Goélette

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Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne le voilier. Pour l'oiseau appelé aussi hirondelle de mer, voir Sterne pierregarin.
Goélette
L'Atalanta (de) est un exemple classique de goélette : 3 focs et 2 mâts (mât avant de même taille ou plus petit) à doubles voiles : 2 voiles auriques à cornes (voiles principales) et 2 voiles triangulaires (voiles supérieures : flèches)

Une goélette (Schooner en anglais) est un voilier entre deux et sept mâts, apparu entre le XVIe et le XVIIe siècle et qui connut son apogée aux XVIIIe et XIXe siècles. Elle se caractérise :

  • par des voiles auriques (ou voile triangulaire) dans l'axe du navire, à la base de tous les mâts, surmonté ou non, d'une voile aurique (flèche) ou d'une voile carrée (hunier) ;
  • par un mât arrière (grand-mât) plus grand que le mât avant (mât de misaine), dans le cas d'un navire à deux mâts.

Étymologie[modifier | modifier le code]

Ce gréement a été inventé par des marins Hollandais au XVIe siècle sous le nom de "Schoener" qui a donné le terme anglophone Schooner. Selon le spécialiste de la langue Walter William Skeat, "schooner" provient de Scoon, tandis que l'orthographe sch provient de l'adoption ultérieure de l'orthographe néerlandaise ("de schoener"). Une autre étude suggère que l'expression néerlandaise au XVIIe siècle, "een Schoone Schip" (Schoone" signifiant beau en hollandais) a pu conduire à l'orthographe anglais Schooner utilisé par les anglophones pour décrire les premières versions de la plate-forme de goélette telle qu'elle a évolué en Angleterre et en Amérique. [10].

La première définition détaillée d'une goélette, décrivant un navire à deux mâts à voiles auriques à l'arrière est apparu en 1769 à William Falconer, Dictionnaire universel de la marine.

Le terme francophone n'apparut que tardivement en France, vers 1740 sous le terme « goëlette ». Ce terme vient probablement de « goéland »[1] par analogie avec l'aspect effilé des ces navires. L'évocation des oiseaux de mers pour désigner des navires ou type de navire est fréquente, comme par exemple la Frégate qui est également un oiseau de mer.

En Polynésie Française, le terme de goélette est conservé de nos jours pour désigner parfois les petits cargos et caboteurs modernes qui assurent les liaisons et le ravitaillement des différents archipels.

Historique et utilisation[modifier | modifier le code]

Possibilité des goélettes[modifier | modifier le code]

Les goélettes, apparues au XVIe siècle, sont des voiliers élégants, généralement équilibrés et bons marcheurs, et ne nécessitant pas un équipage très nombreux pour la manœuvre. Cependant, contrairement aux voiliers à gréement carré, elles ne pouvaient pas porter une grande surface de voiles, ce qui les limita à des rôles de cabotage ou de pêche hauturière, où leur manœuvrabilité faisait merveille.

Pour compenser ce désavantage tout en conservant une bonne maniabilité, les gréements en brick goélette et les goélettes à hunier sont utilisés. Ils incorporent un gréement mixte à voiles auriques et carrées.

Essor au XVIIIe siècle[modifier | modifier le code]

Très utilisé à partir du XVIIIe siècle en Amérique du Nord[2] dans sa version à 2 mâts pour sa maniabilité et sa vitesse malgré des vents défavorables, et ceci grâce à ses voiles auriques, tout en conservant de bonne capacité de charge (cargaison ou hommes) pour un équipage minimal. Ces navires pouvaient également naviguer en eaux peu profondes et être armés d'assez nombreux canons de petit calibre, pour intimider les navires marchands. Au XVIIIe siècle ces navires furent utilisés dans des opérations militaires (embargo, piraterie), de transport (traite négrière, cargo)[3] et de pêche. Il était utilisé couramment pour la pêche à la morue près du Groenland, de l'Islande et de Terre-Neuve (à partir par exemple des ports de Paimpol et Fécamp en France).

Apogée dans le transport maritime au XIXe siècle[modifier | modifier le code]

L'apogée des goélettes survient à partir de la deuxième moitié du XIXe siècle avec le développement de la marine de commerce dans des versions de goélette perfectionnées de grande taille à 3 mâts et plus.

