Goélette

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le voilier. Pour l'oiseau appelé aussi hirondelle de mer, voir Sterne pierregarin.
L'Atalanta est un exemple classique de Goélette : 3 focs et 2 mâts (mâts avant de même taille ou plus petit) à doubles voiles : 2 voiles auriques à cornes (voiles principales) et 2 voiles triangulaires (voiles supérieures : "gaff topsail")
La goélette à hunier La Recouvrance toutes voiles déployées (2 voiles carrées complètent son gréement : Un hunier et un perroquet)

Une goélette, (Schooner en anglais) est un voilier apparu entre le XVIe et le XVIIe siècle et qui connu son apogée aux XVIIIe et XIXe siècle.

Le Tara est une goélette moderne

Les goélettes ont généralement deux mâts (mais peuvent en comporter jusqu'à sept). Le mât de misaine (à l'avant du navire) est plus court ou de même taille que le grand mât. Tous les mâts portent des voiles auriques (voiles au tiers, à cornes ou à livarde) ou triangulaires.

Classiquement, les goélettes présentent plusieurs voiles par mâts : Les grandes voiles sont auriques et les voiles supérieures sont triangulaires ("Gaff topsail" en anglais). Il est également fréquent d'observer un ou plusieurs mâts à voile unique triangulaire (gréement bermudien) ce qui est souvent le cas dans les bateaux modernes ou de petite taille.

La goélette se distingue du ketch par son mât avant plus petit que le mât arrière (ou de même taille), tandis que le ketch à un mâts à l'avant plus haut que le mâts arrière (grand mâts à l'avant, mâts d'artimon à l'arrière). Ils sont tous deux à voiles auriques.

La goélette se distingue du brick par son gréement en voiles auriques, tandis que le brick est gréé en voiles carrées avec une brigantine à l'arrière.

Il existe :

  • La goélette à hunier rattachée à la catégorie des goélettes mais possédant une à deux voiles carrées (petit hunier avec ou sans petit perroquet) sur le mâts de misaine au-dessus d'une voile aurique. Cette configuration donne un profil facilement reconnaissable aux goélettes à hunier. Les voiles carrées permettent d'améliorer la vitesse par vent arrière. Les goélettes à doubles huniers sont plus rares (chaque mâts comporte un hunier).
  • Le brick-goélette : 2 mâts gréé en voiles carrées sur le mât de misaine et en voiles auriques sur le grand mât (arriere).
  • Le trois mâts goélette ou barquetin : 3 mâts ou les deux mâts arrières ont un gréement en voiles auriques (et le mâts avant en voiles carrées). Ne pas confondre avec une goellette à 3 mâts (3 mâts en voiles auriques)
  • Le trois mâts barque : 3 mâts dont seul le mâts arrière a un gréement en voiles auriques (et 2 mâts avants en voiles carrées).

Étymologie[modifier | modifier le code]

Ce gréement a été inventé par des marins Hollandais au XVIe siècle sous le nom de "Schoener" qui a donné le terme anglophone schooner. Selon le spécialiste de la langue Walter William Skeat, "schooner" provient de Scoon, tandis que l'orthographe sch provient de l'adoption ultérieure de l'orthographe néerlandaise ( "de schoener"). Une autre étude suggère que l'expression néerlandaise au XVIIe siècle, "een Schoone Schip" (Schoone" signifiant beau en hollandais) a pu conduire à l'orthographe anglais schooner utilisé par les anglophones pour décrire les premières versions de la plate-forme de goélette telle qu'elle a évolué en Angleterre et en Amérique. [10].

La première définition détaillée d'une goélette, décrivant un navire à deux mâts à voiles auriques à l'arrière est apparu en 1769 à William Falconer, Dictionnaire universel de la marine.

Le terme francophone n'apparut que tardivement en France, vers 1751 sous le terme « goëlette » . Il est possible que ce terme viendrait de « goéland » par analogie à l'aspect effilé des ces navires. Et en va de même pour un autre type de navire : La Frégate qui est également un oiseau de mer.

En Polynésie Française, le terme de goélette est conservé de nos jours pour désigner parfois les petits cargos et caboteurs modernes qui assurent les liaisons et le ravitaillement des différents archipels.

Historique et utilisation[modifier | modifier le code]

Possibilité des goélettes[modifier | modifier le code]

Les goélettes apparues au XVIe siècle, sont des voiliers élégants, généralement équilibrés et bons marcheurs, et ne nécessitant pas un équipage très nombreux pour la manœuvre. Cependant, contrairement aux voiliers à gréement carré, elles ne pouvaient pas porter une grande surface de voiles, ce qui les limita à des rôles de cabotage ou de pêche hauturière, où leur manœuvrabilité faisait merveille.

