Thomas W. Lawson (voilier)

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Thomas W. Lawson
Image illustrative de l’article Thomas W. Lawson (voilier)
Thomas W. Lawson, lourdement chargé, au port de Boston
Type Goélette à sept-mâts en acier comme navire cargo et pétrolier
Histoire
Chantier naval Fore River Ship & Engine Building Co. à Quincy (Massachusetts)
Quille posée
Lancement
Mise en service En septembre 1902
Statut Coulé en
Équipage
Équipage 17 - 18 hommes
Caractéristiques techniques
Longueur 144 m (hors-tout), bout de beaupré - bout de bôme de brigantine
112 m (entre perp.)
Maître-bau 15,25 m
Tirant d'eau 8,53 m à 7 300 t de charge ; 10,71 m à 11 000 t de charge
Tirant d'air 49 m
Déplacement 10 860 t
Port en lourd 7 400 tpl
Tonnage 5 218 tjb (ton. jauge brute, 1 tjb = 2,81 m3) / 4 914 tjn (ton. jauge nette)
Propulsion 4 000 m2 [4 330,86 m2] de voilure (25 voiles auriques ; 7 voiles à corne principales (no 1 à no 6 de même taille, artimon de taille plus grande), 7 voiles d'étai, 4 voiles d'avant, 6 flèches)
Vitesse 14 nœuds
Carrière
Armateur Coastwise Transportation Co. (John G. Crowley), Boston (Massachusetts)
Pavillon Drapeau des États-Unis États-Unis
Port d'attache Boston
Indicatif LP2V

Le Thomas W. Lawson fut la plus grande goélette en acier et le seul voilier sept-mâts jamais construit[1]. Il portait le nom de Thomas W. Lawson, un millionnaire de Boston, président de la Boston Bay State Gas Company[2].

Histoire[modifier | modifier le code]

Projet[modifier | modifier le code]

La construction d'une goélette à huit mâts a été évoquée dans un article de la Nautical Gazette de , qui mentionne les matériaux nécessaires et ses dimensions : 400 × 52 × 30 pieds (soit 122 × 16 × 9 m). Mais aucun navire à huit mâts n'a jamais été mis en chantier, et le sept-mâts Thomas W. Lawson, commencé en 1901 et lancé l'année suivante, est le seul sept-mâts jamais construit[3].

Son coût de construction total en 1907 a été de 400 000 $ soit l'équivalent aujourd'hui de 12 209 238,10 $ (2020[4],[5]).

Lancement[modifier | modifier le code]

Le navire fut lancé en 1902 par les chantiers Fore River Ship & Engine Building Company de Quincy, près de Boston (Massachusetts) pour la compagnie de transport maritime Coastwise Transportation Company (John G. Crowley) de Boston. Son frère Arthur L. Crowley fut le premier commandant (jusqu'en 1907) du navire qui fut utilisé pour transporter du charbon le long de la côte Est des États-Unis. Les autres capitaines, hormis George W. Dow, furent des commandants intermittents.

Transformation en pétrolier[modifier | modifier le code]

En 1906, la grande goélette fut convertie en un pétrolier à voile pour transporter du pétrole du Texas jusqu'aux ports du nord, près de la frontière canadienne.

Naufrage[modifier | modifier le code]

Dans la nuit du 13 au , alors qu'il allait achever son premier voyage transatlantique de Philadelphie à Londres (Angleterre) chargé de 58 000 barils de pétrole (le baril équivaut à 42 gallons américains), le Thomas W. Lawson fut victime d'une violente tempête au large des îles Sorlingues après minuit, causant une des premières marées noires de l'histoire.

Seuls le commandant George W. Dow et son machiniste E. Rowe survécurent. Un troisième homme, l'Anglais George W. Allen, retrouvé vivant, mourut quelques jours plus tard. Les corps de cinq autres membres de l'équipage furent retrouvés mais au total seuls deux membres d'équipage sur les dix-huit embarqués ont survécu.

