Sondergut

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La Fuite en Égypte fait partie du Sondergut de Matthieu. Tableau d'Adam Colonia.

Le Sondergut (en allemand, « bien propre ») est, en exégèse biblique, la part spécifique de chacun des livres de la Bible par rapport aux autres. Cette notion revêt une importance capitale dans l'étude du Nouveau Testament et du problème synoptique tel qu'il est abordé par la théorie des deux sources.

Présentation[modifier | modifier le code]

Article détaillé : Évangiles synoptiques.

Le Sondergut, ou « tradition propre », est le matériau littéraire employé par un seul rédacteur et absent des écrits des autres auteurs[1].

Selon la théorie des deux sources, aujourd'hui largement admise par les chercheurs, l'Évangile selon Marc a été repris dans sa quasi-totalité par ceux de Matthieu et de Luc : au total, 635 versets sur 661 selon Daniel Marguerat[2]. De ce fait, l'antériorité de Marc est établie, en parallèle avec l'existence d'une hypothétique « Source Q » : un recueil de logia de Jésus de Nazareth dont le matériel se retrouve en Matthieu et en Luc.

Or les évangiles de Matthieu et de Luc comportent chacun des éléments qui lui sont propres : le Sondergut matthéen, appelé Smt, et le Sondergut lucanien, appelé Slc. En dehors des emprunts à Marc et à la Source Q, les deux évangélistes ont en effet utilisé indépendamment l'un de l'autre des corpus particuliers, composés de logia et de récits, qui constituent le Sondergut de chacun[3].

Le débat actuel porte sur la ligne de partage entre le Smt et le Slc d'un côté, et la Source Q de l'autre[4].

Sondergut de Marc[modifier | modifier le code]

L'Arrestation du Christ, tableau du Cavalier d'Arpin (v. 1597), avec, à gauche, le jeune homme nu sous son drap. La présence de ce personnage est propre au texte de Marc.

Le Sondergut marcien ne comprend que 26 versets (sur un total de 661) selon Daniel Marguerat[2], parmi lesquels :

Sondergut de Matthieu[modifier | modifier le code]

Le Sondergut matthéen comprend 310 versets (sur un total de 1068) selon Daniel Marguerat[2] : essentiellement l'évangile de l'enfance (1-2), divers logia dont le Sermon sur la montagne, l'envoi en mission et le discours contre les pharisiens, plusieurs paraboles et enfin le récit de la Passion du Christ[5]. On citera notamment :

Le Sermon sur la montagne fait partie du Sondergut de Matthieu. Fresque de Cosimo Rosselli, chapelle Sixtine.

Sondergut de Luc[modifier | modifier le code]

Le Bon Samaritain fait partie du Sondergut de Luc. Tableau de Carle van Loo.

Le Sondergut lucanien comprend 550 versets (sur un total de 1149) selon Daniel Marguerat[2], dont l'évangile de l'enfance, la généalogie de Jésus, la prédication inaugurale à Nazareth, différentes paraboles (le Bon Samaritain, l'Ami importun, l'Homme riche, le Figuier stérile, la Drachme perdue, le Fils prodigue, la parabole du riche et de Lazare, la parabole du pharisien et du publicain), des récits de miracles, des fragments de la Passion du Christ et des narrations pascales[6]. Il s'agit entre autres des textes suivants :

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Daniel Marguerat (dir.), Introduction au Nouveau Testament : Son histoire, son écriture, sa théologie, Labor et Fides, 2008 (ISBN 978-2-8309-1289-0), p. 536.
  2. a, b, c et d Daniel Marguerat, « Le problème synoptique », in Introduction au Nouveau Testament : Son histoire, son écriture, sa théologie, Labor et Fides, 2008 (ISBN 978-2-8309-1289-0), p. 31-33.
  3. Daniel Marguerat, « Le problème synoptique », in Introduction au Nouveau Testament : Son histoire, son écriture, sa théologie, Labor et Fides, 2008 (ISBN 978-2-8309-1289-0), p. 45.
  4. Frédéric Amsler, Andreas Dettwiler, Daniel Marguerat, La Source des paroles de Jésus (Q). Aux origines du christianisme, Labor et Fides, , p. 79.
  5. Élian Cuvillier, « L'évangile selon Matthieu », in Introduction au Nouveau Testament : Son histoire, son écriture, sa théologie, Labor et Fides, 2008 (ISBN 978-2-8309-1289-0), p. 93.
  6. Daniel Marguerat, « L'évangile selon Luc », in Introduction au Nouveau Testament : Son histoire, son écriture, sa théologie, Labor et Fides, 2008 (ISBN 978-2-8309-1289-0), p. 113.

Bibliographie[modifier | modifier le code]