Ahmed Sékou Touré

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Ahmed Sékou Touré
Ahmed Sékou Touré en 1982
Ahmed Sékou Touré en 1982
Fonctions
Président de la République de Guinée

(25 ans 5 mois et 24 jours)
Premier ministre Louis Lansana Beavogui
Successeur Louis Lansana Beavogui
(intérim)
Lansana Conté
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Faranah, Afrique-Occidentale française (AOF)
Date de décès (à 62 ans)
Lieu de décès Cleveland (États-Unis)
Parti politique Parti démocratique de Guinée - Rassemblement démocratique africain
Religion Islam

Ahmed Sékou Touré
Présidents de la République de Guinée

Ahmed Sékou Touré, né le à Faranah en Guinée française et mort le à Cleveland, est le premier président de la République de Guinée, en poste depuis l'indépendance obtenue de la France en 1958 jusqu'en 1984.

Biographie[modifier | modifier le code]

Origine et enfance[modifier | modifier le code]

Sékou Touré est membre de l'aristocratie de l’ethnie mandingue et a pour grand-mère maternelle Bagbè Ramata Touré-Fadiga, une des filles de l'Almamy Samory Touré (1830-1900). Ce dernier avait résisté à la colonisation française en Afrique de l’Ouest, jusqu'à sa capture en 1898. Il est le fils d'Alpha, fermier malinké et Aminata Touré. Il fréquente des écoles coraniques et des établissements français. Il étudie au lycée technique de Georges Poiret Conakry, d'où il est expulsé à l'âge de 15 ans pour avoir mené une protestation contre la nourriture servie à l'école[1].

Durant sa jeunesse et après être devenu président, Touré étudie les travaux des philosophes communistes, en particulier ceux de Karl Marx et de Lénine.

Avant l’indépendance[modifier | modifier le code]

Avant l'indépendance, Sékou Touré travaille pour les services postaux (PTT)[1] mais il est bloqué dans son ascension professionnelle et ne peut accéder aux postes de responsabilité auxquels il aspire. Il reste donc simple responsable des postes, mais s'investit dans le syndicalisme en devenant un des meneurs de la jeune génération guinéenne. En 1945, il devient le secrétaire général du syndicat des postiers. Il participe à la fondation du Parti démocratique guinéen, antenne locale du Rassemblement démocratique africain, parti agissant pour la décolonisation de l'Afrique. En 1956, il organise l'Union générale des Travailleurs d'Afrique noire, une centrale syndicale commune pour l'Afrique-Occidentale française. Il est un des dirigeants du RDA, travaillant étroitement avec son futur rival, Félix Houphouët-Boigny, qui devint en 1960 le président de la Côte d'Ivoire. En 1956, il est élu député de la Guinée à l'Assemblée nationale française et maire de Conakry sous la bannière du RDA, positions qu'il utilise pour lancer des critiques pointues du régime colonial[1].

La métropole française est en pleine discussion sur la décolonisation qui s'annonce et, lors de la visite effectuée par le général de Gaulle à Conakry pour défendre son accord d'union-partenariat entre la France et ses colonies promises à l'indépendance, la foule se met à le huer. Cet incident organisé à l'instigation de Sékou lui vaudra une solide rancune de De Gaulle. En 1958, Les Guinéens disent « Non » au référendum parrainé par le gouvernement français sur l'union-partenariat avec la France et choisissent l'indépendance totale, qu'ils obtiennent le avec Sékou Touré à la tête du pays. La Guinée est la seule des colonies africaines de la France à voter pour l'indépendance immédiate plutôt que continuer une association avec la France tandis que le reste de l'Afrique francophone choisit l'indépendance deux ans plus tard, en 1960. Le refus de la Guinée de s'inscrire dans la coopération française mène à un retrait rapide des Français, ce qui suscite un certain nombre de difficultés pour le jeune État guinéen : rapatriement soudain des archives souveraines françaises et, surtout, rupture de très nombreux liens économiques[2],[3].

Premier président de Guinée[modifier | modifier le code]

Le début de la présidence de Touré est marqué par une politique marxiste, avec la nationalisation des entreprises étrangères et une économie fortement planifiée. Sékou remporte le Prix Lénine pour la paix en 1961. Ses premières actions pour rejeter les Français puis pour s'approprier la richesse et les terres agricoles des propriétaires traditionnels, irritent de nombreux acteurs puissants, mais l'échec de son gouvernement à fournir des capacités économiques ou des droits démocratiques, encore plus.

