Jean-Pierre-André Amar

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André Amar
Jean-Baptiste Amar.jpg
Jean-Baptiste Amar, gravure du XIXe siècle.
Fonctions
Président de la Convention nationale
5 -
Député de la Convention nationale
Isère
-
Biographie
Naissance
Décès
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ParisVoir et modifier les données sur Wikidata
Surnom
Le farouche AmarVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité
Autres informations
Parti politique
signature d'André Amar
Signature d’Amar dans un document du Comité de Salut Public du 10 Thermidor an II.

André Amar, né le à Grenoble, mort le à Paris, est un avocat et homme politique français, député de l'Isère à la Convention nationale.

Biographie[modifier | modifier le code]

Né dans une famille aisée[1], Amar était avocat au parlement de Grenoble et venait d'acheter la charge de trésorier de France, qui conférait la noblesse, lorsqu'éclata la Révolution française. Il se rallia tardivement aux idées nouvelles et fut, de 1790 à 1792, membre de l’administration et du directoire du district de Grenoble.

Élu le 9 septembre 1792, le cinquième sur neuf, par le département de l'Isère à la Convention nationale, il a été, siégeant, dès son élection, dans les rangs de la Montagne, l’un des députés les plus fougueux de la Convention, où il a dénoncé, dès le commencement, les prêtres et les machinations de l’aristocratie du Bas-Rhin. Il s’est également rapidement fait remarquer par ses attaques contre les émigrés. Il s’est illustré en faisant adopter le décret fermant les portes de la vie politique aux femmes[2], « incompatible avec la douceur et la modération qui font le charme de leur sexe[3],[4]. »

Lors du procès de Louis XVI, il s'en prit violemment à Lanjuinais, qui prétendait que la Convention était incompétente pour juger le roi, puis qui demanda une majorité des deux-tiers. Il vota successivement pour la culpabilité du roi, contre l'appel au peuple, pour la peine de mort et l'exécution dans les vingt-quatre heures et contre le sursis[5].

Le , jour de l'exécution du roi, il demanda l'arrestation de tous ceux qui tiendraient des propos suspects. Le 10 mars, il soutint ardemment Robert Lindet qui demandait la création d'un Tribunal révolutionnaire, seule mesure, selon lui, qui pouvait sauver le peuple[6].

Contre l’usage, il fut envoyé commissaire dans son propre département et, longtemps avant la loi des suspects, il y fit arrêter un grand nombre de suspects, même dans sa famille. Ayant eu avec Merlino une mission semblable dans le département de l’Ain, en avril, il y usa de la même rigueur, et en peu de jours cinq cents personnes furent emprisonnées par ses ordres. On n’était pas encore accoutumé à de pareilles iniquités dans toutes les parties de la France, et les habitants du département de l’Ain crurent qu’il leur suffirait d’en informer la Convention nationale pour que cette assemblée y mît un terme. Une députation lui fut envoyée, et, dans la séance du 19 mai 1795, cette députation vint exposer à la barre que des vieillards, des femmes et des enfants étaient entassés dans des cachots, sans discernement et sans motifs ; qu’une femme qui n’avait jamais eu d’enfants avait été emprisonnée pour avoir fait passer des secours à son fils émigré… Le président répondit que les devoirs de la Convention étaient de « venger les droits de l’homme ». Sur le rapport de Pierre Philippeaux, la pétition fut renvoyée au Comité de sûreté générale, et quelques jours plus tard, le 16 juin, il devenait membre de ce même comité tandis que l’ex-député Marie-Étienne Populus, qui avait été l’orateur de cette députation, portait sa tête sur l’échafaud[6].

il fut envoyé, avec Merlino, dans l'Ain et l'Isère, pour y accélérer le recrutement. Le 21 mai, il protesta contre la décision qui venait de confier l’armée des Alpes à Kellermann et, le 28 mai, il vota contre le rapport du décret qui, la veille, avait cassé la Commission des Douze. Le , il revint à la charge en disant que la république était trahie du côté du Mont-Blanc, accusant Kellerman, général « infâme » qu’il croyait coupable et dont il fallait faire tomber la tête[7].