Le naufrage a eu lieu après cinq ans seulement de service. Ces grands voiliers à très nombreuses voiles étaient peu maniables et dangereux à conduire.

Gréement[modifier | modifier le code]

Il y avait un grand nombre de dénominations pour les sept mâts incluant la version « des jours de la semaine » :

  • no 1, no 2, no 3, no 4, no 5, no 6, no 7 ou spanker - mât artimon (plan de voilure original) ;
  • fore, main, mizzen, spanker, jigger, driver, pusher (au lancement) ;
  • fore, main, mizzen, after mizzen, jigger, driver, pusher, spanker (selon le captain Arthur L. Crowley) ;
  • fore, main, mizzen, no 4, no 5, no 6, spanker (autre version du capitaine Arthur L. Crowley) ;
  • fore, main, mizzen, no 4, no 5, no 6, no 7 (dénomination préférée par l'équipage) ;
  • fore, main, mizzen, jigger, spanker, driver, rudder mast (selon le capitaine William Holland) ;
  • fore, main, mizzen, spanker, rider, driver, jigger (selon Douglas Lawson, fils de Thomas W. Lawson) ;
  • fore, main, mizzen, jigger, driver, pusher, spanker (dénomination générale américaine) ;

en français :

  • mât de misaine, grand mât, mât d'artimon, mât jigger, mât driveur (driver), mât presseur (pusher), mât spanker (brigantine, artimon) ;
  • mât de misaine, grand mât avant, grand mât central, grand mât arrière, mât driveur (driver), mât presseur (pusher), mât d'artimon.

Caractéristiques[modifier | modifier le code]

Le Thomas W. Lawson est la seule goélette et le seul voilier à sept mâts qui ait jamais fait partie de la flotte de commerce. Il est considéré comme l'un des plus grands navires à voile qui aient jamais navigué (voir la liste des plus grands voiliers).

  • Construction (coque, dessous du mât) : acier ; hampes et espars en bois
  • Gréement : goélette à sept-mâts
  • Mis en l'eau :
  • Voyage inaugural : en septembre 1902 à Philadelphie (Pennsylvanie), Newport News (Virginie)
  • Chantier naval : Fore River Ship & Engine Building Co., Quincy (Massachusetts)
  • Constructeur : Bowdoin B. Crowninshield
  • Armateur : Coastwise Transportation Co. (John G. Crowley), Boston (Massachusetts)
  • Port d'attache : Boston
  • Longueur : 144 m (hors tout, bout de beaupré - bout de bôme de brigantine)
  • Longueur : 140,1 m (hors tout, bout de beaupré - poupe)
  • Longueur de coque : 123,5 m (proue - poupe)
  • Largeur : 15,25 m
  • Creux : 11,1 m
  • Tirant d'eau : 8,53 m à 7 300 tons (1 (long) ton = 1,016 046 t) de charge ; 10,71 m à 11 000 t de charge
  • Tonneau (mesurement) : 5 218 tjb (tonnage jauge brute, 1 tjb = 2,81 m3) / 4 914 tjn (tonnage jauge nette)
  • Déplacement : 10 900 t (~14 500 t à 11 000 tons)
  • Port en lourd : 7 400 tons ; charge maximale : 11 000 tons
  • Surface de voilure : 4 330 m2 (25 voiles auriques, pas de voiles carrées)
  • Hauteur du grand-mât : 57,6 m (au-dessus de la quille), 47,3 m (au-dessus du pont)
  • Longueur du beaupré : 14 m
  • Longueur de la bôme brigantine (monté sur mât numéro 7) : 23,2 m
  • Distance des mâts : 14,3 m
  • Frais de construction : 400 000 $, cargo : 200 000 $
  • Classification : Lloyd's / Bureau Veritas +100A
  • Premier commandant : Arthur L. Crowley
  • Autres commandants : Murdock Mclean, Elliot Bardner, Emmons Babbit, George W. Dow (dernier commandant)
  • Équipage : 17-18 hommes (1 commandant, 2 seconds, 1 machiniste, 2 stewards, 11 - 12 hommes)
  • Vitesse : 14 nœuds

Galerie[modifier | modifier le code]

Le Thomas W. Lawson, vide et toutes voiles dehors durant son voyage inaugural.
Le navire, vide, vu de 3/4 avant.

