Jobst de Moravie

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Jobst de Moravie
Illustration.
Titre
Roi de Germanie

(3 mois et 17 jours)
Prédécesseur Robert du Palatinat
Successeur Sigismond
Margrave de Moravie

(35 ans, 2 mois et 6 jours)
Prédécesseur Jean Henri
Successeur Venceslas de Bohême
Électeur de Brandebourg

(22 ans, 7 mois et 27 jours)
Prédécesseur Sigismond
Successeur Sigismond
Duc engagé du Luxembourg
Prédécesseur Venceslas de Bohême
Successeur Louis Ier d'Orléans
Duc engagé du Luxembourg

(3 ans, 1 mois et 26 jours)
Prédécesseur Louis Ier d'Orléans
Successeur Élisabeth de Goerlitz
Biographie
Dynastie Maison de Luxembourg
Date de naissance
Date de décès (à 59 ans)
Lieu de décès Forteresse du Spielberg, Brünn
Sépulture Monastère cistercien de Staré Brno
Père Jean-Henri de Moravie
Mère Marguerite de Troppau
Conjoint (1) Élisabeth d'Opole
(2) Agnès d'Opole

Jobst de Moravie (également nommé Jodok ; en allemand : Jobst von Mähren, en tchèque : Jošt Moravský), né en décembre 1351 et mort le à Brünn, issu de la maison de Luxembourg, fut margrave de Moravie de 1375 à sa mort. En 1388, il acquiert le duché de Luxembourg et la marche de Brandebourg par engagement de ses cousins le roi Venceslas et son frère cadet Sigismond de Luxembourg. Jobst est officiellement inféodé du Brandebourg et le titre de prince-électeur en 1397 ; en 1410, il est même élu roi des Romains mais il meurt peu de temps après.

Dans les luttes de pouvoir au sein du Saint-Empire vers la fin du Moyen-Âge, le margrave se révéle être un homme d'État sans scrupules qui change d'alliance et se rallie à des avis divergents.

Biographie[modifier | modifier le code]

Jobst est le fils du margrave Jean-Henri de Moravie (1322–1375), frère cadet de l'empereur Charles IV, et de sa deuxième épouse Marguerite († 1363), fille du duc Nicolas II d'Opava de la dynastie des Přemyslides. Jean-Henri avait reçu la Moravie par Charles en 1349 ; sous son règne, le margraviat est prospère. À la mort de leur père en 1375, Jobst hérite conjointement avec et ses frères cadets Procope et Jean Sobeslav d'un riche patrimoine. Il est toutefois le principal margrave (en latin : marchio et dominus Moravie), ce qui entraîna de conflit permanent entre les frères. Peu avant sa mort, Jean-Henri avait fondé avec le soutien de ses fils la chartreuse de Königsfeld près de Brno, le .

Jobst de Moravie, Codex Gelnhausen, XVe siècle

Le margrave a ainsi largement profité de sa force financière : en 1387, Jobst aide à d'asseoir son cousin Sigismond de Luxembourg sur le trône du royaume de Hongrie. L'année suivante, le , Sigismond lui met en gage la marche de Brandebourg pour la somme considérable de plus de 560 000 florins afin de couvrir les coûts de sa campagne en Hongrie ; peu après, les cousins concluent un acte de succession réciproque. En même temps, Jobst obtient, moyennant finances, le duché de Luxembourg, patrimoine de son oncle le duc Venceslas Ier († 1363), des mains de son cousin Venceslas de Bohême, le fils aîné de Charles IV, qui était élu son successeur ent tant que roi des Romains en 1376. Jobst fut officiellement inféodé avec le Brandebourg par le roi Venceslas le .

Le meurtre de Jean Népomucène, vicaire général de l'archevêque de Prague, le , provoque la fronde de l' « union seigneuriale » groupée autour d'Henri III de Rosenberg et alimentée par Jobst de Moravie. Les insurgés arrêtent le roi Venceslas le et nommé Jobst lieutenant général et « administrateur du royaume[1] ». Le roi est emprisonné au château de Wilberg en Autriche et est libéré le grâce à l'intervention de son frère Jean de Goerlitz et de l'électeur Robert II du Palatinat. Venceslas ne respecte pas les conditions prévues pour sa libération et en avril 1395 il fait un temps emprisonner Jobst pour quelques semaines. Ce dernier, ayant des besoins financiers, cède en 1402 ses droits sur le Luxembourg à Louis d'Orléans, contre la somme de 100 000 ducats d'or et une rente viagère de 10 000 ducats. À la mort de l'engagiste Louis d'Orléans en 1407, Jobst récupère le Luxembourg.

Après la mort de l'anti-roi Robert Ier de Wittelsbach, il est élu roi de Germanie le , en compétition avec son cousin Sigismond déjà élu le 20 septembre de la même année. Ils sont sur le point de s'affronter, quand Jobst meurt le .

À sa mort, la Moravie fait retour au royaume de Bohême; mais le margraviat de Brandebourg revient à Sigismond qui toujours impécunieux l'engage immédiatement aux Hohenzollerns, avant de leur céder définitivement en 1415. le duché de Luxembourg quant à lui est engagé à Élisabeth de Goerlitz.

Unions[modifier | modifier le code]

Jobst avait épousé en 1372 Élisabeth d'Opole (1360 † 1411), fille de Ladislas Piast, duc d'Opole, et d'Élisabeth Bassaraba. Ils n'ont pas d'enfant. Il épouse ensuite Agnès, tante de sa première épouse et fille de Bolko II d'Opole. Ce mariage reste également sans descendance.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Notes[modifier | modifier le code]

  1. Cf. Peter Hilsch, Neue Deutsche Biographie (NDB), vol. 10, Berlin, Duncker & Humblot, (ISBN 3-428-00191-5), « Jost », p. 627 et suiv.

Sources[modifier | modifier le code]

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