Jean de Dunois

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Jean de Dunois
Jean de Dunois en prière devant la Vierge, Heures de Dunois, vers 1436 (détail).
Jean de Dunois en prière devant la Vierge, Heures de Dunois, vers 1436 (détail).

Titre Comte de Dunois,
Comte de Longueville,
Baron de Gex,
Seigneur de Parthenay,
Seigneur de Valbonais,
Seigneur de Claix
(1439-1468)
Autre titre Grand chambellan de France
Successeur François de Longueville
Arme chevalerie
Grade militaire Capitaine
Conflits Guerre de Cent Ans
Ligue du Bien public
Faits d'armes Siège d'Orléans
Bataille de Patay
Biographie
Dynastie Deuxième maison d'Orléans, bâtard
Nom de naissance Jean, le bâtard d'Orléans
Naissance
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Décès (à 65 ans)
Drapeau du Royaume de France Royaume de France
Père Louis Ier d'Orléans
Mère Mariette d'Enghien
Conjoint Marie d'Harcourt
Enfants François, comte de Longueville
Catherine d'Orléans

CoA Jean de Dunois btd of Orléans.svg

Jean d'Orléans, comte de Dunois et Mortain, dit Dunois ou « le bâtard d'Orléans »[1], est un noble et un militaire français né en février 1403[2] et mort le au château de Lay, près de Paris.

Fils naturel de Louis Ier d'Orléans, le duc dont l'assassinat déclenche à terme la guerre civile entre Armagnacs et Bourguignons, le bâtard d'Orléans s'engage dans les rangs des Armagnacs et prend parti pour le roi Charles VII.

Lors du siège d'Orléans (1428-1429), en l'absence de ses deux demi-frères, le duc Charles d'Orléans et le comte Jean d'Angoulême retenus prisonniers des Anglais, Jean le bâtard devient le chef militaire de la maison d'Orléans, rameau de la dynastie royale des Valois. Il s'illustre ainsi en tant que compagnon d'armes de Jeanne d'Arc.

Jean d'Orléans obtient par la suite les comtés de Dunois et de Longueville, respectivement en 1439 et 1443. Il demeure connu comme l'un des chefs militaires de la guerre de Cent Ans.

Biographie[modifier | modifier le code]

Enfance[modifier | modifier le code]

En 1389, Mariette d'Enghien, dame de Wiege et de Fagnoles, fille de Jacques d'Enghien, seigneur d'Havré et de Jacqueline de Saint-Aubert, épouse Aubert le Flamenc, seigneur de Canny et de Varenne, conseiller et chambellan de Charles d'Orléans[3].

Maîtresse de Louis, duc d'Orléans (1372-1407), fils cadet de Charles V et frère tout-puissant de Charles VI, elle lui donne un fils illégitime, prénommé Jean. L'enfant est élevé dans la famille légitime de son père aux côtés de son demi-frère Charles d'Orléans, et notamment, dans les premières années, sous la direction de l'épouse de celui-ci, Valentine Visconti (1366-1408), comtesse de Vertus. Cette pratique est d'usage courant à l'époque dans les familles nobles ou de lignage royal.

Il est souvent désigné sous les vocables « le Bâtard d'Orléans » (au moins jusqu'à l'épopée johannique) puis « Dunois » (raccourci de son titre comtal, à partir de l'obtention de celui-ci).

Faits d'armes[modifier | modifier le code]

Jean de Dunois en prière devant la Vierge, Heures de Dunois, vers 1436.

Dès 1422, Jean le bâtard d'Orléans embrasse la cause de Charles VII, dépossédé de son royaume à la suite du traité de Troyes (1420) et réfugié à Bourges (d'où son surnom de « roi de Bourges »).

Jean se distingue de bonne heure par sa vaillance : à 25 ans, il battit, avec 1 600 hommes, sous les murs de Montargis, 3 000 Anglais commandés par lord Warwick, lord Suffolk et Sir John de la Pole.

