Trois-mâts

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Un trois-mâts est un terme générique pour désigner un navire à voile comportant trois mâts verticaux : mâts de misaine (avant), grand-mât et mât d'artimon (arrière)[1].

Apparu à la fin du moyen-âge sur les caraques, caravelles puis les galéasses et galions, il s'agit d'un gréement courant pour les navires avant l'arrivée de la propulsion à la vapeur.

Principales caractéristiques du gréement trois-mâts[modifier | modifier le code]

Le mât de beaupré n'étant pas comptabilisé, les trois mâts sont de la proue à la poupe du navire :

Selon le type de voiles utilisées, on distingue :

Le développement des trois-mâts[modifier | modifier le code]

Le développement des trois-mats se fait tout au long du XIXe siècle jusqu'à ce qu'ils soient supplantés par les navires à propulsion mécanique. Les clippers précèdent les cap-horniers[2]. Ce sont initialement des navires en bois de 40 à 50 m de long, à la coque fixe et basse, gréés de 3 mâts. Ils transportent passagers et marchandises légères à une vitesse de 15 à 18 nœuds. Entre 1845 et 1883, les chantiers américains sortent ainsi de nombreux clippers pour assurer le trafic de New York vers l'Europe (le Great Republic, New World), vers San Francisco (le Benjamin Packard), vers la Chine (Rainbow, Sea Witch) ou l'Australie (Young America). La coque des clippers anglais est néanmoins revêtue de cuivre, puis est doublée intérieurement de fer, à la différence des clippers américains entièrement en bois. Cependant, la construction en fer devient prépondérante durant les années 1870 à mesure que progressent les techniques des matériaux et leur mise en œuvre. Les navires sont allégés, l’épaisseur des tôles de bordé diminuant sans compromettre la solidité des coques qui deviennent quatre fois plus résistantes et huit fois plus denses. Un nouvel allègement se produit avec le remplacement du fer par l’acier doux. La coque est ainsi 35 à 40 % plus légère par rapport au bois. En France, les grands voiliers, en grande majorité des trois-mâts, se développent dans ces années là notamment grâce à la politique des voiliers à prime.

L'âge d'or passé, malgré l'apparition puis la généralisation des navires à vapeur, un certain nombre de trois-mâts sont conservés comme navires-école dans de nombreuses marines militaires et marchande. De nos jours, un certain nombre de trois-mâts ont été préservés ou sauvés. Ils en subsiste en activité qui se livrent à des opérations de représentation, font du cabotage avec des stagiaires désireux de s'initier à la navigation, etc. Ceux-là participent également souvent à des rassemblements internationaux où se retrouvent les plus grands et les plus vieux voiliers en état de naviguer (voir ci-dessous), pour le plaisir d'un nouveau public qui n'a cessé de croître depuis les années 1980. D'autres sont conservés comme bateaux musée et participent à perpétuer la mémoire des grands ports. L'enthousiasme suscité par ces grands voiliers et le dépaysement qu'ils offrent en mer, génèrent des initiatives diverses, à vertus pédagogiques (ci-après le projet Euroclippers) ou touristiques et commerciales, au point que de nouvelles constructions ont été entreprises au travers le monde (mais pas encore en France).

Le premier trois-mâts français à coque en fer a été construit en 1869 à la Seyne-sur-Mer aux Forges et Chantiers de la Méditerranée. Long de 48 mètres et large de 9 le Tamaris fit naufrage le 9 mars 1887 aux îles Crozet.

Exemples typiques de trois-mâts[modifier | modifier le code]

Galerie typologique[modifier | modifier le code]

En France[modifier | modifier le code]

Les seuls exemplaires de trois-mâts restant en Drapeau de la France France illustrent tous les types de gréement :

  • le Duchesse Anne, trois-mâts carré d'origine allemande transformé en musée dans le port de Dunkerque est le plus grand voilier visible en France ; auquel s'ajoutent désormais deux répliques également gréées en trois-mâts carré : l’Étoile du Roy, réplique d'une ancienne frégate britannique, français depuis 2010 et l’Hermione, réplique d'une ancienne frégate française, lancée en 2014.
  • le Belem, trois-mâts barque d'origine française compte parmi les plus anciens trois-mâts au monde encore en service ;
  • le Marité, trois-mâts goélette d'origine française est le dernier terre-neuvier ;
  • le Rara-Avis , goélettes à trois mâts d'origine américano-hollandaise et le Bel Espoir II, trois-mâts goélette d'origine danoise, sont armés par la même association.