Les services du pilotage de San Francisco, créés au milieu du XIXe (à l'époque de la ruée vers l'or) par des pilotes de la Côte Est, adoptèrent également ce gréement. Les goélettes militaires de la jeune marine des États-Unis jouèrent un rôle décisif dans la guerre de Sécession grâce à leurs qualités nautiques de premier ordre, notamment leur vitesse.

Sur la route du thé, où la vitesse était un facteur primordial pour le commerce, ce gréement équipa des navires de plus en plus grands, avec un nombre de mâts croissant de quatre à cinq puis six et jusqu'à sept, pour tenter de concurrencer la vapeur qui allait bientôt supplanter définitivement la voile.

Navire de course à partir du XIXe siècle[modifier | modifier le code]

Ce gréement, développé et optimisé pour une recherche de vitesse maximum tout en restant maniable par un équipage réduit pour les navires professionnels, a été adopté par la plaisance depuis la fin du XIXe siècle. On trouve de nombreuses goélettes de toutes les tailles, construites à toutes les époques et encore actuellement, et on trouve des associations de propriétaires de goélettes, très actives.

C'est la fameuse goélette America construite sur le modèle des goélettes pilotes de New York qui vint en 1851 arracher aux Anglais la coupe que les Américains dès lors baptisèrent coupe de l'America.

Gréement[modifier | modifier le code]

Les goélettes ont généralement deux mâts (mais peuvent en comporter jusqu'à sept). Le mât de misaine (à l'avant du navire) est plus court ou de même taille que le grand mât. Tous les mâts portent des voiles auriques (voiles au tiers, à cornes ou à livarde) ou triangulaires.

Classiquement, les goélettes présentent plusieurs voiles par mât : les grandes voiles sont auriques et les voiles supérieures sont triangulaires ("Gaff topsail" en anglais). Il est également fréquent d'observer un ou plusieurs mâts à voile unique triangulaire (gréement bermudien) ce qui est souvent le cas dans les bateaux modernes ou de petite taille.

La très grande majorité des goélettes ont une coque bois et 2 mâts mais il existe des goélettes à coque acier et à plusieurs mâts : jusqu'à 7 mâts. Le seul grand voilier en acier gréé en goélette à sept mâts, le Thomas W. Lawson eut une carrière très courte de cinq ans.

Différence avec les autres gréements[modifier | modifier le code]

Deux mâts[modifier | modifier le code]

La goélette se distingue du ketch par son mât avant plus petit que le mât arrière (ou de même taille), tandis que le ketch a un mât à l'avant plus haut que le mât arrière (grand mât à l'avant, mât d'artimon à l'arrière). Ils sont tous deux à voiles auriques.

La goélette se distingue du brick par son gréement en voiles auriques, tandis que le brick est gréé en voiles carrées avec une brigantine à l'arrière.

Il existe des variantes de gréements voisins des goélettes :

Type de

gréement

Brick Brigantin Brick-goélette Goélette à doubles huniers Goélette à Hunier Goélette ou Goélette franche
("brig" en anglais) ("Brigantine" s.s. en anglais) ("hermaphrodite-Brig" ou

"shooner-brig" ou

"brigantine" s.l. en anglais)

("double-topsail schooner" ou

"jackass brig" en anglais)

("topsail schooner" en anglais) ("schooner" en anglais)
Brick ("brig" en anglais)
Brig.png
Brigantin ("Brigantine" s.s. en anglais)
Brigantin
Brick-goélette ("hermaphrodite-Brig" ou "shooner-brig" ou "brigantine" s.l. en anglais)
Double-topsail schooner (jackass brig) fore course.png
Goélette à doubles huniers ("double-topsail schooner" ou "jackass brig" en anglais)
Goélette à Hunier ("topsail schooner" en anglais)
Goélette ou Goélette franche ("schooner" en anglais)
Exemple de

Navire

Le Brick La Grace en 2012
 Le brigantin Experiment, the Newburyport, construite à Amesbury en 1803 (painyure de Nicolay Carmillieri, 1807)
Le brigantin Experiment, the Newburyport, construit à Amesbury en 1803 (peinture de Nicolay Carmillieri, 1807)
Le Brick-goélette Marie Magdalene passant devant le phare de Skagen (1891)
La Goélette à huniers Amy Stockdale devant les falaises de Douvres (Toile de William John Huggins, 1838)
La goélette Atalanta en 2007