Alors qu'il est encore admiré dans beaucoup de pays en Afrique et dans le mouvement panafricain, de nombreux Guinéens, des militants de gauche et de droite en Europe deviennent très critiques envers le régime de Touré en particulier quant à son échec à instituer une véritable démocratie.

Dans les années 1960, il est le premier président africain à se rendre en visite officielle en Chine, qui apporte des aides financières à la Guinée[1].

En visite en Yougoslavie en 1961

À la fin des années 1960, Mamadou Ghaly Sow, opposant, est arrêté, emprisonné, puis exilé. Au fil du temps, la paranoïa croissante de Sékou Touré conduit à l'arrestation de nombreux opposants politiques présumés. Selon Amnesty International, quelque 50 000 personnes auraient été assassinées sous le régime de Touré, de 1958 à 1984. Le Camp Boiro reste le symbole de cette répression violente où, selon une estimation, 5 000 personnes sont exécutées parfois après des tortures inhumaines dénoncées alors par Amnesty International. À travers la police secrète et les exécutions dans les camps de détention, Sékou Touré fait régner sur le pays un régime de terreur, contraignant des milliers de Guinéens à fuir la répression. Des dizaines de milliers de dissidents guinéens cherchent à fuir le pays.

De 1965 à 1975, il rompt toutes ses relations avec la France, ancienne puissance coloniale. Les frictions entre la France et la Guinée sont fréquentes. Aux tentatives de renversement du président guinéen, dont il accuse les autorités françaises, la Côte-d'Ivoire ou le Sénégal d'être l'auteur[4], Sékou Touré répond par des provocations et une répression contre l'opposition. Craignant une intervention militaire pure et simple de l'ancien colonisateur, le chef d'État se range dans le camp socialiste, oscillant entre le maoïsme pour bénéficier des aides chinoises et l'orthodoxie soviétique pour rentrer dans les bonnes grâces de l'Union soviétique. Touré fait valoir que l'Afrique a perdu beaucoup pendant la colonisation et que l'Afrique devrait riposter en coupant les liens avec les anciens pays coloniaux. C’est seulement en 1978 que le président de la République française, Valéry Giscard d'Estaing, effectue une visite officielle, en signe de réconciliation.

Tout au long de son différend avec la France, la Guinée maintient de bonnes relations avec plusieurs pays socialistes. Cependant, l'attitude de Sékou Touré envers la France n'est généralement pas bien accueillie, et certains pays africains rompent les relations diplomatiques avec la Guinée. Malgré cela, Touré gagne le soutien de nombreux groupes et dirigeants anticolonialistes et panafricains.

Ses principaux alliés dans la région sont les présidents du Ghana Kwame Nkrumah et du Mali Modibo Keïta. Après que Nkrumah est renversé par un coup en 1966, Touré lui offre un refuge en Guinée et fait de lui le coprésident. En tant que dirigeant du mouvement panafricaniste, il s'en prend toujours aux anciennes puissances coloniales, et se lie d'amitié avec des militants afro-américains comme Malcolm X et Stokely Carmichael, à qui il offre l'asile. Touré, avec Nkrumah, contribuent à la formation du Parti révolutionnaire du Peuple africain (All-African People's Revolutionary Party) et aident les guérilleros du Parti africain pour l'indépendance de la Guinée et du Cap-Vert (PAIGC) dans leur lutte contre le colonialisme portugais en Guinée portugaise.

Cependant, Sékou Touré est mis en cause pour la mort d'Amílcar Cabral en 1973. En outre, on sait aujourd’hui qu’un projet de Grande Guinée existait et était débattu entre Bissau et Conakry[réf. nécessaire], qui se sentaient proches idéologiquement (socialisme) et sociologiquement. Ce projet a été combattu par les Capverdiens jusqu’à leur éviction car il promettait la suprématie des Noirs. Sékou Touré, dénonçant la mainmise des Capverdiens sur les structures dirigeantes de la Guinée-Bissau, détruit les pièces à conviction en se contentant d’accuser les Portugais. Les Portugais lancent une attaque sur Conakry en 1970 (Opération Mar Verde, ou Operation Green Sea) pour sauver des prisonniers de guerre portugais, renverser le régime de Sékou Touré et détruire les bases du PAIGC.

Andrée Touré, sa conjointe.