Pour compenser ce désavantage tout en conservant une bonne maniabilité, les gréement en brick goélette et les goélette à hunier sont utilisés. Ils incorporent un gréement mixte à voiles auriques et carrées.

Essor au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Très utilisé à partir du XVIIIe siècle en Amérique du Nord [1] dans sa version à 2 mâts pour sa maniabilité et sa vitesse malgré des vents défavorables, et ceci, grâce à ses voiles auriques, tout en conservant de bonne capacité de charge (cargaison ou hommes) pour un équipage minimal. Ces navires pouvaient également naviguer en eaux peu profonde et être armés d'assez de canons de petit calibres, pour intimider les navires marchands. Au 18e siècle ces navires furent utilisés dans des opérations militaires (embargo, piraterie), de transport (traite négrière, cargo)[2] et de pèche. Il était utilisé couramment pour la pêche à la morue près du Groenland, de l'Islande et de Terre-Neuve (à partir par exemple des ports de Paimpol et Fécamp en France).

Apogée dans le transport maritime au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Le Linden, goélette à 3 mâts à voiles auriques

L'apogée des goellettes survient à partir de la deuxième moitié du 19e siècle avec le développement de la marine de commerce dans des versions de goélette perfectionnées de grande taille à 3 mâts et plus.

Les services du pilotage de San Francisco, créés au milieu du 19e (à l'époque de la ruée vers l'or) par des pilotes de la Côte Est, adoptèrent également ce gréement. Les goélettes militaires de la jeune marine des États-Unis jouèrent un rôle décisif dans la guerre de Sécession grâce à leurs qualités nautiques de premier ordre, notamment leur vitesse.

Sur la route du thé, où la vitesse était un facteur primordial pour le commerce, ce gréement équipa des navires de plus en plus grands, avec un nombre de mâts croissant de quatre à cinq puis six et jusqu'à sept, pour tenter de concurrencer la vapeur qui allait bientôt supplanter définitivement la voile.

Navire de course à partir du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Ce gréement, développé et optimisé pour une recherche de vitesse maximum tout en restant maniable par un équipage réduit pour les navires professionnels, a été adopté par la plaisance depuis la fin du XIXe siècle. On trouve de nombreuses goélettes de toutes les tailles, construites à toutes les époques et encore actuellement, et on trouve des associations de propriétaires de goélettes, très actives.

C'est la fameuse goélette America construite sur le modèle des goélettes pilotes de New York qui vint en 1851 arracher aux Anglais la coupe que les Américains dès lors baptisèrent coupe de l'America.

Quelques goélettes visibles[modifier | modifier le code]

Le 7 mâts Thomas W. Lawson

Les deux navires-écoles de la marine nationale française, l’Étoile et la Belle Poule, répliques d'anciens voiliers de pêche à la morue sur les bancs de Terre-Neuve sont deux voiliers jumeaux gréés en goélette à huniers.

La très grande majorité des goélettes ont une coque bois et 2 mâts mais il existe des goélettes à coque acier et à plusieurs mâts : jusqu'à 7 mâts. Le seul grand voilier en acier gréé en goélette à sept mâts, le Thomas W. Lawson eut une carrière très courte de cinq ans.

En état de naviguer[modifier | modifier le code]

L'Atyla durant les Tall Ships Races de 2014 est une réplique de navire de style 1re moitié du XIXe siècle
Une goélette malgache
La fameuse goélette à hunier polaire Fram de Nansen.
Une goélette de pêche

Répertoire du National Historic Landmark Drapeau des États-Unis États-Unis[modifier | modifier le code]

Bateaux musées[modifier | modifier le code]

  • La Theresa E. Connor (1938) Goélette pêcheuse construite à Lunenburg, Nouvelle Écosse. Elle se trouve au Fisheries Museum of the Atlantic, à Lunenburg.
  • Le Jean-Yvan (1958) est une goélette typique du Saint-Laurent, construite à Petite-Rivière-Saint-François. Se trouve au Musée maritime de Charlevoix (Saint-Joseph-de-la-Rive).
  • Le Saint-André (1956) est une goélette typique du Saint-Laurent, construite à La Malbaie. Reconstruite à partir de sa coque, elle est exposée au Musée maritime de Charlevoix (Saint-Joseph-de-la-Rive).

