Conakry

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Conakry
Administration
Pays Drapeau de la Guinée Guinée
Gouvernorat Région de Conakry
Gouverneur Mathurin Bangoura (2016-)
Démographie
Gentilé Conakrien [1]
Population 3 667 864 hab. (Septembre 2016)
Densité 8 151 hab./km2
Géographie
Coordonnées 9° 32′ 53″ nord, 13° 40′ 14″ ouest
Superficie 45 000 ha = 450 km2
Localisation

Géolocalisation sur la carte : Guinée

Voir sur la carte administrative de Guinée
City locator 14.svg
Conakry

Conakry est la capitale de la République de Guinée, située sur l'océan Atlantique. En 2015, l'agglomération comptait plus de 3 millions d'habitants, ce qui en fait la plus importante ville du pays.

Géographie[modifier | modifier le code]

Situation[modifier | modifier le code]

Située au sud-ouest de la Guinée, l'agglomération de Conakry s'étend sur la plaine côtière parcourue de petits fleuves qui descendent du Fouta-Djalon. Le territoire de la ville est orienté nord-est/sud-ouest et se termine par la péninsule de Kaloum et l'île de Tombo.

Urbanisme[modifier | modifier le code]

Son centre historique se situe sur l'île de Tombo, mais l'urbanisation s'est depuis longtemps étendue sur le continent, en particulier sur la presqu'île de Kaloum à laquelle elle est reliée par une digue.

Conakry est handicapé par des problèmes d'urbanisation et de logement auxquels le gouvernement guinéen a décidé de répondre en lançant le programme Grand Conakry Vision 2040 pour réaménager la ville jusqu'à Kindia.

Climat[modifier | modifier le code]

Conakry bénéficie d'un climat tropical. La saison sèche est sous l'influence de l'harmattan de décembre à avril. La saison des pluies est intense et rappelle la mousson.

Relevé météorologique à Conakry
Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 22 23 23 23 24 23 22 22 23 23 24 23 23
Température maximale moyenne (°C) 31 31 32 32 32 30 28 28 29 31 31 31 31
Record de froid (°C) 18 17 21 20 19 18 19 20 19 18 21 19 17
Record de chaleur (°C) 34 34 36 35 35 33 32 31 32 33 33 34 36
Précipitations (mm) 3 3 10 23 158 559 1 298 1 054 683 371 122 10 4 294
Source : BBC Weather« Average Conditions Conakry, Guinea », BBC Weather (consulté le 23 août 2009)


Histoire[modifier | modifier le code]

Le territoire où se trouve Conakry appartenait au royaume de Dubréka. La région est alors occupée par les Bagas, qui avaient accueilli des Soussous, venus du nord du Mandingue après la destruction de leur capitale sur le Niger en 1236 par Soundjata Keïta.

La ville en 1912

En 1887, l'île de Tombo est alors entièrement recouverte par une forêt de palmiers et de fromagers, abritant les quatre villages de Conakry, Boulbinet, Krutown et Tombo (cédée peu avant par les Anglais aux Français). Pendant la période française, Conakry devient la capitale de la colonie des « Rivières du Sud » en 1889, puis de la « Guinée française et dépendances », colonie autonome placée sous l’autorité du Gouvernement général de Dakar.

De 1966 à 1972, l'ancien président ghanéen Kwame Nkrumah y vit en exil et y fonde une maison d'édition à sa gloire.

Politique et administration[modifier | modifier le code]

Après une tentative de décentralisation en 1991, Conakry regroupe à partir de 2008 les cinq communes : Kaloum, le centre-ville ; Dixinn, où se trouve l'Université de Conakry et de nombreuses ambassades ; Ratoma, connue pour sa vie nocturne ; Matam ; Matoto, qui héberge l'aéroport. Les cinq communes forment la région de Conakry, l'une des huit régions de Guinée, et elle est dirigée par un gouverneur. La ville est jumelée avec Cleveland aux États-Unis.

