Jean-Paul Rabaut Saint-Étienne

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Jean-Paul Rabaut Saint-Étienne
Description de l'image Jean-PaulRabautSaint-Etienne.jpg.
Naissance
Nîmes
Décès
Paris
Nationalité Drapeau de la France France
Profession

Jean-Paul Rabaut Saint-Étienne dit Rabaut-Saint-Étienne, né à Nîmes le et mort guillotiné à Paris le , député de l’Aube à la Convention nationale.

Vie familiale[modifier | modifier le code]

Il est le fils du pasteur Paul Rabaut, et le frère de Jacques Antoine Rabaut-Pommier et de Pierre-Antoine Rabaut-Dupuis


Il fait ses études de théologie au séminaire protestant de Lausanne. Il est consacré pasteur à Lausanne le 11 novembre 1764 et devient pasteur adjoint de son père, à Nîmes.

Rabaut Saint-Étienne s'efforce d'obtenir des droits juridiques pour les protestants français et, dans ce but, rencontre à Paris, le marquis de La Fayette et le ministre de Louis XVI, Malesherbes, qui est favorable à une évolution législative en faveur des protestants. En 1786, Rabaut Saint-Étienne rédige un mémoire pour appuyer cette revendication. Cette entreprise est couronné de succès et, , le roi promulgue à Versailles l'édit de tolérance.

Article détaillé : Édit de Versailles.

Cet édit permet aux protestants de recouvrer un état-civil sans devoir se convertir au catholicisme. Tout en en regrettant les limites, Rabaut Saint-Étienne souligne que « La reconnaissance n’exclut point l’espérance, elle l’autorise »[1].

Le révolutionnaire[modifier | modifier le code]

Extrait du tableau du Serment du Jeu de Paume de David, représentant dom Gerle, l'abbé Grégoire et le pasteur Jean-Paul Rabaut de Saint-Étienne. Il allégorise la réconciliation des religieux lors de la Révolution française.

Rabaut Saint-Étienne devient député du tiers état de la sénéchaussée de Nîmes et de Beaucaire aux États généraux. Il prêta le serment du Jeu de Paume et est nommé commissaire pour les conférences.

Il est élu président de l’Assemblée constituante du 15 au 28 mars 1790 et participe à l’élaboration de la constitution de 1791. Il proposa plusieurs décrets relatifs à l’organisation de la garde nationale et de la gendarmerie nationale.

On retiendra et réutilisera une maxime qu’il dit à la Constituante : « Notre histoire n’est pas notre code »[2].

L’Assemblée constituante ayant décrété qu’aucun de ses membres ne pourrait faire partie de l’Assemblée législative, il se consacra à l’écriture et rédigea un Précis de l’histoire de la Révolution.

Élu dernier député de l’Aube à la Convention nationale, où il siégea sur les bancs des Girondins, il devint membre du Comité de l’agriculture. À la Convention, il dénonça la violation de la loi par la Commune de Paris et proposa de déclarer le roi Louis XVI coupable et de renvoyer au peuple l’application de la peine. Lors du procès du roi, il vota pour la culpabilité, pour la ratification du jugement du peuple, pour la détention pendant la guerre et le bannissement à la paix et pour le sursis.

Rabaut Saint-Étienne devint président de l’Assemblée du 24 janvier au 7 février 1793. Il fut élu, le 15 mars 1793, membre de la Commission des Six chargée de surveiller le tribunal extraordinaire. Il se prononça pour la mise en accusation de Marat. Le 21 mai, il fut nommé à la Commission extraordinaire des Douze, instituée pour la recherche des complots et des conspirations menaçant la représentation nationale et établit un rapport le 28 mai, justifiant l’arrestation d’Hébert.

Il est arrêté le 2 juin avec les Girondins et guillotiné le 15 frimaire an II (5 décembre 1793).

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Ouvrages (sélection)[modifier | modifier le code]

  • Manuel des malades ou Recueil de lectures édifiantes à l'usage des malades, des vieillards et des infirmes, Lausanne, 1773.
  • Prenez-y garde, ou avis à toutes les assemblées d’élection, qui seront convoquées pour nommer les représentants des trois ordres aux États-Généraux ; précédé d’une observation importante pour les Normands, (1789), en ligne.
  • Projet du préliminaire de la constitution françoise, présenté par M. Rabaut de [sic] Saint-Etienne, Versailles, Baudoin, 1789, 14 p.
  • Le Vieux Cévenol ou anecdotes de la vie d'Ambroise Borély, recueillies par W. Jesterman [pseud. de Rabaut St-Etienne], Londres, 1784.
  • Le Roi doit modifier les loix portées contre les protestans. Démonstration. Avantage que la France tirerait de cette modification, Londres, 1784.
  • Lettres à Monsieur Bailly sur l'histoire primitive de la Grèce, Paris, Debure l'aîné, 1787, 451 p.
  • Réflexions sur la division nouvelle du Royaume, et sur les priviléges & les assemblées des provinces d'etats. Par M. Rabaut de Saint-Étienne, membre du Comité de Constitution, Paris, Baudoin, 1789.
  • Discours de M. Rabaud de St. Étienne, dont l'impression a été ordonné par l'Assemblée nationale pour être envoyée dans toutes les provinces du royaume, Marseille, Brebion, 1790.
  • Projet d'éducation nationale, Paris, Imprimerie nationale, 1792.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Céline Borello, Du Désert au Royaume : parole publique et écriture protestante (1765-1788) - Édition critique du Vieux Cévenol et de sermons de Rabaut Saint-Étienne, préface de Philippe Joutard, Paris, Honoré Champion, collection « La vie des Huguenots » no 65, 2013.
  • Patrick Cabanel, « Rabaut-Saint-Etienne, du religieux au politique », Bulletin de la Société de l'histoire du protestantisme français, janvier/mars 2001, tome 147/1, p. 113-124.
  • André Dupont, Rabaut Saint-Étienne, 1743-1793 : un protestant défenseur de la liberté religieuse, Genève, Labor et Fides, 1989 [1946].
  • Armand Lods, Essai sur la vie de Rabaut Saint-Étienne, pasteur à Nîmes, membre de l’Assemblée constituante et de la Convention nationale (1743-1793), Paris, Fischbacher, 1893.
  • « Jean-Paul Rabaut Saint-Étienne (1743-1793) », notice du Musée virtuel du protestantisme, en ligne.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Jean-Paul Rabaut Saint-Étienne (1743-1793) », notice du Musée virtuel du protestantisme.
  2. La phrase complète est : « (...) l'ancienneté d'une loi ne prouve autre chose, sinon qu'elle est ancienne. On s'appuie de l'histoire ; mais l'histoire n'est pas notre code. Nous devons nous défier de la manie de prouver ce qui doit se faire par ce qui s'est fait, car c'est précisément de ce qui s'est fait que nous nous plaignons », dans Considérations sur les intérêts du tiers état.