Bisquine

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Les bisquines sont des bateaux de pêche normands/breton gréés en « bisquine ». Le nom serait issu de « Biscaya » (la Biscaye, au Pays basque) province maritime espagnole qui construisait de forts voiliers de pêche.

Leur gréement est d'un maniement très simplifié, sans perte importante de qualité des lougres antérieurs. C'est une évolution d'un gréement « au tiers » intégral, sur deux ou trois mâts, avec trois étages de voiles, le troisième (les voiles de perroquet appelés ici « rikikis ») n'étant utilisé qu'en cas de vent faible pour le travail ou lorsqu'il fallait rentrer très vite pour pouvoir vendre la récolte au meilleur prix. Un bout-dehors démesuré (plus de la moitié de la longueur de la coque) permet aussi l'établissement d'un très grand foc sur l'avant pour stabiliser la marche. Il est caractéristique de la région du Mont Saint-Michel située entre Saint-Malo et Granville en France au XIXe siècle.

Initialement, des coques disponibles ont été gréées en lougre. Par la suite, une coque spécifique a été conçue pour son usage. C'est un quillard avec un plan de dérive très prononcé d’environ 20 mètres de long. Elles étaient capables de supporter un échouage sur une plage de sable, les ports en pleine eau étant rares dans leur zone d'utilisation, du fait du très fort marnage de la baie du mont Saint-Michel.

Les bisquines sont souvent considérées comme les voiliers de pêche les plus toilés de France. Leur rapport surface de voile/longueur de coque serait aussi important que ceux des clippers. De ce fait, leur puissance de traction alliée à leur coque à fort plan de dérive en font d'excellents voiliers de dragage.

Une de leurs utilisations était justement le dragage des huîtres lors des jours de « caravanes ». On entend souvent parler de « caravanes de Pâques » ; cependant, dans toute l'histoire des bisquines, il n'y a eu qu'une seule « caravane de Pâques » durant la Première Guerre mondiale en profitant de la présence de permissionnaires pour prêter la main aux équipages. La fortune de l'expression « caravane de Pâques » est liée au titre d'un ouvrage de Roger Vercel[1].

Les huîtres sauvages, draguées à un stade immature et mises à grossir en parc, étaient une composante importante de l'économie cancalaise et granvillaise. La nécessité de préserver l'éco-système a très vite imposé de limiter ces prélèvements à une période très courte, environ une quinzaine de jours au voisinage de Pâques. Pendant cette période de « caravane », la pêche était réglementée chaque jour de 6 heures le matin à 18 heures le soir par le bateau des Affaires Maritimes. La rapidité des voiliers et le savoir-faire de l'équipage faisaient alors la différence.

Quelques bisquines visibles en navigation[modifier | modifier le code]

Aujourd'hui il existe deux bisquines, reconstruites à la fin des années 1980 :

Elle s'affrontent régulièrement en régates, perpétuant une tradition plus que centenaire de courses de bisquines.

Une petite bisquine a été reconstruite à Saint-Vaast-la-Hougue, dans le nord Cotentin, sur des plans de formes plus anciens :

  • L'Ami Pierre (1994), qui doit beaucoup à François Renault, historien des bateaux traditionnels de Normandie.

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Denis-Michel Boell, Les Bisquines, chalutiers et ligneurs de Granville et Cancale, Les albums Chasse-Marée, Douarnenez, Le Chasse-Marée, 1989

Références[modifier | modifier le code]

  1. Roger Vercel, La caravane de Pâques, Albin Michel, 1948