Lors du siège d'Orléans (1428-1429), le bâtard d'Orléans assume de facto le rôle de chef militaire de la maison d'Orléans, rameau de la dynastie royale des Valois, puisque le duché d'Orléans est privé de ses dirigeants légitimes. En effet, les deux demi-frères du bâtard, le duc Charles d'Orléans et le comte Jean d'Angoulême, demeurent prisonniers des Anglais. Le commandement des centaines d'hommes d'armes dépêchés par Charles VII afin de protéger la capitale du duché incombe ainsi au futur comte de Dunois[4]. Le bâtard ne paraît pas encore jouer de « rôle proprement politique » en ce temps[5] bien qu'il siège au Conseil royal à partir de l'année 1428[6].

Jean devient un compagnon d'armes de Jeanne d'Arc dès sa venue devant Orléans assiégée, participant à nombre de ses faits d'armes. Il participe à la levée du siège puis contribue à la victoire de Patay en 1429.

Le bâtard d'Orléans s'illustre encore après la disparition de la Pucelle. En 1432, il réduit la ville de Chartres, et en 1436 il reprend conjointement avec le comte Arthur de Richemont la ville de Paris sur les Anglais. Il reçoit en récompense, le 21 juillet 1439 le titre de grand chambellan de France avec les honneurs de prince légitime. Il domine alors le Conseil du roi, appuyé par la clientèle de Yolande d'Aragon, belle-mère du roi.

Toutefois, Dunois se montre mécontent du peu d'efforts consentis par Charles VII pour obtenir la libération de son demi-frère Charles d'Orléans, prisonnier des Anglais depuis la bataille d'Azincourt[7]. Par conséquent, il entre dans une conspiration tramée par Georges de la Trémoille contre Charles VII et participa en 1440 à la Praguerie, révolte féodale à laquelle prit également part le Dauphin (futur Louis XI). Il reçoit ensuite le pardon du souverain.

Il participe aux sièges de Gallardon et de Dieppe ainsi qu'à celui d'Harfleur (celui de 1450). En 1444, le roi le nomme son lieutenant général ; à peine revêtu de cette haute dignité, il expulse les Anglais de la Normandie par la victoire de Formigny, et le siège de Caen en 1450; la même année, il conquiert la Guyenne, occupée aussi par les Anglais.

Sous Louis XI[modifier | modifier le code]

Après la mort de Charles VII, Dunois, mécontent de son successeur, entre dans la Ligue du Bien public en 1465. Lors du siège de Paris, il reçoit au château de Beauté les notables de la capitale dont il exige la reddition. Mais ceux-ci, menacés par les agents de Louis XI, ne cèdent pas. Dunois négocie le traité de Conflans, et, rentré en grâce, préside le conseil de réformation pour le bien public, dit Conseil des Trente-Six. Réconcilié avec Louis XI, il fait de cet organe un fidèle instrument du pouvoir royal.

Dunois meurt le à Lay et est inhumé près de sa femme à la chapelle Saint-Jean-Baptiste de Notre-Dame de Cléry[8].

Titulature[modifier | modifier le code]

Jean d'Orléans, comte de Dunois et de Longueville. Album « Recueil de costumes de Gaignières », XVIIe siècle, Paris, BnF.

Dunois reçut plusieurs seigneuries : Valbonais en 1421, Claix[9], comté de Dunois en 1439, comté de Longueville en 1443. Par son mariage avec Marie d'Harcourt en 1439, il fut aussi seigneur de Parthenay. En 1456, le duc de Savoie lui avait également vendu la baronnie de Gex (Ain), avec la possibilité de la lui racheter au même prix 10 années plus tard, ce qui se produisit en 1466.

Il occupa plusieurs grands offices du royaume : il fut grand chambellan de France en 1439 et lieutenant général du royaume en 1444.

Ses armoiries furent d'azur à trois fleurs de lys d'or brisé d'un lambel d'argent (les armes de son père, le duc d'Orléans) brisé d'une traverse de sable (un signe de bâtardise) puis d'Orléans, brisé d'une barre d'argent. Ses descendants, les Orléans-Longueville, renversèrent la barre en bande, effaçant ainsi le signe de bâtardise.

Mariages et descendance[modifier | modifier le code]

Jean de Dunois festoyant (détail d'une miniature),
Londres, British Library, Heures de Dunois, fo 1, vers 1440-1450 (après 1436).