Une goélette sans voile : la goélette du Saint-Laurent[modifier | modifier le code]

La goélette du Saint-Laurent est en soi, une goélette qui a vécu de nombreuses transformations au cours d'une période d'environ un siècle avant de disparaitre complètement du paysage du fleuve Saint-Laurent. À partir de la goélette pêcheuse qu'on retrouvait couramment en Nouvelle-Écosse et à Terre-Neuve, les marins et charpentiers de marine du Saint-Laurent ont commencé à modifier le bâtiment principalement en raison d'un sérieux problème causé par la marée. Avec une amplitude de plus de 6 mètres à Québec, les goélettes à quille avaient besoin d'un quai pour conserver un semblant d'équilibre à la marée basse. Or souvent, les quais faisaient cruellement défaut en aval de Québec.

La goélette Grosse-Île sous voile devant Québec
Goélette du Saint-Laurent, Grosse-Île

Afin de permettre une tenue stable à l'échouage, les charpentiers québécois ont choisi de sacrifier la quille et d'en faire un bateau à fond plat. Toujours équipée d'un gréement à voile typique, les marins ont poursuivi les modifications pour s'adapter aux qualités modifiées de leurs goélettes. Le mâts avant est devenu plus imposant. Puis l'apparition du moteur à essence a permis de motoriser en premier la chaloupe de la goélette qui pouvait alors remorquer cette dernière vers le quai ou une baie protégée. Les moteurs gagnant en puissance, certains ont commencé à installer dans la coque des moteurs à deux cylindres, chassant l'équipage de la chambre qui était sous le pont principal. Avec ce moteur bruyant, les charpentiers ont commencé à aménager d'abord une chambre basse sur le pont, puis, le moteur gagnant en fiabilité, on a décidé de retirer le mâts arrière et de surélever la chambre qui protégeait ainsi les couchettes et la cuisine. Les capitaines ont alors choisi de se protéger eux aussi, et l'endroit le plus logique était de faire comme sur les cargos à vapeur et de bâtir une timonerie au-dessus de la chambre.

Le mâts avant a rapidement perdu ses dernières voiles pour devenir purement et simplement un mâts de charge et les petits moteurs à essence ont rapidement été remplacés par des moteurs diésel.

Les dernières se résument au cours des années 1940 avec l'aménagement d'un gaillard avant, protégeant la cargaison des paquets de mer et offrant du coup des logements supplémentaires. Finalement, au cours des années 1950, les charpentiers de marine ont aménagé un véritable château arrière, à même les formes de la coque. C'est dans le comté de Charlevoix qu'il s'est bâti le plus de goélettes du Saint-Laurent. Les régions de l’Ile d’Orléans, de la rive Sud du fleuve du Saguenay et de l’estuaire ont également profité des forêts voisines pour bâtir ces goélettes que certains ont surnommé des « voitures d’eau ».

La dernière, prénommée Jean-Richard, a été construite à Petite-Rivière-Saint-François en 1959. Sa construction a été immortalisée par le cinéaste Pierre Perrault, de l'Office National du Film du Canada. Il reste aujourd'hui la Jean-Yvan et la Saint-André au Musée maritime de Charlevoix, la Mont-Saint-Louis, dans un musée privé de L'ile aux-Coudres et la Grosse-Île, goélette remise à voiles. Elle est membre de l'European Maritime Heritage (EMH)[3] et basée au port de Québec[4]. Elle a été construite et utilisée comme navire militaire, ravitaillant l'île du même nom dans l'archipel de Montmagny.

Bateaux disparus[modifier | modifier le code]

La Speranza, goélette à hunier roumaine disparue.

Bateaux de course[modifier | modifier le code]

Parmi les plus connues, la goélette America qui donna son nom à la Coupe de l'America, ou concourent de nombreuses goélettes modernes.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. (en) The evidence of two or three old prints seems to prove that the type of vessel now called ‘schooner’ existed in England in the 17th cent., but it apparently first came into extensive use in New England., Oxford University Press., mars 2013., "schooner, n.1". OED Online.
  2. (en) Cunliffe, Tom, Hand, Reef and Steer., Sheridan House, (ISBN 1574092030), p.21
  3. (en) « EMH - ORGANISATION - ASSOCIATE MEMBERS », sur http://www.e-m-h.eu/default.aspx,‎ canadian organisation joined emh 22-2-2010 (consulté le 29 décembre 2014)
  4. « La goélette Grosse-Île », sur http://www.sggi.typepad.com/cggi/,‎ (consulté le 29 décembre 2014)

Liens externes[modifier | modifier le code]

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