Maires et gouverneurs[modifier | modifier le code]

1955–1958 Sékou Touré
...
2006–2007 Ahmadou Camara
2007–2008 Malick Sankhon
2008–2009 Soriba Sorel Camara
2009–2010 Mohamed Diop
2010–2014 Sékou « Resko » Camara
2014—2016 Soriba Sorel Camara mort en fonction
Depuis 2016 Mathurin Bangoura

Population et société[modifier | modifier le code]

Démographie[modifier | modifier le code]

La ville de Conakry connaît une croissance démographique soutenue. En 1958, elle compte 50 000 habitants; en 1980, 600 000; en 1983, 705 300; en 1996, 1 092 936; en 2008, 1 857 153 et en 2009 2 160 000 (soit une hausse moyenne annuelle de 4,52 % sur la période de 12 ans 1996-2008)[2].

Conakry est en territoire soussou, population de pêcheurs, dépositaire d'un riche folklore. Les visiteurs sont frappés par le caractère monumental et la grandeur de l'art baga. Sa principale divinité est « Mba » ou « Nimba » la déesse de la fécondité et de l'abondance. Son masque est promené à l'occasion des cultures (semailles et récoltes). Il est un buste taillé dans un bois massif, avec des macules plates et allongées. Sa coiffure tressée et dominée par un cimier médian surplombant un nez aquilin. Malgré l'influence du christianisme et de l'islam, cause profonde de la mutation de son art, le peuple « soussou » reste fidèle à sa culture et le masque est au centre des manifestations rituelles de la forêt sacrée.

La population peule, elle, est majoritaire dans la banlieue, notamment dans les quartiers populaires de Hamdallaye, Bambéto, Kosa, ainsi que dans les communes de Matoto et de Dixinn. Ses membres tiennent le commerce et dominent largement l'import-export, ainsi que le grand marché de Madina : c'est ce qui justifie d'ailleurs l'usage prépondérant du poular dans le négoce.

Langues[modifier | modifier le code]

Français[modifier | modifier le code]

En 2014, 42,1 % des habitants de Conakry de 15 ans et plus savent lire et écrire le français tandis que 43,6 % savent le parler et le comprendre[3].

Autres langues[modifier | modifier le code]

À Conakry comme dans le reste de la Guinée prévaut une grande diversité de langues, en plus du français, dont les plus importantes étaient reconnues et enseignées durant la Première République : le soussou, le poular et le malinké.

Une grande partie de l'élite, instruite et cultivée, sait parler l'anglais, surtout pour faire du commerce, ou communiquer avec les pays africains anglophones. La chambre de commerce de Conakry encourage l'apprentissage de cette langue, ainsi que le gouvernement guinéen. à Conakry, l'anglais est surtout parlé par des ressortissants libériens, nigérians, ou de Sierra Leone, présents en cette ville.

Éducation[modifier | modifier le code]

Comme d'autres, le secteur de l'éducation doit faire face à l'explosion démographique de la capitale, une croissance qui, pour les plus favorisés, fait parfois la part belle à l'enseignement privé et le nombre pléthorique dans le public.

Sports[modifier | modifier le code]

Conakry compte beaucoup de clubs de football qui jouent dans l'élite comme Horoya AC, Hafia FC, l'AS Kaloum ou l'Atlético de Coléah.


Conakry dispose aussi des installations sportives les plus important du pays comme le stade du 28 Septembre, le stade de Nongo qui peut accueillir des matchs de football et de l'athlétisme, le stade de la Mission qui accueille seulement des matchs de football.

La ville doit accueillir des matchs de la coupe d'Afrique des nations de football 2023 organisée en Guinée et probablement le match d'ouverture et la finale.