Adversaire acharné des Girondins, Amar devint plus influent encore après le 31 mai ; il rédigea l’acte d’accusation qui a abouti à l’arrestation des députés girondins, le 2 juin 1793[2]. Le 13 juin, il provoqua le décret d'accusation contre Buzot, et ce fut lui qui, le 30 juillet, provoqua le décret d'accusation contre Duprat, Mainvielle et Vallée, comme complices de Barbaroux ; ce fut lui qui, le 2 août, accusa, au nom du comité de sûreté générale Carra, présent à la séance, d'être un conspirateur conspirateur et un scélérat, qui égorgeait la liberté, et de recevoir chez lui une société d’aristocrates, qui avaient applaudi à l’infâme action de Charlotte Corday, et qui avaient osé dire qu’avant vingt ans on érigerait des autels à cet assassin[7]. Ce fut lui qui procéda à l'arrestation de Rabaut-Saint-Étienne ; ce fut encore lui qui, le 3 octobre, fut chargé de conclure contre Vergniaud, Guadet et les autres Girondins. Enfin, il fut l'auteur d'un rapport qui inculpait Basire, Chabot, Delaunay, Fabre d'Églantine et Julien de Toulouse de royalisme et d'agiotage. Il proposa de faire traduire dans une maison nationale les députés rentrés, depuis le 31 mai, dans leur domicile, d’après l’évasion de Pétion et de Lanjuinais. ll vota, le 20 août 1793, pour que les aristocrates et gens suspects fussent renfermés jusqu’à la paix[7]. Il milite pour la déportation des prêtres[8].

Il devint président de la Convention, le et, peu avant la 9 Thermidor, il se déclara violemment contre Robespierre et contribua à sa chute. Il fut impliqué dans l’insurrection du 12 germinal an III contre la Convention avec Barère, Collot d'Herbois, Billaud Varennes et Vadier et arrêté. Il fut libéré par l'amnistie du 4 brumaire an IV.

Retiré de la vie publique, il fut arrêté à nouveau par le Directoire comme complice de la conjuration des Égaux[9]. Traduit, avec Babeuf et ses complices, à la haute cour de Vendôme, il fut renvoyé, pour l'application de la loi du 22 floréal, qui exilait de la capitale plusieurs conventionnels, devant le tribunal criminel de la Seine qui cessa les poursuites, et il resta à Paris[10].

Obscur et ignoré sous l’Empire, à la Restauration, il dut à sa non-activité pendant les Cent-Jours de ne pas être proscrit comme régicide par la loi du 12 janvier 1816, quoique ayant voté la mort du roi, car il avait refusé d'adhérer à l'acte additionnel de 1815.

Tourné, à la fin de sa vie, vers la piété et le mysticisme, il a notamment traduit les œuvres philosophiques de Swedenborg[11].

Cinéma[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Son père était directeur de la Monnaie.
  2. a et b Michel Fauquier (note 3), Une histoire de l’Europe : aux sources de notre monde, Monaco, Éditions du Rocher, , 752 p. (ISBN 978-2-26809-636-0, lire en ligne), p. 792.
  3. Alexandre Duverger, De la condition politique et civile des femmes, Paris, Marescq, , 176 p. (lire en ligne), p. 39.
  4. Seul Louis-Joseph Charlier a pris la parole, à cette occasion, en faveur des femmes, pour soutenir leur cause avec chaleur. Voir Duverger op. cit.
  5. Alphonse de Lamartine, Histoire de la révolution française, 1793, Paris, A. Decourt, , 104 p. (lire en ligne), p. 31.
  6. a et b Biographie universelle ancienne et moderne : ouvrage rédigé par une société de gens de lettres, t. 1 Aa Ang, Paris, A. Thoisnier Desplaces, , 712 p. (lire en ligne), p. 559.
  7. a b et c Jean-Joseph-Antoine Pilot de Thorey, Statistique du département de l’Isère, Grenoble, F. Allier, , 701 p. (lire en ligne), p. 146.
  8. Réimpression de l’ancien moniteur depuis la réunion des États-Généraux jusqu’au Consulat : avec des notes explicatives par M. Léonard Gallois (mai 1789 - novembre 1799), t. 14, Paris, Bureau Central, , 880 p. (lire en ligne), p. 812.
  9. Philippe Buonarroti, Gracchus Babeuf et la conjuration des égaux, Paris, A. Le Chevalier, coll. « Les grands procès politiques », , 209 p. (lire en ligne), p. 54.
  10. William Duckett (dir.), Dictionnaire de la conversation et de la lecture : inventaire raisonné des notions générales les plus indispensables à tous, t. 1, Paris, Michel Lévy frères, , 2e éd., 800 p. (lire en ligne), p. 431.
  11. Léonce-Eugène-Joseph Fabre des Essarts, Les Hiérophantes : Fouché, Chaumette et le culte de la Raison, Paris, Chamuel, , 264 p. (lire en ligne), p. 139.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]