À ces sept trois-mâts traditionnels, s'ajoutent les répliques normandes de bisquines que sont La Cancalaise et La Granvillaise .

Rassemblements contemporains de trois-mâts[modifier | modifier le code]

Les rassemblements et courses de grands voiliers ont lieu un peu partout dans le monde. La plupart sont organisés ou agréés par Sail Training International Race Committee. On y rencontre les plus beaux trois-mâts du monde (entre autres).

En France, les événements maritimes les plus importants sont l'Armada de Rouen, les rassemblements de Brest ou de Douarnenez, mais aussi les étapes des Tall Ships' Races à Cherbourg (en juillet 2005), Saint-Malo (Cinquantenaire en 2006) et aussi Toulon (21 au 24 juillet 2007).

En 2008, à la suite du rassemblement de Rouen (cinquième du genre, baptisé Armada 2008), qui s'est tenu du 5 au 14 juillet, certains voiliers se sont rendus à Liverpool, d'où était donné le départ de la course Tall Ship's Race 2008, le 18 juillet. Simultanément un rassemblement avait lieu à Brest (Brest 2008) du 11 au 17 juillet.

Article détaillé : Fêtes maritimes.

Le projet « Euroclippers »[modifier | modifier le code]

Euroclippers est une association française[3] qui s'est donnée pour objectif de promouvoir l'insertion des jeunes par la navigation en équipage le long des côtes européennes et en haute mer[4] et de susciter concomitamment la construction de grands voiliers, notamment des trois-mâts. Dans le cadre d'un véritable « plan Marshall des banlieues » (dixit Jean-Charles Duboc, son président), il s'agirait de disposer d'un grand voilier par quartier difficile et, pour ce faire, de construire, chaque année, pendant dix ans, environ 50 grands voiliers trois-mâts, du type des Lord Nelson, Cisne Branco, Gorch Fock II, ou Dar Mlodziezy, des trois-mâts barque ou trois-mâts carré que l'association présente, parmi d'autres, comme des modèles. Les voiliers devraient être, en effet, de taille suffisante pour l'hébergement et posséder des salles de cours qui permettent de dispenser un enseignement de qualité (y compris universitaire) ; pour certains d'entre eux, effectuer des tours du Monde en toute sécurité, afin qu'aux vertus de l'initiation à la navigation et d'une bonne formation, s'ajoutent celles du voyage et de la découverte[5].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. Dictionnaire de la marine à voiles (Pâris et De Bonnefoux, réédition de 1999), page 630
  2. Le premier armateur du moment, l'armement français Bordes (Nantes/Dunkerque) aura ainsi, à la veille de la Première Guerre mondiale, 17 trois-mâts sur ses 35 grands voiliers cap-horniers. Cf. Brigitte Le Coat, Yvonnick Le Coat, « Cap-Horniers français » (tome 1), Mémoire de marins des voiliers de l'armement Bordes, Chasse-marée, 2002.
  3. Ses archives internet semblent indiquer qu'elle s'est créée courant 2006
  4. Cela rejoint des projets plus modestes comme celui de l'Association française « Voile Libre » soutenu par la Région Poitou-Charente. Mais l'idée de la réhabilitation par la navigation à voile n'est pas neuve. En 1961, le trois-mâts carré Duchesse Anne faillit être employé pour la réinsertion de jeunes délinquants fraîchement libérés de prison.
  5. Site du projet Euroclippers. Voir aussi le Blog du Grenelle de l'insertion

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

Ouvrage généraux de marine à voile[modifier | modifier le code]