Économie[modifier | modifier le code]

Le statut de capitale de Conakry lui confère une activité administrative importante, mais sa place dans les communications et l'économie en général est centrale. Elle occupe une grande place dans l'économie guinéenne notamment grâce au port autonome (PAC). Un habitant moyen gagne en 2009 environ 600 000 francs guinéens mensuels, soit 65 euros. La ville abrite de nombreuses usines Coca-cola (boissons), Topaz (peinture et plastique), Ciment de Guinée, Diamond Cement (cimenteries), Coyah eau minérale, Savonnerie Diama, Toguna Industrie (engrais). Depuis 2006, de nombreuses compagnies de télécommunication se sont implantés comme MTN, Orange, Intercel, Sotelgui et Cellcom. Le secteur bancaire s'est aussi développé ces dernières années avec notamment la Société Générale, Ecobank, BICIGUI et la Banque islamique.

Infrastructures[modifier | modifier le code]

Le télégraphe est posé dès 1885 par la West African Telegraph Company (Freetown).

Une voie de chemin de fer reliant Conakry à l'intérieur du pays est envisagée dès 1889, mise en chantier dès 1900 et achevée en 1914, au prix d'un engagement lourd de la population guinéenne (salariée ou travail forcé)[4]. Le tronçon Conakry–Kindia est inauguré en 1904 ; Conakry—Kouroussa (sur le fleuve Niger) en 1910, puis Conakry–Kankan. Malheureusement certains tronçons des rails ont été vendus.

Un port en eau profonde y occupe une fonction primordiale : de là partent l'alumine et la bauxite, ainsi que les productions agricoles (bananes, noix de cajou, huile de palme, cotons, ...) qui enrichissent le pays. Ce port se nomme Port autonome de Conakry, il est géré par Bolloré Africa Logistics.

En 1945, des travaux d'aménagement liés à l'exploitation minière (fer de Kaloum, découvert en 1904 au moment du percement de la voie de chemin de fer ; bauxite de Los) sont engagés. En 1963, l'île de Tumbo est reliée à la presqu'île de Kaloum par une digue.

Les infrastructures conakrykas ont été très déficientes : à partir de 2002, en particulier, les délestages électriques ont été quotidiens (coupures tournantes et aléatoires), jusqu'à la construction du barrage hydroélectrique de Kaléta (240 MW) qui fournit en saison pluvieuse de l'électricité, sans interruption à la population de Conakry. L'approvisionnement en eau courante y est encore assez irrégulier, mais le problème devrait être résolu avec un projet d'approvisionnement en eau qui résorbera le déficit pour plusieurs années. À partir de 2007, le réseau routier a été plongé dans le noir dès la nuit tombée[5]. Maintenant ce problème n'existe plus, sur les grands axes routiers grâce à un éclairage autonome, alimenté par des Panneaux photovoltaïques.

Les déplacements à l'intérieur de la ville se font par taxis collectifs, Conakry Express et bus de la Sotragui.

Conakry possède un aéroport international (Aéroport international de Conakry, dit Gbessia ou G'bessia, code AITA : CKY, code OACI : GUCY).

Aéroport de Conakry
Aéroport de Conakry.

Culture et patrimoine[modifier | modifier le code]

Monuments[modifier | modifier le code]