Les relations avec les États-Unis fluctuent au cours du règne de Sékou Touré. Touré est impressionné par l'approche de l'administration Eisenhower en Afrique, et il affirme que John Fitzgerald Kennedy est son « seul ami véritable dans le monde extérieur ». Il est impressionné par l'intérêt que porte Kennedy au développement de l'Afrique et son engagement pour les droits civils aux États-Unis. Touré blâme les ingérences soviétiques lors des troubles survenus en 1962 et se tourne donc vers les États-Unis. Ses relations avec les États-Unis se détériorent après la mort de Kennedy, quand une délégation guinéenne est emprisonnée au Ghana, après le renversement de Nkrumah. Touré condamne Washington. Il craint que la CIA complote contre son propre régime. Une fois le rapprochement de la Guinée avec la France entamé dans les années 1970, ses soutiens marxistes commencent à s'opposer à la tendance croissante de son gouvernement à la libéralisation capitaliste. En 1978, il renonce officiellement au marxisme et rétablit le commerce avec l'Occident.

Des élections à liste unique ont eu lieu en 1980 pour élire les représentants de l’Assemblée nationale. Touré est élu sans opposition à un quatrième mandat de sept ans comme président le . Une nouvelle constitution est aussi adoptée. L’été suivant, Touré se rend aux États-Unis dans le cadre d'une inversion de sa politique économique, en quête d'investissements occidentaux pour développer les immenses ressources minérales de la Guinée, admettant que sa politique marxiste avait échoué[1]. En 1983, il annonce une certaine libéralisation économique dont la commercialisation des produits par les commerçants privés.

Développement culturel[modifier | modifier le code]

Afin de ranimer l'identité guinéenne, Sékou Touré mise sur la promotion de la culture nationale : « Notre musique doit s'élever d'un monde qui l'a corrompue au travers de la domination coloniale et affirmer les pleins droits du peuple ». Les orchestres privés sont dissous et les musiciens deviennent des fonctionnaires. Le label Syliphone, régie d'état créée en 1967, produit 150 références jusqu'à sa disparition en 1983[5].

Décès[modifier | modifier le code]

Le 20 mars 1984, après de nombreux déplacements pour l'organisation du 20e sommet de l'organisation de l'unité africaine, il conclut le congrès des syndicats du CEDEAO en déclarant « Je resterai syndicaliste jusqu’à ma mort ». Quelques heures plus tard, il est pris de forts malaises. Des médecins marocains affrétés par le roi Hassan II diagnostiquent de sérieux problèmes cardiaques. Le 24 mars, des cardiologues américains diagnostiquent un anévrisme de l'aorte. L'Arabie saoudite dépêche aussitôt un avion-hôpital pour l'emmener à Cleveland[6].

À l'époque de Sékou Touré, aucun avion, autres que ceux des lignes régulières, ne pouvait atterrir à Conakry sans l'autorisation personnelle du président. Lorsque l'avion saoudien arrive à Conakry, la tour de contrôle, selon la procédure, contacte le président pour obtenir son autorisation ; ne pouvant joindre Sékou Touré dont l'état critique était tenu secret, les contrôleurs refusent le droit d'atterrissage à l'appareil, qui met le cap sur Dakar. Ce n'est que le lendemain, lorsque le Premier ministre (médecin de profession), s'enquiert de l'avion-hôpital, que l'appareil revient à Conakry et que Sékou Touré est finalement évacué aux États-Unis.

Sékou Touré meurt le 26 mars 1984 à 15h23 à Cleveland (Ohio), aux États-Unis, lors d'une opération de chirurgie cardiaque. Sa dépouille est rapatriée le 28 mars et exposée pendant 2 jours au palais présidentiel. Il est inhumé le 30 mars au mausolée de Camayenne[6].

Fin du régime[modifier | modifier le code]

Le Premier ministre Lansana Beavogui devient président par intérim, en attendant des élections qui devaient avoir lieu dans les quarante-cinq jours. Cependant, le 3 avril 1984, les Forces armées s'impatientent et prennent le pouvoir en dénonçant les dernières années du régime comme une dictature « sanglante et impitoyable ». La Constitution est suspendue, l'Assemblée nationale est dissoute ainsi que le Parti unique. Le meneur du coup d'État, le colonel Lansana Conté, assume la présidence le 5 avril, à la tête du Comité militaire de redressement national (CMRN). Environ 1 000 prisonniers politiques sont libérés du sinistre camp Boiro[6].

Autres fonctions[modifier | modifier le code]

  • Premier ministre de la Guinée, 1958-1972[1]

Relations avec la France[modifier | modifier le code]

L'indépendance de la Guinée démarre sur un conflit de séparation avec la France. En 1958, Sékou Touré refuse de poursuivre un pacte post-colonialiste avec la France, un non-alignement qui froissera le général de Gaulle jusqu'à la fin de son mandat. Le 25 août 1958, après des visites triomphales à Madagascar, au Congo et en Côte d'Ivoire, le général de Gaulle est froidement reçu par Sékou Touré qui déclare dans son discours « Je préfère la pauvreté dans la liberté à la richesse dans l’esclavage », à quoi de Gaulle rétorque « l’indépendance est à la disposition de la Guinée [...] la métropole en tirera, bien sûr, des conséquences ». L'indépendance de la Guinée est vécue comme une humiliation par les politiques français qui se vengent en fermant complètement la porte à la Guinée. Les liens diplomatiques sont définitivement rompus en 1965[5],[7].

