Îles de Loos

Un article de Wikipédia, l'encyclopédie libre.
Aller à : navigation, rechercher
image illustrant le monde insulaire
Cet article est une ébauche concernant le monde insulaire.

Vous pouvez partager vos connaissances en l’améliorant (comment ?) selon les recommandations des projets correspondants.

Îles de Loos
Carte de l'archipel
Carte de l'archipel
Géographie
Pays Drapeau de la Guinée Guinée
Localisation Océan Atlantique
Coordonnées 9° 27′ 15″ N 13° 47′ 24″ O / 9.45416667, -13.799° 27′ 15″ N 13° 47′ 24″ O / 9.45416667, -13.79
Administration
Autres informations

Géolocalisation sur la carte : Guinée

(Voir situation sur carte : Guinée)
Îles de Loos
Îles de Loos

Les îles de Loos (ou Iles de Los; Loose Island en anglais) sont un groupe d'îles situées au large de Conakry en Guinée. Leur nom est tiré du portugais, premiers explorateurs du lieu : Ilhas dos los Idolos, probablement "Île des Idoles".

L'archipel comprend trois îles principales : Tamara (Fotoba), Kassa (Factory island) et Roume (Crawford island), tandis que Corail, Blanche et Cabris sont de plus petites îles au sud. Les îles sont fréquentées par les touristes. Les ferries (bacs) relient les îles à Conakry

Une partie de la ville de Conakry se situe sur ce qui était autrefois l'île de Tumbo, aujourd'hui rattachée à la péninsule sur laquelle s'étend la capitale de la Guinée.

  1. Ile de Tamara : appelée aussi île de Fotoba, elle a une superficie 54 Km2 et compte une population de 1500 habitants. Elle abrite le phare de Tamara. Il y avait aussi une prison construite sur l’île. Eglise Anglicane de Fotoba : Cette église est la toute première en Guinée, construite a partir de 1870 par les prêtres anglais. Au départ en bois elle fut reconstruite en béton suite à un incendie
  2. Ile de Kassa : appelé Sourigbé par les habitants africains L’ile Kassa servait de lieux d’offrande aux idoles et de lieux de cultures pour la population de Kaloum. Le nom Kassa est tiré du mot portugais "casa" (maison), premiers occupants européens du lieu. "Factory Island" devint ensuite son nom lors de la période britannique.
    • En 1920, la Compagnie des Bauxites du Midi, filiale française d'Alcan, s'intéresse à la bauxite de Guinée et commence son exploration puis plus tard son extraction en 1952 sur l'Île de Kassa à côté de Conakry. Cette localité a abrité la première usine de bauxite de guinée.Au centre de l'ile centre, il existe des carrières béantes d’extraction de la bauxite (minerai d’alumine) exploitées pendant cette période.
    • Il reste des éléments du premier port minéralier qui servait à l'exportation du minerai de la Guinée, créé en 1937/1939. Elles sont visibles dans le hameau de Sebaya où la bauxite avait été découverte pour la première fois en Guinée.
    • Huilerie de Kassa : cette usine fut la première usine d'huile d'arachides de Guinée. Construite par les français aujourd'hui elle est abandonnée.
    • A son extrémité nord, l’île de Kassa reste défigurée par une carrière d’extraction de roches dures pour la construction d’une digue de protection du port de Conakry à l’époque coloniale.
  3. Ile de Roume : cette île était nommée Crawford Island, lors la période britannique de l'archipel. Roume est est l'une des nombreuses iles réputée avoir inspirée le roman de l'Île de Trésor.

Le bagne de Fotoba[modifier | modifier le code]

Le pénitencier de Fotoba, a été créé en 1905 en complément de la Centrale de Conakry, ouverte depuis 1880, Le bagne de Fotoba accueillit d'abord les indigènes frappés par des peines d'incarcération de plus de 2 ans, ensuite les malades ou ceux qui étaient jugés dangereux pour Conakry. Les travaux forcés faisaient partie de la peine subie par les condamnés. A partir de 1918 jusqu'en 1958 année de l'indépendance guinéenne, ce pénitencier servit de camp pénal et de relégation pour toute la fédération de l'AOF. Il a reçu les grands détenus de l’ex Afrique Occidentale Française (AOF) (condamnés à plus de 5 ans). En 1945, la prison de Conakry et les locaux disciplinaires de Fotoba étaient encore les seuls bâtiments en dur de toute la Guinée. Les bagnards de Fotoba logeaient dans des huttes et toutes les autres prisons de la colonie étaient en pisé.