  • Parïs et De Bonnefoux, Dictionaire de marine à voiles, Editions du Layeur, 1999 (réédition d'un ouvrage du 19eme siècle), 720 p.
  • Collectif, Guides des voiliers : Reconnaître les gréements anciens, Le Chasse Marée, , 72 p. (ISBN 2903708134)
  • Collectif, Guide des termes de marine : Petit dictionnaire thématique de marine, Le Chasse Marée - Armen, , 136 p. (ISBN 290370872X)
  • Collectif, Guide des gréements : Petite encyclopédie des voiliers anciens, Le Chasse Marée, , 127 p. (ISBN 2903708649)

Navires (vieux gréements)[modifier | modifier le code]

  • Jean Boudriot, Le Vaisseau de 74 canons, Éditions ANCRE,  : Jean Boudriot, archéologue naval, a consacré plus de 10 ans à rechercher, rassembler, analyser et faire une synthèse des connaissances ayant survécu à cette époque, qu'il a rassemblé dans un ensemble de 4 livres Le Vaisseau de 74 canons, édité aux Éditions ANCRE. Ce traité complet est considéré par nombre de spécialistes comme « la » référence internationale concernant la conception de ces navires.
  • (en) Otmar Schäuffelen (trad. Casay SERVAIS), Chapman, Great sailing ship of the world, Hearst Books (New York), , 420 p. (ISBN 1588163849)
  • JAFFRY Gwendal, MILLOT Gilles, Guide des grands voiliers : Des voiliers de travail aux navires écoles, Le Chasse Marée, , 128 p. (ISBN 290370886X)
  • HERON Jean Benoit, Ces Bateaux qui ont découvert le monde, Le Chasse Marée - Glénat, , 127 p. (ISBN 9782723497343)
  • ROLLAND François Marie, STICHELBAUT Benoît, Grands voiliers, Editions Le Telegramme, , 140 p. (ISBN 9782848331980)
  • LE BRUN Dominique, STICHELBAUT Benoît, Grands voiliers, Editions Le Telegramme, , 37 p. (ISBN 9782848332833)
  • LE BRUN Dominique, Le Guide des grands voiliers, Le Chasse Marée - Glénat, , 127 p. (ISBN 9782353570591)
  • MEYER Nathalie, 100 Bateaux cultes, Solar Editions, , 125 p. (ISBN 9782263062421)
  • PUGET ollivier, DARDE Jean Noël, Partir sur les grands voiliers : Le guide pour embarquer, Guides Balland (Paris), , 318 p. (ISBN 2715812779)
  • (en) Souvenir guide - Portsmouth historic dockyard, Flagship Portsmouth Trust, , 48 p. (ISBN 0953108406)

Cap Horniers[modifier | modifier le code]

  • Jean Randier « Hommes et Navires au Cap Horn » Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Brigitte Le Coat et Yvonnick Le Coat, Cap-Horniers français, t. 1 : Mémoire de marins des voiliers de l'armement bordes, Douarnenez, France Rennes, Le Chasse-Marée Ouest-France, (ISBN 978-2-737-33212-8 et 2-737-33212-5, OCLC 52477159) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Claude Briot et Jacqueline Briot, Cap-Horniers français, t. 2 : Histoire de l'armement Bordes et de ses navires, Douarnenez, France Rennes, Le Chasse-Marée Ouest-France, (ISBN 978-2-914-20828-4 et 2-914-20828-6, OCLC 52477159) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Yves Le Scal, La grande épopée des Cap-Horniers, Saint-Malo, France, Editions l'Ancre de marine, (1re éd. 1964), 254 p. (ISBN 978-2-905-97047-3 et 2-905-97047-2, OCLC 30701644) Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Etienne Bernet, Les Cap-Hornières : femmes de capitaines à bord des voiliers long-courriers, La Falaise, MDV maîtres du vent/Éditions Babouji, , 127 p. (ISBN 978-2-352-61063-2 et 2-352-61063-X, OCLC 276645425).
  • Claude et Jacqueline Briot, Cap-Horniers du nitrate. Armement français Bordes, Books on Demand, 2012 - Marins Cap-Horniers du nitrate. Embarquer, vivre et travailler sur les grands voiliers Bordes. Books on Demand 2014

Articles connexes[modifier | modifier le code]

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Liens externes[modifier | modifier le code]