Cotre

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Cotre

Le cotre (de l'anglais cutter) est un voilier à un mât grée en voile aurique à plusieurs focs, rapide et maniable, généralement équipé d'une grand-voile à corne, d'un flèche[1] et de deux focs : le foc sensu stricto et la trinquette[2].

Le Marie Fernand : Cotre à flèche de 1894

Détail du gréements[modifier | modifier le code]

La bôme située en bas du mât supporte la grand-voile ; le foc et la trinquette sont en avant du mât. Dans les gréements traditionnels, la grand-voile est à corne ("cotre à corne") et le foc est amuré à un bout-dehors parfois très long[2].

Les voiliers modernes ont un système de voiles bermudiennes épurées et présentent seulement 3 voiles : La grand-voile, le foc et la trinquette.

Le principal avantage du cotre était la division des voiles d'avant (focs) et donc leur surface, ce qui permettait une manipulation plus facile. La généralisation des enrouleurs de génois a quelque peu enlevé de l'intérêt à ce type de gréement sur les bateaux de plaisance actuels.

Utilisation historique[modifier | modifier le code]

Usage civil[modifier | modifier le code]

La Sereine, cotre bermudien moderne
Un cotre : Observer l'imposante voilure aurique par rapport au gabarit du navire

Leur gréement présentant une surface de voile importante par rapport au gabarit (mât pouvant atteindre une trentaine de mètres)[2], en particulier grâce à leurs multiples voiles d'avant (focs), leur donnaient d'excellentes qualités de vitesse et de manœuvrabilité, avec en particulier une capacité à remonter au vent bien meilleure que les navires à voiles carrées. Ils étaient très utilisés comme :

  • navire de pêche, les termes sloop et cotre étaient à cette époque synonymes chez les pêcheurs[3].
  • navire de cabotage (pour les plus gros modèles).
  • bateaux-pilotes dans les ports comme au Havre : On les appelait ces cotres : "Hirondelles Page d'aide sur l'homonymie"[1]. Les cotres étaient aussi utilisés pour des missions de liaison et de surveillance côtière. Pour cette raison, les marines britannique et américaine continuent à appeler cutters leurs garde-côtes.

Usage militaire[modifier | modifier le code]

Au temps de la marine à voile les cotres étaient les plus petites unités des flottes militaires utilisées comme navire de guerre (corsaire par exemple) on l'appelait alors « cotre de guerre »[1] (Sloop of war). Ils étaient alors équipés de six à huit canons légers et de voiles carrées[1] pour en augmenter la vitesse : On parle de "cotre à hunier" dans cette configuration de voiles. Le Renard, dernier bateau corsaire armé par Robert Surcouf, en est un exemple caractéristique.

Une "Hirondelle", Bateau-pilote dans le port du Havre en 1910.
Le cotre de pêche Frepat date de 1942 (ici dans la région de La Rochelle)
Le Renard : réplique du cotre corsaire de Surcouf
Le cotre à Tapecul Le Mutin, un des navires à voile d'entraînement de la Marine Nationale française.

Variantes et différences avec d'autre gréements voisins[modifier | modifier le code]

Le cotre est proche du sloop. Il diffère par la présence de focs multiples à l'avant (au moins deux focs pour le cotre et un seul pour le sloop).

Les voiliers à un mât sans foc ne sont pas des cotre ni des sloop, mais sont appelés "cat-boat" de façon générale et "bateau à livarde", "canot à misaine", "bateau à voile latine", ... suivant le type de voile[4].

Comme vue précédemment, un "cotre à hunier" est un cotre qui possède une à deux voiles carrés au dessus de la grand-voile (hunier seul ou hunier + perroquet).

Les cotres sont généralement ponté et à quille (contrairement au dériveur).

Lorsqu'il possède un deuxième mât (tapecul) on parle de "cotre à tapecul" ou de yawl[1],[5], plus approprié.

Cotre
Sloop
Canot à misaine
Cotre à tapecul est un type de yawl
Cotre à Hunier

Exemple de navires[modifier | modifier le code]

Navires Actuel ou encore visible[modifier | modifier le code]

Le Marie-Fernand à Brest 2016 vue de face
Le Cotre Clara
  • Le Saint-Quay (1947), cotre à tapecul en bois, ville de Saint-Quay-Portrieux.
  • Le Skellig (2011), est une réplique de dundee langoustier d'Iroise (cotre à tapecul), construit à Douarnenez.
  • La Marcelle, Cotre bois à trois focs basé à Boyardville

Navires disparus[modifier | modifier le code]

Tableau de Louis Garneray : le cotre Le Furet, 1827

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d et e Guide des termes de marines (Le Chasse Marrée, 1997), page 114
  2. a, b et c Guide des gréement (Le Chasse Marrée, 2000), page 106
  3. Guide des gréement (Le Chasse Marrée, 2000), page 30
  4. Guide des gréement (Le Chasse Marrée, 2000), page 128
  5. Guide des gréement (Le Chasse Marrée, 2000), page 107

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • Parïs et De Bonnefoux, Dictionaire de marine à voiles, Editions du Layeur, 1999 (réédition d'un ouvrage du xixe siècle), 720 p.
  • Collectif, Guides des voiliers : Reconnaître les gréements anciens, Le Chasse Marée, , 72 p. (ISBN 2903708134)
  • Collectif, Guide des termes de marine : Petit dictionnaire thématique de marine, Le Chasse Marée - Armen, , 136 p. (ISBN 290370872X)
  • Collectif, Guide des gréements : Petite encyclopédie des voiliers anciens, Le Chasse Marée, , 127 p. (ISBN 2903708649)
  • Collectif, Guide de la manœuvre des petits voiliers traditionnels, Le Chasse Marée, (ISBN 2914208057)

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]