  • Palais du Peuple
    Le Palais du peuple (1967) est construit par les Chinois. Salle de spectacle et lieu de nombreux événements politiques.
  • Le Palais des nations (1978) et 50 luxueuses villas de style mauresque sont construites pour accueillir une réunion de l'Organisation de l'unité africaine (OUA), au coût de 62 millions de US$. Aujourd'hui, ce sont les dignitaires du régime, les organisations internationales et les assistants techniques qui occupent les villas. La mort du Président Sékou Touré cause l'annulation de la réunion de l'OUA. En 1996, le Palais est la cible de militaires mutins et bombardé à l'arme lourde, incendié et pillé. Aujourd'hui en ruine, il est l'objet actuellement d'une reconstruction.
  • Grande mosquée de Conakry
    La Grande mosquée de Conakry (1982) est construite grâce à un don personnel du roi Fahd d’Arabie saoudite. C'est l’une des plus grandes mosquées de l’Afrique de l’Ouest.
  • Le Musée national de Guinée (1960), avec des collections archéologiques et ethnographiques
  • Le Jardin botanique de Conakry (1894)
  • La Cathédrale Sainte-Marie de Conakry (1928), siège de l'archevêché
  • Les bâtiments coloniaux de la capitale:
    • la maison du Jardin Camayenne avec sa galerie tournante et son escalier en colimaçon en fer forgé et le Mausolée Camayenne, où les grandes personnalités guinéennes sont inhumées, dont Sékou Touré
    • la Direction nationale des douanes (à l'entrée du port de Conakry, restauré en 1992, incendié en partie en 1996),
    • l'Ambassade de Roumanie (en face du port aux conteneurs, bâtiment de 1895, il porte le nom de "Résidence de la belle brise", siège du "Secrétariat aux affaires indigènes" à l'époque coloniale, remarquable par son pignon en œil de bœuf)
    • la Gare centrale de Conakry (1903)
    • l'Évêché (près du marché Niger et de l'hôpital Ignace-Deen sur la Corniche Sud, récemment rénové)
  • La nouvelle aérogare (1985), conçue par Paul Andreu

Événements culturels[modifier | modifier le code]

La ville est Capitale mondiale du livre 2017, événement culturel organisé par l' l'UNESCO, du au . Elle est la troisième ville africaine à accueillir cet événement.

Tourisme[modifier | modifier le code]

Le tourisme est peu développé à Conakry, comme le reste du pays, malgré la richesse des sites.

Il y a néanmoins une croissance du tourisme (principalement d'affaires) surtout depuis la fin d'Ebola (maladie) dû à la croissance économique, le développement des capacités hôtelières (Noom Hôtel, Palm Camayenne, Sheraton Grand Conakry, ...) et par la redynamisation du secteur aérien (retour d'Emirates, arrivé Aigle Azur).

Les Turkish Airlines et la création d'une nouvelle compagnie aérienne guinéenne : (Guinea Airlines). Turkish Airlines tendent à visiter les îles de Loos (îles Kassa, Room, Tamara), sept kilomètres au large de Conakry, où se trouvent de belles plages et quelques facilités hôtelières. Lors de balades en pirogue, on aperçoit le pénitencier de Fotoba (la Guinée fut la seule des huit colonies de l'AOF à abriter un pénitencier[6]).

La végétation de la côte Atlantique (mangroves, marécages, palmiers, cocotiers, forêts claires, savanes arborées…) représente un autre objectif touristique.

Enfin, les marchés de Conakry permettent d'y trouver tissus colorés (batiks et wax), sculptures, poteries, objets recouverts de cuir, calebasses, instruments de musique à percussion, et plein d'autre petit accessoire (bijoux en perle).

Voies de communication et transports[modifier | modifier le code]

Transport aérien[modifier | modifier le code]

Aéroport international de Conakry, ou « Gbessia International Airport » (code AITA : CKY • code OACI : GUCY), est un aéroport international desservant la ville de Conakry, capitale de la Guinée. Il est aussi la base de la nouvelle compagnie guinéen Guinea Airlines. L'aéroport se trouve à 13 km au nord-est du centre ville.

Transport ferroviaire[modifier | modifier le code]

Réseau routier[modifier | modifier le code]

Personnalités liées à la commune[modifier | modifier le code]


Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. http://www.diplomatie.gouv.fr/fr/IMG/pdf/no_106_janv-mars_2009_cle446315.pdf
  2. (en) World Gazetteer - Guinea : largest cities
  3. La langue française dans le monde, 2014, Éditions Nathan, p. 30
  4. Cf. Chap. 3 de Le travail forcé en Afrique-Occidentale française, 1900-1946, par Babacar Fall
  5. "Conakry's dark streets turning orange". James Copnall, BBC News, Guinée. 23 November 2006.
  6. Mamadou Dian Chérif Diallo, Répression et enfermement en Guinée: le pénitencier de Fotoba et la prison centrale de Conakry de 1900 à 1958. Paris: Harmattan, 2005, 673 pages

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]