines et allemandes.

Postérité[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Archéologie au Moyen-Orient.

L'adieu au Yahviste[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Document jahviste.

C'est une théorie européenne (chercheurs allemands et suisses, surtout) développée par John Van Seters et d'autres comme Thomas Römer et Albert de Pury. Elle remet en cause les théories précédentes, créant un débat. Peut-être le yahwiste n'est-il qu'un prêtre ? Un consensus croissant se fait autour de l'idée que les récits concernant les patriarches et Moïse n'étaient pas liés avant la rédaction du code sacerdotal[1].

Références[modifier | modifier le code]

  1. Thomas Römer, « The Elusive Yahvist », dans A Farewell to the Yahwist ? (Dozeman et Schmid 2006) p. 21-27

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Introduction à l'Ancien testament, Thomas Römer, J-D Macchi, Christophe Nihan (éd.), Labor et Fides, 2004, (ISBN 2-8309-1112-1)
  • Thomas B. Dozeman (dir.) et Konrad Schmid (dir.), A Farewell to the Yahwist ? : The Composition of the Pentateuch in Recent European Interpretation, Atlanta, Society of Biblical Literature, coll. « Symposium Series » (no 34),

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]