Il épousa, en avril 1422 à Bourges, Marie Louvet (morte en 1426), fille de Jean Louvet, seigneur de Mérindol et président de la chambre des comptes d'Aix-en-Provence.

Dunois épousa en secondes noces, le 26 octobre 1439, Marie d'Harcourt (morte en 1464 ; issue de la branche des Harcourt barons de Montgomery et Parthenay, sires de Varenguebec et connétables de Normandie, princes de Châtelaillon, vicomtes de Melun et d'Abbeville, comtes de Tancarville et chambellans de Normandie), dame de Parthenay, union dont on connaît quatre enfants :

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Portrait présumé de Jean de Dunois (collection particulière).
  • Philippe Contamine, « L'action et la personne de Jeanne d'Arc, remarques sur l'attitude des princes français à son égard », Bulletin de la société historique de Compiègne, t. 28 « Actes du colloque Jeanne d'Arc et le cinq cent cinquantième anniversaire du siège de Compiègne, 20 mai - 25 octobre 1430 »,‎ , p. 63-80 (lire en ligne).
  • Philippe Contamine, « Le chef de guerre, l'homme de pouvoir, le prince : le bâtard d'Orléans », Art de l'enluminure, no 25,‎ , p. 2-11.
  • Philippe Contamine, Olivier Bouzy et Xavier Hélary, Jeanne d'Arc. Histoire et dictionnaire, Paris, Robert Laffont, coll. « Bouquins »,‎ , 1214 p. (ISBN 978-2-221-10929-8), « DUNOIS Jean, bâtard d'Orléans, comte de (v. 1402-1468) », p. 674-676.
  • Philippe Contamine, « Jean, comte de Dunois et de Longueville (1403 ?-1468), ou l'honneur d'être bâtard », dans Éric Bousmar, Alain Marchandisse, Christophe Masson et Bertrand Schnerb (dir.), Revue du Nord hors-série, La bâtardise et l'exercice du pouvoir en Europe du XIIIe au début du XVIe siècle, Villeneuve-d’Ascq, Université de Lille-3, coll. « Histoire » (no 31),‎ , 516 p., p. 285-312.
  • Régine Pernoud, La libération d'Orléans : 8 mai 1429, Paris, Gallimard, coll. « Trente journées qui ont fait la France » (no 9),‎ , 345 p.
  • Régine Pernoud et Marie-Véronique Clin, Jeanne d'Arc, Paris, Fayard,‎ , 447 p. (ISBN 2-213-01768-9).
  • Jean Thibault, « Un prince territorial au XVe siècle : Dunois, Bâtard d'Orléans », Bulletin de la Société Archéologique et Historique de l'Orléanais, Orléans, t. XIV, no 116,‎ , p. 3-46 (lire en ligne).
  • Jean Thibault, « Familles royales, familles princières : l'exemple atypique de la famille d'Orléans au XVe siècle ou la Légitimité assumée de la Bâtardise », dans Christiane Raynaud (dir.), Familles royales, vie publique, vie privée, aux XIVe et XVe siècles, Aix-en-Provence, Publications de l'Université de Provence, coll. « Le temps de l'histoire »,‎ , 213 p. (ISBN 978-2-85399-751-5, présentation en ligne), p. 132-143.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Le terme n'est à l'époque pas péjoratif.
  2. Thibault 1997, p. 4, note 1, [lire en ligne].
  3. [PDF] Étienne Pattou, Généalogie des seigneurs d'Enghien
  4. Contamine, Bouzy et Hélary 2012, p. 675 ; 892.
  5. Contamine 1982, p. 65-66, note 8.
  6. Gaussin 1982, p. 74, [lire en ligne]).
  7. Favier, p.551
  8. Thibault 1997, p. 44, [lire en ligne].
  9. Claix...d'un hameau à l'autre, publié par l'association Claix Patrimoine et Histoire
  10. Michel Caffin de Merouville, Le beau Dunois et son temps, Paris, Nouvelles Éditions Latines, 2003, ISBN 2-7233-2038-3
  11. La biographie d'Anne de Graville est muette à ce sujet (Maxime de Montmorand Anne de Graville, sa famille, sa vie, son œuvre, sa postérité)