Baga (peuple)

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Bagas
Description de cette image, également commentée ci-après

Chef baga de Koba (1914)

Populations significatives par région
Autres
Langues Baga, soussou
Religions Islam, catholicisme, animisme
A-Tshol en bois

Les Baga sont une population d'Afrique de l'Ouest vivant en Guinée, en Guinée-Bissau et en Sierra Leone.

Ethnonymie[modifier | modifier le code]

Selon les sources et le contexte, on observe plusieurs variantes : Aga, Baele, Baga-Binari, Baga-Koga, Bagas, Bagga, Bago, Bailo, Barka, Boloes, Kalum, Zape Boulones[1].

Géographie[modifier | modifier le code]

Le Bagataï, ou pays Baga, se situe autour des villes de Boké, de Boffa et de Kamsar, en Basse-Guinée, c'est-à-dire dans la région de la Guinée maritime. Les Bagas occupent également de nombreuses îles de la Basse-Guinée, tels que les îles de Loos au large de Conakry, dont ils sont d'ailleurs les premiers occupants. En effet, Conakry, capitale de la République de Guinée, vient du mot baga « konakiri », tout comme la majorité des noms de ses quartiers et des communes alentours.

Sous-groupes[modifier | modifier le code]

Le peuple Baga est composé de plusieurs sous-groupes, que sont :

  • Les Bagas-foté ou Bagas stémou, littéralement les "Bagas occidentaux" du fait qu'ils sont parmi les premiers peuples d'Afrique à avoir été en contact avec les premiers Européens au Moyen Âge (Portugais, Hollandais, Anglais...) ils sont les plus nombreux en basse -côte leurs cousin directs en dialecte sont les témonè, les manduri et les landouma.
  • Les Bagas-forè, littéralement les "Bagas noirs", sont la branche la moins métissée aux Mandingues. Ils occupent la rive gauche du Rio Nunez.
  • Les Bagas-Manduri, étroitement liés aux Nalous, leurs voisins, et adoptèrent les rites de leur société secrète, le « Matjiol ». Lors des grandes assemblées la langue religieuse des Baga-Manduri est le nalou. Ils habitent les bords du Compony.
  • Les Bagas Koba, ou encore appelés Sobané Bagas, qui vivent vers la ville de Koba.
  • Les Bagas Kankinof, habitent près des marigots de Tonkima.

Ils appartiennent aux peuples côtiers et insulaires d'Afrique de l'ouest.

Leurs principaux villages du Bagataï sont Katako ("je m’arrête ici"), Kakilensi ("on m’a fait arrêter là"), Bagonia ("j’arrive à un endroit où il n’y a personne"), Kamsar ("nous allons voir ici, si c’est bon"), Kawass ("enlever l'herbe qui pousse parmi le riz"), Katongoron ("grosse chenille noire, et aussi endroit où on fait du sel") Kouffin (balayer ici pour se reposer), mais aussi M'botini,Maré, Bigori ou Mankountan, Kalixè, Kebankané, Kagbana, Démini, Bassiah, Bélébélé, Mara-ou, Bintongo, Kantomé, Tarokouré, Kawessi, Wessi, Kakourountou, Kambilac, Kassomba, Toumbétaye, Dabérébo, Kembampa, Dibi etc.

Histoire[modifier | modifier le code]

À l'origine, les Bagas habitaient les massifs montagneux du Fouta Djallon, région de la Moyenne Guinée, avant d'en être refoulés vers le sud et le littoral vers le XVIIe siècle par les vagues successives de Peuls. Les Bagas sont considérés par la tradition comme les premiers habitants du Fouta-Djallon. Cette migration massive de Peuls, originaires pour leur majorité du Macina, vers le Fuuta Jalon, est une des causes de la parenté de toutes ces nombreuses ethnies qui bordent le Golfe de Guinée, de la Casamance (dans le Fouladougou Harbala est une montagne qui s'appelle "Bagakourou", c'est-à-dire Mont Baga) à la Sierra Leone.

Anciens possesseurs des bastions du Fouta actuel, ils étaient les intermédiaires obligés entre les peuples de la forêt ou du Soudan et ceux des Rivières ou de la Sénégambie. Lorsque, au Moyen Âge, les navigateurs européens apparurent, ils descendirent par petits groupes vers le littoral, vendant leur ivoire aux étrangers. Ils étaient en effet, et sont encore, grands chasseurs et pêcheurs. Excellents arboriculteurs, les Bagas sont de grands cultivateurs de riz. Ils étaient également potiers et forgerons, avant que l'influence des Mandingues ne leur ait fait considérer ce dernier métier comme déshonorant.

Les principaux chefs furent : Sampeul, Bogos, Soumari Fi, Tonho, Tomoné, Kambara, Sory Pokaré, Ma Diwil, Mankarondé, Yayo, Manga Baki, Baya Tomboli, Balé Bokari, Balé Bassi.

Religion[modifier | modifier le code]

Masque d'épaule nimba, représentant un esprit de la fertilité

Musulmans en majorité, ils comprennent néanmoins une forte communauté catholique, avec une christianisation ancienne. Grands féticheurs, ils adoraient les génies locaux et des masques, tels que :

  • l'esprit puissant "Ninkinanka" (guérison et fertilité), "Bansonyi" en langue Soussou.
  • le "Nimba", representation de la fertilité et de la fécondité créé par les baga de Mbotini a timbiTouni de Pita en 1870 et repris au bagataye en 1920 par vieux Tommy PANIVAL de Kouffin à l'époque jeune de 26 ans.

Ils avaient aussi un culte astral. Ces cultes sont d'ailleurs toujours vivants. En effet le Dieu suprême se dit en langue Baga "Kanu" ou "Atshol"[2] (littéralement le médicament). Sociétés patriarcales, les Bagas sont tout de mêmes caractérisés par une forte présence des femmes à tous les niveaux de décision, signe d'une société anciennement matriarcale.

Langues[modifier | modifier le code]

Fortement mélangés aux multiples ethnies de la Basse côte guinéenne (Landoumas, Nalous, Soussous, Yola, Limbas, Téminè, Mikhiforè...), les Bagas (comme ces autres ethnies précitées), en plus de la langue baga, parlent le soussou et répondent même à l'appellation de Susu, suite aux forts mélanges consécutifs à la promiscuité entre ces différentes ethnies durant les trois derniers siècles.

Patronymes[modifier | modifier le code]

Les principaux noms de famille baga sont : Bangoura, Soumah, Camara, Touré, Sylla, Keita, Aka, Aka-baki, Aka-bokar, Marshall, Coker, Adams, Betty, Curtis, Cole, Gomez, Panival, Aboly,...

Notes et références[modifier | modifier le code]

Voir aussi[modifier | modifier le code]

Bibliographie[modifier | modifier le code]

  • (en) Ramon Sarro Maluquer, Baga identity: religious movements and political transformation in the Republic of Guinea, University of London, Londres, 1999, 257 p. (thèse)
  • (en) Bruce L. Mouser, « Who and where were the Baga?: European perceptions from 1793 to 1821 », History in Africa, no 29, 2002, 29, p. 337–364
  • Marie-Yvonne Curtis, L'art nalu, l'art baga de Guinée. Approches comparatives, Université de Paris I, Panthéon-Sorbonne, 1966, 517 p. (Thèse)
  • G. van Geertruyen, La fonction de la sculpture dans une société africaine : les Baga, Nalu et Landuman, Gent, 1976, p. 63-117

Articles connexes[modifier | modifier le code]

Liens externes[modifier | modifier le code]

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