Pendant cette période de froid, les diplomates français passent par les organes diplomatiques italiennes pour communiquer avec leurs homologues guinéens. Les années 1970 et l'arrivée de Georges Pompidou est synonyme d'apaisement entre les deux pays, le nouveau président ne souhaitant pas faire de l'ingérence dans les affaires guinéennes. Le mandat de Valéry Giscard d'Estaing signe la reprise des relations diplomatiques, avec en juillet 1975 la nomination d'André Lewin en tant que premier ambassadeur français à Conakry. Giscard d'Estaing se rend en visite officielle à Conakry en décembre 1978, et en septembre 1982, Sékou Touré se rend à son tour à Paris pour y rencontrer le président François Mitterrand[8].

Selon Pierre Messmer dans le tome II de ses mémoires (1998), durant l'année 1959-1960, les services français menés par Jacques Foccart ont organisé une tentative de renversement du gouvernement Touré en collaboration avec le Sénégal et la Côte d'Ivoire, tentative déjouée par Sékou Touré. En 1983, après 25 ans de conflits, Sékou Touré invite Jacques Foccart à le rencontrer à Conakry, les deux hommes s'expliquent sur le passé, et se mettent d'accord pour poursuivre leur relation devenue cordiale[8].

Prix et récompenses[modifier | modifier le code]

Vie privée[modifier | modifier le code]

Il s'est marié avec Hadja André Touré et ont eu deux enfants, Aminata et Mohamed[9].

Notes et références[modifier | modifier le code]

  1. a, b, c, d, e, f, g et h (en) Eric Pace, « AHMED SEKOU TOURE, A RADICAL HERO », sur Nytimes.com,‎
  2. LM 1984, Le Monde.
  3. de Gaulle 2000, p. 926-928.
  4. D. 1974, Le Monde.
  5. a et b « Guinée : le génie mandingue aux ordres de Sékou Touré (1958-84) », sur Franceculture.fr,‎
  6. a, b et c André Lewin, « Mort du président guinéen Sékou Touré », sur Jeuneafrique.com,‎
  7. « Discours historique du Président Ahmed Sékou Touré », sur Lexpressguinee.com
  8. a et b André Lewin, « Jacques Foccart et Ahmed Sékou Touré », sur Revues.org,‎
  9. Aicha Sada Sylla, « Indiscrétion: Hadja André Touré parle de son époux feu Président Ahmed Sékou Touré », sur Lesamazones.info

Voir aussi[modifier | modifier le code]

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Bibliographie[modifier | modifier le code]

Par date de parution.

  • Rédaction LM, « Un activiste : M. Sékou Touré », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • Rédaction LM, « Création à Accra d'une Union des États africains », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • Philippe Herreman, « La plupart des chefs d'États africains écartent une formule d'union trop rigide », Le Monde,‎ (lire en ligne)
  • Ph. D., « France-Guinée : seize ans de rapports chaotiques », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • Rédaction LM, « Vingt-cinq années de relations franco-guinéennes », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • Laurent Zecchini, « Oui, nous sommes libres! Et après ? », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • Ibrahima Baba Kaké, Sékou Touré: Le héros et le tyran, Groupe Jeune Afrique,‎ , 254 p..
  • Charles de Gaulle, Mémoires, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade »,‎ , 1 505 pages p., p. 926-928.
  • Charles E. Sorry, Sékou Touré: l'ange exterminateur : un passé à dépasser, Éditions L’Harmattan,‎ , 159 p..
  • Rédaction LM, AFP et Reuters, « Guinée va devoir tourner la page de 24 ans de règne sans partage », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • Odile Goerg (dir.), Céline Pauthier (dir.) et Abdoulaye Diallo (dir.), Le « non » de la Guinée (1958). Entre mythe, relecture historique et résonances contemporaines, Paris, Éditions L’Harmattan,‎ , 208 p..
  • André Lewin, Ahmed Sékou Touré (1922-1984) Président de la Guinée, Paris, Éditions L’Harmattan,‎ .

Webographie[modifier | modifier le code]

Articles connexes[modifier | modifier le code]