Claude Gauvard

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Claude Gauvard
Claude Gauvard (2018).jpg
Fonctions
Présidente
Société de l'histoire de France
Présidente
Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public (d)
-
Professeure
Université Panthéon-Sorbonne
-
Professeure
Université de Reims Champagne-Ardenne
-
Biographie
Naissance
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Membre de
Société de l'histoire de France
Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public (d)
Comité d'histoire de la ville de Paris (d)
Laboratoire de médiévistique occidentale de Paris
Haut comité des commémorations nationales (d) (jusqu'en )Voir et modifier les données sur Wikidata
Directeur de thèse
Distinctions
Titre honorifique
Professeure émérite

Claude Gauvard, née le à Paris, est une historienne médiéviste française.

Elle est professeur émérite à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne.

Biographie[modifier | modifier le code]

Études[modifier | modifier le code]

Fille d'une institutrice, pupille de la Nation, et d'un technicien de la Ville de Paris, originaire de Creuse, elle intègre le lycée Victor-Duruy puis fait khâgne au lycée Fénelon où elle s'engage contre la torture et en faveur de l'Indépendance de l’Algérie. À la suite de ses études d'histoire à la Sorbonne entre 1961 et 1965, elle obtient l'agrégation d'histoire et géographie en 1967[1].

Carrière universitaire[modifier | modifier le code]

Débutant comme assistante à l'université de Rouen en 1969, puis à la Sorbonne en 1971, elle est maître de conférences à l'université Panthéon-Sorbonne. En 1989, elle soutient sa thèse de doctorat, « Crime, État et société en France à la fin du Moyen Âge » (qui reçoit le prix Malesherbes et le prix Gobert de l'Académie des inscriptions et belles-lettres), et devient professeur d'histoire du Moyen Âge à l'université de Reims en 1990, puis à l'université Panthéon-Sorbonne (1992) où elle a enseigné l’histoire du Moyen Âge jusqu'en 2009[1].

Elle a été membre senior de l’Institut universitaire de France pendant 10 ans (1997-2007)[1].

Elle est également codirectrice de la Revue historique avec Jean-François Sirinelli depuis 1998[1], codirectrice de la collection « Le Nœud gordien » aux Presses universitaires de France.

Elle dirige l'École doctorale d'Histoire de l'université Panthéon-Sorbonne de 1998 à 2005.

Elle est présidente du jury de l'agrégation d'histoire de 1998 à 2001 et de la Société des historiens médiévistes de l'enseignement supérieur public (SHMESP) de 1995 à 2001.

En 2009, elle préside la Société de l'histoire de France[2].

Elle siège au conseil d'administration de l'Association française pour l'histoire de la justice[3], au Haut comité des commémorations nationales[4] (jusqu'à sa démission en 2018)[5], et au Comité d'histoire de la ville de Paris[6].

Apports[modifier | modifier le code]

Élève de Bernard Guenée, son directeur de thèse, et influencée par Jacques Le Goff, Claude Gauvard s'est consacrée à l'histoire de la justice à la fin du Moyen Âge, en s'appuyant notamment sur les méthodes de l'anthropologie et de la sociologie. Sa thèse de doctorat d'État, publiée en 1991 sous le titre « De grace especial » : crime, État et société en France à la fin du Moyen Âge, a été récompensée par le prix Malesherbes de l'Association pour l'histoire de la justice et par le prix Gobert de l'Académie des Inscriptions et Belles-Lettres.

À travers le prisme de la justice, Claude Gauvard étudie les modes de régulation du lien social dans la société ritualisée de la fin du Moyen Âge. D'après elle, les supplices en général et la peine de mort en particulier sont assez rares au Moyen Âge. Les sociétés médiévales ne seraient d'ailleurs pas particulièrement violentes, car régulées par le régime de l'honneur. S'attachant particulièrement aux usages, aux procédures et aux discours de la grâce, de la rémission et de l'arbitrage, elle montre la prégnance de la notion d'honneur dans la société médiévale.

Selon une perspective inspirée de l'anthropologie juridique anglo-américaine, elle insiste sur le caractère régulateur de l'activité judiciaire, qu'elle envisage comme un mécanisme de "résolution des conflits" parmi d'autres. Son étude de la criminalité permet ainsi de souligner à quel point les hommes et les femmes du Moyen Âge sont des "sujets en conflit"[7] qui participent de la construction judiciaire du pouvoir royal.