Trois mâts et plus[modifier | modifier le code]

Types de goélette[modifier | modifier le code]

  • La goélette franche : goélette à deux mâts, à voiles auriques sans voiles carrées.
  • La goélette à gréement bermudien : Goélette moderne à voiles triangulaires sans voiles hautes.
  • La goélette à hunier rattachée à la catégorie des goélettes mais possédant une à deux voiles carrées (petit hunier avec ou sans petit perroquet) sur le mât de misaine au-dessus d'une voile aurique. Cette configuration donne un profil facilement reconnaissable aux goélettes à hunier. Les voiles carrées permettent d'améliorer la vitesse par vent arrière. Les goélettes à doubles huniers sont plus rares (chaque mât comporte un hunier). Les deux navires-écoles de la marine nationale française, l’Étoile et la Belle Poule, répliques d'anciens voiliers de pêche à la morue sur les bancs de Terre-Neuve sont deux voiliers jumeaux gréés en goélette à huniers.
Article connexe : Goélette du Saint-Laurent.
Types de goélettes
Le Tara est une goélette moderne
La goélette à hunier La Recouvrance toutes voiles déployées (2 voiles carrées complètent son Gréement : un hunier et un perroquet)
Le Linden, goélette à trois mâts à voiles auriques

Quelques goélettes visibles[modifier | modifier le code]

En état de naviguer[modifier | modifier le code]

Exemples de goélettes visibles (navires anciens ou répliques)
L'Atyla durant les Tall Ships Races de 2014 est une réplique de navire de style "1re moitié du XIXe siècle"
Une goélette malgache

Répertoire du National Historic Landmark Drapeau des États-Unis États-Unis[modifier | modifier le code]

Bateaux musées[modifier | modifier le code]

  • La Theresa E. Connor (1938) Goélette de pêche construite à Lunenburg, Nouvelle-Écosse. Elle se trouve au Fisheries Museum of the Atlantic, à Lunenburg.
  • Le Jean-Yvan (1958) est une goélette typique du Saint-Laurent, construite à Petite-Rivière-Saint-François. Se trouve au Musée maritime de Charlevoix (Saint-Joseph-de-la-Rive).
  • Le Saint-André (1956) est une goélette typique du Saint-Laurent, construite à La Malbaie. Reconstruite à partir de sa coque, elle est exposée au Musée maritime de Charlevoix (Saint-Joseph-de-la-Rive).
  • Fram (1892) : Goélette à hunier polaires
Exemples de goélettes musées
La fameuse Goélette à hunier polaire Fram de Nansen.

Bateaux disparus[modifier | modifier le code]

Exemples de goélettes disparues
Une goélette de pêche
La Speranza, goélette à hunier roumaine disparue.

Bateaux de course[modifier | modifier le code]

Parmi les plus connues, la goélette America qui donna son nom à la Coupe de l'America, ou concourent de nombreuses goélettes modernes.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. « Goélette », sur dictionnaire CNRTL (consulté le 17 janvier 2017)
  2. (en) The evidence of two or three old prints seems to prove that the type of vessel now called ‘schooner’ existed in England in the 17th cent., but it apparently first came into extensive use in New England., Oxford University Press., mars 2013., "schooner, n.1". OED Online.
  3. (en) Cunliffe, Tom, Hand, Reef and Steer., Sheridan House, (ISBN 1574092030), p.21

Voir Aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Parïs et De Bonnefoux, Dictionaire de marine à voiles, Editions du Layeur, 1999 (réédition d'un ouvrage du xixe siècle), 720 p.
  • Collectif, Guides des voiliers : Reconnaître les gréements anciens, Le Chasse Marée, , 72 p. (ISBN 2903708134)
  • Collectif, Guide des termes de marine : Petit dictionnaire thématique de marine, Le Chasse Marée - Armen, , 136 p. (ISBN 290370872X)
  • Collectif, Guide des gréements : Petite encyclopédie des voiliers anciens, Le Chasse Marée, , 127 p. (ISBN 2903708649)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]