Le phare de Tamara[modifier | modifier le code]

Le célèbre phare de Tamara, construit en 1905 par l’ingénieur du nom de Thompson sur deux rochers surplombants la mer à une hauteur de près de 200 mètres d’altitude. Ce phare a une portée de près de 1000 marins (soit 100 kilomètres).Implanté au sommet de l’île, le bâtiment lui-même ne fait que 10 m de haut. Construit par les français au début du 20e siècle, il est le premier phare du golfe de guinée et le plus important. Il oriente les bateaux aux approches du port de Conakry. il offre une vue spectaculaire sur tout le secteur. On peut le visiter.

Histoire avant 1818[modifier | modifier le code]

Les îles ont été fréquentées assez tôt par les européens et ont pris de l'importance commerciale pour leur rôle dans le commerce des esclaves, comme plusieurs autres comptoirs de la cote occidentale africaine.

En 1460, l'explorateur portugais Pedro Da Sitra explore les cotes de la Sierra Leone et ses environ et débarqua sur la côte de sourigbé avec certains de ses hommes ; ils prirent contact avec les populations noires. C’est avec l’occupation portugaise que les Îles de Loos ont connu la traite des noirs qui prendra son essor au 16e siècle.

En 1755 un négociant, Miles Barber, de l'"African Company of Liverpool" établit une usine dans l'Ile de Kassa pour employer des travailleurs qualifiés dans la réparation des bateaux et aussi des pilotes pour naviguer et commercer avec les tribus par les rivières locales. Ceci a mené Kassa à être connue comme "Factory Island".

En 1787, les anglais acquièrent leurs premiers établissement au Sierra Leone tout proche, notamment le site de Freetown, dans l'objectif d'y réinstaller les esclaves libérés sur le sol anglais. Par la suite, après l'abolition de la traite (1807) puis de esclavage (1833), les anglais y regrouperont les esclaves libérés pris sur les navires négriers.

Possession britannique, (1818-1904)[modifier | modifier le code]

Charles MacCarthy, Gouverneur de la Sierra Leone signe un traité le 6 juillet 1818, avec Mangé Demba, un roitelet local, qui cède sous forme de concession les îles aux Anglais contre le paiement d'un loyer annuel . Ce traité met fin à la traite des esclaves sur les iles de Loos (abolition par la Grande-Bretagne en 1807), puis de l'esclavage en 1833, et enfin émancipation complète des esclaves en 1838.

Les îles sont cédées à la France le 7 avril 1904 lors de la série d'accords Franco-britannique qui fondent l'Entente entre la France et la Grande-Bretagne : les Îles de Loos sont remises en France en échange de l'abandon par la France de ses derniers droits de pêche à Terre-Neuve et le Labrador (le "French Shore").

Les îles de Loos sont alors incorporés en juillet 1904 dans la Guinée française, une des parties constitutives de l'Afrique occidentale française .

La Guinée française (1904-1958)[modifier | modifier le code]

A l'origine simple dépendance de la colonie du Sénégal, sous le nom de Rivières du Sud, un décret du 17 décembre 1891, donnait à la colonie une autonomie pleine et entière, en la détachant complètement du Sénégal et en lui accordant un gouverneur titulaire, qui conservait autorité sur les résidents du Grand-Bassam et de Porto-Novo. Le 10 mars 1893, le nom de « Rivières du Sud » , fut remplacé par celui de « Guinée française », en même temps que les établissements de la Côte d'Or et du Golfe de Bénin étaient érigés à leur tour en colonies autonomes, sous les noms de « Côte d'Ivoire » et de « Bénin ».

Grâce à l'activité du gouverneur Ballay, l'île de Toumbo, la seule des iles de Loos sous souveraineté française, "se trouva couverte d'une ville régulièrement dessinée, harmonieusement bâtie, percée de larges boulevards ombragés, égayée par des jardins; un petit port, très fréquenté, desservi par une jetée provisoire, donna de l'animation et de l'importance à Conakry" (cit. Gabriel Hanotaux, Alfred Martineau, et al.)

À partir de 1904 l'histoire des îles de Loos ne se différencie plus du reste de la Guinée française.

Scipio O'Connor fut le premier administrateur colonial nommé par les français dans les iles de Loos.