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Quoiqu'il n'existât pas de preuves irréfutables, certains spécialistes pensent que le navigateur chinois Zheng He a construit un ou plusieurs navires à neuf-mâts. (Louise Levathes : When China Ruled the Seas: The Treasure Fleet of the Dragon Throne 1405 – 1433, Oxford University Press, 1997).
  2. (en) « Bruzelius (Thomas W Lawson) », sur bruzelius.info.
  3. (en) « Bruzelius (Schooners) », sur bruzelius.info.
  4. (en) « $400,000 in 1900 → 2020 | Inflation Calculator », sur www.in2013dollars.com (consulté le 10 juillet 2020)
  5. (en) « Thomas W. Lawson (ship) », dans Wikipedia, (lire en ligne)

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Thomas S. Hall, The T. W. Lawson - The Fate of the World's Only Seven-Masted Schooner, Scituate, Mass., 2005.
  • (en) Thomas S. Hall, The T. W. Lawson - The Fate of the World's Only Seven-Masted Schooner, The History Press, Charleston, SC, 2006 (ISBN 159-629208-3).
  • (en) Thomas Hornsby, « The Last Voyage of the Thomas W. Lawson », Nautical Research Journal, vol. 5, 1959, p. 53-59, 61, ill.
  • (en) The Western Weekly News, « Disaster at Scilly - American Sailing Ship Lost », Hugh Town, îles des Sorlingues, .
  • (en) Peter Rodd, « Wreck of Thomas W. Lawson », dans The American Neptune, vol. 29, Salem, 1969, p. 133-138.
  • (en) W. P. Coughlin, The Last Voyage of the « Thomas W. Lawson », 1964.
  • Hicks, John, An Absolute Wreck: The Loss of the Thomas W. Lawson, Londres, Private publication (2015), 219 p. avec 58 illustrations et 7 appendices  (ISBN 978-1-909817-25-8).
  • Largest Vessel of Her Class Ever Constructed In A Shipyard, San Francisco Call, vol. 90, n° 160, .
  • Sails for the Seven-Masted Schooner, Scientific American, .
  • Alexandersson, Gustav, Thomas W. Lawson och andra mångmastade skonare, Longitude, vol. 8 (1973), p. 8-19, ill.
  • Crowninshield, Bowdoin B., Fore-and-Afters, Cambridge, MA, 1940.
  • Lyman. John, Seven-Masted Schooners, Log Chips, .
  • MacGregor, David R., Schooners in Four Centuries, Model & Allied Publications, Hemel Hempstead, 1982, 8 vol., 144 p., ill.
  • Morgan, C.S., New England Coasting Schooners, The American Neptune, vol. 23 (1963).
  • Morris, E.P., The Fore-and-Aft Rig in America, 1927.
  • O'Brien, R.B., Fate of the World's Largest Schooner, The Trident, .
  • Parker, W.J. Lewis, The Great Coal Schooners of New England 1870-1909, Mystic, CT, 1948.
  • Parker, W.J. Lewis, The Operation and Management of the Great New England Schooners 1870-1900, National Maritme Museum, Greenwich, 1972. 4 t. , p. 17-24, ill. Maritime Monographs and Reports, n° 5.
  • Ronnberg, Erik A.R. Jr.Stranger in Truth than in Fiction: the American Seven-Masted SchoonersNautical Research Journal, vol. 38, Everett, 1992. p. 5-41, ill.

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]