Marie-Adélaïde (grande-duchesse de Luxembourg)

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Marie-Adélaïde
Illustration.
Marie-Adélaïde de Luxembourg.
Titre
Grande-duchesse de Luxembourg

(6 ans, 10 mois et 21 jours)
Couronnement
(prestation de serment)
Président du gouvernement Paul Eyschen
Mathias Mongenast
Hubert Loutsch
Victor Thorn
Léon Kauffmann
Émile Reuter
Prédécesseur Guillaume IV
Successeur Charlotte
Grande-duchesse héritière de Luxembourg

(6 ans, 3 mois et 8 jours)
Monarque Guillaume IV
Prédécesseur Guillaume
Successeur Charlotte
Biographie
Dynastie Maison de Nassau
Nom de naissance Marie-Adélaïde Thérèse Hilda Antonia Wilhelmine de Nassau
Date de naissance
Lieu de naissance Colmar-Berg (Luxembourg)
Date de décès (à 29 ans)
Lieu de décès Hohenburg (Allemagne)
Sépulture Cathédrale de Luxembourg
Nationalité luxembourgeoise
Père Guillaume IV
Mère Marie-Anne de Bragance
Religion Catholicisme romain
Résidence Palais grand-ducal de Luxembourg, Château de Colmar-Berg

Marie-Adélaïde (grande-duchesse de Luxembourg)
Monarques de Luxembourg

Marie-Adélaïde de Nassau, née le au château de Berg (actuelle commune de Colmar-Berg) et morte le au château de Hohenburg en Bavière, fut grande-duchesse de Luxembourg de 1912 à 1919.

Biographie[modifier | modifier le code]

Famille[modifier | modifier le code]

Elle est la fille aînée du grand-duc Guillaume IV de Luxembourg et de son épouse Marie-Anne de Bragance, de la Maison royale de Portugal.

Elle est la première souveraine du Luxembourg à avoir vu le jour dans le pays depuis 1296.

Héritière du Luxembourg[modifier | modifier le code]

Le Congrès de Vienne avait attribué le Grand-duché de Luxembourg au roi des Pays-Bas et à ses descendants mâles. Or à la fin du siècle, les trois fils du roi Guillaume III des Pays-Bas étaient décédés avant leur père. Il ne restait comme héritière qu'une fille née tardivement et appelée à ceindre la couronne néerlandaise mais ne pouvant prétendre régner sur le Luxembourg où la "loi salique" était en vigueur. Du fait d'un pacte de famille signé entre les différentes branches de la famille de Nassau déjà en 1783, la couronne luxembourgeoise passa à un cousin, le ci-devant duc de Nassau, de la branche aînée des Nassau (Nassau-Weilbourg), qui avait été l'allié de l'Autriche lors de la guerre austro-prussienne de 1866 (cf.: Bataille de Sadowa) et avait alors été dépossédé de son duché par la Prusse victorieuse.

Celui-ci avait un fils qui n'engendra que des filles, six en tout. Le descendant mâle le plus proche était le duc de Merenberg, mais il était issu d'une branche morganatique et donc exclue de la loi successorale. La question successorale se posait d'autant plus urgemment que le grand-duc Guillaume IV de Luxembourg, âgé de plus de cinquante ans, était d'une santé très fragile.

Le , après modification de la loi par la Chambre des députés luxembourgeoise, il proclama Marie-Adélaïde, âgée de 13 ans, héritière du grand-duché, au détriment de son cousin Georges Nicolas de Merenberg, ceci afin d'éviter toute crise de succession au moment de sa mort. La jeune princesse succèda à son père le à l'âge de 17 ans et 8 mois. N'étant pas encore majeure, sa mère, qui avait déjà exercé la régence lors de la maladie de son époux, exerça encore la régence jusqu'aux dix-huit ans accomplis de la nouvelle souveraine.

Règne[modifier | modifier le code]

Sous son règne, le , est voté la loi concernant l'organisation de l'enseignement primaire portée par le bloc des gauches qui a conduit à l'allongement et la laïcisation de l'enseignement primaire, malgré l'opposition de la droite cléricale[1]. Marie-Adélaïde est elle-même réservée sur le sujet et met plus de six semaines avant de promulguer la loi. Cette hésitation lui sera longtemps reprochée par certains milieux et contribuera à sa chute au lendemain du premier conflit mondial.

Dès le 2 août 1914, le grand-duché, pays pourtant neutre depuis 1867, est envahi par les troupes allemandes qui l'occupent jusqu'à l'armistice du . Peu après le départ des Allemands, des troupes américaines et françaises occupent à leur tour le pays.

L'attitude de Marie-Adélaïde pendant cette période est controversée. À la fin de la Première Guerre mondiale, accusée de sympathie avec l'Allemagne et d'une trop grande tendance à interférer directement dans les affaires politiques du pays, notamment après la mort du Premier ministre Paul Eyschen en 1915, elle est contrainte d'abdiquer sous la pression des autorités politiques du Grand-Duché. Par ailleurs, son catholicisme affiché déplait au gouvernement français, dirigé alors par Clemenceau. Surtout, vu l'importance des chemins de fer luxembourgeois, prolongeant le réseau alsacien-lorrain tout juste récupéré par la France, et, plus encore, de la puissante industrie sidérurgique luxembourgeoise, divers milieux français et belges s'activent en coulisses pour s'attacher d'une façon ou d'une autre le Luxembourg à l'issue de la Conférence de la Paix.

Elle est également critiquée par la France pour avoir permis les fiançailles de ses sœurs Charlotte avec le prince Félix de Bourbon-Parme, frère de l'impératrice Zita d'Autriche et officier dans l'armée autrichienne, et Antonia avec Rupprecht, prince royal de Bavière et responsable de troupes ayant commis des crimes de guerre en Belgique occupée. Notons toutefois que l'on voit mal comment des princesses en âge de se marier auraient pu, le Luxembourg étant occupé contre son gré et situé derrière la ligne de front (côté allemand), fréquenter des candidats au mariage autres qu'allemands ou autrichiens...

Abdication et décès[modifier | modifier le code]

Après avoir consulté le Premier ministre du moment, Émile Reuter, elle abdique le en faveur de sa sœur cadette, qui, le 15 janvier suivant, devient, par prestation de serment devant les corps constitués, la grande-duchesse Charlotte de Luxembourg.

Marie-Adélaïde se retire à Modène, en Italie, dans un couvent de carmélites, mais elle doit bientôt renoncer à sa vocation, sa santé se révélant trop fragile pour les austérités du cloître. Après une deuxième tentative, dans un couvent moins rigoureux, elle doit définitivement abandonner la vie religieuse et se retire en Bavière, à Hohenburg. Malade, elle meurt en 1924 à l'âge de seulement 29 ans et sera inhumée dans la crypte grand-ducale de la cathédrale Notre-Dame de Luxembourg.

Ascendance[modifier | modifier le code]

Marie-Adélaïde de Luxembourg appartient à la huitième branche (branche cadette de Nassau-Weilburg), elle-même issue de la septième branche (branche aînée de Nassau-Weilburg) de la Maison de Nassau. Cette lignée cadette de Nassau-Weilburg appartient à la tige valmérienne qui a donné des grands-ducs au Luxembourg.

Notes et références[modifier | modifier le code]

Annexes[modifier | modifier le code]

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Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]