Jean II de Bretagne

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Jean II.

Jean II
Illustration.
Sceau de Jean II de Bretagne
Titre
Duc de Bretagne
Prédécesseur Jean Ier le Roux
Successeur Arthur II
Comte de Richmond
Prédécesseur Jean Ier le Roux
Successeur Jean de Bretagne
Biographie
Dynastie Maison capétienne de Dreux
Date de naissance 3 ou
Date de décès (à 66 ans)
Lieu de décès Lyon
Père Jean Ier le Roux
Mère Blanche de Navarre
Conjoint Béatrice d'Angleterre
Enfants Arthur II Red crown.png
Jean
Marie
Blanche
Pierre
Aliénor
Héritier Arthur II

Jean II de Bretagne
Duc de Bretagne

Jean II de Bretagne[1] (3 ou – † , Lyon), fils de Jean Ier le Roux, duc de Bretagne, et de Blanche de Champagne-Navarre, fut duc de Bretagne (1286-1305), comte de Richmond (1268-1305) et pair de France.

Biographie[modifier | modifier le code]

Très proche de son beau-frère, le futur roi Édouard Ier d'Angleterre, et alors seulement comte de Richmond, il l'accompagne à la huitième croisade. Il y rejoint son père et le roi Louis IX. La croisade se termine par la mort du roi en 1270 à Tunis. Alors que son père rentre en Bretagne, il suit Édouard d'Angleterre en Palestine, avec la croisade[2]. En 1285, il accompagne Philippe III le Hardi, roi de France, en guerre contre le roi d'Aragon (Croisade d'Aragon).

Jean II avait laissé aux soins du roi d'Angleterre plusieurs de ses enfants dont son fils cadet, Jean de Bretagne, qui est nommé par ce dernier capitaine général de Guyenne et défend cette province contre l'armée du roi de France, menée par Charles de Valois dans la Guerre de Guyenne après la confiscation prononcée le .

C'est à l'occasion de ce conflit que le duc Jean II convoque à la mi- à Ploërmel ses vassaux directs. Le fameux « Livre des Ostz » qui répertorie en détail l'ensemble des fiefs et leur seigneur répartis en sept baillies[note 1] avec le recensement des hommes de guerre attachés à chacun détaille 166 chevaliers, 17 écuyers et 30 archers[3].

En Guyenne, son fils Jean de Bretagne, ne subit que des revers[4]. Les Anglais cherchant à se ravitailler en Bretagne pillent l'abbaye Saint-Mathieu de Fine-Terre. Jean II abandonne alors la cause anglaise en 1296 et se voit privé du comté de Richmond par le roi Édouard Ier d'Angleterre. Il marie son petit-fils, le futur Jean III, avec Isabelle, la fille de Charles de Valois, et son duché est érigé en pairie en par Philippe IV le Bel roi de France[5].

De 1297 à 1304, il joint sa bannière à celle du roi de France dans sa lutte contre les Flamands ; il est notamment cité à la bataille de Mons-en-Pévèle le et aux deux sièges de Lille. Le , le roi d'Angleterre lui rend le comté de Richmond qui après sa mort deux ans plus tard est transféré à son second fils et homonyme Jean de Bretagne[6]. C'est sous son règne que vécut Yves Hélory de Kermartin († 1303).

Décès accidentel[modifier | modifier le code]

En 1305, la paix revenue, il se rend à Lyon le 6 novembre pour le sacre du pape Clément V afin de régler ses différends avec l'épiscopat breton. Au retour de l'église Saint-Just, alors que le duc tient la bride de la mule pontificale, un mur sur lequel une foule de spectateurs est en place s'effondre, renversant le souverain pontife et ensevelissant Jean II (14 novembre). On l'en retire mourant, et il expire quatre jours plus tard, le 16 novembre/18 novembre. Son corps est placé dans un cercueil de plomb, embarqué sur la Loire et ramené en son duché pour être inhumé le 16 décembre aux Carmes de Ploërmel qu'il avait fondés[7].

Le gisant du duc, ainsi que celui de Jean III, est transféré en l'église Saint-Armel en 1821. L'inventaire de ses coffres est effectué dans ses châteaux de Nantes et de Suscinio et dans sa demeure parisienne de Longjumeau. Il en reste deux documents, l'un de 1303 et l'autre de 1306 montrant que son trésor s'élevait à près de 166 000 livres tournois[8]. Son testament, d'un mètre carré, est conservé aux Archives départementales de la Loire-Atlantique. Dans son testament, Jean II effectue plusieurs legs. pour une future croisade il fait un don de 30 000 livres, 6 000 livres sont pourvues pour des familles nécessiteuses, 2 000 livres vont être donner aux filles nobles célibataires pour les aider à se marier, des sommes diverses et variées sont donner à divers établissements religieux. Le testament ira jusqu'à donner une part des richesses du duc à ses domestiques pour leurs "loyaux services"[9].

Mariage et descendance[modifier | modifier le code]

En novembre 1260, à Saint-Denis, il épouse Béatrice d'Angleterre (1242-1275), fille du roi d'Angleterre Henri III Plantagenêt, qui lui apporte en dot le comté de Richemont. Ils ont six enfants :

Notes et références[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. . La présence de 79 vassaux directs du duc, seigneurs laïcs et ecclésiastiques, est certaine : 8 pour la baillie de Rennes, 20 pour celle de Nantes, 10 pour Ploërmel & Broërech, 6 pour le Penthièvre, 9 pour celle de Tréguier, 20 pour la Cornouaille et enfin 6 pour le Léon.

Références[modifier | modifier le code]

  1. Généalogie de Jean II sur le site Medieval Lands
  2. Arthur de La Borderie Histoire de la Bretagne réédition Joseph Floch Mayenne (1975), Tome troisième p. 352-353
  3. Noblesse de Bretagne du Moyen Âge à nos jours (sous la direction de Jean Kerhervé).Frédéric Morvan « Le Livre des Ostz(1294) » Presses Universitaires de Rennes, Rennes 1999, (ISBN 2868474241) p. 37-88
  4. Jean Favier Philippe le Bel, Arthème Fayard, Paris 1978, « la Guerre de Guyenne » p. 255-257
  5. Arthur de la Borderie op. cit. p. 360-363
  6. Arthur de la Borderie op. cit. p.  363
  7. Arthur de la Borderie op. cit. p. 376-378
  8. Arthur de la Borderie op. cit. p. 378-379
  9. Jean-Pierre Leguay et Hervé Martin, Fastes et malheurs de la Bretagne ducale 1213-1532, Rennes, Editions Ouest-France Université, , 446 p. (ISBN 9782858823093), p. 28
  10. Marjolaine Lémeillat, « Pierre, fils de Jean II, duc de Bretagne ou l’existence mouvementée d’un noble cadet dissipateur », Annales de Bretagne et des pays de l’Ouest, 2015, tome 122, no 2, p. 7-41 [résumé en ligne]

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]