Elle a dirigé, entre autres, les thèses de doctorat de Nicolas Offenstadt et de Véronique Beaulande-Barraud.

Ouvrages[modifier | modifier le code]

  • « De grace especial ». Crime, État et société en France à la fin du Moyen Âge, 2 vol., Paris, Publications de la Sorbonne, 1991 (rééd. 2010), présentation en ligne.
  • Dir., La renommée, n° de la revue Médiévales, 24 (1993).
  • La France au Moyen Âge du Ve au XVe siècle, Paris, PUF, 1996, rééd. 2010.
  • Avec Françoise Autrand et Jean-Marie Moeglin (dir.), Saint-Denis et la royauté : études offertes à Bernard Guenée, Paris, Publications de la Sorbonne, 1999.
  • Avec Robert Jacob (dir.), Les rites de la justice au Moyen Âge, Paris, Le Léopard d'or, 2000.
  • Avec Alain de Libera et Michel Zink (dir.), Dictionnaire du Moyen Âge, Paris, PUF, 2002.
  • Avec Pierre Boglioni et Robert Delort (dir.), Le petit peuple dans l'Occident médiéval : terminologies, perceptions, réalités : actes du Congrès international tenu à l'Université de Montréal (18-23 octobre 1999), Paris, Publications de la Sorbonne, 2002.
  • Avec Jean-Louis Robert (dir.), Être parisien : actes du colloque organisé par l'École doctorale d'histoire de l'Université Paris 1 Panthéon-Sorbonne et la Fédération des Sociétés historiques et archéologiques de Paris-Île-de-France (26-28 septembre 2002), Paris, Publications de la Sorbonne, 2004.
  • Avec Claire Boudreau, Kouky Fianou et Michel Hébert (dir.), Information et société en Occident à la fin du Moyen Âge, Paris, Publications de la Sorbonne, 2004.
  • Violence et ordre public au Moyen Âge, Paris, Picard, 2005.
  • Avec Jacques Chiffoleau et Andrea Zorzi (dir.), Pratiques sociales et politiques judiciaires dans les villes de l'Occident à la fin du Moyen Âge, Rome, École française de Rome, 2007.
  • Dir., L'Enquête au Moyen Âge, Rome, École française de Rome, 2008.
  • Le Moyen Âge, Paris, la Martinière, 2010
  • Dir. avec Jean-François Sirinelli, Pascal Cauchy, Les historiens français à l'œuvre, 1995-2010, Paris, PUF, 2010
  • Avec Loïc Cadiet, Frédéric Chauvaud, Pauline Schmitt-Pantel et Myriam Tsikounas (dir.), Figures de femmes criminelles de l'Antiquité à nos jours, Paris, Publications de la Sorbonne, 2010.
  • Le temps des Valois, Paris, PUF, coll. « Une histoire personnelle de », 2013
  • Le temps des Capétiens, Paris, PUF, coll. « Une histoire personnelle de », 2013
  • La France au Moyen Âge du Ve au XVe siècle, Paris, PUF, 2014
  • Sous sa direction et celle de Jean-François Sirinelli, Dictionnaire de l'historien, PUF, 2015, 786 pages.
  • Sous sa direction, Une histoire de France, Paris, PUF, 2017.
  • Condamner à mort au Moyen Age. Pratiques de la peine capitale en France XIIIe-XVe siècle, Paris, PUF, 2018.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a b c et d Dupont-Monod 2000.
  2. http://www.shfrance.org/actu.htm.
  3. [1]
  4. https://francearchives.fr/commemo/recueil-2017/26287387.
  5. https://www.lemonde.fr/idees/article/2018/03/21/affaire-maurras-la-lettre-de-demission-de-dix-des-douze-membres-du-haut-comite-aux-commemorations_5274427_3232.html.
  6. https://api-site.paris.fr/images/84503.
  7. N. Offenstadt, « L' "histoire politique" de la fin du Moyen Âge. Quelques discussions », Être historien du Moyen Âge au XXIe siècle (XXXVIIIe Congrès de la SHMESP, 31 mai-3 juin 2007), Paris, Publications de la Sorbonne, 2008, p. 179-198.

Annexes[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]